‹ La Terre sanglante (volume 2)Chapitre 10 sur 29 · L ATTAQUE · texte numérisé non relu

L ATTAQUE

Si la nature reste aussi gracieuse sur la rive gauche de la Moselle que sur la rive droite, elle s'y montre pourtant un peu plus sauvage; les plateaux y sont plus élevés, les ravins plus escarpés et plus profonds, et des bois nombreux mettent leurs taches sombres dans la verdure claire des plaines.

Le paysage, en son ensemble, présente deux immenses plateaux, celui de Gravelotte et celui de Rezonville, que coupe, vers le sud, la superbe route de Metz à Verdun.

Cette route, par laquelle nos troupes devaient effectuer leur retraite, forme d'abord une sorte de demi-cercle qui enferme l'éperon boisé de Rozérieulles ; sa ligne blanche traverse ensuite un large ravin très accentué, au fond duquel murmure un important ruisseau,

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presque une rivière, la Mance; puis elle arrive devant le village de Gravelotte, dont les maisons grises, tapissées de feuillage, sont groupés, pour la plupart, sur une hauteur qui domine la vallée de la Mance. En face du village naît une autre route qui se dirige sur Gonflans.

A trois kilomètres environ de Gravelotte, la route de Verdun rencontre le village de Rezonville, que traverse l'extrémité supérieure du ravin de Gorze ; elle passe ensuite devant le village de Vionville, remarquable par son clocher pointu et par un aqueduc romain assez bien conservé, et atteint enfin Mars-la-Tour.

A gauche de la route, depuis Rozérieulles jusqu'au delà de Gravelotte, on aperçoit la masse énorme des bois de Vaux et des Ognons ; puis, plus loin, entre Rezonville et Vionville, l'importante ferme de Flavigny, qui. avec ses dépendances, constitue presque un village.

Le matin du 16 août, dans la verdure des plateaux, des milliers de tentes s'alignaient sous un brouillard froid et gris, derrière une forêt de baïonnettes. Autour des armes en faisceaux, des officiers se promenaient en fumant et en causant, des soldats préparaient leurs sacs;; çà et là des cavaliers sellaient leurs chevaux.

Lorsque le soleil perça le brouillard, accrochant son sourire à la pointe du clocher de

Vionville, coulant son or sur l'argent des baïonnettes, une rumeur s'éleva, des voix crièrent :

« Eh bien, on ne part donc pas? »

Les troupes des 2e et 6e corps et de la garde impériale, campées depuis la veille au soir sur le plateau de Gravelotte, avaient reçu, vers trois heures du matin, l'ordre de se tenir prêtes à marcher.

Il importait, en effet, de ne pas perdre une minute, car on savait que les Prussiens voulaient nous barrer la route, rejeter sur Metz l'armée qui se dirigeait vers la Champagne.

Déjà, du reste, il était évident pour tous que l'on ne pourrait éviter la bataille. Pendant la nuit, des paysans étaient venus signaler la présence sur notre gauche d'énormes masses ennemies, qui s'avançaient en colonnes serrées par le ravin de Gorze ; des chasseurs d'Afrique, envoyés en reconnaissance, avaient ramené quelques prisonniers dont les déclarations confirmaient les avis donnés par les paysans.

« 11 va falloir en découdre, » disaient les officiers.

Seul, Bazaine ne voulait rien entendre. A un colonel qui apportait des renseignements précis, le maréchal fit répondre avec humeur que l'on voyait des Prussiens partout.

L'aube commençait à poindre derrière l'épais brouillard, lorsque la porte d'une des plus

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jolies maisons de Gravelotte, — une maison moitié villa et moitié ferme, appartenant à un cultivateur, M. Plaisant, — s'ouvrit doucement.

Un homme sortit de la maison, un homme dont les épaules se courbaient comme sous un fardeau trop lourd, dont le visage pâle et triste paraissait ravagé par l'insomnie, par la maladie ou par les larmes. Il fit quelques pas en avant, puis s'arrêta, songeur, et alluma une cigarette.

Cet homme, c'était l'Empereur.

Derrière lui, plusieurs officiers étaient sortis de la maison et se tenaient auprès de la porte, dans une attitude respectueuse.

Soudain l'Empereur esquissa un geste las.

Un des officiers se précipita, un commandant.

« Hepp ! dit le souverain, allez prévenir le maréchal Bazaine que je vais partir. »

Le commandant salua et s'enfonça dans le brouillard.

Une voiture s'avança lentement, tourna avec difficulté dans la rue étroite.

Alors l'Empereur y monta ; le prince impérial vint bientôt le rejoindre et s'assit à sa gauche. Déjà, en face de lui, avaient pris place le général Pajol, son aide de camp, et le capitaine Clary.

