R II À Z E H (GAZA
périr lui-même, écrasa en même temps trois mille Philistins. L’emplacement assigné par les habitants à cet édifice est maintenant couvert de broussailles et de décombres, parmi lesquels on remarque plusieurs tronçons de colonnes de granit.
H u a /. e h (Gaza).
J’ai dit que la plupart des maisons du Haret ed-Daredj étaient bâties en pierre 5 celles, au contraire, des trois autres quartiers, qui peuvent être considérés comme les faubourgs du premier, sont presque toutes en briques crues. Les mosquées seules et les oualys sont en pierre. Ces mosquées et ces oualys, ou sanctuaires consacrés à des santons différents, contiennent tous intérieurement soit des fûts ou seulement des tronçons de colonnes de marbre et de granit, soit des plaques de marbre plus ou
PALESTINE OCCIDENTALE ET MÉRIDIONALE
moins mutilées, soit des fragments de bases, de chapiteaux et d’architraves, enlevés à des monuments anciens. Dans les vastes cimetières qui s’étendent autour de la ville, les débris antiques abondent semblablement.
Malgré l’extrême décadence dans laquelle Gaza est tombée, c’est cependant encore l’une des cités les plus peuplées de la Palestine, et sa situation intermédiaire entre l’Égypte et la Syrie a été de tout temps favorable à son commerce et à sa prospérité. Le chiffre approximatif de sa population se monte à quinze mille musulmans et à sept cents chrétiens, presque tous Grecs schismatiques.
Résumons actuellement en peu de mots l’histoire de cette ville.
D’abord cité chananéenne, Gaza tomba plus tard aux mains des Philistins, qui en firent l’une de leurs cinq satrapies. Josué étendit ses conquêtes jusqu’à cette ville; mais il ne put s’en emparer ou du moins la garder. La tribu de Juda à laquelle elle fut adjugée ne la posséda que de nom, et les princes philistins, non contents de recouvrer les limites de leur territoire, en augmentèrent encore l’étendue et exercèrent une véritable juridiction sur les Israélites. Après quarante ans d’oppression, Samson apparaît comme le vengeur de son peuple, et Gaza est le théâtre de plusieurs des actes de sa vie, de son dernier triomphe et de sa mort. C’est là qu’il périt sous les ruines du temple de Dagon qu’il renversa, entraînant dans sa chute trois mille Philistins. On connaît les luttes continuelles qui éclatèrent entre les Philistins et les Israélites sous les Juges, puis sous les règnes de Saül et de David; enfin, cette nation belliqueuse fut définitivement subjuguée, et la Bible nous apprend que sous Salomon, Gaza était l’une des frontières des États de ce prince. La situation de celte ville sur la grande route des expéditions militaires qu’entreprirent les monarques de Syrie, d’Égypte et de l’Orient, l’exposa nécessairement aux calamités de la guerre et à la nécessité de changer souvent de maîtres. Un des pharaons, probablement Néchao II, la subjugua au temps de Jérémie.
Cambyse, dans son expédition d’Égypte, déposa, en passant, scs trésors à Gaza. Cette place osa s’opposer à Alexandre, qui l’attaqua dans sa marche vers l’Êgyple. Deux fois blessé pendant ce siège qui dura deux mois, le héros macédonien se montra impitoyable, quand il eut triomphé de la résistance des ennemis et pris la ville d’assaut. Tous les hommes furent massacrés, les femmes et les enfants furent réduits en esclavage, et Gaza fut repeuplée avec des habitants provenant des localités voisines. S’il faut même ajouter foi au récit de Quinte-Curce, Alexandre, imitant en cela Achille, dont il se prétendait issu, aurait traîné autour de la ville, attaché à son char, le corps de Bétis qui avait défendu si vaillamment la place confiée à sa garde (332 avant J. C.). Après la mort d'Alexandre, Antigone s’empara de Gaza. Mais bientôt Plolémée, ayant défait près de cette ville Démétrius, fils d’Antigone, reprit la Palestine et, sur le point de retourner en Égypte, renversa Gaza avec d’autres villes. Elle se releva presque aussitôt de ses ruines, et, sous les Macchabées, elle était redevenue une cité considérable.
