‹ La terre sainteChapitre 35 sur 128 · DE BEYROUTH A SAÏDA (SIDON · texte numérisé non relu

DE BEYROUTH A SAÏDA (SIDON

Quinze kilomètres séparent Beyrouth du Khan el-Khaldah. On traverse d’abord, vers le sud, de beaux jardins parsemés de lilas et de superbes plantations d’oliviers et de mûriers, puis une forêt de pins, la même dont il est question dans les historiens des Croisades, et qui alors était très-étendue, car, à en croire le géographe arabe Edrisi, qui vivait à la même époque, elle avait douze milles dans tous les sens. Elle renferme actuellement très-peu de vieux arbres, les ravages qu’elle a souvent subis et les accroissements de Beyrouth ayant contribué à les faire disparaître ■ mais on les remplace quelquefois par de jeunes plantations; c’est ce qu’avait fait Fakhr-eddin, auquel on en attribue à tort la création, dans le but d’arrêter l’envahissement des dunes de sable. Ces dunes, en effet, poussées pâlies vents du sud-ouest, s’avancent sans cesse vers la ville, et menacent d'engloutir peu à peu toute la zone méridionale de ses jardins. Elles sont composées d’un sable fin et rougeâtre, dont les vagues mobiles ondulent souvent, et s’amoncellent en petits mamelons, à travers lesquels ou ne chemine que tres-peniblement . Les regards du voyageur sont, du reste, charmés d’un côté par l’aspect azuré delà belle mer qu’il côtoie, et de l’autre par la vue de nombreux villages s’étageant les uns au-dessus des autres, avec leur verdoyante ceinture de plantations diverses, sur les flancs ou sur le sommet des collines qui bordent, à l’est, la route. C’est ainsi qu’après avoir franchi l’Oued Rbadir, et deux autres petits ruisseaux qui tarissent en été, il parvient au Khan el-Khaldah.

Ce Khan est misérable ; il mérite néanmoins qu’on s'y arrête, parce qu’il est situé sur l’emplacement d’une bourgade antique, depuis longtemps détruite, le long de la plage où elle s’élevait, mais dont il subsiste encore quelques ruines confuses, et surtout un assez grand nombre de sarcophages et d’auges funéraires creusés dans le roc. Ces tombeaux, dont plusieurs sont décorés de bas-relilfs, sont tous violes et très-mutilés. Toutefois, ils attestent, à eux seuls, l’ancienne importance de la localité qui flonssait en cet endroit, et dans laquelle la plupart des critiques s’accordent à reconnaître le relais nomme Mutaüo Heldua, dont il est question dans l’ Itinéraire du Pèlerin de Bordeaux, comme étant situé entre Berytus et Porphyrion.

A quatre kilomètres au sud du Khan el-Khaldah, on laisse à sa gauche, sur une colline , le grand village de Maallakah, habité par des Maronites. On traverse ensuite de vastes plantations de mûriers; puis on franchit le Nahr Damour sur un pont de fer construit par Daoud-Pacha, a coté des ruines

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