Archives du d^ôt de la gueiTe
2. Le maréchal Masséna avait eu, en i810, un œil crevé par un grdin de plomb dans une partie de chasse.
. MARSEILLE EX ISISu H»
ne trahissez pas ce bon prince! > Le doc «TAi^ooléme jugeait mieux le doc de Bivoli : il ne doaiait pas de loi et manifesu même le désir de remmener dans la campagne qa'il allait entref^endre. 3lais k maréchal n'eat pas de peine à le oomnincre qa'il loi serait moins utile à ses côtés qu'ai restant dans les Bouches-du-Bhône et dans le Tar, où le choc des passions politiques ne manquerait pas de troubler l'ordre, si elles n'étaient énergiquement contenues. D'ailleurs, un autre pérû non moins grare menaçait la France et exigeait la présaKe sur notre frontière d'un chef intriq>ide et expmmenté. A la {dernière nouTelle des é^memens de Cannes, les anglais avaient occupé la forteresse de Xke. Haintenant ils menaçaient Toulon et commençaient la série d'eSorts qu'ils tentèrent poidant plus d'une année pour s'emparer de notre grand arsenal maritime et de l'immense matâîel qui s'y trouvait accumulé. U convient de dire dès à présoit que tous les chefs français, bonapartistes ou royalistes, «memis ou amis, qu'ils rencontrerait devant eux durant cette période, rivalisèrent d'efforts pour déjouer leurs plans et leurs ruses auxquels, après les Cent-jours, les AuUtchiens vinrent apporter leur appui. Les agens du roi ne furent pas moins én^r^qf^es <r^e les af^euf le
l'empereur, et les portes de Toulon restèrent closes devant Tétranger. Masséna, pour sa part, fit armer toutes les batteries du port. Il proclama l'état de siège à Antibes et sur tout le littoral, prêt à résister comme autrefois à Gènes.
Après avoir passé deux jours à Marseille, au milieu des populations èlectrisèes par sa présence, et qui lui fournirent un grand nombre de volontaires parmi lesquels, malheureusement, se trouvaient trop de gens sans aveu à qui la faim seule avait fait prendre les armes, le duc d'Angoulême retourna à Mimes, où se trouvait son quartier-général. Il laissait à Marseille, investi de pouvoirs extraordinaires, le marquis de Rivière, un de ses familiers, dont il avait apprécié en d'autres temps le dévoûment et le zèle. Il emmenait avec lui deux régimens qui devaient grossir l'armée royale, ainsi que quelques centaines de volontaires. Après son départ, la situation de Masséna devint tout à fait critique. D'une part, il était sans nouvelle de Paris; il ignorait si l'empereur était parvenu au terme de sa téméraire entreprise, si le roi occupait encore la capitale. Entre le si^ du gouvernement et lui, se trouvait l'armée du duc d'Angoulême, qui ne laissait passer ni messagers, ni lettres. Les courriers des postes, partis chaque
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matin de Lyoe, :
leiice, et josqa'aa 9 «nfl,
trogader, sans
pêches*. D'autre paît,
contenir les troupes ^d
pour l'onpereiir. Le â±
quis de Binère, fl dot se leadre à TobIob, wêm dfe
harangaer la gamtsm vmét par le lûnage de la
flotte anglaise, et di sp o sée à icpieiMiie la vocmû t
tricolore.
Plosiears joors s'écoulèrent dans ces craeHes alternatives et dans TigoomÈce des éwéneateaÊi de Paris; les imaginatioiis sTexahaieot de plus en pins par la nonveUede la marche TÎdoneose dn Aie d'Angouléme sor Lyon. Cqiendant, depuis le l" awril, un émissaire du ministre de la goerre se troofait dans le chef-lien du d^artem^it dn Rhône, porteur de dépèches pour le maréchal Massàia. Il arait d'abord tenté de gagner Marseille par le Danphiné. Mais ayant rencontré, près de Grenoble, des détachements du petit corps (f armée dont le général Ernouf avait reçu le commandement et qui devait re-^ joindre le duc d'Angouléme à Romans, l'émissaire
i . Archives du dépôt de la gaerre
dut rebrousser chemin et revenir à Lyon. Toutefois, comme c'était un homme énergique, à en juger par les lettres qu'il adressait à son ministre, il résolut de remplir sa mission ou de périr ; il loua un bateau dans l'intérieur duquel il cloua ses dépêches, engagea deux hommes sûrs pour protéger sa route, et se livra au perfide et violent courant du Rhône ^
Le 8 avril, Masséna recevait à Toulon les lettres qui lui étaient destinées; pendant quarante-huit heures, il fut seul à savoir que l'empereur avait repris possession de la capitale, et que Louis XYIII se dirigeait vers la frontière du Nord. Au même mo-^ ment, les autorités marseillaises faisaient afficher sur les murs de leur ville une proclamation singulière, annonçant que l'un des représentans de la France au congrès de Vienne venait d'arriver, et promettait le concours de 95,000 hommes qui alQEranchiraient le pays du joug de Bonaparte. Ce fut la dernière manifestation du royalisme officiel. Une injonction formelle du maréchal y succéda. Il adressait de Tour ion, au préfet et au maire, les nouvelles qu'euxmêmes venaient d'apprendre. Toulon, en les recevant,
1. Nous n*avoDS pu retrouver, dans les documeas qui ont passé sous nos yeux, le nom de cet agent, dont les lettres ne portent pas de signature.
