‹ La terreur dans le royaume de NaplesChapitre 14 sur 21 · LA JUSTICE NAPOLITAINE · texte numérisé non relu

LA JUSTICE NAPOLITAINE

Le sujet est vaste ; je vous écoute :

« Les délits politiques sont punis sans égard pour les formes de la justice. (Page 8.)

« Je n’ai pas à vous parler de quelques imperfections , à vous citer quelques exemples de corruption dans quelques employés subalternes, quelques cas de sévérité excessive; il s’agit de la violation incessante, systématique et délibérée de tous les droits , dont le Gouvernement devrait être le protecteur ; il s’agit de la violation de toute loi humaine écrite, violation accomplie dans le but de fouler aux pieds toutes les autres lois écrites et éternelles , humaines et divines ; il s’agit de la persécution absolue de toute vertu quand la vertu est unie à l’intelligence , persécutions si générales que rien ne peut y échapper.

O Le Gouvernement est poussé, par une hostilité féroce, cruelle , non moins qu’illégale , contre tout ce qui vit et se meut dans la nation , contre tout ce qui peut amener un progrès et une amélioration ; c’est une épouvantable profanation de la religion publique, unie à la violation de toute loi morale, sous l’inspiration de la peur et de la vengeance ; c’esi la prostitution absolue de la magistrature , dont le Gouvernement a fait le réceptacle dégradé des calomnies les plus viles et les plus maladroites , lAchement et délibérément inventées par les conseillers immédiats de la couronne , dans le but de détruire la paix , la liberté , et par des sentences capitales, la vie des personnes les plus vertueuses, les plus honorables , les plus intelligentes , les plus illustres de tout le pays. C’est un sauvage et lâche système de tortures morales et physiques mis en pratique au moyen des sentences arrachées à des cours de justice dé~ pravées.

0 L’effet de ce système est le renversement de toutes les idées morales et sociales. La loi , au lieu d'être respectée, est odieuse. Entre l’idée d'ordre et de liberté, il y a, non une association , mais un violent antagonisme. Le prince qui se dit l'image de Dieu sur la terre n'apparaît aux populations qu’entouré des vices les plus révoltants. » (Pag. 8 et 9.)

On croirait , Monsieur, lire une des proclamations incendiaires lancées dans le royaume de Naples par la société l’ Unità , et c’est cependant une page de votre Lettre que je cite. Ses traits de ressemblance avec les pièces saisies chez les condamnés sont la meilleure et la seule réfutation qu’on puisse lui opposer. Des récriminations si vagues , si générales, s’opposent à toute discussion. Je cherche vainement une assertion précise à laquelle je puisse m’attacher. Vos calomnies échappent au trait vengeur de la critique. Vos appréciations générales brillent de la même exactitude que les faits par vous recueillis. L’ensemble de mon travail en fera justice.

J’ai cependant souligné : La prostitution et l’or vilissement de la magistrature ;

Les sentences capitales prononcées dans le but de détruire la vie des personnes les plus vertueuses, les plus honorables , les plus intelligentes et les plus illustres;

Les tortures morales et physiques.

La prostitution de la magistrature découle sans

doute de l’aTilissement des magistrats , avilisse* ment qui a lui-même pour cause principale la modicité humiliante de leurs appointements , qui , pour les mieux payés, s’élèvent, ainsi que nous l’avons vu , tout au plus à 18,000 fr.

Quant aux tortures , vous en avez dit un seul mot qui est tourné à votre cônfusion.

En ce qui regarde les sentences capitales , pas USE n’a été exécutée ! et vous en parlez cependant comme ayant été suivies d’un véritable carnage , auquel , dites-vous , « le Gouvernement est poussé ' par une hostilité féroce , cruelle, non moins qu’illégale. »

Vos récriminations prennent-elles plus de consistance à mesure que nous avançons?

a Les prisonniers, avant leur procès , sont détenus durant des mois, une année, deux années on même trois. Le plus souvent c’est la période la plus longue. Je n’ai pas entendu dire que personne, dans ces derniers temps, ait été jugé à Naples pour délit ou crime politique avant d’avoir passé seize ou dix-luiit mois en prison. J'ai vu des prisonniers enfermés depuis vingt-six mois et qui attendaient encore d’être jugés. » (Page 13.)

