‹ La terre sainteChapitre 36 sur 128 · DE BEYROUTH A SA IDA (SI DON · texte numérisé non relu

DE BEYROUTH A SA IDA (SI DON

d’un ancien pont de pierre. Ce fleuve est le Daraouras de Polybc et le Tamyras de Strabon. Cette dernière dénomination est grécisée, mais la première est phénicienne et s’est conservée très-fidèlement dans le nom arabe Damour. Nous connaissons une divinité ainsi appelée parmi les dieux, de la Phénicie. Bélus et l’Adonis étaient également divinisés, ou du moins consacrés aux dieux dont ils portaient les noms.

C’est près de l’ embouchure du Nahr Damour que, l’an 218 avant Jésus-Christ, Àntiochus le Grand délit l’armée de Ptolémée ÏY, et la força de rebrousser chemin vers Sidon.

A cinq kilomètres plus au sud, le Khan Neby Younès, le petit village de Djieh, et celui de Berdja, marquent l’emplacement probable de la ville de Porphyréon, signalée par Scylax après Bcrytus ; c est la Mutatio Porphyrion de l’ Itinéraire de Bordeaux à Jérusalem, ainsi nommée, selon toute apparence, a cause de la pêche de la pourpre qui se faisait .sur ces parages. C’est au fond de la petite baie qui s’arrondit en cet endroit que, d’après une tradition musulmane adoptée par les chrétiens du pays, Jouas aurait été rejeté par la baleine, dans son trajet de Joppé à Tarsus. Les musulmans y vénèrent dans lin oualy la mémoire et le,tombeau de ce prophète, d’où le nom de Neby Younès donné au Khan qui avoisine le hameau de Djieh. Les dunes de sable qui bordent la baie recèlent des ruines antiques. A. Djieh, on a exhumé, en 1803, une belle mosaïque avec une inscription grecque de l’époque byzantine, indiquant que cette mosaïque avait servi de pavé à une petite chapelle. A Berdja, les tombeaux antiques abondent En poursuivant notre route vers le sud, nous rencontrons successivement, le long du rivage, les restes de deux autres établissements maritimes, actuellement renversés de fond en comble, et dont l’un, peut-être, était le bourg de Platanum, mentionné par l’ historien Josèphe comme appartenant aux Sidoniens. Puis nous cheminons à travers de vastes plantations de figuiers et de mûriers, qui précèdent le Nahr eï-Aouleh. Ce cours d’eau, qui prend sa source au pied du Djebel Barouk, est le Bostrenus dont il est question dans le passage suivant de Denys le Périégète (vers 913 et 914) :

« Et Sidon la fleurie, près de laquelle coulent les ondes du gracieux Bostrenus. »

Il faut passer actuellement ce petit fleuve à gué, par suite de la chute d’une des piles du pont reconstruit par Fakhr-eddin, avec les matériaux d’un autre plus ancien; et après une nouvelle et dernière marche de trente-cinq minutes à peine, on arrive à Saïda, l’antique Sidon.

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