mit fait aTec
reur» Masséna e^énii
Quand ces grades à la pi^alalkiiL, dfe tareur qmiiiqMisa litaires à la denô-solde à leur satisfanion est ¥rai qa'mie nait d'aniMMicer la fa|MHibiîiMi de la faàml, ^fomam que le duc d'Aiigouléiiie pt^wirr ne senût reoda à la liberté que si Marsifîlle se sKMUKuait à Booapane. Enfin, le 11 aTiil, tandis que le général de Gnscbr arrivait de Lyon et faisait soimcr la TÎUle de recoonaîtire TanUMité de reiii|iereiir, Mafflséna éonrait de Toulon que si le lendemain an soir, Marsdlle n'aiait pas obâ, il maidftoait sor la s^ile dié qoi refiisit de ^ soumettre. Il fallut dbéir; les amoriiés doonèfeot 4eur dénussi<Mi; le marqms de Btiîère sfembarqoa. •pour TEspagne, et le 12 avril, le drapeau tricolore était arboré sur tous les monumens. En m^ne temps, les soldats reprenaîoit leurs aigles, tandis que l'autorité militaire célébrait, par un salut de vingt et un coups de canon, le déplorable cbangemaoït de r^ime que la France venait de subir. Les royalistes marseillais se laissèrent imposer cette révolu-
tion sans protester ; le général Ernouf, à la tête de 1,200 hommes — tout ce qui lui restait de Tannée qu'il avait essayé de former pour le duc d'Angoulême — tenta vainement de faire rétablir la cocarde blanche ; son mouvement avorta, la monarchie légitime fut vaincue, et dans les cœurs s'éleva une inoubliable colère qu'allaient accroître les événements ultérieurs et qui était grosse de représailles futures.
Trois jours après, le maréchal Masséna rappelé par l'empereur quitta Toulon pour se rendre à ses ordres. On sait qu'ayant vécu dans la retraite durant les Centjours, il fut nommé par le gouvernement provisoire commandant de la garde nationale de Paris et que, désigné plus tard pour faire partie du conseil de guerre devant lequel devait comparaître le maréchal Ney, il refusa de siéger parmi les juges de son ancien compagnon d'armes. Ce refus déchaîna contre lui les fureurs ultra-royalistes. Sa conduite à Marseille fut incriminée, sa mise en accusation demandée et il en arriva à souhaiter la mort qui ne se fit pas attendre. Il mourut en 1817, laisant à la postérité le soin de venger sa mémoire des calomnies à l'aide desquelles les partis avaient essayé de la ternir.
Tandis que se déroulaient dans le Midi ces graves
événemens, à Paris, l'empereur travaillait à l'organisation de ses forces militaires et ordonnait la formation de huit armées qui , sous le titre de corps d'observation, auraient pour objet la défense des frontières menacées. L'une de ces armées devait s'organiser dans les départemens du bassin de la Méditerranée et avoir son quartier-général à Marseille. Quand il fallut la pourvoir d'un chef, l'empereur songea au maréchal Brune qu'il avait tenu en disgrâce pendant la plus grande partie de son règne, mais dont il connaissait les talens militaii*es. A peine âgé de cinquante-deux ans , Brune s'était rallié aux Bourbons, dès leur retour. Toutefois n'ayant pas été employé par eux, il se considérait comme libre de tout engagement. Aussi, lorsque le 16 avril, une lettre du ministre de la guerre lui apprit, à Paris où il résidait, qu'il était appelé au commandement du corps d'observation du Var et de la 8* division militaire, il accepta sans hésiter et partit pour la Provence. Il arriva à Marseille le 2A du même mois, n'ignorant pas combien la population de cette ville était hostile à l'empire, mais encore bien loin de croire à la violence de l'animosité qu'il allait bientôt constater.
