D’IIÉBRON A RI R ES-SEBA
A tiois kilomètres au sud-ouest de Tell-Maïn, d’autres ruines désignées sous le nom de Kharbel- Sousteh sont celles d’une ville importante dont les maisons étaient généralement bien bâties, comme I attestent les vestiges qui en restent, et qui possédait plusieurs édifices construits en pierres de taille. On rencontre à chaque pas des citernes et des caveaux creusés dans le roc. Le nom de Sousieh m’incline à identifier cette ville avec celle de Hatsar-Sousali , en latin Hasersusa, que mentionne le Livre de Josué (ch. xix, ÿ 5).
Le village de Semoua, situé une demiheure plus loin vers le sud-ouest, occupe le sommet et les pentes d’une belle colline de forme oblongue, et qui, à cause de l’altitude du plateau où elle s’élève, domine toute la
contrée. Sur le point supérieur, on remarque les restes d’une forteresse dont une partie existe encore. Construite avec des pierres très-régulières, elle date probablement de l’antiquité ; mais elle a été réparée à différentes époques, et notamment à celle des Croisades. De nombreuses maisons renversées, dont plusieurs paraissent anciennes, jonchent le sol de leurs débris. On distingue aussi les arasements et même les assises inférieures de quelques édifices publics qui ont été construits avec des blocs gigantesques, soit complètement aplanis, soit relevés en bossage. La porte de l’un de ces édifices mérite de fixer l’attention ; les pieds-droits en sont surmontés d’un linteau élégamment sculpté. A la porte d’une petite mosquée, on observe de même un précieux fragment de frise, provenant d’un monument antique et formant actuellement linteau. Des grappes de raisin, des patères, des rosaces et des
vases y sont représentés et accusent un bon travail d’origine juive. Chaque édifice publie, chaque maison même renfermait un magasin souterrain creusé dans le roc. Quelques-uns de ces caveaux sont intacts et très-étendus. La ville était alimentée d’eau par des citernes et par des puits pratiqués de même dans le roc, et dont l’orifice était fermé avec une énorme pierre ronde perforée à son centre.
PALESTINE OCCIDENTALE ET MÉRIDIONALE
Semoua, qui possède des ruines si considérables, ne compte plus que deux cents habitants. Robinson, en se fondant sur la position et sur le nom de ce village, l’a identifié d une manière qui ne laisse aucun doute avec l’antique Echternoa ou Echtemoh , en latin Istemo, Esthamo et Eslemo. C’était une cité du district montagneux de Juda. Elle existait avant l’arrivée des Hébreux, puisqu elle est mentionnée au nombre des villes qui échurent en partage à la tribu de Juda. Elle fut adjugée aux prêtres avec ses faubourgs et le village qui en dépendaient. Dans le livre I" des Rois (ch. XXX, y 28), elle est comprise parmi les places auxquelles David envoya de Siceleg une part du butin qu il avait fait sur les Amalécites.
Sept kilomètres au sud-ouest de Semoua, des ruines également importantes couvrent les flancs et le sommet d’une haute colline. De nombreuses maisons renversées, construites jadis pour la plupart avec des pierres de taille de moyenne grandeur, et qui presque toutes renferment un caveau pratiqué dans le roc 5 des citernes éparses de tous côtés, les vestiges d’une ancienne mosquée bâtie avec de magnifiques blocs provenant d’une basilique chrétienne ; enfin, sur le point culminant delà colline, les débris d’une tour antique dont les murs épais d’un mètre étaient formés d’assises très-régulières d un grand appareil, tels sont les principaux objets, avec les restes d’un élégant mausolée de Fépoque romaine, qui attirent l’attention en cet endroit. Ces ruines, appelées Kharbet-Zcvnoutah , sont celles de l’antique Zanoah, en latin Zcinoe, dont il est question dans le Livre de Josué (ch. xv, f 56), parmi les villes du district montagneux de Juda. 11 faut le distinguer d'une autre place du même nom de la tribu de Juda, mais qui était située dans le Ghéphélah.
Nous traversons bientôt, vers le sud, l’Oucd-Attir, au delà duquel, vers le sud-est, s’étendent sur deux collines des ruines analogues aux précédentes, et dont le nom de Kharbet-Attir reproduit fidèlement, sauf une lettre, celui de l’antique Y attir, en latin Jether, dont elles offrent les débris. Signalée dans le Livre de Josué (ch. xv, ÿ 48) comme étant située dans le district montagneux de Juda, elle fut adjugée aux prêtres. A l’époque d’Eusèbe, c’était encore un grand village, habité par des chrétiens, dans le Daromas extérieur.
Franchissons maintenant vers le sud-ouest les dix-neuf kilomètres qui nous séparent de Bir cs-Seba, et faisons halte un instant, avant de quitter la Palestine pour nous rendre à Pétra , auprès des deux puits célèbres qui existent en cet endroit.. Situés sur la rive septentrionale de l’Oued es-Seba, ils ont été construits avec des pierres très-régulières de moyenne dimension. L’un de ces puits a douze mètres de circonférence et une dizaine de mètres de profondeur jusqu’au niveau de l’eau; le second est moins large, mais à peu près aussi profond. Ils sont entourés d’auges en pierre destinées à abreuver les animaux, et offrent le caractère d’une haute antiquité, car leur orifice est profondément sillonné par le frôlement des cordes avec lesquelles on tire de l’eau à la main. La ville à laquelle appartenaient ces puits occupait sur les bords de l’Oued une plate-forme inclinée dont le pourtour est d’environ trois kilomètres. Dans toute l’étendue de cet emplacement, le sol est jonché de matériaux confus. On distingue néanmoins encore les arasements de nombreuses maisons, la direction de plusieurs rues et les vestiges de quelques édifices publics. Mais, sauf les deux beaux puits en question qui sont intacts, rien n’est demeuré debout, et la ville a été renversée de fond en comble. D’autres puits avaient été creusés dans le lit de l’Oued ; ils sont actuellement comblés. Cette antique cité est mentionnée dans la Bible sous le nom hébraïque de Beer-Chaba (puits du Serment) ou de Beer-Clwba (puits des Sept), en latin Bersabee , parce qu’ Abraham et Abimélech y avaient conclu une alliance ensemble par un serment réciproque, serment qui fut accompagné du don de sept brebis que le patriarche fit au roi de Gérar, et qui garantit au premier la possession du puits qu’il avait creusé. En souvenir de ce serment ou de ce