L’an 141 avant Jésus-Christ, Simon l’investit, s’en empara et en fit sa résidence; quarante-cinq ans plus tard, elle fut de nouveau détruite par Alexandre Jannée, après un siège d’une année et un massacre effroyable. Reconstruite par Gabinius, elle fut ensuite donnée par Auguste à Hérode et, à la mort de ce prince, assignée à la Syrie.
L’an G5 de l’ère chrétienne, durant le gouvernement de Gessius Florus, les Juifs révoltés la saccagèrent. Une église chrétienne paraît de bonne heure y avoir été établie. Philémon passe pour avoir été le premier de ses évêques. Ce serait le même auquel saint Paul aurait adressé une épître. Eusèbe et saint Jérôme parlent de Gaza comme d’une cité encore importante de leur temps.
L’an 634, elle tomba dans les mains des généraux d’Abou-Bekr, après une bataille décisive livrée
Il 1 1 A Z E H (GAZA).
par eux aux armées romaines. Depuis celte époque, il est peu question de Gaza jusqu’aux Croisades; nous savons seulement qu’elle souffrit beaucoup pendant les nombreuses guerres qui surgirent entre les gouverneurs mahométans d’Égypte et ceux de Syrie. Les Croisés la trouvèrent déserte. En 1149, Baudouin III, roi de Jérusalem, afin de réprimer vers le sud les incursions des Ascalonites, releva les fortifications d’une partie de la ville de Gaza.
En 1170, Saladin prit et dévasta la ville qui s’était formée à côte de la citadelle, et qui n’était protégée que par un mur faible et peu élevé; mais il ne put forcer la citadelle que défendait Milon de Plansy. Tous les habitants qui n’avaient pu s’y réfugier furent massacrés par les musulmans.
Après la funeste bataille de Hattin et la reddition d’Ascalon à Saladin, Gaza se soumit également à ses armes. Elle ouvrit ensuite ses portes à Richard Cœur de lion, mais pour retomber bientôt
sous la domination des musulmans. En 1239, l’armée de Thibaut fut complètement battue près de Gaza.
En 1244, les mêmes plaines furent encore le théâtre d’une grande défaite que les chrétiens alors alliés des musulmans essuyèrent de la part des Kharismiens. A partir de la fin des Croisades, 1 histoire de Gaza ne présente jusqu’aux temps modernes aucun fait saillant. Dans les derniers jours de février de 1 année 1779, Bonaparte défit Abdallah, général de Djezzar, pacha d’Acre, près de Gaza : les cheikhs et les ulémas de la ville s’empressèrent d’apporter au vainqueur les clefs de la cité, et le fort se rendit bientôt. Bonaparte le fit sauter avant de poursuivre sa route, et campa pour la nuit sur le Djebel el-Mountar.
Si les quatie puncipautés d Ekron, Azot, Ascalon et Gaza ont conservé jusqu’à nos jours leur nom à peine altéré, Gatli, au contraire, a complètement perdu le sien, et l’on ne sait où placer d’une manière certaine ce cinquième chef-lieu de fa Pentapolc philistine. Plusieurs critiques inclinent à le reconnaître dans Yebneh, erreur que j’ai déjà réfutée plus haut. D’autres l’ identifient avec Beit- Djibun, autre erreur, comme je vais le montrer en parlant de cette localité, qui est l’ancienne Bctogabra, l’Eleuthéropolis des Grecs et des Romains.
PALESTINE OCCIDENTALE ET MÉRIDIONALE
BEIT-DJIBBIN (ÉLEUTHÉROPOLIS)
A quarante-cinq kilomètres à l’est-nord-est do Gaza, à l’extrémité orientale de la Chéphélah et au pied du massif de Juda, est situé ce village, jadis très-important.
La ville antique qu’il a remplacée était entourée d’un rempart construit en belles pierres de taille de dimensions considérables et bien agencées entre elles sans ciment. Il est impossible de suivre actuellement partout le périmètre de cette enceinte, soit parce qu’elle est détruite sur beaucoup de points, soit parce qu’elle est ensevelie sous des amoncellements de décombres. Néanmoins, il subsiste encore de la section septentrionale des restes étendus sur une longueur de trois cents pas environ.
