AS GALON
dieux, la haine des Ascalonites éclata avec fureur contre les chrétiens, et ils commirent à leur égard des actes d’une férocité inouïe. Toutefois, ces persécutions n’empêchèrent pas la religion chrétienne de prendre racine dans cette ville, et l’ histoire ecclésiastique nous a conservé les noms de plusieurs évêques cl’Ascalon, ainsi que celui d’un évêque du Maiumcis Ascaloms ou établissement maritime
d’Ascalon. Mais le christianisme dut probablement être étouffé dans celte ville, lorsqu'elle fut. subjuguée par les Arabes musulmans. Elle passa tour a tour entre les mains tics khalifes ommiades, puis des khalifes abbassides et enfin des khalifes fo limites d’ Égypte. Ces derniers en étaient les maîtres au moment où les Croisés envahirent la Palestine. C'était alors l’une des places les plus fortes de la contrée, et, après la prise de Jérusalem par Godefroy de Bouillon, en 1090, elle sut encore résister plus d’un demisiècle à toutes les forces des chrétiens. Les Égyptiens la considéraient comme le seul boulevard qui pût les protéger, du côté de la Palestine, contre les progrès toujours croissants des Occidentaux.
Le khalife d'Égypte El Mostally ruines d’Ascalon, du côté du sud-ouest. b’-Illali ayant envoyé contre Gode-
(jui venait de s’emparer de Jérusalem, son vizir El-Afdhal, celui-ci réunit sous les murs .scalon une armée évaluée à deux cent mille combattants au moins. Godefroy, au lieu d’attendre ennemi redoutable, résolut de marcher à sa rencontre. Toutes ses forces réunies ne dépassaient ; vingt mille hommes. Malgré l’extrême infériorité de leur nombre, les Croisés s’avancèrent contre musulmans avec une ardeur et une confiance incroyables. De leur côté, les Égyptiens affectaient plus profond mépris pour la petite armée des chrétiens, qu’ils s’imaginaient, disaient-.ls, pouvoir nnerger dans les flots seuls de leur salive, «in salis spulis mümergere credelanU . (Bosgaus, p. 181 .)
PALESTINE OCCIDENTALE ET MÉRIDIONALE
Le 12 août 1099, les deux armées se trouvèrent en présence dans les vastes plaines d'Ascalon. L ordre de bataille des musulmans présentait l’apparence d’un immense croissant. Après avoir flécbi le genou et invoqué le Dieu des combats, les Croisés s’ébranlèrent les premiers. Ils s’élancèrent avec une telle impétuosité contre leurs adversaires, que ceux-ci en furent tout d’abord déconcertés et étourdis. En vain les Égyptiens s’efforcèrent-ils d’écraser par leur nombre la faible armée des Latins; en vain leurs épais bataillons et les bordes sans cesse renaissantes de leurs cavaliers se succédaient continuellement, manœuvrant de manière à enfermer dans leurs lignes la poignée d’hommes qui osaient les attaquer. Ces derniers, compensant par la vigueur et l’élan irrésistible de leurs mouvements leur extrême infériorité numérique, se précipitaient tête baissée au milieu de ces masses profondes et y portaient un indescriptible désordre. Les musulmans, abandonnés par leur général qui avait pris la fuite dès le début de l’action, commencèrent bientôt à se débander; la confusion parmi eux fut alors à son comble, et ils tombèrent par milliers sous les coups de leurs terribles vainqueurs. Ne sachant où tourner leurs pas pour échapper à la mort qui les menaçait de toutes parts, beaucoup d entre eux se dirigèrent vers la mer, afin de chercher un refuge sur la flotte qui les avait amenés ; mais celle-ci, à la vue d’un si effroyable désastre, avait gagné la haute mer. D’ailleurs, du côté de la marine, ils rencontrèrent la division du comte de Toulouse qui eu fit un horrible carnage. Si les chrétiens avaient su profiter de leur victoire, ils auraient pu s’emparer d’Ascalon; mais la discorde éclata malheureusement dans leur camp, et Godefroy, abandonné par le comte de Toulouse et par plusieurs autres chefs, fut contraint cle se retirer.
Baudouin I‘T, successeur de ce prince sur le trône de Jérusalem, en 1100, pour signaler son avènement par un fait éclatant, s’empressa de marcher contre Ascalon; mais la garnison restant enfermée dans l’ enceinte de la place, et la saison étant trop avancée pour en entreprendre le siège en règle, il se contenta de ravager la campagne environnante.
Eu ],llo, les Ascalomtes attaquent à leur tour, mais eu vain, Joppé, qui se défend énergiquement. En 1123, sous Baudouin II, ils menacent de nouveau cette ville, mais ils sont vaincus par l’armée franque, non loin de Ilibelin, l’ancienne Iamnia. Pour arrêter les incursions et les déprédations incessantes des Ascalomtes, les chrétiens élêvèrent contre eux diverses forteresses, et entre autres celles de Ilibelin, de Blanche-Garde, de Bersabée, de Daroum, et la citadelle de Gaza. Enfin, en 1153, Baudouin III se rendit maître d’Ascalon, après un siège de cinq mois. Les Croisés y établirent un évêché, qui fut ensuite supprimé sur les réclamations de l’évêque de Bethléhem, et l’église d’Ascalon fut rattachée à celle de cette dernière ville.
En 1177, Baudouin IV, à peine monté sur le trône, remporta dans le voisinage d’Ascalon une éclatante victoire sur Saladin. Celui-ci, après avoir combattu vaillamment avec ses mameluks , ne put résister a l’impétuosité des Francs, et la plus grande partie de son armée périt dans cette bataille, qui rappelait aux chrétiens l’un des plus beaux triomphes obtenus jadis par Godefroy de Bouillon au milieu des mêmes plaines.
Baudouin, en mariant sa sœur Sibylle à Guillaume Longue-Epée, lui assura Ascalon pour dot.
En 1187, Saladin, maître de la plus grande partie de la Palestine, après sa victoire de Ilattin, résolut, pour compléter ses succès, de soumettre Asbalou. Quand la brèche eut été ouverte, il proposa la paix aux habitants; mais ceux-ci, n’écoutant que leur courage, renvoyèrent ses messagers sans les entendre. Le roi de Jérusalem, Guy de Lusignan, que Saladin conduisait captif avec lui, les engagea alors lui-même à ne pas compromettre le sort de leurs femmes et de leurs enfants par une plus longue résistance. Cédant à ses conseils, ils députèrent enfin les principaux d’entre eux à Saladin, lui disaut