SA RA A
TIBNE1I .
— AÏN-GHEMS. —
ment, bien des siècles plus tard, à l’cpoque d’Eusèbe et de saint Jérôme, nous savons par ces deux écrivains qu’il existait encore plusieurs bourgs portant ce nom, en Palestine, et un notamment entre Diospolis et Éleuthéropolis, que je regarde comme la Gath, métropole pbilistine.
TELL ES-SAFIEH. — SARAA. — AIN-CLIEMS. —
TIBNEH
A cinq kilomètres au nord-ouest de Dikrin, s’élève, isolée dans une belle vallée, la colline dite Tell es-Safieh. De forme oblongue, elle doit à son sol, qui est composé d un calcaire crayeux, tendre et blanchâtre, le nom quelle porte (colline de la clarté, de la blancheur). Sur plusieurs points, mais principalement vers le nord-ouest, ses flancs ont été excavés pour en extraire des pierres; ces anciennes carrières ont été ensuite transformées en cavernes qui, pendant la nuit, servent maintenant d’étables à de nombreux troupeaux de bœufs, de moutons et de chèvres. On peut estimer à cent vingt mètres au-dessus de la plaine la hauteur de ce tell. Ce n’est donc point une montagne ; mais comme il se dresse solitaire dans la plaine, on embrasse de son sommet un très-vaste horizon. De là le regard se promène sur la plus grande partie de l’ancienne Ghéphelah, depuis Ramleh, au nord, jusqu’à Gaza, au sud. A l’ouest la Méditerranée, à l’est les monts de la Judée, circonscrivent et encadrent le tableau. Le plateau supérieur de la colline est encore désigné aujourd’hui sous le nom de Ivalah, « la Citadelle » . Là s’élevait, en effet, un château fort qui l’occupait tout entier et qui est actuellement détruit de fond en comble, sauf quelques arasements en belles pierres de taille qu’on n’a point encore arrachés du sol. Deux petits oualys musulmans, à 1 angle nord et à celui du sud, ont été construits avec d’anciens matériaux trouvés sur place. Au-dessous du plateau, à mi-côte de la colline, sont groupées confusément et s’étendent sur les pentes environ cent cinquante petites maisons très-grossièrement bâties, les unes en pierre, les autres en briques crues.
Tout porte à croire que Tell es-Safieh est l’antique Mitspeh de Juda, en grec Macox, en latin Maspha, mentionnée dans le Livre de Josué (ch. xv, •ÿ 38) parmi les villes delà Chéphélah. La ressemblance des noms, une fois qu’on a retranché la première syllabe du mot ancien, est frappante, et il est impossible de la méconnaître. D’ailleurs, la colline de Tell es-Safieh est un observatoire trop naturel pour que jadis elle ait été négligée dans ce but et n’ait pas dès lors porté un nom analogue à sa destination. Or, le mot Mitspeh dérive de la racine tsapha, qui veut dire observer et signifie un lieu élevé d’où l’on observe, en latin spécula.
Toujours est-il qu’à l’époque des Croisades cette colline portait, parmi les Latins, le nom d 'Alla Spécula , en français Blanche-Garcle, traduction fidèle de l’hébreu Mitspeh, et en même temps de la dénomination, en arabe, Tell es-Safieh, attachée déjà à cette localité et qui reproduit avec un sens différent et une légère altération la dernière partie du nom Mitspeh, les Arabes ayant surtout été frappés de l’apparence extérieure de la colline qui brille au loin dans la plaine, à cause de la blancheur de ses flancs crayeux.
Le roi Foulques lor, en 1138, y érigea une forteresse, ainsi que nous l’apprend Guillaume de Tyr (liv. XV, cli.xxv). En 1191, ce château fort, flanqué de quatre tours, tomba au pouvoir de Saladin, qui le démantela. L’année suivante, il fut reconstruit par le roi Richard. Quelques-unes des aven-
tares du héros anglais eurent lieu dans le voisinage de cette place. Une fois, entre autres, chevauchant loin de son camp de lîamlch, il manqua d’être pris par un escadron musulman que Saladin envoyait
d’Ascalon à Blanche-Garde.
Dans une autre circonstance, il rencontra près de là un gros d'ennemis, et, sans craindre leur nombre, il se précipita sur eux, en tua plusieurs et lit quelques prisonniers.
Transportons - nous mainte nant à quinze kilomètres de distance , au nord-est de Tell es- Safieh, dans la patrie de Samson, de cet homme extraordinaire qui causa tant de mal aux Philistins pendant sa vie et principalement au moment de sa mort. Cet endroit s'appelle Saraa : c’est un village qui compte aujourd’hui trois cents habitants. 11 couronne une colline dont les flancs rocheux sont percés de plusieurs grottes sépulcrales. Une source y porte la désignation de Aïn-Merdhoum.
Saraa est l’ancienne Tsorah en hébreu, 2apàa en grec, Saraa et Sarea en latin; ville mentionnée pour la première fois dans le Livre de Josué, parmi celles de la Chéphélah, et associée avec Esthaol.
Bien que situé sur une colline assez élevée, le village actuel de Saraa est effectivement en dehors du massif proprement dit des monts de la Judée. La cité antique qu’il remplace, et dont il a conservé fidèlement le nom, avait été assignée à la tribu de Dan.
Elle fut la patrie de Manué, père
Souterrain au Tell Mar-Hanra. 1 5 1
cle Samson. Ce fut là qu’il naquit
lui-même, annoncé d’avance à ses parents par l’apparition d’un ange qui lui avait prédit sa grandeur future, s’il observait certaines prescriptions que le Seigneur lui imposait- Après sa mort, Samson fut rapporté de Gaza par ses frères et ses proches, et enseveli par eux entre Saraa et Esthaol,