‹ La terre sainteChapitre 40 sur 128 · S AIDA (SID ON · texte numérisé non relu

S AIDA (SID ON

L année suivante, Baudoin Ier mit le siège devant cette ville, mais il fut contraint de se retirer après de vains efforts.

En 1111, aidé par la flotte du prince norvégien Sigurd et par Bertrand, comte de Tripoli, le roi de Jérusalem vint de nouveau assiéger Sidon. Après six mois d’assauts répétés, la ville se rendit aux chrétiens et fut donnée en fief au chevalier Eustache Grenier.

En 1187, elle ouvrit ses portes à Saladin, qui en rasa les remparts.

En 1197, elle retomba entre les mains des Latins.

En 1249, démantelée de nouveau par les Sarrasins, elle fut ensuite reprise par les Francs. Saint Louis, en 1253, résolut d’en rétablir les fortifications. Il y envoya un grand nombre d’ouvriers; mais, au moment où les travaux commençaient à s’avancer, la garnison qui défendait la ville fut attaquée par les musulmans; elle se réfugia dans la citadelle, qui était située dans la mer. Quant aux habitants qui ne purent y trouver un asile, ils furent impitoyablement massacrés. En arrivant à Sidon, saint Louis vit le sol couvert de cadavres dépouillés et sanglants ; ils tombaient en putréfaction, et personne ne songeait à les ensevelir. Le roi, pour donner le premier l’exemple, descendit de cheval, et, prenant entre ses mains un cadavre d’où s’exhalait une odeur infecte : « Allons, mes amis, s’écriait-il, allons donner un peu de terre aux martyrs de Jésus-Christ. » Tous s’empressèrent alors d’imiter le roi, et bientôt les morts furent enterrés. Saint Louis demeura plusieurs mois à Sidon, occupé à fortifier la ville. C’est là qu’il reçut la triste nouvelle de la mort de sa mère.

En 12G0, les Templiers achetèrent Sidon de Julien, son seigneur temporaire.

En 1291, après la ruine de Saint-Jean d’Acre par le sultan Khalil el-Achraf, les Templiers abandonnèrent Sidon et se retirèrent à Tortose, et ensuite dans l’ île de Chypre. Sidon fut démantelée encore une fois.

En 1321, Aboulfeda parle de Saïda comme d’une petite ville munie d’un château et dépendant de Damas.

Sous l’autorité du grand émir des Druses Fakhr-eddin (1595-1034), elle recouvra une nouvelle et véritable importance, et les Européens entretinrent avec elle des relations de commerce très-suivies. Fakhr-eddin se bâtit un palais à Sidon, et y construisit plusieurs khans. En 1634, il fut étranglé à Constantinople.

Après sa mort, Saïda continua à être en rapport commercial avec l’Europe, et principalement avec Marseille; mais en 1791, Djezzar-Pacha chassa tous les Francs de son pachalik, et en allant s’établir lui-même à Saint-Jean d’Acre, il hâta encore davantage la décadence de Saïda.

Beyrouth commença alors à devenir le principal port de Damas. En 1837, Sidon fut très-violemment ébranlée par le tremblement de terre qui se fit sentir dans une partie de la Palestine et de la Syrie. Soliman-Pacha releva la ville de ses ruines, et l’entoura d’un mur du côté du continent. En 1840, elle fut bombardée et prise par le commodore Napier et l’archiduc Frédéric d’Autriche. Les deux mille cinq cents Égyptiens qu Ibrahim-Pacha y avait laissés se réfugièrent, après une assez faible résistance, dans les montagnes voisines.

En 18G0, beaucoup de chrétiens furent massacrés dans les jardins, autour des murs de la ville, par les Druses et les Turcs réunis, et la ville elle-même aurait été livrée à feu et à sang, sans l’arrivée des Français. M. Durighello, vice-consul de France, contribua à sauver, dans cette occasion, un grand nombre de malheureux qui avaient cherché un asile dans le khan français.

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