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enceinte du Haram d’Hébron, dont les blocs gigantesques sont d’une pierre qui imite la beauté du marbre; en outre, par la régularité de ses assises et l’élégance sévère de ses pilastres engagés, elle atteste un travail des plus remarquables. Cette construction devait être fort ancienne et remonter bien au delà d’Hérode le Grand, auquel quelques savants en ont fait honneur, puisque Josèphe nous dit :
Evidemment, il ne s’agit plus seulement ici de la grotte funéraire achetée par Abraham à Épliron, grotte qui devait être taillée dans le roc vif et que ne décorait certainement aucun marbre; mais, comme plusieurs critiques éclairés le supposent, Josèplie semble désigner dans ce passage l’admirable
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on voit encore aujourd’hui, expression cpii indique un monument datant d une haute antiquité. La tradition qui l’attribue soit à David, soit à Salomon, n’a donc lien que de très-vraisemblable.
A l’époque d’Anton in le Martyr, peu de temps avant la conquête musulmane, une basilique occupait la place de la mosquée actuelle et paraît avoir été entourée d’un portique carré.
Continuons maintenant à parcourir la ville d’Hébron. Dans le même quartier, c est-a-dire dan s Je
OüAI.Y MUSULMAN JIUINÊ, A IIÉltROS.
Haret el-Haram, près de l’entrée du Souk ou marché, les musulmans vénèrent dans / un oualy la mémoire de Sidna Y ousef en- x'
Nadjar (notre seigneur Joseph le Charpentier . La dépouille mortelle de ce santon repose dans un igrand sarcophage d’apparence musulmane et placé au milieu d’une chambre basse ou espèce de caveau dans lequel on descend par plusieurs degrés. Selon le Juif qui me servait de guide dans celte visite, cette chambre sépulcrale en recouvrirait elle-même une seconde située au-dessous, et où, selon une tradition fort ancienne, aurait été enseveli Abner, fils de Ner. On sait que ce général, après la mort de Saül, proclama roi d’Israël Isboseth, fils de ce prince, pendant que David, de son côté, régnait sur la tribu de Juda, ayant alors pour capitale Hébron. I.a lutte entre les deux princes dura plusieurs années sans bataille décisive. Le parti de David, néanmoins, devint de plus en plus fort; Isboseth, au contraire, perdait chaque jour de ses partisans et ne se soutenait que grâce à l’habileté d’ Abner; mais celui-ci ayant eu des relations avec l’une des concubines de Saül, nommée Bispa. Isboseth lui en adressa des reproches. Abner, irrité de cette réprimande, abandonna aussitôt la cause de son maître et se rallia à celle de David. Il vint luimême à Hébron, où il fut reçu avec empressement par David; puis il quitta cette ville, promettant
HÉBRON
d user de son crédit pour forcer tout Israël à reconnaître l’autorité du roi. Il venait à peine de se retirer, que Joab, alors absent pour une expédition, rentra dans Hébron chargé de butin. Ayant été informé de ce qui s’était passé, il se rendit immédiatement auprès de David et le blâma d’avoir laissé partir en paix Abner, soutenant que ce n’était qu’un espion; puis, à l’insu du roi, il expédia à ce general un messager pour le rappeler. Abner, sans se douter du piège qui lui élait tendu, ayant rebrousse chemin vers Hébron, fut assassiné par Joab, au moment où il rentrait dans la ville. A cette nouvelle, David éclata en malédictions contre Joab, qu’il n’osa pas néanmoins punir, et, pour montrer a tous qu’il n’avait pris aucune part à cet indigne guet-apens, il ordonna un deuil général dans Hébron et célébra des funérailles publiques en l’honneur d’ Abner, sur la tombe duquel il prononça des regrets touchants.
