TELL E S - S A F I E H
dans le sépulcre de son pèic Manué. Ce sépulcre de famille se trouvait dans le champ que possédait Manué, entre Saraa et Esthaol. 11 existe encore maintenant, transformé en un oualy musulman au Kharbet-Aselin. Connu vulgairement sous la désignation d 'Oualy C/ieikh-R/ierib, il l’est également sous celle de Kabr Chamclioun (tombeau de Samson). Le grand sarcophage en pierre que renferme ce sanctuaire est probablement apocryphe; mais l’ oualy qui le contient a pu être élevé sur remplacement d’un ancien tombeau juif actuellement détruit ou enseveli sous cette construction musulmane. Dans tous les cas, la position qu’il occupe répond parfaitement aux indications de la Bible relativement au tombeau de Samson.
Fortifiée par Roboam, Saraa fut réhabitée, au retour de la captivité, par des enfants de la tribu de Juda,
A la distance de deux kilomètres et demi au sud-ouest de la localité précédente, au delà de
l’Oued Serar, des ruines, appelées Kharbet Aïn-Cliems, sont éparses sur deux collines peu élevées, en partie cultivées, en partie couvertes de broussailles et de hautes herbes. Des amas de pierres mal taillées de dimensions diverses sont disséminées pêle-mêle sur le sol. On observe aussi les arasements de plusieurs vieux murs et les assises inférieures de nombreux compartiments qui constituaient les enceintes d’autant de petites maisons, depuis longtemps sans doute renversées. Entre les deux collines est une petite mosquée, consacrée à Abou- Mizar.
Ces ruines sont celles de l’ancienne Bet/i-Chemecb , en grec Batôcafjiuç, en latin Bclhsames , mentionnée dans le Livre de Josué (ch. xv, if 10), entre Cheslon et Thamna. Celte dénomination de Beth-Chemech (maison du Soleil), en arabe Aïn-Chems (source du Soleil), indique que, dans l’antiquité, on rendait en cet endroit un culte spécial à l’astre du jour. Ailleurs, dans le même Livre de Josué (ch. xix, if 41), Ir-Chemecli, en latin Hirsemes, est signalée, avec Saraa et Esthaol, comme appartenant à la tribu de Dan. Tout semble prouver que cette ville était identique
PAL K S TI K Fi OCCIDENTAL F ET MÉRIDIONALE.
avec celle de Beth-Ckemecb, la forme Ir-Chemech (ville du Soleil) étant probablement la forme primitive ou cbananéenne et ayant été remplacée plus tard par la forme hébraïque Beth-Chemech (maison du Soleil). Les deux formes ont pu aussi subsister en même temps, bien que la seconde semble plus spécialement hébraïque.
C’est sur la route conduisant d’Ekron à Beth-Chemech que les génisses attelées par les Philistins au chariot neuf qui portait l’arche d’alliance s’avancèrent d’elles-mêmes jusqu’aux confins de cette ville.
Les Bethsamites moissonnaient alors leurs orges dans la vallée, l’Oued-Serar de nos jours. Le chariot s’arrêta dans le champ de Josué de Beth-Chemech.
Les Bethsamites manifestèrent la joie la plus vive à la vue de l’arche qui leur était rendue par les Philistins, et comme il y avait, là une grande pierre, ils y placèrent les génisses et les offrirent en holocauste au Seigneur; mais ayant jeté un regard indiscret dans l’arche, ils furent frappés par Dieu d’une plaie terrible qui en fit périr un très-grand nombre.
Beth-Chemech avait été assignée par Josué aux lévites et aux prêtres. Sous Salomon, elle eut pour gouverneur un nommé Ben-Dekar. Plus tard, ce fut là que Joas, roi d’Israël, eut uue entrevue avec Amasias, roi de Juda, et s’empara de sa personne après la défaite de son armée (833 avant Jésus- Christ).
