‹ La terre sainteChapitre 84 sur 128 · DE TIBNEH A T EK OU A · texte numérisé non relu

DE TIBNEH A T EK OU A

cl eau par une source et par de nombreuses citernes pratiquées dans le roc. Ces citernes avec des magasins souterrains, des silos et des tombeaux, en sont les restes les plus anciens, car les constructions dont les vestiges recouvrent le sol appartiennent évidemment à une date bien moins reculée,

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Tekoua a conservé fidèlement dans sa forme la dénomination antique attachée jadis à cette localité. C’était en hébreu Thekoa, en grec Qv/ovi, ©ex coi, 0exc6a et 0exc6, en latin Thecue et Tliecua. Antérieurement à l’entrée des Hébreux dans la Terre promise, elle fut adjugée à la tribu de Juda. C’est de cette ville qu’était originaire la femme sage et avisée qui, par ses discours concertés d’avance avec Joab, parvint à réconcilier David avec Absalon, son fils. Tout le monde connaît les belles paroles que l’Écriture

PALESTINE OCCIDENTALE ET MÉRIDIONALE

lui met alors dans la Louche, et entre autres celles-ci (Rois, liv. Il, ch. xiv, i 14) : « ÎNous mouions tous, et nous nous écoulons sur la terre comme des eaux qui ne reviennent plus. Dieu ne veut pas qu’une âme périsse, mais il diffère l’exécution de ses arrêts, de peur que celui qui a été rejeté ne se perde entièrement. »

Hira, l’un des trente vaillants de David, était né également a Thekoa. Plus tard, elle fut la patrie du prophète Àmos, qui fut tout à coup saisi de l’esprit prophétique, pendant qu il gardait son troupeau. 11 résulte du livre II d’Esdras (ch. m) que Thekoa fut réhabitée au retour de la captivité, et que ses habitants contribuèrent au rétablissement des murs de Jérusalem.

Le livre Ier des Macchabées (ch. ix) nous apprend que, l’an 161 avant Jésus-Christ, Jonathas et Simon son frère ayant été avertis de l’approche de l’armée de Baceliidès, général de Démétrius, se î étirèrent dans le désert de Thekoa.

Vers l’an 765 de notre ère, saint Willibald visita cette ville, dont il signale 1 église. La tradition que des enfants y avaient été massacrés par l’ordre d’Hérode aussi bien qu à Bethléhem était alors généralement répandue.

A l’époque des Croisades, les chrétiens de Thekoa envoyèrent des secours aux Latins pendant le siège de Jérusalem. Le roi Foulques donna cette cité aux chanoines du Saint-Sépulcre, en échange de Béthanie, où Mélisende, sa femme, fonda, en 1132, un couvent de Bénédictines dont sa jeune sœur Yvette devint abbesse. En 1138, Thekoa fut saccagée par une bande de musulmans; mais ses habitants échappèrent presque tous au massacre, en se réfugiant dans la grotte de saint Chariton, regardée alors comme étant celle d’Adoullam.

HÉBRON

La ville d’Iiébron où je transporte maintenant le lecteur, à dix-huit kilomètres environ au sudouest de Tekoua, est désignée ordinairement par les musulmans sous le nom d’El-Khalil (l’Ami), parce qu’ Abraham ou Y ami cle Dieu habita quelque temps dans le voisinage de cette cité, et qu’il y fut ensuite enterré. Elle s’étend dans une vallée qui se dirige du nord-ouest au sud-est, et elle se divise en quatre quartiers principaux, dont les maisons s’élèvent en partie au milieu de cette vallée et en partie sur les pentes inférieures des montagnes qui la dominent. Le premier de ces quartiers que l’on traverse, lorsqu’on arrive de Jérusalem, s’appelle Haret Bab ez-Zaouïeh (le quartier de la porte de la Zaouïa) ; il doit son nom à une zaouïa ou oratoire musulman, généralement attenant à une école, qui s’y trouve. C’est le moins considérable des quatre. En face de ce quartier, vers le nord-est, et séparé seulement par quelques jardins, est le Haret ech-Cheikh. On y remarque une mosquée que surmonte un élégant minaret de forme hexagone et construit avec des pierres alternativement rouges et blanches, d’une taille très-régulière. Reposant sur une tour carrée, il est lui-même couronné par une petite coupole. Cette mosquée est dédiée au cheikh Ali-Beka; de là le nom de ce quartier.

Entre le Haret Bab ez-Zaouïa et le Haret ech-Cheikh, plus près néanmoins du premier que du second, on rencontre au milieu des jardins de la vallée un puits appelé Bir Sidna Ibrahim (puits de notre seigneur Abraham), et que la tradition locale fait remonter jusqu’au grand patriarche dont il porte le nom. La plupart des maisons du Haret ech-Cheikh sont, comme presque toutes celles des autres quartiers, bâties en forme de tours ordinairement carrées et sont terminées par une terrasse que cou-

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