Içboseth, privé de son plus ferme appui dans la personne d’ Abner, tomba bientôt lui-même sous les coups de deux de ses officiers, nommés Becliab et Baana, qui l’égorgèrent traîtreusement dans son palais’pendant qu’il faisait la sieste, et s’empressèrent d’apporter sa tête à David, dans sa capitale d Hébron, espérant obtenir par là ses bonnes grâces. Mais ce prince, indigné de leur perfidie, les fit aussitôt mettre a mort. 11 ordonna de leur couper les mains et les pieds, qui furent suspendus audessus de la piscine d’Hébron ; la tête d’Isbosetb fut déposée dans le sépulcre d’ Abner. On montre encore a Hébron deux anciennes piscines. La plus grande, située dans la vallée entre le Haret el-Haram et le Haret el-Mecharkah, mesure quarante-huit pas de long sur quarante-cinq de large. Deux escaliers placés à deux de scs angles permettent d’y descendre. Elle a dû être réparée plusieurs fois, et le revêtement actuel est arabe. Mais elle passe pour un ouvrage antique. Selon la tradition, ce serait la piscine mentionnée dans cette occasion par la Bible.
Le quatrième quartier, ou le Haret el-Mecharkah, occupe la partie sud-ouest de la ville et fait face au Haret el-Haram ; il est habité par des familles pauvres. Chacun de ces quartiers est dominé par une montagne distincte. Au nord-est du Haret ecli-Cheikh se dresse le Djebel-Beiloun. Dans les deux directions du nord et de l’est, le Haret el-Haram est adossé au Djebel-Djabreh. Le Haret el- Mecharkah s’élève sur les dernières pentes du Djebel-Koubbet cl-Djaneb. Enfin, au sud-ouest du Haret ez-Zaouia, une quatrième montagne, plantée de magnifiques oliviers et cultivée en terrasses, s appelle Djebel er-Remeideh. Si on la gravit, on atteint des ruines connues sous le nom de Deir el- Arbaïn (couvent des Quarante). Ce sont les restes d’une construction musulmane aujourd’hui inhabitée et consistant en une petite mosquée avec ses dépendances. Plusieurs tronçons de colonnes et des pierres de taille, provenant d’une époque plus ancienne, ont été engagés dans l’épaisseur des murs. Sous la mosquee, au dire du guide qui m’accompagnait, s’étendrait un souterrain très-considcrable, dont il ni a montre l’ouverture, qui descendait jusqu’à la ville, et une partie de l’emplacement qu’elle occupe recouvrirait en outre le tombeau d’Isaï, père de David. Enfin, une tradition très-accréditée veut que la montagne entière, transformée depuis bien des siècles par la culture en divers enclos plantés d arbres et notamment d’oliviers, ait servi jadis d’acropole à l’antique Hébron.
S il faut ajouter foi a une autre tradition également très-répandue, le territoire d’Hébron avait vu naître le premier homme des mains du Créateur, et ce serait à quelques pas de cette ville, dans le champ appelé Damascène, que Dieu aurait pétri Adam de ses mains divines avec une terre rougeâtre; de la serait venu au père du genre humain Je nom qui lui fut donné, le mot Adam, en hébreu, dérivant d une racine qui signifie il a été rouge. Au moyen âge, à en croire plusieurs pèlerins, ou mondait 1 endroit où Caïn avait tué son frère, et sur une montagne voisine une caverne creusée dans le roc où Adam et Eve avaient pleuré pendant cent ans la mort de leur fils Abel. Cette grotte
ren-
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fermait encore les lits de nos premiers parents et la source à laquelle ils s’étalent désaltérés.
Appelée d’abord Kiriath-Arbaa, parce qu’elle avait été fondée par un certain Arbaa, père des géants Anakim, Hébron, qui fut désignée plus tard ainsi, du nom du chef de la famille des Hcbromtes, était réputée l’une des plus anciennes cités du monde; car le livre des Nombres (ch. XIII, i 23) nous apprend qu’elle fut fondée sept ans avant Tanis, capitale de la Basse-Égypte. Abraham fixa longtemps sa tente près de cette ville, sous un chêne. Sara sa femme y mourut, et c’est dans cette circonstance que ce patriarche acheta, pour lui servir de tombeau de famille, d’Épliron, fils de Ileth, la Makpclali ou caverne double. A sa mort, il fut déposé lui-même dans cette caverne par ses fils Isaac et Ismael. lsaac, à son tour, y fut réuni à son père par ses fils Ésaü et Jacob. Dans la suite, Jacob mourant sur la terre d’Égypte recommanda à ses fils, après les avoir bénis, de rapporter sa dépouille mortelle dans la terre de Clianaan et de l’ensevelir dans la même caverne où reposaient déjà Abraham et Sara, fsaac et Itehecca, ainsi que sa propre femme Léa. Ses dernières prescriptions furent exécutées par ses enfants, et son corps, embaumé selon la méthode de l’Égypte, fut rapporté à Hébron et placé auprès de ses ancêtres.
