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et prend ses positions de combat : le 2'' corps en arrière de Vionville, le 6*^ en avant de Rezonville, au-dessus de la route blanche.
Les clairons sonnent partout, les baïonnettes flamboient, la fusillade crépite, le canon tonne sur toute la ligne.
L'instant est vraiment solennel. On sent que la lutte sera terrible, et chacun se prépare à faire son devoir.
Tous le feront, tous, sauf un — le chef suprême.
L'histoire a enregistré le forfait de ce soldat sans honneur. Un exil, pire que la mort à laquelle l'avaient condamné ses pairs, a caché sa honte.
Dès le début de l'action, la division Bataille se déploie rapide-
ment, se porte en ligne dans un ordre parfait. Les hommes sont pleins d'entrain et crient :
(( En avant! en avant! »
Le 12^ bataillon de chasseurs s'élance le premier, tous ses clairons sonnant, et chasse la cavalerie ennemie de Vionville. Le 23^ de ligne vient ensuite, et l'un de ses bataillons, le 2% s'empare de la ferme de Flavigny.
Bientôt la division tout entière occupe les hauteurs, au sud de la route blanche, depuis le bois des Ognons jusqu'à Flavigny. En face d'elle, les Prussiens s'organisent derrière leur artillerie, qui tonne sans cesse, et à laquelle répondent nos canons.
Presque en même temps que la division Bataille, la division Vergé se déployait sur notre gauche, en avant de Rezonville, surveillant le ravin de Gorze.
Les obus et les boulets sillonnent l'azur au-dessus de nos troupes ; le fracas des canons est assourdissant; le paysage se couvre d'une fumée grisâtre qui emplit les vallons et les ravins et enveloppe les bois.
Le combat d'infanterie ne tarde pas à s'engager; la fusillade crépite, brochant ses notes grêles sur le tonnerre des canons; les balles ruissellent partout, produisant en tombant un bruit singulier pareil à celui d'une forte averse d'orage.
Dans la fumée, des colonnes allemandes s'approchent de nos lignes, des chocs ont lieu sur différents points.
En face de Vionville, le général allemand von Doring est tué en poussant en avant sa brigade, et le 52*" de ligne prussien perd en un instant cinquante officiers et plus de mille hommes.
Vionville et Flavigny sont attaqués avec rage par les Prussiens et défendus avec acharnement par le 2*^ corps. Notre artillerie, qui accomplit des prodiges, éprouve des pertes sérieuses.
La première grande charge à la baïonnette est fournie, vers dix heures, par le 67^ de ligne, qui grimpe à l'assaut des hauteurs de Tronville, refoule les Prussiens dans les bois, mais est refoulé à son tour par des renforts que reçoit l'ennemi.
REZONVILLE 67
Cette charge nous coûtait cher. Sept officiers avaient succombé : le commandant Beaugeois, les capitaines Aubert de Trégomain et Thiéry, les lieutenants Merle, Gelhaye et Noël-Zuleis, le sous-lieutenant Padoille. Seize officiers, dont le colonel Thibaudin, récemment promu, avaient reçu des blessures graves. Près de six cents soldats étaient restés sur les crêtes, morts ou blessés.
Il est dix heures et demie. La fusillade est moins intense, mais la mitraille fait rage; les obus s'abattent, par paquets, sur le malheureux village de Vionville.
Soudain un bruit étrange naît dans la rumeur formidable de la bataille : on dirait de la grêle tombant sur un toit de zinc. Nos soldats prêtent l'oreille et, du regard, interrogent leurs officiers. Bientôt le bruit s'explique. Trois régiments prussiens apparaissent dans la verdure, précédés par leurs tambours qui battent la charge sur leurs petites caisses plates, descendent des hauteurs dans une coulée de soleil qui fait scintiller les pointes des casques, et s'élancent sur Vionville au pas de course.
