DE CÉSARÉE A JAFFA
Ailleurs, le même écrivain nous donne les détails que voici sur la fondation et sur le site d’Antipatris (. Antiquités judaïques , liv. XVI, ch. v, § 2) :
« H érode fonda une autre ville dans la plaine appelée Capharsaba, ayant choisi pour son emplacement un lieu bien arrosé et favorable à la culture des fruits. Un fleuve environnait la ville elle-même, et elle était, en outre, entourée d’un bois remarquable par la beauté des arbres. Il l’appela Ant.ipatris, du nom de son père Antipater. »
Dans les Actes des Apôtres (cb. xxm, jr 31 et 32), le nom d’Antipatris se trouve lié à celui de saint Paul. Cet apôtre y fut conduit de Jérusalem, l’an 58 de notre ère, pour être mené de là à Césarée, devant le tribunal du gouverneur Félix.
«31. Milites erg o j secundum prœceplum sibi, assumentes Paulum, duxerunt per noetem in Antipatridem .
« 32. Et postera die, dirnissis equitibus ut cum eo irent, rever si suntad castra. »
Nous voyons, d’après ces deux versets, que saint Paul fut conduit en une seule nuit de Jérusalem à Antipatris. Il était lui-même à cheval; mais la plus grande partie de son escorte se composait de quatre cents fantassins, dont deux cents armés de lances; soixante-dix autres soldats étaient des cavaliers, ainsi que cela résulte de deux autres versets que voici :
PALESTINE OCCIDENTALE ET MÉRIDIONALE
« 23. Et vocatis duobus centur tombas, clixit illis ( tribunus ) : P avale milites ducenlos , ul eant usque Cœsaream, et équités septuaginta et lancearios ducentos, a tertia hora noclis;
« 24. Et jumenta prœparate, ut, imponentes Paulum, salvum perducerent adFelicem prœsidem. » Parti de Jérusalem à la troisième heure de la nuit, c’est-à-dire à neuf heures du soir, saint Paul
voyagea toute la nuit, et, le lendemain, étant parvenu à Antipatris, il fut remis aux cavaliers de son escorte, qui seuls l’accompagnèrent jusqu’à Césarée; quant aux fantassins qui l’avaient suivi , ils s’en retournèrent à Jérusalem.
Ce passage, qui est très-précis, doit nous inspirer quelques doutes relativement à l’identification d’ Antipatris avec le village actuel de Kefr Saba. Ce village, à la vérité, a conservé sans altération la dénomination primitive que portait la bourgade qui, plus tard, devint Antipatris. D’un autre côté, la distance qui le sépare de Jérusalem, et cela Par la voie la plus directe, c’est-à-dire par celle de Djifneh, l’ancienne Gophna, d’Aboud et de Medjdel à aba, ne peut point être évaluée à moins de douze heures d’une marche forcée et très-pénible pour des fantassins armés, car, avant d atteindre la plaine, on a à franchir un massif montagneux très-considérable. Par la route de Bethoron et de Lydda, à plus forte raison par celle de Nicopolis et de Lydda,
Ras el-àïn.