‹ La terre sainteChapitre 75 sur 128 · AS CAL ON · texte numérisé non relu

AS CAL ON

Sargon, roi cVAssyrie, ayant envoyé une armée contre l’Égypte, son général Tharthan, qui la commandait, s’empara, l’an 716 avant Jésus-Christ, de la ville d’Azot, qui était l’une des clefs de l’Égypte. Plus tard, l’an 630 avant Jésus-Christ, elle fut assiégée, comme le raconte Hérodote, pendant l’espace de vingt-neuf ans, par. Psammétique, roi d’Égypte, et cet historien ajoute que c est le plus long siège que l’on connaisse.

L’an 163 avant Jésus-Christ, Judas Macchabée s’en rendit maître et y détruisit les autels et les idoles des faux dieux.

Enlevée ensuite par Pompée aux Juifs, elle fut réunie à la province de Syrie. Gabinius, gouverneur romain, la rebâtit et la repeupla, l’an 55 avant Jésus-Christ.

Hérode, en mourant, la légua avec d’autres villes à sa sœur Salomé. Quand le christianisme se répandit en Palestine, Azot devint le siège d’un évêché. A cette époque, il y eut même deux églises d’Azot, car à côté d’Azot située dans les terres, il est question dans une ancienne notice grecque sur les Patriarcats d’une Azot maritime, ’A'Ccot oç lia pàXioç, distincte et voisine de la précédente. Cette Azot maritime est aujourd’hui complètement renversée, à quatre kilomètres à l’ouest d Asdoud. Quelques arasements de murs seulement percent çà et là la surface des dunes mouvantes sous lesquelles ses ruines sont ensevelies. Les limites et la courbe de l’ancien port sont peu sensibles, par suite de l’envahissement progressif des sables. Il était défendu par un château fort flanqué de tours, aujourd’hui encore en partie debout. Pendant les Croisades, Azot n’a joué aucun rôle dans l’histoire, et son nom ne s’est mêlé à aucun des grands événements des guerres saintes.

MEDJDEL. — ASCÀLON

Il n’en est pas de même d’Ascalon, dont nous allons visiter les débris, après nous être d abord arrêtés un instant sur notre route à El-Medjdel. Ce village, situé à onze kilomètres au sud-sud-ouest d Asdoud, renferme quinze cents habitants. Les maisons sont construites presque toutes en pierre. La mosquée principale est précédée d’une cour qui est pavée de larges dalles de marbre enlevées à des monuments anciens. On y remarque également plusieurs fûts de colonnes de marbre couchés sur le sol. Près de là est un puits entouré d’auges qui sont formées avec des fûts de colonnes antiques étendus horizontalement et maçonnés; les uns sont de marbre blanc, les autres de granit gris. Trois oualys voisins renferment d’autres fûts de colonnes de marbre, soit intacts, soit brisés.

Le Livre de Josué (ch. xv, jr 37) mentionne une ville du nom de Magdalgad, parmi celles de la tribu de Juda, dans le Chéphélab. En hébreu, cette ville s’écrit Migdal-Gad, ce qui signifie loin de la Fortune, ou Tour de la déesse Fortune, le mot Gad étant à la fois un nom commun ayant le sens de fortune, bonheur , et le nom propre d’une divinité adorée jadis en Palestine et en Syrie, et qui était comme la personnification de la fortune. Si l’on retranche ce dernier mot, il est impossible de ne pas être frappé de la ressemblance qui existe entre Migdal et Medjdel. L identification du grand village ainsi appelé avec la Migdal-Gad du livre de Josué est donc infiniment probable, tant à cause de la position d’El-Medjdel que de l’analogie ou plutôt de l’identité de ce nom avec celui de Migdal.

Après avoir traversé vers l’ouest les jardins d’El-Medjdel, et en continuant pendant près d une heure à cheminer dans cette direction ou dans celle de l’ouest-sud-ouest, on atteint Djoura, village de tiois

P A L P S T I N F, 0 C G I D F A TALE ET M É R I t) I 0 N A I, F.

cents habitants. Dans les maisons assez mal bâties qui le composent, on observe un grand nombre de fragments antiques enlevés aux ruines d’Ascalon, tels que fûts et tronçons de colonnes, chapiteaux

plus ou moins mutilés, plaques de marbre intactes ou brisées, le tout mêlé confusément à des matériaux beaucoup plus grossiers. La population qui habite ce village se livre à la culture de jardins très-fertiles où, grâce à une irrigation fréquente, croissent de beaux arbres fruitiers, des fleurs et des légumes. Ces vergers plantés sans aucun ordre, mais dans lesquels s’épanouissent, au milieu des sables qui les assiègent de toutes parts, une végétation variée et une verdure éternelle, reposent et charment le regard que fatigue la réverbération du soleil sur les dunes blanchissantes qui. les entourent. Ils s’étendent non-seulement jusqu’aux remparts d’Ascalon, auxquels ils sont attenants, au nord et à

Medjdel, jadis Mic

1 est, mais encore ils en franchissent les nombreuses brèches et débordent, en quelque sorte, dans la plus giande partie de 1 intérieur de cette ancienne cité, dont toutes les maisons ont été rasées, tous les

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