Peu de jours avant, le 10« régiment de chasseurs
à chevâl et le 6® de ligne, étant entrés dans Marseille, sous les ordres du général Leclerc, et ayant été accueillis par les cris de « Vive le roi 1 » les soldats avaient répondu par celui de « Vive l'empereur. » Devant la malveillance de la foule, ils s'étaient vus obligés de croiser la baïonnette pour se faire un passage. Cet incident révélait avec certitude les liaines que les Marseillais nourrissaient contre l'empire. Toutefois, ce n'était rien encore à côté de celles dont le maréchal Brune allait être le témoin presque impuissant. Il lui fallut peu de jours pour reconnaître l'étendue des difficultés qui s'offraient à lui. Dès la première semaine de mai, il savait à quoi s'en tenir et réclamait un commissaire-général de police, habile et vigoureux. On lui envoya l'ancien conventionnel Lecomte-Puyraveau, porteur des pouvoirs les plus étendus et auquel on en confia d'analogues dans tous les départemens sur lesquels le commandant en chef du corps d'observation du Var exerçait sa juridiction. Puis, quand il voulut donner des ordres à la garde nationale, il la trouva dans un tel état de rébellion morale qu'il se déclara impuissant à en venir à bout et demanda qu'elle fût expédiée dans le nord de la France, seul moyen de la soustraire aux influences auxquelles elle obéissait.
« Une explosion est imminente, > écfÎTait-il mi joor*. Le lendemain, il ajoutait : « Si on dépayait les mes de Marseille, on trouTerait une fleur de lys sons diaque pavé. Le désarmement de la garde nati(Hiale est indispensable. Il ne peut être assuré que par la troupe. 9 II se plaignait de la mollesse de la gendarmerie, de la mahreillance des dét^iteurs de Tautorité et réclamait le droit de proclamer l'état de siège dans Marseille. « L'eqHÎt du Midi est exécrable, répétait^ le 9 mai, au ministre de la gaerre; Mar* seille est le foy^ d'où partait les discordes. Toutes les autorités sont à changra- sous les rapports adunnistratiCs et judiciaires. Ne tombez pas dans l'erretir de croire (ju'fl y ai ait une seule de bonne. Cdles qui paraissent les plus supp ort aMes usent de diisi' mulation. Si notre \spclkèQa est rainqueur, elle» se vanteront de leur fidélité; s'il r a des reirers, éUeê prendront les preaàères les Q^^un^ de 1rs ei la cocarde blanche ^. >
A tout instant, qudque bin grave Tenait démontra la vérité de ces avertisseiiieot^. Va jonr^ um rim éclatait oitre la fopahma ei U police parc^ que celle-ci voulait arrMer un indiridiL, mrpm mi mé^
ment où il arrachait les aigles d'une aflBche. Un autre jour, un fourrier du 16« de ligne ayant été insulté par un ouvrier qui l'engageait à déserter, il en résultait d'abord entre eux une lutte dans laquelle le fourrier faisait sauter d'un coup de sabre le poignet de son adversaire, puis une émeute terrible; la foule voulait massacrer le militaire, pour le salut duquel il fallut mettre une partie de la garnison sur pied. C'est à la suite de cet événement que, le 21 mai, l'état da siège fut proclamé. Pour atténuer ce que cette mesure avait de rigoureux, le préfet Frochot, de concert avec le comte Rœderer, commissaire impérial dans le Midi, créa une caisse de secours à l'effet de donner du travail aux ouvriers du port. Le maréchal Brune ne se fit aucune illusion sur les conséquences de cette création : « Elle ne changera pas, disait-il, l'esprit de révolte qui anime la population et les fonctionnaires. » A ce moment, des arrestations devinrent nécessaires; on en opéra plusieurs.
C'est à ces arrestations, moins nombreuses d'ailleurs qu'on ne l'a prétendu, qu'ont fait allusion certains écrivains qui, pour colorer d'un semblant de légitimité les colères sous lesquelles périt quelques mois plus tard le maréchal Brune , leur ont attribué pour principale cause le joug qu'il] fit peser pen-
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