L’épaisseur du mur dépassait un mètre. Il était lui-même défendu par un fossé. A l’est et à l’ouest, cette face de l’enceinte aboutissait à deux châteaux forts. Celui de l’est est aujourd’hui en grande partie démoli et occupé par un cimetière; plusieurs fûts de colonnes antiques y ornaient une dizaine de tombeaux musulmans. On y remarque aussi une large et belle porte dont l’arcade cintrée est intacte, et qui ressemble à un petit arc de triomphe. La seconde forteresse avait des dimensions plus considérables. Plus vaste dans le commencement qu’elle ne le fut dans la suite, elle avait été bâtie primitivement avec de superbes pierres de taille, dont quelques-unes étaient relevées en bossage. Plus tard, à l’époque des Croisades, elle fut reconstruite, mais dans des proportions plus restreintes, par les chrétiens. Peut-être même, avant eux, avait-elle déjà subi des remaniements de la part des musulmans, quand ils se furent rendus maîtres du pays.
Dans tous les cas, depuis la fin des Croisades, les musulmans la réparèrent encore, comme le prouve une inscription ^arabe gravée sur la porte principale, et qui date de l’année 958 de l’hégire, ce qui répond à l’an 1551 de l’èrc chrétienne. Actuellement, elle tombeen ruine de toutes parts, etl’on y pénètre par plusieurs brèches. Dans les proportions où elle a été réduite, elle conserve approximativement soixante-dix pas sur chaque face; elle était défendue à ses quatre angles par une tour carrée; de plus, deux autres tours la protégeaient vers l’est. De ce côté, on distingue deux portes, aujourd’hui obstruées. Dans l’intérieur de cette forteresse, vers le sud, une galerie, dirigée de l'est à l’ouest, semble avoir été autrefois l’une des ailes latérales d’une église détruite. Elle est flanquée à droite et à gauche de cinq piliers auxquels étaient adossées autant de colonnes de marbre blanc. Six de ces colonnes sont encore à leur place, couronnées de leurs chapiteaux corinthiens ; les quatre autres ont été enlevées. Datant elles-mêmes, soit de l’époque romaine, soit de l’époque byzantine, elles sont surmontées d’arcades légèrement ogivales qui accusent une époque postérieure.
Près de cette galerie, mais en dehors du château, sur une plate-forme attenante à la face sud et maintenant plantée de tabac, on aperçoit deux autres colonnes de marbre, identiques avec les précédentes, et qui sont encore enfoncées dans le sol; elles appartenaient sans doute à la même église. Cet édifice occupait ainsi une partie de la plate-forme, et il est depuis longtemps complètement rasé, à l’exception de la nef dont je viens de parler.
En parcourant les autres parties de l’intérieur du château, on heurte à chaque pas des amas de décombres, résultant de murs et de voûtes écroulés. Quelques magasins souterrains cependant sont assez bien conservés. Si l’on sort de l’enceinte actuelle de ce même château, on trouve d’autres
B E I T - 1) J I B R I N (ÉLEUTHÉROPOLI S ).
magasins semblables, les uns obstrués par des éboulements, les autres divisés en un certain nombre de petits compartiments, parce qu’ils servent de refuge à différentes familles qui s’y ! sont installées.
Quant au village, il n’occupe qu’un tiers tout au plus de l’emplacement de l’ancienne ville. Dans presque toutes les maisons, notamment dans celle du cheikh, on remarque des débris antiques plus ou moins mutilés. Les deux autres tiers de la cité primitive sont de nos jours remplis par un cimetière, des vergers, des plantations de tabac, des amas de
Chat e a d
Musici:
décombres et des monticules de cendres et de fumier qui s’exhaussent progressivement de siècle en siècle. Les excavations qui entourent Beit-Djibrin sont les plus remarquables de toutes celles de la Palestine.