Lorsque les Israélites envahirent la Palestine, le roi d’Hébron, Hoham, se ligua contre eux avec Adoni-Sedek, roi de Jérusalem, et trois autres princes chananéens; mais, ayant ete battu, il fut mis a mort par Josué, et Hébron tomba au pouvoir du vainqueur, qui fit passer sa population au fil de l’épée. Dans le partage de la Terre promise, cette ville échut à la tribu de Juda et fut donnée à Caleb
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avec son territoire. Plus lard, elle lut
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eut succombé sur les monts de Gelboé, David fut sacré à Hébron roi d’Israël, et il résida dans cette place, devenue le siège de son gouvernement, durant l’espace de sept ans et demi. Ce fut pendant son séjour à Hébron que, d’après une tradition judaïque, il aurait élevé au-dessus de la Makpélah la magnifique enceinte que l’on admire encore aujourd’hui.
D’autres, comme je l’ai dit, attribuent cet ouvrage à Salomon, son fils. Lorsque Absalon se souleva contre son père, c’est à Hébron qu’il se retira, sous prétexte d’y sacrifier, mais en réalité pour y conspirer contre David, et faire de cette ville le centre de la révolte. Au retour de la captivité, Hébron fut réhabitée par des enfants de Juda. Mais elle tomba bientôt au pouvoir des Idumécns, qui s’y maintinrent jusqu’à ce que Judas Macchabée parvînt à les en chasser et détruisît les remparts et les tours de la ville. Quelque temps avant la prise de Jérusalem par Titus, Céréalis, l’un des généraux de Vespasien, s’empara d’Hébron et la livra aux flammes, après y avoir égorgé toute la population valide. Tombée au pouvoir des musulmans à l’époque de l’invasion arabe, cette ville conserve toujours une partie de son antique importance, tant en vertu de sa position sur l’une des routes de Gaza, qu’à cause de la vénération dont les Arabes, de même que les Juifs et les chrétiens, entourent la mémoire d’ Abraham. Le tombeau de ce patriarche ne cessa point d’y attirer un grand nombre de pèlerins, et Hébron vit alors son nom tellement associé à celui de ce personnage sacre appelé El-Khalil-Allah (l’Ami de Dieu), qu’elle finit par perdre le sien pour prendre dans la bouche des musulmans cette dernière dénomination, conformément à l’usage des Arabes. Les Croisés, à leur tour, quand ils s’emparèrent sur eux de la Palestine, continuèrent à désigner souvent Hébron par le nom de ce patriarche, en l’appelant Castellum ou Præsidium acl sanction Abraham. Maître de cette place, dont la chute de Jérusalem amena la reddition, Godefroy de Bouillon, vers 1100, la concéda en fief au chevalier Gerhard d’Avesnes, en récompense de son courage.
En 1107, Hébron devint le siège d’un évêque latin; vingt ans plus tard, après la prise de Jérusalem par Saladin, elle retomba au pouvoir des musulmans, et sa cathédrale fut convertie en mosquee. Depuis celte époque, elle n’a point cessé de leur appartenir.
