T I M N A T II -SERA II ET TOMBEAU DE J O SUÉ
bien suffisante pour le rendre visible de fort loin sur la colline où il avait etc construit, et dont l’altitude est au moins de deux cent vingt mètres au-dessus de la Méditerranée. Du plateau où il est situé, on aperçoit parfaitement Lydda, Ramleh et même Jaffa. On distingue aussi une très-grande étendue de mer, et les moindres voiles qui blanchissent à l’horizon. Donc, réciproquement, tous les navigateurs qui longeaient la côte pouvaient jadis saluer en passant le monument d’El-Mcdieh, quand il était encore debout avec ses pyramides et la colonnade qui l’entourait. De celte colonnade, depuis longtemps sans doute renversée, il subsistait encore quelques débris en 1870. J’avais, en effet, observé alors, non loin de l’édifice, une dizaine de tronçons de colonnes monolithes, gisant mutilés sur le sol. Ces tronçons ont été vus, mesurés et mentionnés, après moi, par M. Mauss. En 1871, je ne les ai plus retrouvés, mais les habitants d’El-Medieh m’ont dit les avoir transportés à Lydda, de même qu’eux ou leurs pères avaient autrefois vendu, dans la même ville ou à Ramleh, d’autres fûts semblables, plus ou moins brisés, qui étaient étendus en cct endroit.
En résumé, le monument funéraire d’El-Medieh affectait la forme d'un long rectangle entouré de colonnes. Il renfermait quatre chambres sépulcrales contiguës et ouvrant toutes sur le portique du nord. Ces chambres contenaient en tout sept tombes, et elles étaient elles-mêmes surmontées de pyramides. Situé sur un plateau élevé, cet édifice, quand il était debout, devait être parfaitement visible de la mer. N’offre-t-il pas, dès lors, toutes ces conditions étant réunies, l’image fidèle et irrécusable du mausolée des Macchabées, tel que le décrivent la Bible et Josèphe? Ou plutôt, n’est-il pas ce mausolée lui-même, mausolée remanié à l’époque chrétienne et détruit aux trois quarts depuis, mais présentant encore dans ses débris les traces très-reconnaissables de sa configuration première et quelques vestiges de son ancienne splendeur? A quelle autre famille, en effet, qu’à celle des Macchabées, aurait pu appartenir au K barbet el-Medieh, c’est-à-dire à Modin, le monument en question, qui reproduit encore, même dans ses restes, tous les principaux détails et les traits fondamentaux du mausolée des princes Asmonécns ?
Ilélas ! ces ruines mêmes, dont j’ai tant souhaité que notre pays fit 1 acquisition, sont probablement destinées à périr. Dans quelques années peut-être il ne restera presque plus rien de ce monument fameux. Et pourtant quels immortels souvenirs ne s’y rattachent point! Là ont dormi, après leur mort, les plus illustres défenseurs de la foi et de l’indépendance de la nation juive. Là, la France mutilée et vaincue aurait pu, en plantant son drapeau, puiser d’utiles enseignements qui se résument en deux mots, mais deux mots sublimes et capables de lui rendre la victoire : Dieu et pairie.