(( Feul »
Derrière les murailles qui s'écoulent sous les obus, de rapides éclairs brillent, des chassepots rugissent, et les balles tombent par rafales sur les colonnes allemandes, qui s'arrêtent, puis reculent en désordre, abandonnant sur le sol des morts et des blessés, et parmi ces derniers le colonel de Bismarck, grièvement atteint.
Pour venger l'infanterie, l'artillerie prussienne redouble d'ardeur. Dans le village, battu par la tempête de fer, des maisons s'enflamment.
Pourtant les soldats du 12^ bataillon de chasseurs et ceux du 1" bataillon du 23^ de ligne, qui défendent Vionville, ne bougent pas d'une semelle.
Trois fois les colonnes allemandes s'élancent au bruit de leurs caisses plates; trois fois les balles de nos chassepots les arrêtent et les forcent à se replier.
De nouvelles colonnes, hélas! viennent au secours des premières, et, sous peine d'être cernés, nos soldats doivent battre en retraite.
Le 12' bataillon de chasseurs perdait le tiers de son effectif. Derrière l'église de Vionville, à l'angle de la muraille d'un jardin, on pouvait voir une vingtaine de cadavres de chasseurs couchés en tas dans une large mare de sang que moirait la sinistre lueur d'un incendie. Trois officiers se trouvaient parmi les morts : le capitaine de Saint-Maurice, les sous-lieutenants Garnier et Sarrailh. Ces deux derniers officiers avaient à peine deux ans de grade; ils tombèrent en braves, en enlevant leurs hommes sous un feu des plus violents.
Une attaque des plus vives, ordonnée par le général von Alvensleben, se produisait en même temps sur Flavigny.
De ce côté, les canons prussiens viennent d'augmenter leur feu, lorqu'on entend des hourras furieux; puis une énorme colonne d'infanterie débouche d'un ravin qui côtoie le bois de Vionville et s'élance sur la ferme au pas accéléré.
Déjà les hourras redoublent, les Prussiens se croient maîtres de la position.
Soudain la scène change.
Devant. les Prussiens, des baïonnettes flamboient, des clairons sonnent la charge à pleins poumons : c'est la brigade Valazé tout entière qui, baïonnettes en avant, fond audacieusement, — à la française, — sur la masse ennemie.
Les artilleurs prussiens ont aperçu nos soldats ; ils ont vu la nappe étincelante d'acier clair, et ils couvrent la brigade d'obus et de boulets.
Des files entières tombent sous cette pluie de fer.
Qu'importe! Il faut venger les morts et les blessés.
« En avant! »
Les baïonnettes du 32*" de ligne vont rencontrer des poitrines, s'enfoncer dans la chair vive. A ce moment, les hommes des pre-
|{|'./ u.N \ ll.i.l'.
iiiiers rangs ennemis lèvent la crosse en Tair, cl les baïonnettes menaçantes s'abaissent aussitôt. Alors un acte inqualiûable, que nous avons vu déjà se produire à Borny, se renouvelle ici : ces hommes qui avaient feint de se soumettre couchent rapidement les nôtres en joue et font feu.
Des officiers, des soldats s'abattent dans l'herbe, fusillés à bout portant, en criant avec rage : <( Vengez-nous, camarades! pas de quartier !
Vionville. Pliolo : Ncls, McU.
— Pas de quartier! » répétèrent dans un hurlement les soldats du 32' en s'élançant furieusement sur les Prussiens.
Ceux-ci résistent tout d'abord, se font hacher sur place; puis enfin ils reculent, poursuivis par les terribles baïonnettes.
Mais de nouvelles batteries se sont installées et croisent leurs feux sur le 32'. Ce régiment doit se replier, entraînant dans sa retraite le o5% qui s'est vaillamment comporté pendant la charge.
Le 32' avait subi des pertes énormes.
Le lieutenant-colonel Guyot, le commandant Collignon et le lieutenant Angeli étaient tués. Le commandant Lapasset, frère du général, blessé grièvement, mourut à Metz le 9 septembre. Huit
officiers étaient blessés, trois avaient disparu. Trois cent cinquante hommes environ étaient morts ou blessés.