HÉBRON
A trois kilomètres au nord-ouest d’Hébron, une belle vallée, cultivée principalement en vignes et appelée Oued-Sebta, renferme deux admirables cbênes verts. L’un mesure trois mètres de circonférence et se divise en trois grands rameaux. L’autre, beaucoup plus remarquable encore, a huit mètres quarante-cinq centimètres de pourtour à sa base. De son tronc vigoureux et gigantesque s’élancent trois grands bras qui sont eux-mêmes de très-gros arbres, et qui se subdivisent en de puissants rameaux. A midi, il couvre de son ombre un terrain dont l’étendue de l’est à l’ouest est de trente-deux pas et de trente du nord au sud. De combien de siècles cet arbre est-il chargé? Je ne saurais le dire. Toujours est-il que bien que le développement immense de son tronc, de ses rameaux et de sa racine annonce une vieillesse très-avancée, il paraît encore plein de sève et de verdeur. Suivant une tradition évidemment erronée, ce chêne serait celui sous lequel Abraham était assis à l’entrée de sa tente, lorsque Dieu lui apparut sous la forme de trois anges dans la vallée de Mambré.
Le chêne que je viens de décrire ne remonte certainement pas à une pareille antiquité. Eusèbe nous apprend, il est vrai, qu’on montrait encore de son temps, près d’Hébron, l’arbre sous lequel Abraham avait dressé sa tente, arbre qu’il appelle tantôt chêne et tantôt téréhinthe, et qui était en grande vénération, même auprès des Gentils. Mais saint Jérôme, en traduisant ce passage d’Eusèbe et en reproduisant la même confusion, ajoute qu’on voyait encore cet arbre dans son enfance, ce qui implique nécessairement que depuis lors il avait cessé d’exister.
Ailleurs, dans son Epitaphe de sainte Paule, ce même Père de l’Eglise nous dit que cette pieuse pèlerine visita les vestiges du chêne d’ Abraham, nouvelle preuve que cet arbre vénérable était mort à cette époque, et qu’il en restait de simples traces. Le superbe chêne vert qui nous occupe actuellement, et qui accuse encore, malgré sa vieillesse, une vigueur si grande, n’a donc rien à voir avec le chêne d’ Abraham, dont sainte Paule, vers la fin du quatrième siècle de notre ère, n’a pu contempler que les vestiges. Serait-ce un autre chêne issu de ce dernier? Cetle seconde tradition est celle qui est consignée dans l’ouvrage du moine Burchard, et qui, depuis, a été adoptée par beaucoup de pèlerins.
Une question se présente naturellement ici : l’Oued-Sebta est-il l’ancienne vallée de Mambré, et par conséquent le magnifique chêne vert, objet de la discussion actuelle, peut-il être regardé, je ne dis pas comme celui à l’ombre duquel était assis Abraham lorsqu’il reçut les anges, puisqu’à l’époque de saint Jérôme cet arbre avait cessé d’exister, mais comme le rejeton de ce dernier?
Consultons d’abord la Bible :
La première fois que les Livres saints mentionnent cette vallée célèbre par le séjour qu’y fit Abraham, appelé alors Abram, c’est au chapitre xm de la Genèse (jr 18) :
« Moyens icjitur tabernaculum sinon Abram, venit et habitavit jnxta convallem Mambré , cjuœ est in Ilebron. »
Le mot à mot du texte hébreu est le suivant :
« Abram leva sa tente et il s’en alla, et il s’établit près du chêne de Mamré, qui est à Hébron ou près d’Hébron. »
Au chapitre xvm de ce livre, nous lisons ( 'jr 1) :
(t Appariât autem ei Dominas in convalle Mambré sedenli in ostio tabernaculi sui, in ipso fervore diei. »
Le (exte hébreu porte :
« Dieu lui apparut près des chênes de Mamré, comme il était assis à l’entrée de sa tente, pendant la chaleur du jour. »
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Ce verset ne nous apprend rien au sujet de la position de Mambré ou Mamré par rapport à Hébron. On peut en conclure seulement, comme du précédent, que Mambré était un lieu planté de chênes et très-probablement une vallée, ainsi que cela ressort de la Vulgate.
Dans le chapitre xxm du même livre, il est question encore de Mambré, lors de 1 achat par Abraham de la caverne double dans le champ d’Êpbron :
17. « Confirmatusque est ager quondam Ephronis, in quo erat spelunca duplex , respiciens Mambré , tam ipse quam spelunca. . .
