Arcliivcs du dépôt de la guerre
tenait la dernière proclamation de Louis XVIII dont la circulation était partout interdite et justifia sa conduite en alléguapt la nécessité de tompléter partout les collections de la feuille officielle. Enfin le jour de la Fête-Dieu, les autorités religieuses refusèrent de chanter le Domine, salvum foc imperatcH rem. Si Ton ajoute à ces divers traits que sur plusieurs points de la Provence, il fallait 9mploytr la force pour recouvrer les impôts, on reconnaîtra aisément, quelque opinion qu'on professe sur les Gent-jours, que la sévérité du maréchal Brune, de laquelle on voulut faire plus tard la cause de sa mort, s'imposait à lui, et, qu'à moins de trahir la mission qu'il avait acceptée, il n'était pas libre d'agir autrement.
Les difficultés contre lesquelles il se débattait tenaient surtout à l'insuffisance des troupes placées sous ses ordres. Le 22 mai, la mère de l'empereur, le prince Jérôme et le cardinal Fesch étant arrivés en France, il alla les saluer à Aix et leur fit de isa situation le tableau le plus sombre, en les priant d'obtenir de l'empereur qu'on lui envoyât des secours. Quand il revint à Marseille, il trouva la ville en apparence paisible et soumise. Deux bataillons du 35^ de ligne ^appelés de Corse y étaient
arrivés. Tous les bonapartistes s'étaient portés à leur rencontre, et les uns et les autres étaient entrés triomphalemeût aux cris de « Vive l'empereur ! Vive Marie-Louise! Vive le prince impérial I A bas les royalistes I » escortant un buste de Napoléon, devant lequel la musique jouait ses plus joyeuses fanfares. Les habitans avaient assisté silencieux à cette manifestation. Brune profita de cette accalmie pour organiser la police. Il entreprit aussi la formation d'un régiment composé d'Italiens et conçut l'espoir de pacifier la Provence. Malheureusement les mouvemens des Autrichiens qui menaçaient Antibes et de la flotte anglaise qui croisait entre Marseille et Toulon, prête à débarquer 5,000 hommes, l'obligèrent à échelonner ses troupes sur la frontière, en ne laissant dans la cité phocéenne que de faibles détachemens. Les ennemis de la royauté tentèrent de suppléer à l'insuffisance de la force publique, en formant une fédération, à l'exemple de ce qui se passait sur d'autres points du territoire. C'est le 17 juin que le pacte fédératif fut publié. Il disait « que la fédération n'exercerait aucune autorité politique, mais seulement une sorte de police morale sur ses membres *. » Il ne réunit qu'un petit nombre d' adhérons.