Vers cinq heures, on entendit le galop d'un cheval, puis Bazaine apparut. Quelques ins-

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tants plus tard arrivaient également Canrobert, Frossard et Bourbaki.

Se tournant vers Bazaine, qui se tenait à cheval devant la portière, l'Empereur dit d'une voix blanche :

« Je pars pour Verdun et Châlons... Mettez-vous en route immédiatement, gagnez Verdun au plus vite... Il y va du salut de l'armée et de la France ! »

Sur un geste de l'Empereur, des trompettes sonnèrent; puis la voiture s'ébranla. Cinq minutes plus tard elle quittait Gravelotte, et, précédée par les dragons de l'Impératrice, suivie par les lanciers, elle disparaissait sur la route de Gonflans.

Pendant quelques instants Bazaine resta immobile, le visage soucieux et dur, le regard fixe; puis un sourire plissa ses lèvres, un soupir souleva sa poitrine, et il murmura :

« Enfin ! »

Enfin il était donc le seul maître de la superbe armée de Metz, il tenait donc en ses mains la fortune de la France !

L'Empereur avait dit : « Partez immédiatement. »

Bazaine resta...

A huit heures, il prescrivait de dresser de nouveau les tentes et il prévenait le maréchal Le Bœuf, commandant du 3e corps, que la marche en avant était suspendue.

Une demi -heure plus tard, les troupes du 2e corps étaient informées qu'on pouvait faire la soupe.

Cependant, derrière les vedettes allemandes, de fortes colonnes apparaissaient; des escadrons de cavalerie évoluaient sur les hauteurs de Trouville et de Puscieux, villages situés au sud et à quelques kilomètres; de la route de Verdun, entre Vionville et Mars-la-Tour.

A cette heure, les derniers lambeaux de brume flottent sous l'azur, le soleil inonde les plateaux de sa lumière d'or.

. Soudain, du côté de Tronville, on entend un hurlement formidable suivi d'un roulement sourd et prolongé qui éveille l'écho des grands bois; puis un obus s'abat, devant Vionville, sur les voitures de l'artillerie de réserve du 2e corps. Presque aussitôt les projectiles tombent, dru comme grêle, sur ce malheureux village de Vionville, dont le clocher pointu sert de cible à de nombreuses pièces prussiennes. Une panique se produit, non seulement parmi la population, mais encore parmi nos cavaliers qui occupent le village. C'est un sauve-qui-peut général ; la route s'encombre de soldats qui cherchent un abri contre la mitraille.

Les officiers, fort heureusement, réussissent à rallier leurs hommes, qui ont cédé à un mouvement de surprise bien naturel devant la vigueur d'une attaque, que les ordres du

maréchal et les dispositions arrêtées étaient loin de faire prévoir.

Notre infanterie, surprise également, s'est rapidement ressaisie et prend ses positions de combat : le 2e corps en arrière de Vionville, le 6e en avant de Rezonville, au-dessus de la route blanche.

Les clairons sonnent partout, les baïonnettes flamboient, la fusillade crépite, le canon tonne sur toute la ligne.

L'instant est vraiment solennel. On sent que la lutte sera terrible, et chacun se prépare à faire son devoir.

Tous le feront, tous, sauf un — le cher suprême.

L'histoire a enregistré le forfait de ce soldat sans honneur. Un exil, pire que la mort à laquelle l'avaient condamné ses pairs, a caché sa honte.

Dès le début de l'action, la division Bataille se déploie rapidement, se porte en ligne dans un ordre parfait; les hommes sont pleins d'entrain et crient :

« En avant ! en avant ! »

Le 12e bataillon de chasseurs s'élance le premier, tous ses clairons sonnant, et chasse la cavalerie ennemie de Vionville. Le 23e de ligne vient ensuite, et l'un de ses bataillons, le 2e, s'empare de la ferme de Flavigny.

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Bientôt la division tout entière occupe les hauteurs, au sud de la route blanche, depuis le bois des Ognons jusqu'à Flavigny. En face d'elle, les Prussiens s'organisent derrière leur artillerie, qui tonne sans cesse, et à laquelle répondent nos canons.

Presque en même temps que la division Bataille, la division Vergé se déployait sur notre gauche, en avant de Rezonville, surveillant le ravin de Gorze.

Les obus et les boulets sillonnent l'azur audessus de nos troupes ; le fracas des canons est assourdissant ; le paysage se couvre d'une fumée grisâtre qui emplit les vallons et les ravins et enveloppe les bois.

