MAR-HANNA. — MERAGH. — DIKRIN, JADIS G AT II
Une colline voisine, du nom de Tell Mar-Hanna, et qui semble avoir été l’acropole de l’ancienne Morecheth-Gath, patrie du prophète Michce, est perforée sur ses flancs méridionaux de vastes excavations analogues à celles de Beit-Djibrin , et qui paraissent avoir été des demeures souterraines d’une
haute antiquité. Pour y pénétrer, il est nécessaire de se munir de lumière, car les orifices supérieurs qui jadis les éclairaient sont actuellement bouchés par suite d’éboulements survenus. On parcourt ainsi plusieurs grandes salles que relient entre elles des corridors. Elles sont creusées en forme d’entonnoirs, et leurs parois intérieures sont percées d’une foule de petites niches peu profondes, semblables aux trous d’un colombier. Dans l’une de ces salles, on remarque un escalier tournant ménagé le long de ses murs, et montant jusqu'à la voûte.
A un kilomètre de là, vers l’ouest, les ruines deMerach couvrent une colline oblongue, aujourd’hui hérissée de broussailles. Des amas confus de pierres, des silos, des citernes et des excavations souterraines en forme d’entonnoirs renversés, voilà tout ce qui subsiste de l’antique Marésa, en hébreu
PALESTINE OCCIDENTALE ET MÉRIDIONALE
Marechah, appartenant à la tribu de Juda, dans le district de la Chéphélah, et dont le nom s’est conservé fidèlement dans celui de Merach. Mentionnée dans le Livre de Josué, cette ville fut plus tard fortifiée par Roboam. Judas Macchabée, dans une campagne contre les lduméens, la ravagea; Jean Hyrcan la conquit. Pompée la rendit à ses anciens habitants, et Gabinius la restaura; mais bientôt après, l’an 39 avant Jésus-Christ, elle fut renversée par les Parthes. Eusèbe, dans P Onomasticon, la cite comme étant déserte de son temps.
Si nous nous transportons maintenant à sept kilomètres au nord-ouest de Beit-Djibrin, d’autres ruines, appelées Kharbet-Dikrin et très-rarement visitées par les voyageurs , méritent cependant leur attention. De nombreuses et belles citernes, des puits et des silos creusés dans le roc, de vastes galeries souterraines semblables pour la forme à celles dont j’ai déjà parlé, les unes très-dégradées et à moitié détruites, les autres presque intactes, les vestiges de nombreuses maisons renversées, une assez grande quantité de blocs de différentes dimensionsjonchantunecollinebérisséedebroussaillesou plantée d oliviers, tout cela ajouté aux quarante citernes de Dikrin et aux matériaux antiques qu’on observe dans le village même, lequel est situé sur une colline voisine, atteste évidemment qu’il y avait autrefois une ville considérable, assise sur deux hauteurs, et qui, à cause de sa position, me paraît avoir été l’ancienne Gath, l’une des cinq principales satrapies philistines. En effet, dans Y Onomasticon d’Eusèbe, nous lisons au mot TéO :
« Geth; les Enakim y restèrent, quoique étrangers, ainsi que les Philistins qui ne furent point exterminés. Elle subsiste encore aujourd’hui comme bourgade sur la route d’Éleuthéropolis à Diospolis, au cinquième mille d’Éleuthéropolis. »
Saint Jérôme reproduit fidèlement l’assertion d’Eusèbe sans la modifier. Or, précisément sur la route indiquée dans ce passage, à sept kilomètres environ au nord-ouest de Beit-Djibrin, jadis Éleuthéropolis, par conséquent à cinq milles de ce dernier point, dans la direction signalée par Eusèbe et par saint Jérôme, on rencontre le village actuel de Dikrin et les grandes ruines connues sous le nom de Kharbet-Dikrin. Ce nom arabe n a, a la vérité, aucun rapport avec la dénomination antique de Gath ou Geth; mais, d’un autre côté, l’emplacement des ruines de Dikrin répondant parfaitement à celui que ces deux écrivains assignent dans Y Onomasticon à la ville de Geth, et Dikrin nous offrant, en outre, des traces considérables de sa primitive importance, nous sommes amenés tout naturellement à conclure que, selon toute vraisemblance , il ne faut plus chercher ailleurs cette ancienne cité philistine, et que les incertitudes des géographes doivent cesser sur ce point.
Cette ville, en hébreu Gath (Pressoir à vin), en grec RS ou Th Ta, en latin Geth, était très-probablement déjà fondée quand les Philistins s’emparèrent de la plaine qui plus tard porta leur nom. Des géants nommés Enakim ou fils d’Enak y vivaient au milieu d’eux; c’étaient les restes de l’ancienne race indigène qu’ils avaient refoulée au nord et à l’est, lors de l’invasion.
A l’époque du partage de la Terre promise, Gath échut à la tribu de Dan. Le géant Goliath que vainquit et lua David était originaire de cette ville; c’était sans doute l’un des descendants des anciens géants que .Tosué n’avait pu exterminer complètement. Lorsque plus tard David, pour se dérober à la fureur jalouse de SaOl, se réfugia parmi les Philistins, c’est à Gath qu’il se retira. Cette cité était alors gouvernée par un roi nommé Achis, fils de Maoch. Due fois parvenu sur le trône, David s’empara de Gath. Roboam en releva les remparts et en fit une place forte; elle retomba ensuite au pouvoir des Philistins ; car nous lisons dans les Paralipomènes (liv. II, ch. xxvi) qu’Osias, fils d’Amasias, roi de .Tuda, combattit les Philistins et détruisit les remparts de Gath. Dès lors, il n’est plus question de cette ville dans les Saintes Écritures, et elle ne joue plus aucun rôle dans l’histoire. Seule-
TELL ES-SAFIEH.