Cinq kilomètres à l’ouest-sud-ouest de Aïn-Ghems, les ruines d’une autre ville antique sollicitent un moment notre attention; elles portent le nom de Kharbet-Tibneh et couvrent le flanc d’une colline hérissée de hautes herbes, de chardons et de lentisques. La cité dont elles sont les vestiges a été détruite depuis longtemps, car les pierres des anciennes constructions renversées sont extraordinairement rongées par les siècles et toutes revêtues de lichen. Elle a été, du reste, aux trois quarts effacée du sol, ses débris ayant été transportés un peu plus loin et ayant servi à bâtir le village arabe d’El-Bridje. Tibneh est l’ancienne Timnah ou Timnathah, en grec 0ap.và et ©auvaOà, en latin Tamna et Tamnatha, qui est signalée pour la première fois dans le Livre de Josué, à propos de la limite septentrionale de la tribu de Juda. Il faut la distinguer d’une autre ville du même nom située dans le massif d’Ëpkraïm, et dont il a été question précédemment, à propos du tombeau de Josué. Celle qui nous occupe en ce moment fut la patrie de la femme qu’épousa Samson. C’est dans les vignobles qui l’entouraient que cet homme d’une force extraordinaire, attaqué par un lionceau, le mit en pièces sans autre arme que ses bras puissants. Aujourd’hui, les vignobles ont été arrachés, les bois ont également disparu; mais les chacals abondent toujours. Ce sont là les renards à la queue desquels Samson, pour se venger des Philistins, attacha des torches enflammées, et qu’il lâcha ensuite dans leurs champs, afin d’incendier leurs moissons.
DE TIBNEII À TEKOUA
Dirigeons-nous maintenant vers Tekoua, en passant successivement par Yarmouk, Beit-Nettif, Choueikeh, Beit-Zakaria et Beit-Fagliour.
Après avoir franchi sept kilomètres et demi vers le sud et à partir de Tibneh, nous arrivons au pied du Djebel- Y armouk , dont les pentes inférieures sont cultivées en céréales; en les gravissant, on traverse un fourré de broussailles et de plantes épineuses. La montagne s’élève comme par étages
DE TIBNEH A TEKOUA.
y abondent parmi des touffes de lentisques et de hautes herbes; de là, on domine d’au moins trois cents mètres les vallées voisines.
Le Kharhet-Yarmouk est l’antique Yarmoulh, dans la Vulgate Jarimuth et Jerimoth, qui est citée pour la première fois dans le Livre de Josué, à l’occasion de la ligue des cinq rois amorrhéens contre les Gabaonites pour les punir de leur défection. (Josué, ch. x, ÿ 3 et 4.)
Le roi de cette ville, nommé Pharam, fut vaincu à Bethoron et ensuite mis à mort avec les rois ses alliés, dans la plaine de Makkédab.
Dans un autre passage du Livre de Josué (ch. xv, $ 35), Yarmouth est signalée parmi les villes
successifs que soutiennent d’anciens murs d’appui. Des débris d’habitations renversées et d’innombrables petits fragments de poterie sont de tous côtés épars sur le sol.
Quant au plateau supérieur qui formait l’acropole de la ville, dont le Kharbet-Yarmouk offre les vestiges, il était environné d’un mur circulaire dont les substructions sont encore visibles. lies ruines
PALESTINE OCCIDENTALE ET MÉRIDIONALE
appartenant à la tribu de Juda. Réhabitée au retour de la captivité, elle existait encore à 1 époque d’Eusèbe, qui la désigne sous le nom de ïsppoycoç, d’où les Arabes ont fait ensuite Yarmouk.
En continuant à marcher dans la même direction, l’espace de deux kilomètres, nous atteignons les premiers jardins de Beit-Nettif; ils sont plantés de vignes, d’oliviers et de figuiers. Le sommet de la
montagne qu’ils entourent est occupé par le village de ce nom. Ce village renferme un millier d’habitants. Les maisons en sont très-grossièrement bâties.
Au-dessusdelaported’entréeduiliet//f«feh ou maison réservée aux étrangers, un grand bloc, faisant office de linteau, appartient à un ancien monument détruit et est orné d’élégantes moulures.
Beaucoup d’autres pierres également antiques sont encastrées çà et là dans des habitations particulières. Deux puits, plusieurs citernes et un certain nombre de silos et de magasins prali- °UAL' Ul CuEIKM Samat> a Samaï’
qués dans le roc doivent aussi dater de l’antiquité, ainsi que les arasements d’un édifice rectangulaire construit en belles pierres de taille. Beit-Nettif est l’ancienne Netophah, appartenant à la tribu de Juda. Nous lisons dans le livre Ier des Paralipomènes (ch. xxvii, i 13 et 15) que deux des principaux officiers de David, Maraï et Holdaï, étaient natifs de cette ville.
D’après le même livre des Paralipomènes (ch. ix, * 16), Netophah devait avoir alors une certaine importance, puisqu’elle avait dans sa banlieue et dans sa dépendance plusieurs villages dont l’un était assigné comme résidence aux lévites.