‹ La terre sainteChapitre 91 sur 128 · D’HÉBRON A BIR ES-SEBA · texte numérisé non relu

D’HÉBRON A BIR ES-SEBA

De retour à Hébron, terminons cette exploration rapide de la Terre sainte par une excursion à Bir es-Scba, l’antique Bersabée, qui. était jadis, vers le sud, l’une des principales limites de la Palestine. Les ruines abondent le long des différentes routes qui y conduisent. Je les ai toutes décrites autrefois dans ma Description géographique, historique et archéologique cle la Judée. Je vais me borner ici à en mentionner quelques-unes.

A cinq kilomètres et demi au sud-sud-est d’Hébron, les débris d’une ville, sous le nom de Kharbet-Zif, s’étendent entre deux ravins. Les vestiges de nombreuses habitations de dimensions trèspetites y jonchent partout le sol. Chacune d’elles renfermait intérieurement un caveau creusé dans le roc. Un hordj est encore en partie debout. Cette construction, qui ne remonte probablement pas à une époque antérieure à l’époque byzantine, si même elle ne date pas seulement du moyen âge, est bâtie avec des matériaux d’appareils divers. Quelques centaines de pas plus à l’ouest, s’élève une colline appelée Tell-Zif, et qui est également couverte de décombres et percée de citernes et de silos. Ces deux groupes de ruines appartiennent évidemment à une seule et même cité antique, dont le nom de Ziph s’est conservé sans altération dans le nom arabe actuel. Cette ville est mentionnée parmi celles du district montagneux de Juda. (Josué, ch. xv, $ 55.)

David, fuyant devant la colère de Saül, se retira dans le désert de Ziph; mais les habitants de cette localité, afin de se concilier les bonnes grâces du roi, s’empressèrent d’aller lui annoncer que David était caché dans leur territoire, sur la colline d’Hachila. David se réfugia alors dans le désert de Maon.

Si nous poursuivons notre marche vers le sud pendant cinq autres kilomètres, nous parvenons au Kharbct-Karmel. Les ruines considérables de cette ville sont disposées en amphithéâtre sur une colline qui décrit une sorte de fer à cheval, autour d’une vallée. Indépendamment des restes d’un grand nombre de petites maisons qui encombrent le sol de matériaux confusément entassés, on distingue les arasements de plusieurs constructions plus importantes, en pierres de taille, et, entre autres, ceux de deux tours rondes et de trois petites églises affectant extérieurement la forme de rectangles ; divisées à l’intérieur en trois nefs dont les fûts mutilés gisent à terre, elles étaient terminées à l’est par trois absides et paraissent dater de l’époque byzantine. Mais la ruine la plus apparente est celle d’un hordj de forme rectangulaire dont le rez-de-chaussée consiste en une grande salle voûtée et obscure; au premier étage est une deuxième salle également voûtée, qu’éclairent des fenêtres ogivales. La ville était alimentée d’eau par des citernes creusées dans le roc et par un beau birket situé dans un vallon.

Le Kkarbet-Karmel est l’antique cité de Ivarmel en hébreu, en grec XeppiX, en latin Carmel, signalée dans le Livre de Josué parmi celles du district montagneux de Juda. Saül, vainqueur des Amalécites, à son retour de l’expédition qu’il avait entreprise contre ce peuple, érigea dans Carmel un monument triomphal destiné à rappeler le souvenir de ses succès. [Rois, liv. I, ch. xv, ^ 12.) Il est évident, en effet, qu’il s’agit ici non du célèbre mont ainsi appelé, qui s’élève au sud de Kaïplia, mais bien d’une cité du même nom, sur la route du pays des Amalécites à Guilgal, et qui ne peut être que le Kkarbet-Karmel qui nous occupe en ce moment. C’est sur les hauteurs qui avoisinaient cette dernière ville que le riche Nabal, mari de la belle Abigaïl qui devint ensuite femme de David, avait ses

PALESTINE OCCIDENTALE ET MÉRIDIONALE

propriétés et faisait paître ses nombreux troupeaux. Plus tard, le roi Ozias posséda des vignes dans cette même localité. A l’époque d’Eusèbe, Karmel existait encore à l’état de village, et un poste militaire romain y avait été établi.

A une très-faible distance plus au sud, le Kharbet Tell-Maïn nous offre les débris et a conservé le nom à peine altéré de l’ancienne ville de Maon, signalée dans le Livre de Josué, avec Karmel et Zipb.

Source d’Esc ad 01.

Cette petite ville s’élevait sur les pentes occidentales d’une haute colline. Il en subsiste encore maintenant un certain nombre de citernes et beaucoup d’habitations souterraines pratiquées dans le roc. On remarque aussi sur le point culminant du Tell les débris de plusieurs constructions en beaux blocs à bossage, et les arasements d’une tour de défense, bâtie avec des pierres de taille de grande dimension. C’est dans le désert qui avoisinait Maon que David, fuyant devant Saül, erra quelque temps avec sa bande, et fut poursuivi par ce roi.

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