P A L K S T IN K 0 G G I D G N T A L E E T M É R I D I 0 N A LE
La beauté de la plaine de Saron est vantée dans les Saintes Écritures. Lorsque Isaïe prédit la gloire future du Messie, il le compare au Liban, au Carmel et à la plaine de Saron (Isaïe, ch. xxxv, ÿ 2) :
Gloria Libani data est ei : décor Carmeli et Saron.
Dans le Cantique des cantiques, l’époux s’exprime ainsi (ch. il, jf 1) :
Ego flos campi, et liliinn convctlliwn.
Si nous ouvrons le texte hébreu, à la place des mots : Ego flos campi, nous lisons : Je suis la rose de Saron.
Cette plaine, au printemps, s’ émaillé encore chaque année d’anémones et de tulipes; on y voit abonder aussi ces roses et ces lys auxquels se comparait l’amant mystérieux du saint Cantique.
Le village d’Yazour, que l’on traverse ensuite, est entouré de fertiles jardins plantés de figuiers et d’oliviers, parmi lesquels on distingue quelques-uns de ces beaux acacias que les Arabes appellent secler , et qui se rattachent probablement à ce genre d’arbres que la Bible désigne sous le nom de chittim, et dont Moïse se servit dans le désert pour fabriquer le tabernacle, l’arche d’alliance, la table des pains de proposition, l’autel des holocaustes et celui de l’encens.
On a quelquefois identifié ce village avec l’antique Gazer ou Gezer, dont le roi fut tué par Josué; mais M. Glermont-Ganneau a trouvé plus au sud-est le véritable site de cette ville, à Tell Djezcr.
A quelques minutes au delà d’Yazour s’élève la koubbeh d’un oualy musulman appelé Cheikh Imam Ali. Elle se compose de douze petites coupoles surmontées d’une treizième plus grande, et à côté une fontaine, qu’ombragent un palmier et un sycomore, invite les passants à se désaltérer à son eau.
A trois kilomètres plus au sud-est, le village de Beit-Dedjan est, comme celui d’Yazour, situé sur une faible éminence; comme lui aussi il est environné de beaux vergers. Les maisons en sont de même très-grossièrement bâties avec de menus matériaux revêtus de briques cuites seulement au soleil. Bien que cette localité ne présente aucune trace d’antiquité, le nom qu’elle porte est évidemment antique.
La désignation arabe Beit-Dedjan, surtout si on la prononce Beit-Degan à la façon égyptienne , est, en effet, identique avec le nom de Beth Dagon (la Maison de Dagon), nom donné en Palestine à plusieurs localités différentes, habitées sans doute autrefois par les Philistins, qui y avaient érigé des sanctuaires en l'honneur de leur divinité principale Dagon. Ce dieu était représenté avec une tête et des bras d’homme, et un corps de poisson, d’où lui venait le nom qu’il portait, Dagon étant un diminutif du mot dag, qui signifie poisson.
Si nous continuons à cheminer à travers la plaine dans la même direction, nous passons successivement à côté de deux autres villages, Saferieh et Sarfend, tous deux également antiques, puis nous faisons balte à Ramleh.
Cette petite ville, aujourd’hui bien déchue de son ancienne importance, est située ù dix-huit kilomètres au sud-est de Jaffa. Elle renferme à peine trois mille habitants, parmi lesquels on compte deux mille cinq cents musulmans, quatre cents Grecs schismatiques, cinquante catholiques et à peu près autant d’ Arméniens schismatiques.
Un couvent latin, où les pèlerins de l’Occident qui se rendent à Jérusalem ou qui en reviennent trouvent un asile toujours ouvert, ressemble, comme la plupart de ceux de la Palestine, à une véritable forteresse. Il renferme deux Pères Franciscains et quelques Frères. Un maître d’école y distribue chaque jour ses leçons à quelques enfants. Sous le péristyle de la cour intérieure, plusieurs tableaux représentent les principaux faits de la vie de saint François d’ Assise. La chapelle est dédiée à saint Joseph d’Arimathie, et passe dans la tradition actuelle pour avoir été bâtie sur l’cmpla-