‹ La terreur blanche: épisodes et souvenirs de la réaction dans le Midi en 1815, d'après desChapitre 56 sur 86 · Acte d'accusation lu devant la cour prévôtale de Pau · texte numérisé non relu

Acte d'accusation lu devant la cour prévôtale de Pau

condition que le compte des dépenses antérieures serait préalablement acquitté. Angladet le conduisit alors chez plusieurs personnes auxquelles il demanda de se porter caution des sommes dues à Gaubert, mais qui toutes refusèrent. Enfin le sieur Barthélémy, commandant le bataillon des Verdets, sollicité en dernier lieu, prit l'engagement d'obtenir au profit de Gaubert remise d'une somme de 200 francs que l'administration des droits réunis réclamait à ce dernier. Sous cette promesse, Gaubert consentit à servir le repas du soir.

A sept heures, les convives, excités par la bonne chère» sortaient en tumulte de l'auberge de la Cave, armés de fusils, de pistolets, de bâtons et de sabres, et se dirigeaient vers la demeure du général. La ville était paisible; il y avait peu de monde dans les rues, la plupart des habitans étant encore à dîner. Mais la beauté du soir laissait prévoir qu'à quelques instans de là, la foule se presserait sur les promenades pour respirer, après la chaleur du jour, l'air frais de la nuit. Sur la place des Carmes, lès danses commençaient auprès d'un orchestre en plein vent. Arrivée devant la maison du général, la petite troupe des Verdets, grossie déjà d'individus à face patibulaire qui durant le trajet s'étaient réunis à elle, se i^angea

comme la veillé, « ayant le même costume, les mêmes armes, et poussant les mêmes cris^ » Mais la maison était close. Personne ne leur répondit. Quittant alors la place, ils envahirent un cabaret voisin, à l'angle de la rue Pharaon, après avoir mis en sentinelle à la porte deux enfans chargés de les avertir, dès que le général rentrerait. Ils exigèrent d'une- servante, terrifiée par leur présence, qu'elle leur servît de l'eaude-vie. Plusieurs bouteilles furent entamées simultanément et bientôt vidées. Au même moment, d'autres bandes arrivaient de divers côtés sur la place des Carmes et se mêlaient aux promeneurs, pressés autour des danses. Des cris menacans se firent

entendre. Les complices des malfaiteurs, en les attendant, sigaalaient ainsi Isur présence.

Pendant ce temps, le général Ramel, après avoir assisté durant l'après-midi à la procession qui s'était promenée dans la ville à cause de la solennité du jour, dînait avec son secrétaire, M. Joly, dans une maison de la place Rouaix, chez une demoiselle DiosiS où il avait coutume de prendre ses repas.

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