Enfin , Monsieur , nous voici arrivés à ce que vous avez vul Vous avez donc bien réellement vu quelque chose ? Mais ces lignes font plus d’honneur que vous ne pensez à la magistrature de Naples.

Je vous remercie de vouloir bien attester qu’elle met dans ses investigations une lenteur qui écarte

toute idée préconçue de ne voir que des coupables dans les accusés qu'elle a mission de juger. A Paris, après l’insurrection de Juin, les proportions d’un procès régulier eussent été si considérables que le gouvernement d’alors , composé de républicains de la veille , se décida à faire transporter les insurgés sans jugement. A Naples, les ministres de Ferdinand n’ont pas osé recourir à des mesures qui vous eussent fourni un prétexte de crier à l’arbitraire. Ils ont tenu à ce que la justice suivît son cours régulier, bien que l’insurrection à main armée des révolutionnaires légitimât toutes les mesures exceptionnelles qu’ils auraient pu et peut-être dû prendre. Or, il est arrivé que, durant le cours de l’instruction du procès du 15 mai , une autre alfaire, dont la première n’était plus qu’un des incidents, est venue fixer son attention et absorber son temps. Le complot de la secte de Wnità, dont l’instruction devait jeter de si vives lumières sur l’insurrection du 15 mai , a fait surseoir au jugement des inculpés dans cette dernière affaire. Sur qui pèse la responsabilité de ce retard? Est-ce sur la magistrature napolitaine ou sur les conspirateurs del’t/mté? Les insurgés de mai ne peuvent adresser leurs plaintes qu’aux frères auxquels ils étaient si étroitement unis.

Le reproche de lenteur n’a donc aucun fondement. Quant au procès de X'Vmtà, si les ramifica-

tiens de la société ne s’étaient pas étendues dans les diverses parties du royaume , la justice n’eût pas été si longtemps à saisir et à réunir tous les fils de ses trames criminelles. Enfin, les inculpés sont devant leurs juges , racontez-nous ce qui s’y passe :

« Voici maintenant ce qui arrive. Supposez que les neuf dixièmes des accusations absurdes de la police soient écartées par le tribunal, à qui le faux témoignage est démontré. Dans un autre pays, il en résulterait naturellement une enquête et la mise en accusation des faux témoins. A Naples , c’est le contraire qui arrive ; on considère le faux témoignage comme un effort patriotique de personnes honnêtes , auxquelles des circonstances malheureuses ont fait manquer le but.

a Celte partie de la déposition est regardée comme non avenue. Mais l’autre partie reste , et il n’est pas permis d’y rien contredire. Vous croyez que si l’accusé a des preuves de son innocence il peut les faire valoir, vous êtes dans l’erreur. Il aurait des preuves irrécusables de la hauteur d’une montagne , il ne lui est pas permis de s’en servir, (//c may hâve counter evidence mountains higk, but he it mt allowed lo bring it.)

« Je sais que cela est incroyable, mais c’est vrai. Les personnes accusées pendant que j’étais à Naples désignèrent et appelèrent en témoignage, par centaines et par milliers, des individus de toute classe et de tonte profession ; des soldats, des ecclésiastiques, des officiers; la Grande-Cour refusa de les entendre. » (Page 1^.)

Tout est faux dans ces quelques lignes , Monsieur ; si je les reproduits , c’est que j’ai pris l’engagement de ne passer aucune de vos calomnies sous silence ; je tiens à remplir ma parole.

