‹ La terre sainteChapitre 37 sur 128 · SAIDA (SIDON · texte numérisé non relu

SAIDA (SIDON

De vastes et délicieux jardins environnent Saïda au nord, à l’est et au sud, et 1 entourent de ces trois côtés d'une fraîche et verdoyante oasis, line foule d’arbres fruitiers et beaucoup de plantes légumineuses y croissent à l’envi. Les fruits qu’on y récolte passent pour les meilleurs de la Syrie ; les oranges y sont plus fines et plus juteuses que celles de Jaffa, mais elles se conservent moins longtemps. Les mûriers y abondent et y sont superbes. Aussi plusieurs filatures de soie ont été établies à Saïda, et y prospèrent. Le bananier et la canne à sucre y réussissent également à merveille. Comme arbres d’agrément décorant ces jardins, je signalerai de beaux tamaris, des lilas perses, des acacias, des sycomores, et qà et là quelques palmiers.

La ville antique de Sidon comprenait, outre l’emplacement de la ville actuelle, une partie de ces vergers, vers le sud et vers l’est, comme cela résulte des nombreux arasements d’anciennes constructions que l’on y met à jour, en fouillant tant soit peu le sol.

Telle qu’elle est aujourd’hui, et réduite aux dimensions très-restreintes de l’enceinte qui l’enferme, Saida contient environ neuf mille six cent quatorze habitants, se décomposant ainsi : sept mille cinq cents musulmans, y compris les Métoualis, cinq cent soixante-dix-sept Maronites, sept cent soixante-

cinq catholiques ou Grecs-unis, cent sept Grecs schismatiques, huit cent soixantecinq Latins, quatre cents Juifs.

La ville s’élève en amphithéâtre, mais sur des pentes légèrement inclinées autour de son port. Celui-ci est presque entièrement ensablé ; les enfants mômes

Citadelle de Saïda, l’ancienne Sidon.

peuvent le traverser en grande partie, n'ayant de l'eau que jusqu’à la ceinture. Une ligne de récifs naturels en déterminait et en protégeait le périmètre, vers l’ouest et vers le nord, contre la violence des vents et des vagues. On avait assis sur ces récifs, aplanis artificiellement, de gros blocs rectangulaires dont quelques-uns sont encore en place. Une passe étroite, mais suffisante pour les petits navfees de 1 antiquité, semble avoir été jadis défendue par deux tours, et une chaîne devait sans doute la fermer.

Au sud de ce bassin, et communiquant autrefois avec lui au moyen d'un canal creusé dans le roc,

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