‹ La terre sainteChapitre 89 sur 128 · K E F R - B E R E I K — AÏN-DJEDI — MER MORTE · texte numérisé non relu

K E F R - B E R E I K — AÏN-DJEDI — MER MORTE

tique, aujourd’hui golfe d’Akabah. M. Léon de Laborde, en 1828, en publiant son bel ouvrage sur

Rochers d’Ekgaddi.

l'Arabie Pétrée, y joignit une carte sur laquelle il n’hésita pas à désigner par la dénomination d’ancien lit du Jourdain la vallée en question. D’après ce savant, comme d’après beaucoup d’autres, l’inter-

PALESTINE OCCIDENTALE ET MÉRIDIONALE

ruption soudaine du cours du Jourdain, lors de ]a catastrophe qui bouleversa la Pentapole, avait amené la formation du lac Asphallite. Néanmoins, dès 1835, M. Letronne émit des doutes trèssérieux sur ce prétendu lit du Jourdain, doutes qui furent également partagés par le capitaine Callier. Mais ce qui jeta un jour nouveau sur cette question, ce fut la découverte, faite presque en même temps, en 1837, par Moore et Beek, d’une part, et par Schubert, de 1 autre, de la grande dépression de la mer Morte au-dessous de la Méditerranée.

Cette dépression a été estimée en dernier lieu, en 18G4, par le lieutenant Vignes, à trois cent quatre-vingt-douze mètres, chiffre intermédiaire entre ceux auxquels étaient arrivés le lieutenant Symonds et le lieutenant Lynch, et qui probablement est le plus exact. Dans la même année 1837, en outre, M. de Bertou parcourut la vallée d’Arabah dans toute son étendue, depuis 1 extrémité méridionale de la mer Morte jusqu’au golfe d’Akabah, et constata au milieu de ce désert l’existence d un double versant, dont la ligne de faîte est évaluée par lui à cent soixante mètres au-dessus de la Méditerranée. Cette même vallée a été depuis explorée avec le plus grand soin, en 1864, par M. le duc de Luynes et les membres qui faisaient partie de son expédition, et la ligne de faîte du partage des eaux signalée par M. de Bertou a été reconnue par eux. M. Vignes en évalue l’altitude au-dessus de la Méditerranée à deux cent quarante mètres au minimum. Il fut constaté par cette double exploration, dont la seconde confirma complètement l’existence du fait important révélé par la première, qu’il y avait une indépendance absolue entre les deux bassins hydrographiques de la mer Morte et de la mer Rouge. En effet, toutes les eaux de l’Oued-Arabah et de ses affluents au nord de cette ligne de faîte aboutissent à la mer Morte ; au contraire, toutes celles qui se trouvent au sud de cette même ligne se rendent au golfe d’Akabah. En face de la dépression énorme de la mer Morte, dépression qui est également très-accentuée dans la plus grande partie de la vallée du Jourdain, puisque déjà le lac de Tibériade est à cent quatre-vingt-neuf mètres au-dessous de la Méditerranée; en face aussi de la ligne de faîte qui coupe en deux tronçons bien distincts l’Oued-Arabah, comment croire à l’ancien écoulement du Jourdain dans le golfe Élanilique , au moins à l’époque historique?

« On aurait pu, il est vrai, dit M. Lartet (. Bulletin de la Société géologique de France, deuxième série, tome XXII, p. 431), recourir pour conserver cette explication à l’hypothèse d’affaissements gigantesques. Mais ces affaissements n’auraient pu se produire sans déranger fortement l’horizontalité des sédiments du fond de la vallée. C’est ce que l’étude stratigraphique de ces dépôts ne permet pas d’admettre. »

Quant à la mer Morte, M. Lartet pense que non-seulement elle est antérieure à l’époque de la destruction de la Pentapole, mais encore qu’elle était, dans un âge très-reculé et qui a précédé de longs siècles 1 apparition de l’homme sur la terre, bien plus étendue qu’elle ne l’est maintenant; d après ce géologue, on peut observer d’anciens dépôts de cette mer autour de ce bassin, et fort loin au nord et au sud des limites qu’elle occupe maintenant.

Mais, me dira-t-on, si vous admettez cela, où placez-vous alors la vallée de Siddim et le territoire des cinq ailles coupables? J arrive ainsi à la seconde question que je me suis posée, et je vais essayer de la résoudre brièvement, en mettant d’accord la Bible avec les données de la géologie qui semblent lui être contraires.

Et d abord que dit 1 Écriture sainte par rapport à la vallée de Siddim, en hébreu Emek ha- Siddim, en latin Vallis Silvestris?

Nous lisons dans la Genèse (ch. xiv) :

KEFK-BEREI K

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