Ne savez-vous pas que les accusés traitent tou-^ jours les témoins à charge de faux témoins? Si vous voulez des preuves, lisez le procès qui vient à peine d’étre jugé à Lyon , et voyez si les juges ont cru nécessaire d’ordonner une enquête. Il est d’usage aussi — et les accusés napolitains ont suivi fidèlement cette tradition — de plaider l’incompétence du tribunal. C’est ce qui a eu lieu sous Louis-Philippe dans toutes les affaires portées devant la Cour des Pairs ; c’est ce qui est arrivé, depuis la révolution de Févriei’, dans les deux procès politiques jugés par la Haute-Cour de Justice.

Les audiences de la Cour napolitaine étaient pubUques. Les amis des accusés y assistaient; vous-mêmes y êtes allé. La publicité, la présence des ennemis du Gouvernement et la vôtre ne permettaient pas aux magistrats de juger à la turque, ainsi que vous voudriez nous le faire croire. A quoi donc ont été employés les soixante-quatorze jours qu’a duré le procès? Si la défense n’était pas libre , expliquez-moi ce que faisaient les avocats qui ont plaidé durant vingt-ginq audiences?

Je m’arrête , Monsieur , car je crois entrevoir l’explication de cette énigme d’iniquité. On vous accuse tout haut d’avoir tiré d’une source suspecte ee que vous dites de ce mémorable procès.

Une feuille courageuse , qui paraît à Gênes sous le titre de II Cattolico , me révèle que vous vous

Diaiti. I I ; C.oo'.'le

êtes borné à traduire, dans ce passage, la correspondance publiée par le Risorgimento de Turin l’un des principaux organes des révolutionnaires d’Italie. Ce plagiat , que je me garde bien de vous imputer, Monsieur, n’a-t-il pas pour auteur le gentleman respectable qui vous a remis les notes si exactes sur lesquelles vous avez écrit votre Lettre? Je ne sais si je me trompe ; mais certaines coïncidences me décident à vous demander si le correspondant du Risorgimento, à Naples, ne serait pas l’auteur de la mystification dont vous avez été dupe sur ce point et sur plusieurs autres?

Si je passe maintenant des récriminations générales aux faits particuliers qui les inspirent et par lesquels vous prétendez les justifier, je m’aperçois que vous avez surtout en vue ce qui concerne le condamné Poerio.

Comme spécimen des iniquités, des monstruo-> sités de la justice napolitaine, vous faites l’histoire de la condamnation de cet ancien ministre du Roi, Vous la suivez dans tous ses détails, depuis le moment de son arrestation jusqu’à celui de sa con« damnation. Votre récit. Monsieur, estjiiquant; votre talent d’écrivain sait rendre intéressant le héros du drame qui se déroule sous votre plupie. J’avoue que vous m’auriez ému et indigné si votre

* Il Cattolico, > agasto ISSl.

roman , semblable à toutes les productions de ce genre, n’avait manqué de vérité et même de possibilité. Le compte-rendu que vous faites de cette partie du procès trancherait avec le caractère général de votre pamphlet, s’il était véridique. Et d’ailleurs, comment admettre votre témoignage, quand on connaît la source où vous avez puisé vos renseignements ? Vous avouez — et je vous remercie de la franchise de cet aveu — que vous ne parlez que d’après Poerio! « Voici, dites-vous, « l’histoire de son arrestation , telle qü’il l’a « RACONTÉE LUI-MÊME. » (Page 19.) Comment ne lui serait-elle pas favorable? Avez-vous, Monsieur, jamais entendu un accusé raconter son histoire à ses juges en vue de faire ressortir sa culpabilité?

En prenant soin , cette fois , de désigner nominativement la source respectable de vos informations, vous avez abrégé ma tâche. On pardonnera facilement à Poerio d’avoir dit qu’on l’avait arrêté injustement , et dès que vous ne faites que reproduire ses assertions , on ne peut exiger de vous ni exactitude ni impartialité. Mais votre récit n’est pas mémp exempt de contradictions.