Pendant qu'ils effectuent leur retraite, les soldats du général Valazé entendent tout à coup derrière eux un roulement sourd qui ne ressemble en rien au bruit du canon.
Ce sont des cavaliers ennemis, des dragons de la Garde royale et des houzards de Brunswick, qui arrivent à toute bride, sabres en avant, pour charger la brigade.
A la voix de leur commandant, le brave Thoma, les chasseurs du 3^ bataillon font face à l'ennemi. Lorsque les cavaliers sont à bonne portée, le commandant lève son sabre et crie d'une voix claire et parfaitement calme :
<c Feu à volonté! »
On entend le hurlement des chassepots, le sifflement des balles. On voit des chevaux se cabrer, ruer, s'abattre; puis les escadrons allemands font demi-tour et abandonnent la partie, laissant dans l'herbe plus de quatre-vingts cavaliers, tués ou blessés.
Depuis le matin, le 3^ bataillon de chasseurs se battait, les hommes étaient exténués : le commandant entraîna son bataillon vers Rezonville. Dans la magnifique prairie qui borde ce village, derrière une ferme, on fît l'appel. Plus de cent hommes manquaient; deux officiers avaient été tués, le capitaine Besson et le sous-lieutenant Robinet de Gléry; ce dernier était sorti de Saint- Gyr un mois auparavant, le 16 juillet. Son frère, lieutenant au 19^ bataillon de chasseurs, devait mourir à Metz trois jours plus tard, le 19 août, d'une blessure reçue à Frœschwiller.
Un de ses cousins, qui depuis a conquis une juste renommée comme avocat, M. Robinet de Gléry, de la cour d'appel de Paris, s'était engagé pour la durée de la guerre et reçut la médaille militaire lors du siège de la capitale.
Maîtres de Vionville qui flambe, les Allemands préparent l'attaque de Flavigny en couvrant d'obus ce hameau, dont les maisons prennent feu également.
REZONVILLE 71
Bientôt deux divisions prussiennes sont aux prises avec les 8° et 23® de ligne, qui défendent Flavigny. Accablés par un ennemi très supérieur en nombre, ces deux régiments sont décimés: Le 8* a deux officiers tués, sept officiers blessés, et compte près de trois cents hommes tués, blessés ou disparus. Le 23'' a cinq officiers tués, onze officiers blessés; quatre cent soixante hommes sont tués ou blessés. Le général Bataille reçoit une balle dans le bas- ventre et doit abandonner son commandement. A ses côtés, son officier d'ordonnance, le lieutenant Couturier, est tombé pour ne plus se relever.
Autour de Flavigny, qui n'est plus qu'un énorme brasier, les obus, les boulets et les balles s'abattent par paquets. Dans une fumée épaisse, qui sent la chair calcinée, les hommes tombent par tas, les cadavres s'entassent derrière les arbres, derrière les haies, dans les fossés. La plaine en est tapissée; c'est un carnage sans nom, une boucherie.
Rester plus longtemps dans cette boucherie eût été folie : Flavigny fut abandonné, comme l'avait été Vionville.
En moins de quatre heures, le 2*^ corps venait de perdre plus de deux cents officiers et environ cinq mille deux cents hommes de troupes, tués, blessés ou disparus.
Les Prussiens n'avaient pas encore réussi à s'emparer de la route de Verdun.
chargez!
Le 2^ corps recule.
Il n'est plus possible de tenir dans la plaine, que balayent les balles et la mitraille; notre artillerie elle-même ne peut se maintenir sur les mamelons où elle s'est placée pour soutenir, pour protéger l'infanterie.
Eu avant de Flavigny on aperçoit, dans un grand poudroiement de soleil, d'énormes masses prussiennes entourées de canons qui rugissent sans cesse et de nombreux escadrons de cavalerie.
Toutes ces troupes vont évidemment se ruer sur Rezonville, sur notre centre. Alors ce sera l'armée coupée en deux, ce sera la défaite.
Que faire?
