ASSIS MÉRIDIONAL DE I.A MER MORTE
principales limites de la Palestine. C’est pourquoi l’on trouve assez souvent dans la Bible l’expression de : Dan à Bersabée, pour indiquer tout le pays du nord au midi.
Avant l’établissement de la royauté, Samuel, devenu vieux, institua ses fils juges d’Israël. Joël, l’aîné, et Abia, le cadet, jugeaient à Bersabée et provoquèrent par leurs arrêts iniques les plaintes du peuple, qui se mit alors à demander un roi à Samuel.
Au retour de la captivité, Bersabée fut réhabitée par les Juifs. Postérieurement à celte époque, il n’est plus question de cette cité dans l’Ancien Testament. Le Nouveau ne la mentionne nulle part. Du temps d’Eusèbe, c’était encore un bourg important où avait été établie une garnison romaine. Les Notices ecclésiastiques signalent l’évêchéde cette ville parmi ceux qui appartenaient à la Palestine Troisième ou Salutaire, et qui dépendaient de Pétra, comme siège métropolitain. A l’époque des Croisades, on le confondait, par erreur, avec Beit-Djibrin, l’ancienne Eleuthéropolis. Actuellement, ce n’est plus qu’un amas de décombres qui offriraient peu d’intérêt si les souvenirs des trois premiers patriarches de l’ancienne loi ne s’y rattachaient d’une manière intime. Car c’est là qu’ Abraham, Isaac et Jacob ont campé, près de l’un des puits, sans doute, qu’on y voit aujourd’hui, et qui, depuis plus de trois mille
D’ÏIÉBRON A B IR ES- S R B A.
sept cents ans, a constamment gardé le nom qu’ Abraham lui avait jadis donné. Est-ce à dire pour cela que l’un ou l’autre des deux puits remonte au temps de ce patriarche, qui l’aurait creusé et bâti tel qu’il existe encore maintenant? La chose est peu probable, et je les attribue plutôt, dans l’état où ils sont de nos jours, à l’époque où une ville s’éleva en cet endroit, époque fort ancienne ellemême, et dont on ne peut préciser la date. Seulement, rien n’empêche de penser et tout porte à croire, au contraire, à cause de la persistance singulière delà tradition en Palestine, que l’un des deux puils
ISir es-Seba (Beusabée).
n’a été que réparé et reconstruit sur l’emplacement qu occupait celui qui lut creusé par Abraham, et près duquel il scella par des serments une alliance, renouvelée plus tard par Isaac, avec le roi de Gérar. Le jour où, en 18G3, je visitai cet endroit, je dressai ma tente non loin d’un douar appartenant à la tribu des Tyliaha ; j’errai jusqu’au soir, la Bible à la main, dans cette antique localité dont le nom et les souvenirs toujours vivants me reportaient aux premiers âges de l’histoire, et j éprouvais un charme indescriptible à les évoquer dans mon esprit. Les Bédouins que j’avais sous les yeux contribuaient, en outre, par leur vie pastorale, par la simplicité de leurs mœurs, par leur costume même, à faciliter pour moi cette réapparition d’un passé depuis si longtemps évanoui, et auquel tant de siècles écoulés depuis ajoutent un prestige indéfinissable.
PÉTRA