Vous signalez à lord Aberdeen comme une indignité le retard que l’on a mis à interroger Poerio après l’avoir arrêté. Je cite : « Six jours après, on « le conduisit devant le commissaire de police « Maddalini, qui lui remit une lettre à sonadres-

« se... Le contenu de la lettre indiquait naturel- « lement un projet de haute trahison »

Vous racontez ensuite qu’il « fut traîné de pri- « son en prison , jeté , comme il le dit lui-même , « dans des lieux plus faits pour les bêtes immon- « des nue pour des hommes ; » et vous ajoutez : « Il passa ainsi huit moi&^ ignorant absolument « les accusations dirigées contre lui. » (Page 21.)

Veuillez, Monsieur, concilier les deux assertions. La première dit que Pocrio, interrogé six jours après son arrestation, lut devant le magistrat une lettre qui indiquait, )iaiin’eZ/cme»f un projet de Iiaule trahison, tandis que la seconde prétend que après huit mois d’emprisonnement , il ignorait* absolument les accusations dirigées contre lui. Poerio avait donc oublié son premier interrogatoire et la lettre dont il avait été question?

Le soin que vous mettez à nous avertir que vous ne parlez que d’après lui-même explique l’insistance avec laquelle vous signalez comme faux témoins les personnes qui ont déposé contre l’homme devenu l’objet de votre admiration. Il vous eût suffi, dites-vous, « de la dixième partie de ce que « j’ai entendu de la déposition de Jervolino pour « mettre un terme au procès et pour faire arrêter « et condamner le faux témoin. » (Page 23.) Sur quelle preuve appuyez-vous le faux témoignage?

* Pages 19 cl ÎO.

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« Ce Jervôlino , ajoutez-vous , qui , avant le a procès, n’était qu’un mendiant, est mainte- « nant bien vêtu et dans une brillante position. » (Page 23.) 11 vit sans contredit de ses rentes, comme Peluzzo , de la pension que le Gouverne- ' ment paie aux préires assassins? La brillante position de Peluzzo me paraît obscurcir un peu celle de Jervolino , quoi qu’en pensent les plus purs conservateurs de Naples et Poerio lui-même.

Avez-vous été mieux informé, Monsieur, sur les sentiments de Navarro, le président de la Grande- Courî « On m’a dit {J hâve been told), et je crois « qu’il ne fait pas un secret de son opinion , que « toutes les personnes accusées par le gouverne- « ment du Roi doivent être trouvées coupables*. » Est-ce Poerio ou le correspondant du Risorgimenlo qui vous A DIT cela? L’assertion est digne de l’un et de l’autre; mais la meilleure preuve que je puisse vous donner de l’inexactitude de cette information , c’est que la- même sentence , qui a condamné trente -deux accusés , en a déclaré huit innocents et les a fait mettre immédiatement en liberté. Que devient l’opinion de Navarro? qué reste-t-il de vos récriminations? à quoi se réduisent vos calomnies contre la justice napolitaine?

Est-ce bien à un Anglais, est-ce bien à l’Angleterre, Monsieur, à prendre en' main la cause de' la

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justice outragée? Votre histoire nationale n’est-elle pas un long et sanglant enchaînement de crimes? Votre patrie a-t-elle le droit d’être entendue quand il s’agit de plaider devant l’Europe la cause de l’humanité et de la civilisation ?

En admettant même, pour un instant, que vos accusations ne fussent pas fausses de tous points , comparez la barbarie , la férocité que vous reprochez au gouvernement napolitain avec les cruautés inouïes qui ont caractérisé les événements sur lesquels l’Angleterre s’est élevée à l’apogée de sa gloire

L’Irlande est là pour dire de quels supplices les gouvernements de la Grande-Bretagne ont , de tout temps, puni les tentatives de révolte.

Préciser des faits me mènerait trop loin ; mais la grande voix de l’histoire supplée à mon silence. Parcourez seulement les pages sanglantes de la rébellion de 1798, et dites-moi si tous les crimes réuifis des gouvernements de l’Europe, depuis des siècles (sans en excepter la Russie), seraient capables d’égaler en nombre, en atrocité, en barbarie, les actes qui, en 1798, ont mis l’Irlande à feu et à sang dans l’espàce de trois mois !