Le combat d'infanterie ne tarde pas à s'engager; la fusillade crépite, brochant ses notes grêles sur le tonnerre des canons ; les balles ruissellent partout, produisant en tombant un bruit singulier pareil à celui d'une forte averse d'orage.

Dans la fumée, des colonnes allemandes s'approchent de nos lignes, des chocs ont lieu sur différents points.

En face de Vionville, le général allemand von Doring est tué en poussant en avant sa brigade, et le 52e de ligne prussien perd en un instant cinquante officiers et plus de mille hommes.

Vionville et Flavigny sont attaqués avec rage par les Prussiens et défendus avec

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acharnement par le 2e corps. Notre artillerie, qui accomplit des prodiges, éprouve des pertes sérieuses.

La première grande charge à la baïonnette est fournie, vers dix heures, par le 67e de ligne, qui grimpe à l'assaut des hauteurs de Trouville, refoule les Prussiens dans les bois, mais est refoulé à son tour par des renforts que reçoit l'ennemi.

Cette charge nous coûtait cher. Sept officiers avaient succombé : le commandant Beaugeois, les capitaines Aubert de Trégomain et Thiérv, les lieutenants Merle, Gelhave et Noël-Zuleis, le sous-lieutenant Padoille. Seize officiers, dont le colonel Thibaudin, récemment promu, avaient reçu des blessures graves. Près de six cents soldats étaient restés sur les crêtes, morts ou blessés.

Il est dix heures et demie. La fusillade est moins intense, mais la mitraille fait rage; les obus s'abattent, par paquets, sur le malheureux village de Vionville.

Soudain un bruit étrange naît dans la rumeur formidable de la bataille, on dirait de la grêle tombant sur un toit de zinc. Nos soldats prêtent l'oreille et, du regard, interrogent leurs officiers. Bientôt le bruit s'explique. Trois régiments prussiens apparaissent dans la verdure, précédés par leurs tambours qui battent la charge sur leurs petites caisses

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plates, descendent des hauteurs dans une coulée du soleil qui fait scintiller les pointes des casques, et s'élancent sur Vionville au pas de course.

« Feu ! »

Derrière les murailles qui s'écroulent sous les obus, de rapides éclairs brillent, des chassepots rugissent, et les balles tombent par rafales sur les colonnes allemandes, qui s'arrêtent, puis reculent en désordre, abandonnant sur le sol des morts et des blessés, et parmi ces derniers le colonel de Bismarck , grièvement atteint.

Pour venger l'infanterie, l'artillerie prussienne redouble d'ardeur. Dans le village, battu par la tempête de fer, des maisons s'enflamment,

Pourtant les soldats du 12e bataillon de chasseurs et ceux du rr bataillon du 23e de ligne, qui défendent Vionville, ne bougent pas d'une semelle.

Trois fois les colonnes allemandes s'élancent au bruit de leurs caisses plates, trois fois les balles de nos chassepots les arrêtent et les forcent à se replier.

De nouvelles colonnes, hélas! viennent au secours des premières, et, sous peine d'être cernés, nos soldats doivent battre en retraite.

Le 12e bataillon de chasseurs perdait le tiers de son effectif. Derrière l'église de Vion-

ville, à l'angle de la muraille d'un jardin, on pouvait voir une vingtaine de cadavres de chasseurs couchés en tas dans une large mare de sang que moirait la sinistre lueur d'un incendie. Trois officiers se trouvaient parmi les morts : le capitaine de Saint-Maurice, les sous -lieutenants Garnier et Sarrailh. Ces deux derniers officiers avaient à peine deux ans de grade; ils tombèrent en braves, en enlevant leurs hommes sous un feu des plus violents.

Une attaque des plus vives , ordonnée par le général von Alvensleben, se produisait en môme temps sur Flavigny.

De ce côté, les canons prussiens viennent d'augmenter leur feu, lorsqu'on entend des hourras furieux ; puis une énorme colonne d'infanterie débouche d'un ravin qui côtoie le bois de Vionville et s'élance sur la ferme au pas accéléré.

Déjà les hourras redoublent, les Prussiens se croient maîtres de la position.

Soudain la scène change.

Devant les Prussiens, des baïonnettes flamboient, des clairons sonnent la charge à pleins poumons : c'est la brigade Valazé tout entière qui, baïonnettes en avant, fond audacieusement, — à la française, — sur la masse ennemie.

Les artilleurs prussiens ont aperçu nos sol-

dats; ils ont vu la nappe étincelante d'acier clair, et ils couvrent la brigade d'obus et de boulets.

Des files entières tombent sous cette pluie de fer.

Qu'importe! il faut venger les morts et les blessés.