PALESTINE OCCIDENTALE ET MÉRIDIONALE
A quinze minutes à peine au nord-est du village se trouvent celles qui sont vulgairement connues sous le nom de Arak el-Mouïeh. Pratiquées dans des collines de calcaire crayeux, elles sont divisées en deux parties, et précédées de vastes emplacements, aujourd’hui plantés de tabac, mais occupés autrefois par une série de salles qu’on a depuis longtemps sans doute détruites, pour en extraiie des matériaux de construction, et dont quelques-unes ont pu aussi s’écrouler d elles-mêmes, par suite de la démolition des autres salles auxquelles elles étaient attenantes.
Après avoir traversé l’une de ces cours, on entre par une porte colossale dans de belles et magnifiques galeries qui se succèdent les unes aux autres, et dont la forme affecte 1 apparence d immenses entonnoirs renversés, ou, si l’on veut, de cloches gigantesques. Elles sont éclairées à leur sommet par un ou plusieurs soupiraux, soit ronds, soit carrés, qui laissent pénétrer dans 1 intérieur une lumière douce et suffisante. Quelques-unes de ces salles sont très-dégradées. Le sol en est inégal, a cause des éboulements qui sont survenus, ou des amas de matériaux qui ont pu être jetés par les orifices supérieurs. Il en est dont les parois sont percées intérieurement d’un grand nombre de niches, étroites et peu profondes, disposées par rangées parallèles, et qui sont trop exiguës pour avoir servi jadis de columbaria; j’incline donc à regarder cette suite régulière de trous comme une simple ornementation, à moins, par hasard, qu’à certains jours solennels on n’y ait placé de petites lampes pour illuminer ces galeries souterraines.
Après avoir examiné cette série de salles et traversé de nouveau la cour qui les précède, j entrai par une seconde cour dans une deuxième série de salles analogues dont l’ensemble, en y comprenant celles dont je viens de parler, se compose d’une trentaine de superbes rotondes successives encore debout, qui remontent probablement à la plus haute antiquité, et attestent une rare habileté dans la manière d’excaver le roc. A la vérité, les collines dans lesquelles elles ont été creusées consistent en un tuf calcaire et crayeux très-facile à tailler. Néanmoins, la forme de chacune de ces salles accuse par son élégance un art véritable. On y lit quelque part deux inscriptions coufiques dont voici la traduction :
1° « O Dieu ! Ibn Souleïman témoigne qu'il n’y a pas d’autre Dieu que Dieu. »
2° « O Dieu ! pardonne à Yésid, fils d’Omar, fils de Kandy. »
Ces deux inscriptions, qui semblent dater, par la forme de leurs caractères, des premiers temps de l’islamisme, n’éclairent en rien, comme on le voit, le mystère de ces remarquables excavations, qui leur sont antérieures de bien des siècles.
Je considère celles-ci, de même que d’autres dont j’ai parlé longuement dans ma Description de la Judée , connue d’anciennes carrières qui, après avoir été exploitées d’abord dans le but d’en extraire des pierres, ont dû servir ensuite d’habitations, soit permanentes, soit temporaires^, ou peut-être d’entrepôts pour les grains et autres provisions, aux populations troglodytes qui, sous le nom de Hori m, ont séjourné primitivement dans cette contrée. Le mot Horim, en grec Xoppaïot, en latin Choir œi et IJoirœi , dérive de la racine hor, caverne, et signifie des hommes de caverne, des Troglodytes.
Saint Jérôme, dans son Commentaire sur le prophète Obadiah (ch. x), s’exprime ainsi :
« Cet unique et même personnage est donc appelé de trois noms :
« Ésaü, Édom, Seïr, et il posséda la région connue aujourd’hui sous la désignation de Gébalène, qui se trouve sur les frontières d’Éleuthéropolis, où avaient habité les Horréens, c’est-à-dire les hommes libres, dont le nom fut plus tard donné à la ville elle-même. »
Saint Jérôme ajoute :
B E 1 T - D J I B R I N (ÉLEUTHÉROPOLIS).
(? Dans toute la région des Iduméens, depuis Éleuthéropolis jusqu’à Pctra et Æla (telle est la posses siou d’Ésaü), on habite dans des cavernes. »
Vallée de Beit-Dj ibris.