19. « Atque ita sepelivit Abraham Saram uxorem suam in spelunca agn duplicis quce respiciebat Mambré ; hœc est Iiebron in terra Chanaan. »
La Vulgate reproduit ici très- fidèlement le texte hébreu, qu’il est inutile, par conséquent, de traduire. De ces deux versets il résulte que le champ qui renfermait la caverne double était situé vis-à-vis de Mambré, et que Mambré était Hébron.
Pour bien comprendre ce passage, il faut songer que le Haret el-IIaram ou le quartier principal de la ville actuelle d’Hébron n’existait pas à l’époque d’ Abraham, ce quartier ne s’étant formé que plus tard, quand la grotte double, à cause des dépouilles sacrées des premiers patriarches qu’elle contenait, fut devenue un véritable sanctuaire autour duquel se groupèrent des habitations sur un terrain jadis cultivé. Mambré signifiait ainsi tantôt une vallée dont l’une des extrémités touchait à Hébron, et tantôt cette dernière cité, qui portait pareillement alors le nom de Kiriath-Arbaa.
Mais cette vallée voisine de la ville, où était-elle située? et où devons-nous chercher l’emplacement de ce fameux chêne, immortalisé par le souvenir d’ Abraham qui dressa sa tente sous son ombre, et surtout par celui des trois messagers célestes, emblème visible de la sainte Trinité, qui vinrent jadis se reposer à ses pieds? Plusieurs vallées avoisinent Hébron. Laquelle choisir? et, dans la vallée que nous aurons choisie, à quelle distance de la ville faut-il placer le site présumé de la tente d’ Abraham et de l’arbre qui l’ombrageait? La Bible ne nous fournissant là-dessus aucun renseignement précis, interrogeons l’histoire profane et la tradition.
Dans les Antiquités judaïques (liv. I, ch. X, § 4), Josèphc s’exprime ainsi :
« Abraham habitait près du chêne appelé Ogygèsj c’est un endroit du pays de Chanaan, non loin de la ville d’Hébron. »
Dans la Guerre des Juifs (liv. IV, ch. ix, § 7), le môme historien, après avoir parlé du magnifique tombeau des trois premiers patriarches que l’on voyait à Hébron, ajoute :
« On montre à six stades de la ville un très -grand térébinthe, et l’on dit que cet arbre s’est conservé jusqu’à nos jours depuis la création du monde. »
11 s’agit ici, selon toute apparence, du même arbre qui, dans les Antiquités judaïques , est appelé Ogygès. Seulement, au lieu d’être signalé comme un chêne, il l’est comme un térébinthe, confusion que l’on remarque également dans V Onomaslicon , et qui depuis a été souvent reproduite par les pèlerins. On retrouve, en outre, dans ce dernier passage, la première trace de la tradition qui fait
remonter cet arbre merveilleux jusqu’à la création du monde, tradition que beaucoup de pèlerins ont ensuite adoptée sans la contrôler.
Quant à la distance de six stades d’Hébron, distance qui ne dépasse guère un kilomètre, elle est contredite par le témoignage du Pèlerin de Bordeaux, qui indique l’intervalle de deux milles entre ce même arbre et Hébron :
(t Inde T erebintho Chebron millia duo. »
Or, deux milles équivalent à seize stades, ou près de trois kilomètres. L’Itinéraire que je viens de nommer nous apprend pareillement qu’il faut chercher l’emplacement de ce térébinthe au nord d’Hébron, puisqu’il est dit qu’en partant de Jérusalem on rencontre d’abord, à quatre milles,' le tombeau de Rachel; à deux auti’es milles, Bcthléhem; à quatorze milles de Bethléhem, Bethazora; à neuf milles plus loin, le térébinthe d’ Abraham; enfin, à deux milles de cet arbre, Hébron. Ces indications nous mènent, pour la position de ce térébinthe, à une faible distance du Haram Ramet el- 1\ liai il (enceinte sacrée de la hauteur de l’Ami de Dieu, c’est-à-dire d’ Abraham.)
