DE SOUR AU RAS EN-NAEOURA
Au lieu de prendre la route directe de Sour au Ras en-Nakoura, promontoire qui termine au sud l’ancienne Phénicie, allons d’abord jeter un coup d’œil vers le sud-est, sur un tombeau célèbre, connu sous le nom de Tombeau de Hiram. Il s’élève solitaire sur le plateau d’une colline, non loin du village de Hanaoueb, situé à neuf kilomètres de la ville. Ce tombeau est formé d’abord d’une base consistant en une sorte de dé composé de blocs de dimensions colossales. Au-dessus de cette base rectangulaire, quatre énormes bloes constituent comme une seconde base qui dépasse en largeur la première. C’est sur cette deuxième base que repose un immense sarcophage qui est encore fermé par un gros couvercle à dos d’âne, et muni d’acrotères à chacun des angles. L’un de ces angles a été brisé, et le couvercle a été un peu déplacé, dans le but de violer la sépulture. Une ouverture a été également pratiquée, vers l’est, dans la cuve du sarcophage. La face principale du tombeau regarde le sud; de ce côté, les blocs sont complètement aplanis. Vers le nord, au contraire, ils sont plus grossièrement taillés, et de ce côté ils reposent sur d’autres assises inférieures; de ce côté aussi, on descend par une quinzaine de marches dans une chambre voûtée en plein cintre, qui a peut-être eu jadis une destination sépulcrale; aujourd’hui, elle est remplie d’une épaisse couche de vase que les pluies y amènent.
Ce tombeau, d’ailleurs, ne porte aucune inscription, et sauf la tradition qui l’attribue au roi Iliram, l’un des princes les plus célèbres de l’antique cité tyrienne et le contemporain de Salomon, il resterait sans nom et sans gloire, comme beaucoup d’autres de la contrée.
A quelque distance de là, un second sarcophage brisé et gisant sur le sol, avec son couvercle déplacé, porte le nom, également problématique, de Kabr Oumin Haïram (tombeau de la mère de Hiram).
Revenons maintenant vers la plage dont nous venons de nous écarter un instant , et traversant le village de Beit-Oula dont le nom est très-certainement antique, descendons à l’ouest vers les puits de Ras el-Aïn, pour continuer ensuite notre route vers le sud.