DISTRICT DE KOURA-SUPÉRIEUR
Le district appelé Koura-Supérieur, par opposition à un autre moins élevé, plus près de la mer, et appelé pour cette raison Koura-Inférieur, est compris entre le Nahr el-Kadicha, au nord, et le Nahr el-Asfour, au sud. Il contient plusieurs villages importants, tels que Amioun, lvesba, Kefer-Hazir, et d’autres encore qu’il serait hors de propos d’énumérer ici. Je me contente de signaler des ruines considérables qui méritent particulièrement d’y fixer l’attention du voyageur : ce sont celles de Naous et de Beziza.
A l’ouest, et à une faible distance d’un petit village appelé Aïn-Akrin, on remarque, sur un plateau d’où l’on jouit d’une magnifique vue sur la mer et sur les montagnes, les débris de deux temples qui ont fait donner à cet endroit le nom de Naous, dérivé évidemment du grec naos (temple).
La cour sacrée qui précédait le premier de ces temples n’a laissé aucun vestige de l’enceinte qui l’ entourait; la porte d’entrée est seule debout. Elle est formée de deux pieds-droits monolithes de dimensions gigantesques, car ils mesurent quatre mètres d’élévation; ils sont ornés dans toute leur hauteur de jolies guirlandes de fleurs, gracieusement exécutées. Le linteau qui les couronnait a été enlevé.
A cinquante-huit pas au sud de cette porte, on rencontre les ruines du premier temple. Tourné du nord au sud, il mesurait dans cette direction vingt pas de long sur quinze de large, de l’est à l’ouest. La cella , qui subsiste encore en partie, est bâtie avec des pierres très-régulières de dimensions moyennes; elle repose en retraite sur une sorte de soubassement continu que décore une élégante corniche. Le toit manque complètement. Le sol de l’intérieur de l’édifice est très-exhaussé. On y distingue l’ouverture d’une crypte dans laquelle on descendait par un escalier, et qui est aux trois quarts comblée. Ce temple était percé de trois portes, aujourd’hui renversées, à part l’un des pieds-droits de l’une. Il était précédé d’un portique soutenu sur quatre colonnes dont les piédestaux sont déplacés et dont les fûts et les chapiteaux brisés gisent à terre.
Près de ce monument, plusieurs petites enceintes paraissent en avoir été primitivement des dépendances; ensuite elles ont été remaniées pour devenir des maisons, elles-mêmes démolies. On observe aussi les restes de deux chapelles, connues, l’une, sous le nom de chapelle de la Vierge, et l’autre, sous celui de Saint-Jacques; elles avaient été construites assez grossièrement avec des matériaux tirés du sanctuaire païen.
Au sud-ouest et à une faible distance de ce premier temple, on admire les débris d’un magnifique têménos ou enceinte sacrée, mesurant cent vingt pas de long du nord au sud, sur soixante-dix-huit de large de l’est à l’ouest. La façade septentrionale de cette enceinte a été bâtie avec des blocs d’appareil réellement gigantesque, puisque plusieurs mesurent cinq mètres cinquante de long sur un mètre de haut et soixante-dix centimètres de large. Ils sont en outre taillés avec un soin extrême. Les jambages de la porte d’entrée, ménagée au milieu de cette façade, sont debout, mais le linteau qui les surmontait est à terre, brisé. Le mur occidental du téménos est moins bien construit, et les blocs