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Cette enceinte rectangulaire que l’on rencontre à trois kilomètres et demi au nord d Hébron mesure quatre-vingts pas de long sur cinquante-cinq de large. Il n’en existe que les faces sud et ouest; celle-ci est la plus courte des deux. Les faces est et nord sont détruites ou recouvertes de terre et de débris divers. Les blocs énormes qui composent les deux premières, les seules qui soient visibles, sont parfaitement aplanis et sans bossage. L’épaisseur du mur est partout de un mètre quatre-vingts centimètres: sa plus grande hauteur ne dépasse pas actuellement deux mètres vingt centimètres, et il consiste alors en trois assises de blocs superposés sans ciment. Ailleurs, il n’a que deux assises. Les pierres qui forment le revêtement interne sont moins remarquables que celles qui constituent le parement externe; les unes et les autres sont posées de champ. L’intervalle qui les sépare est rempli par un blocage de menus matériaux.
Au milieu de la façade occidentale, on observe un magnifique bloc posé à plat , et non de champ comme les autres, ce qui fait que la partie du mur qu’il couronne est moins élevée sur ce point central que dans tout le reste de la façade, le but de l’abaissement de celle-ci en cet endroit étant, selon moi, de permettre aux spectateurs qui se trouvaient en dehors de l’enceinte d’apercevoir les cérémonies qui pouvaient s’accomplir au dedans. Cette enceinte, en effet, avait, suivant toute apparence, un caractère sacré. Inaccessible probablement à la foule, elle renfermait intérieurement, soit un sanctuaire, soit un simple autel. Une seule porte, petite et étroite, y donne actuellement accès vers l’angle nord-ouest; au dedans, à l’angle sud-ouest, on remarque un puits construit en pierres de taille très-régulières, et que surmonte une arcade cintrée. A quatre-vingts pas de distance de cette belle enceinte, on découvre les débris d’un édifice mesurant seulement quinze pas de large sur une longueur que l’on ne peut déterminer nettement, parce qu’au bout d’une vingtaine de pas on en perd la trace sous un amas confus de blocs brisés qui recouvrent le sol. Cet édifice, construit lui aussi en pierres de taille très-régulières, mais de dimensions bien moins considérables que celles de l’enceinte précédente, était orienté de l’ouest à l’est. Bouleversé aujourd’hui de fond en comble, il offre vraisemblablement les restes d’une ancienne basilique chrétienne. Non loin de là, vers l’est, une colline jonchée de débris présente les arasements d’habitations renversées. Là était jadis un village dont les ruines portent maintenant le nom de Kliarbet er-Ramah.
Quant au Haram ou à l’enceinte sacrée que je viens de décrire, les Juifs d’IIébron sont unanimes à y reconnaître l’emplacement du chêne, ou, si l’on aime mieux, du térébinthe cl’ Abraham. Le puits qui y est renfermé est appelé par eux, comme par les musulmans, Bir el-Khalil (le puits de l’Ami de Dieu). L’enceinte elle-même, à cause de la colline voisine, couronnée de ruines, se nomme Haram er- Ramah, et d’une manière plus complète, Haram Ramet el-Khalil. Au sud-ouest de la plaine où elle se trouve, s’élève une montagne qui garde la dénomination caractéristique de Djebel el-Batrak (mont du Patriarche). Enfin, à l’est et au bas de la colline sur laquelle j’ai signalé les ruines dites Kharbel er-Ramah , s étend un vallon appelé Hallet el-Bothmeli (repos du Térébinthe). Ces divers noms de mont cln Patriarche, repos du Térébinthe, enceinte sacrée de la hauteur de V Ami de Dieu , semblent tous confirmer la tradition juive que j’ai rapportée, et qui fait de la plaine du Haram el-Khalil la partie des anciens bocages de Mambré où Abraham avait dressé sa tente. Le Haram renfermerait en particulier 1 endroit où le patriarche offrit 1 hospitalité aux trois anges, et comme l’arbre sous lequel ils se reposèrent est appelé souvent par les écrivains un térébinthe, bien que du texte hébreu il résulte que c était un chêne, cette désignation, qui semble avoir prévalu à l’époque byzantine, est probablement l’origine de celle de Hallet el-Bothmeli, donnée à la vallée voisine du Haram. Si cette conjecture est fondée, 1 enceinte du Haram, dont la construction accuse une date antérieure à l’époque
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