« En avant! »

Les baïonnettes du 32e de ligne vont rencontrer des poitrines, s'enfoncer dans la chair vive. A ce moment, les hommes des premiers rangs ennemis lèvent la crosse en l'air, et les baïonnettes menaçantes s'abaissent aussitôt. Alors un acte inqualifiable, que nous avons vu d'éjà se produire à Borny, se renouvelle ici : ces hommes qui avaient feint de se soumettre couchent rapidement les nôtres en joue et font feu.

Des officiers, des soldats s'abattent dans l'herbe, fusillés à bout portant, en criant avec rage : « Vengez-nous, camarades! pas de quartier!

— Pas de quartier! » répétèrent dans un hurlement les soldats du 32e en s'élançant furieusement sur les Prussiens.

Ceux-ci résistent tout d'abord, se font hacher sur place; puis enfin ils reculent, poursuivis par les terribles baïonnettes.

Mais de nouvelles batteries se sont installées et croisent leurs feux sur le 32°. Ce régiment doit se replier, entraînant dans sa re-

traite le 55e, qui s'est vaillamment comporté pendant la charge.

Le 32e avait subi des pertes énormes.

Le lieutenant-colonel Guyot, le commandant Collignon et le lieutenant Angeli étaient tués. Le commandant Lapasset, frère du général, blessé grièvement, mourut à Metz le 9 septembre. Huit officiers étaient blessés, trois avaient disparu.. Trois cent cinquante hommes environ étaient morts ou blessés.

Pendant qu'ils effectuent leur retraite, les soldats du général Valazé entendent tout à coup derrière eux un roulement sourd qui ne ressemble en rien au bruit du canon.

Ce sont des cavaliers ennemis, des dragons de la Garde royale et des houzards de Brunswick, qui arrivent à toute bride, sabres en avant, pour charger la brigade.

A la voix de leur commandant, le brave Thoma, lesxhasseurs du 3e bataillon font face à l'ennemi. Lorsque les cavaliers sont à bonne portée, le commandant lève son sabre et crie d'une voix claire et parfaitement calme :

« Feu à volonté ! »

On entend le hurlement des chassepots, le sifflement des balles. On voit des chevaux se cabrer, ruer, s'abattre ; puis les escadrons allemands font demi-tour et abandonnent la partie, laissant dans l'herbe plus de quatre-vingts cavaliers, tués ou blessés.

Depuis le matin, le 3e bataillon de chasseurs

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se battait, les hommes étaient exténués : le commandant entraîna son bataillon vers Re* zonville. Dans la magnifique prairie qui borde ce village, derrière une ferme, on fît l'appel. Plus de cent hommes manquaient; deux offk ciers avaient été tués, le capitaine Besson et le sous-lieutenant Robinet de Cléry ; ce dernier était sorti de Saint-Cyr un mois auparavant, le 16 juillet. Son frère, lieutenant au 19e bataillon de chasseurs, devait mourir à Metz trois jours plus tard, le 19 août, d'une blessure reçue à Frœschwiller.

Un de ses cousins, qui depuis a conquis une juste renommée comme avocat, M. Robinet de Cléry, de la cour d'appel de Paris, s'était engagé pour la durée de la guerre et reçut la médaille militaire lors du siège de la capitale.

Maîtres de Vionville qui flambe, les Allemands préparent l'attaque de Flavigny en couvrant d'obus ce hameau, dont les maisons prennent feu également.

Bientôt deux divisions prussiennes sont aux prises avec les 8e et 23e de ligne, qui défendent Flavigny. Accablés par un ennemi très supérieur en nombre, ces deux régiments sont décimés. Le 8e a deux officiers tués, sept officiers blessés, et compte près de trois cents hommes tués, blessés ou disparus. Le 23e a cinq officiers tués, onze officiers blessés; quatre cent soixante hommes sont tués ou blessés. Le

général Bataille reçoit une balle dans le basventre et doit abandonner son commandement. A ses côtés, son officier d'ordonnance, le lieutenant Couturier, est tombé pour ne plus se relever.

Autour de Flavigny, qui n'est plus qu'un énorme brasier, les obus, les boulets et les balles s'abattent par paquets. Dans une fumée épaisse, qui sent la chair calcinée, les hommes tombent par tas, les cadavres s'entassent derrière les arbres, derrière les haies, dans les fossés. La plaine en est tapissée ; c'est un carnage sans nom, une boucherie.

Rester plus longtemps dans cette boucherie eût été folie : Flavigny fut abandonné, comme l'avait été Vionville.

En moins de quatre heures, le 2e corps venait de perdre plus de deux cents officiers et environ cinq mille deux cents hommes de troupes, tués, blessés ou disparus.

Les Prussiens n'avaient pas encore réussi à s'emparer de la route de Verdun.

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