Les soldats du 2*" corps sont complètement épuisés par une lutte de quatre heures sous un soleil de plomb, et, malgré leur énergie, malgré leur courage, il est évident qu'ils ne pourront résister à l'avalanche.
Il faut pourtant prendre une décision, le temps presse.
Une forte colonne s'est détachée de la masse ennemie; elle s'avance et va déboucher dans le ravin délicieux, le vallon plutôt, qui creuse la plaine en avant de Rezonville.
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En face de ce vallon, de l'autre côté de la route (!<' \erdun, dont la double ligne de peupliers semble, vers Mars-Ia-Tour, s'enfoncer dans l'azur, se tiennent les cuirassiers de la Garde et îc > lanciers. Frossard s'élance vers les cuirassiers, et crie au général du Preuil :
(( Chargez, chargez vigoureusement! sinon nous sommes flambés! »
Et, de la pointe de son épée, il montre la colonne qui s'avaru ( .
Rezonvillo. Pli U- : N
hérissée de baïonnettes flamboyantes; il montre les masses de Flavigny, qui déjà se mettent en mouvement.
Du Preuil comprend et donne l'ordre au 3' lanciers de charger immédiatement.
Sans la moindre hésitation, le colonel Torel commande :
(( A cheval! »
La tenue des lanciers est charmante : tunique bleu foncé, à un rang de boutons; collet jonquille, passepoil et parements bleu foncé; pattes jonquille, boutons blancs, épaulettes blanches, pantalon garance à passepoil bleu, shapska de toile cirée.
Dans la lumière crue, le régiment est vraiment superbe, ( t toutes les flammes blanches et rouges des lances, qui llotlcnl au vent,
mettent une note pittoresque et gaie dans le coin de paysage où règne la mort.
(c Chargez! »
Le régiment s'ébranle, et bientôt les chevaux prennent le
galop.
Les fantassins crient : ce Vivent les lanciers! »
Les lanciers répondent : « Vive la France! )>
Mais la lance est plutôt une arme de parade qu'une arme de combat, et les héroïques cavaliers ne peuvent enfoncer les bataillons ennemis, qui se sont formés en carrés.
On les voit tourbillonner sous les balles et la mitraille, — on les voit tomber.
Les cuirassiers de la Garde ont sauté à cheval, eux aussi. Le soleil se joue sur les longues lattes, sur les casques à cimier de cuivre et sur les cuirasses. Le spectacle est émouvant.
Là-bas, dans la plaine vallonnée, les Prussiens ont formé trois carrés formidables dont chaque face est une muraille hérissée d'acier; ces carrés sont flanqués d'artillerie et de cavalerie. C'est toute une division qui attend les cuirassiers, et pour atteindre cette division il faut galoper sous une averse de fer.
L'entreprise paraît folle, si folle que le général Desvaux, commandant de la cavalerie de la Garde, s'élance pour arrêter les cuirassiers.
Il est trop tard. Le colonel Dupressoir, un géant qui dépasse de la tête tous ses hommes, a levé son sabre. Le régiment est parti.
Dans le fracas épouvantable des canons, dans le hurlement sinistre de la fusillade, on entend le bruit du galop infernal et le crépitement étrange des balles sur les cuirasses.
En tête de la colonne galopent les 4^ et 6^ escadrons. On les voit aborder les carrés, qui s'auréolent aussitôt d'éclairs; puis tout disparaît dans la fumée.
REZO'NVILLE
Dans cette fumée, nos cuirassiers mouraient héroïquement en sabrant l'ennemi.
Le lieutenant-colonel Letourneur, le commandant Sahuqué, les lieutenants Bonherbe et Barreau, les sous-lieutenants Faralicq, Lecler, Gornuéjouls, sont tués ou blessés grièvement.
(c En avant! en avant! »
Les cavaliers trouent le premier carré et contournent le second. Sabrant toujours, ils arrivent jusqu'à l'artillerie et clouent les servants sur leurs pièces.
Champ de bataille de Rezonvillc. (Photo : Nels, Metz.)