Ces deux passages nous apprennent que les Horréens ou Horim avaient été les habitants primitifs de la contrée dont Éleuthéropolis, actuellement Beit-Djibrin, comme je le dirai tout à l’heure, était le
PALESTINE OCCIDENTALE ET MÉH I D 1 O N AL E
chet-lieu, et que, depuis Eleuthéropolis jusqu'à la mer Rouge, les Iduméens vivaient dans des cavernes. Saint Jérôme, à la vérité, donne au mot Horim une autre étymologie que celle que je viens d’indiquer, d après la majorité des critiques ; Horrœi , dit-il, qui interprelanlur liberi. Ce mot peut , en effet , être tiré également de la racine harar, cil a été libre ou noble» . Mais si ce Père de l’Église interprète différemment le sens de cette dénomination, son témoignage est formel au sujet de l’habitude qu’avaient ce peuple et plus tard les Iduméens de vivre dans des demeures souterraines, témoignage que confirment les innombrables cavernes que l’on rencontre partout en Palestine, principalement dans la partie méridionale, et dont les plus remarquables spécimens se trouvent entre Tell es-Safieh et Beit-Djibrin.
Robinson a prouvé depuis longtemps par des arguments irrécusables l’identité de Beit-Djibrin avec l’ancienne Bétogabra, en hébreu probablement Beth-Gabra ou Beth-Gebara.
Beit-Djibrin, qui est pour Beit-Djibril, par suite de la permutation, si fréquente en arabe dans le dialecte vulgaire, du lam ou noun, signifie maison de Gabriel , c’est-à-dire, maison du fort de Dieu, et Bétogabra, en hébreu Beth-Gabra ou Beth-Gebara, peut se traduire par maison de la force , des hommes forts, des géants, sans doute parce que le territoire où cette ville était située fut primitivement habite par des populations d’une taille gigantesque, comme étaient les Horim, qui, selon saint Jérôme, s étaient établis dans le district d’ÉIeuthéropolis, nom qu’à l’époque gréco-romaine portait Bétogabra.
Les documents relatifs à l’histoire de cette ville se réduisent d’ailleurs à fort peu de chose. Eusèbe, il est vrai, dans son OnomasUcon, fait souvent mention d’Éleuthéropolis, mais il se contente seulement de la citer connue point central ou point de départ, auquel il rapporte les distances d’une vingtaine de localités, et qui était elle-même le chef-lieu d'un district du même nom; elle était déjà depuis longtemps le siège d’un évêché.
L’an 036 de notre ère, Eleuthéropolis tomba avec toute la Palestine au pouvoir des musulmans.
A partir de l’invasion musulmane, le nom grec d’Éleuthéropolis disparut pour faire place au nom indigène Bétogabra (Beth-Gabra), que les Arabes changèrent en Beit-Djibril ou Beit-Djibrin, par suite d’une légère modification dans la terminaison du mot; et comme l’ange Gabriel joue un grand rôle dans le Coran, ils furent naturellement portés à voir dans le mot Gabra une allusion à cet archange, plutôt qu’un souvenir, qui pour eux n’existait pas, des forts ou des géants qui avaient jadis habité en cet endroit. Quand les Croisés s’emparèrent de la Palestine, ils trouvèrent cette ville abandonnée, et attestant seulement par ses ruines son ancienne importance. Ils s’imaginèrent à tort que c’était l’ancienne Bersabée.
Sous le roi foulques d’Anjou, en 1134, une citadelle y fut construite sur d’anciennes fondations, avec un mur très-fort flanqué de tours et entouré de fossés profonds. La défense en fut confiée aux Hospitaliers de Saint- Jean. En 1187, cette forteresse tomba entre les mains de Saladin. Réoccupée ensuite par les Latins, elle fut de nouveau prise par Bibars en 1244. Sons la domination turque, elle fut réparée en 1551 ; actuellement, comme je l’ai dit, elle est en ruine.
MAR-HANNA. — MERACH. — DIKRIN, JADIS G AT El
Avant de quitter Beit-Djibrin, je signalerai vers le sud-est, à la distance de deux kilomètres au plus, les restes d’une belle église byzantine, consacrée à sainte Anne, dans un village appelé Kharbet Mar- Hanna.