Sans remonter à 1798, les années 1848 et 1849

* A une époque où le National ne prévoyait pas devoir descendre au rôle d’apolo^stc de la philanthropie anglaise ^ un de ses rédacteurs a écrit une Histoire criminelle du gouvernement anglais f dont je recommande la lecture au National de 1851.

nous ont appris de quelle façon l’Angleterre réprime les insurrections. Quand le contre-coup des événements d’Italie se fit sentir dans les îles Ioniennes, un mouvement eut lieu à Céphalonie pour secouer le protectorat anglais. L’îlot de CéplKilonic est à Naples ce qu’un verre d’eau est à l’Océan. L’Angleterre d’ailleurs n’y exerce que la souveraineté du protectorat. C’est à peine si quelques partisans de l’indépendance levèrent la tête. Aussitôt arrêtés, la justice anglaise, qui procède avec moins de lenteur que les magistrats napolitains, condamnait à mort di.x-neuf accusés, dont la peine fut commuée. Ces événements se passaient en 1848. L’année suivante, une nouvelle tentative est faite contre le protectorat britannique, et quelques semaines après, l'Europe apprenait que cent QUATRE-VINGTS iiisurgés étaient battus de verges sur la place publique et que vingt-et-un étaient mis A mc»t!

A Naples, Monsieur, sous le gouvernement du féroce Ferdinand, que vos admirateurs, sur votre témoignage, appellent un bourreau couronné, pas un seul arrêt de mort pour cause politique n’a reçu son exécution depuis 1848. Comparez Cephalonie au royaume de Naples; la pojmlalion de cet îlot à celle des Deux-Siciles ; appréciez le caractère et la gravité des insurrections qui ont éclaté dans les deux pays, et dites-moi , Monsieur Glads-

loue, de quel côté apparaît la barbarie , lequel des deux gouvernenieiits est digne du nom de bourreau, puisque vous voulez voir des bourreaux dans les pouvoirs ([ui répriment l’insurrection?

Tout en poursuivant ma tâche , dont les limites semblent reculer devant moi à mesure que j’avance, permettez que je vous félicite de vos succès.

Les journaux de Londres m’apprennent que l’on vient de mettre en vente la onzième édition de vos Lettres. C’est une vogue qu’une publication utile , faite en vue du bien , n’aurait jamais obtenue. La propagande commencée par lord Palmerston et ses agents diplomatiques est continuée par les colporteurs du parti révolutionnaire , et cela devait être.

En retour des àpplcaudissements dont la démagogie europénne vous a salué , vous avez l’attenlion délicate de faire publier une édition à bas prix, vendue pour quelques sous aux personnes qlii acheteront votre panlphlet en vue de le répandre. Vos Lettres vont donc être jetées comme une pâture intellectuelle aux classes populaires de l’Angleterre; mais pensez-vous que le résultat de cette propagande contribue à raffermir chez vous le principe de l’autorité et à inspirer une vénération plus grande pour les foèmes monarchiques?

Un parti conservateur, qui s’est cru très-intelligent et très-habile jusqu’en février 1848, a frayé

les voies au régime bâtard et provisoire que subit la France. Au triomphe de quel système travaillent donc les conservateurs anglais de l’école humanitaire? A quelle mission est destiné ce protestantisme conservateur de l’Angleterre , qui s’honore de propager les calomnies les plus outrageantes contre les institutions les plus respectables et les seules qui puissent arrêter la société européemie sur la pente de l’abîme où elle court le danger de s’engloutir?

Plus le mensonge est répandu, et plus il devient nécessaire que sa réfutation soit précise et complète. La vérité se propage moins rapidement que l’erreur; mais sa lumière ne brille jamais en vain; c’est pourquoi je continue à la porter sur les pages auxquelles votre nom a donné un retentissement si déplorable. Aux récriminations dont je me suis déjà occupé succèdent naturellement celles relatives aux prisons et aux détenus. Je vais donc examiner vos plaintes sur

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