Cette rude besogne s'accomplit sous un déluge de balles.
Soudain nos cavaliers sont chargés à leur tour; des houzards prussiens se sont élancés en fourrageurs.
Fort heureusement un régiment français, le 77' de ligne, tenait encore non loin de là. Par des feux de salve très meurtriers, ce régiment met les houzards en pleine déroute et dégage les cuirassiers.
Du 4« escadron, il ne restait qu'un officier debout et une vingtaine d'hommes.
Les autres escadrons chargèrent dans les mêmes conditions, avec la même ardeur, avec le même courage; mais les survivants, — ils n'étaient pas nombreux, deux cents à peine, — durent également se retirer sous un feu des plus violents.
Huit officiers étaient tués ou blessés mortellement , onze étaient blessés.
Le général, les officiers, tous les soldats du 2^ corps attendaient, anxieux, le résultat de la charge héroïque. Tous essayaient de voir, mais la fumée rendait la chose impossible.
'(( Mes pauvres cuirassiers ! » murmurait le général Desvaux, dont la voix tremblait.
Que se passait-il là-bas, dans cette fumée?
Par instants on entendait des cris, des hurlements, des hourras, des détonations, des cliquetis d'armes; puis la grande voix des canons couvrait tous ces bruits.
Tout à coup la fusillade cessa comme par enchantement, le feu des canons devint plus lent; un silence lourd régna pendant un moment sur le champ de bataille.
Alors l'angoisse de ceux qui attendaient augmenta.
Bientôt des cavaliers, isolés pour la plupart, trouèrent la fumée, se dirigeant vers nos lignes. C'étaient les cuirassiers survivants, ceux qui par miracle avaient échappé à la mitraille des artilleurs, aux balles et aux baïonnettes des fantassins, aux sabres des houzards.
Ils arrivaient hagards, couverts de sang, les effets en lambeaux, la plupart sans casque, un tronçon de sabre à la .main, une matelassure de cuirasse sur la poitrine. Leurs chevaux blancs d'écume, presque tous blessés, pouvaient à peine les porter.
Le général Desvaux répéta :
(c Mes pauvres cuirassiers! »
On vit des choses horribles.
Un cheval ramena la moitié du corps d'un officier, qu'un obus avait coupé en deux; un autre revint avec un cadavre qui n'avait plus ni tête ni bras.
Des cuirassiers arrivèrent, couverts de blessures, et tombèrent morts lorsqu'on les enleva de la selle.
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Des chevaux revenaient seuls, horriblement mutilés, marchant sur leurs entrailles ou traînant d'énormes lambeaux de chair que la peau seule retenait; il fallait les abattre à coups de fusil.
Les larmes aux yeux, le général Desvaux murmurait toujours :
(( Mes pauvres cuirassiers! »
Et parfois il ajoutait :
(c Etait-ce bien utile,... un pareil massacre!... »
Le sacrifice, certes, était douloureux; mais il ne fut pas inutile. L'héroïque dévouement des cuirassiers de la Garde, dont le souvenir doit être associé à celui de leurs frères de ReischofTen, avait eu pour résultat de briser l'élan des masses ennemies qui menaçaient Rezonville, de suspendre une marche offensive qui eût été des plus funestes pour notre armée. Ce temps d'arrêt dans l'attaque permit en somme, comme on va le voir bientôt, de relever le corps de Frossard pour le remplacer par des troupes fraîches.
La charge fameuse des cuirassiers eut, par ce fait, une part dans le succès de cette bataille, qui pouvait nous sauver peut-être, si le destin n'avait pas placé là Bazaine.
Pendant la charge des houzards prussiens, Bazaine, qui se tenait auprès d'une batterie, courut les plus grands dangers et faillit être enlevé par les cavaliers ennemis.
Séparé de son état- major, il fut entraîné dans la fuite précipitée d'un convoi d'artillerie.
On le croyait prisonnier des Prussiens, lorsqu'on apprit qu'il avait été recueilli par le 3"" bataillon de chasseurs à pied.