‹ La terre sainteChapitre 73 sur 128 · T I M N A T II - S E R A II ET TOMBEAU DE JOSUÉ · texte numérisé non relu

T I M N A T II - S E R A II ET TOMBEAU DE JOSUÉ

Tombeau de Josué avec son vestibule perforé DE NOMBREUSES HIGIIES A LAMPES.

M. de Saulcy les avait rapportées, ont été examinées avec beaucoup de soin par M. Aurès, l’un de nos ingénieurs en chef les plus érudits, qui a publié à ce sujet un article fort curieux dans la Revue archéologique , intitulé : Etude des dimensions du tombeau de Josué.

L’auteur reproduit préalablement un plan et une coupe de ce monument d’après les propres dessins et les mesures de M. de Saulcy, et ces mesures, attentivement comparées entre elles, l’amènent à celte conclusion que le système métrique employé pour la construction du monument en question est 1 ancien système égyptien, cest-à-diie celui où il était fait usage de la coudée royale septénaire, divisée en sept palmes. Or, on sait que les

Depuis la découverte que j’ai faite en 1863 du tombeau que j’attribue à Josué, il a été visité et étudié par plusieurs voyageurs, et notamment, tout d’abord, par M. de Saulcy, qui en a levé un plan très-exact et ajouté un nouveau poids à ma conjecture en la partageant. On n’a qu’à lire les pages que ce savant archéologue a consacrées à ce monument. (, Voyage en Terre sainte, t. II, p. 228 et suivantes.)

En 1866, les dimensions de ce même tombeau, telles que

PALESTINE OCCIDENTALE ET MÉRIDIONALE

Hébreux, au retour de leur séjour en Égypte, rapportèrent en Judée les mesures dont ils avaient constamment usé pendant la durée de ce séjour. Il est donc à présumer cpie ce tombeau, postérieur à l’époque cbananéenne, n’en remonte pas moins à une très-haute antiquité, puisque du système métrique employé dans sa construction, il est permis d’inférer qu’il date du retour de l’Égypte.

En 1870, les arguments que j’avais invoqués dès 1863 à l’appui de l’hypothèse que je viens de développer ont reçu une confirmation nouvelle, par suite d’une découverte fort intéressante faite dans ce tombeau par M. l’abbé Richard. Ce célèbre liydrogéologue voyageait en Palestine dans le courant de mai et de juin de cette année-là. Je le vis à Jérusalem lorsqu’il venait d’explorer, dans la vallée du Jourdain, les ruines de Galgala, en'hébreu Gilgal, où Josué, conformément aux prescriptions du Seigneur, avait circoncis, avec des couteaux de pierre, les enfants d’Israël; il y avait ramassé, sur un rayon de plusieurs kilomètres, tant de siècles après cet événement, un assez grand nombre de petits instruments en silex, disséminés sur le sol, quelquefois dans le sol. Comme il est dit trèsnettement dans un passage de la version des Septante que j’ai déjà reproduit, que les Israélites, en enterrant Josué près de Timnah, ensevelirent avec lui dans son tombeau les couteaux de pierre qui avaient servi à la circoncision du peuple hébreu à Galgala, M. l’abbé Richard voulut s’assurer également si quelques-uns de ces instruments en silex se trouvaient encore dans le monument sépulcral que je prétendais être celui de ce personnage. Il s’y rendit donc sur mes indications, et voici ce que, à la date du 20 juin 1870, il écrivait de Beyrouth à M. l’abbé Moigno, qui s’empressa de publier sa lettre dans la Revue scientifique intitulée les Mondes : « Après avoir visité les plaines de Jéricho, j’ai voulu voir Je tombeau de Josué, et, le 3 juin dernier, en compagnie d’un prêtre attaché au patriarcat de Jérusalem et d’un cheikh du village de Birzeit, j’y ai trouvé des couteaux en silex en grand nombre. Ils étaient mêlés à la terre dans les casiers ou couloirs de la chambre funéraire et dans les débris dont la chambre funéraire elle-même était remplie, à la suite des violations et des recherches dont ces tombeaux ont été l’objet depuis des siècles... On peut affirmer que ces silex ont beaucoup de ressemblance avec ceux que j’ai rencontrés dans les plaines du Jourdain; je suis convaincu de leur identité. »

Après la découverte des nombreux petits couteaux de pierre trouvés par ce savant ecclésiastique, le 3 juin 1870, dans le monument funèbre qu’en 1863 j’avais déclaré être celui du successeur de Moïse, je crois que le doute n’est plus possible à ce sujet, et que l’identification que j’avais proposée est désormais incontestable.

AKER (EKRON)

Avant de parcourir maintenant du nord au sud l’ancien pays des Philistins, disons d’abord un mot de ce peuple célèbre, avec lequel les Israélites furent en lutte continuelle, et qu’ils ne purent jamais soumettre complètement.

Suivant Cellarius, Reland, l’abbé Mignot et M. de Quatremère, il faut chercher dans le Delta égyptien le berceau des Caslouhim, d’où sont sortis les Philistins et les Caphtorim. Issus de Chain par Misraïm, ces deux peuplades étaient très-probablement égyptiennes et voisines l’une de l’autre. A une époque que l’on ne peut déterminer d’une manière précise, elles se dirigèrent vers le nord, s’avancèrent peu à peu à travers le désert et se confondirent bientôt dans le nom général de Pelichtim (Philistins), qui, d’après une étymologie adoptée par Gesenius, Movers, Roth et Munk, signifierait

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