DE FERRIÈRES, RECEVEUR DES GABELLES, A AVERMES
La terreur a d'horribles forfaits : les noyades de Nantes, les mitraillades de Lyon, les massacres d'Avignon, les exécutions en masse de la Vendée, les fournées du tribunal révolutionnaire de Paris. Chaque ville énumère les atrocités dont elle a été la victime à cette sanglante époque. Il n'en est pas de plus révoltante que celle dont Moulins donna le triste spectacle. « Trente-deux citoyens de la commune, dont quelques uns avaient dénoncé au département le despotisme de la municipalité, dit la Dénonciation à la canventiony page iv, ont péri victimes du plus lâche assassinat ; et un comité révolutionnaire^ aussi féroce que celui de Nantes, a été leur premier bourreau. Il s'est emparé de ces trente-deux infortunés ; il en a fait exposer une partie pendant quatre heures sur Téchafaud de la guillotine ; il les a ensuite jetés pêle-mêle sur des charrettes, les a envoyés à Lyon aux monstres qui siégeaient sous le nom de commission temporaire^ a écrit à ceux-ci qu'ils pouvaient les fusiller € sur sa parole ; ^ et sur sa parole, en effet, sans preuves, sans formalités, sans interrogatoire môme, les trente-deux ont été égorgés. »
Moulins se rappellera longtemps encore ce massacre. Quelle famille n'y a eu quelqu'un des siens? Laissons le
- Sijurisconsulte distingué qui fut chargé de plaider auprès de la convention la cause des veuves et des cent huit orphelins faits par le comité révolutionnaire de Moulins, laissons Pierre Giraudet de Boudemange (^> exposer sommairement les faits. Avocat au parlement, conseiller du roi et son procureur en la maîtrise des eaux et forêts de Moulins, procureur syndic provincial, député de la ville de Moulins aux assemblées pour les états généraux, Giraudet est un homme repectable et digne de foi. Il a vu ; d'ailleurs les pièces sont là : « C'est en avril, dit-il, page x, qu'ont commencé les premiers troubles à Moulins. Jusqu'à cette époque, Moulins avait joui d'un calme profond, qu'il devait tant au caractère tranquille de ses habitants qu'à sa position centrale qui l'isolait pour ainsi dire au milieu des orages révolutionnaires ; avantage que n'avaient pas les départements limitrophes des frontières, ou voisins de Paris. Le principe sacré de l'obéissance, principe qui est le gage du bonheur dans un pays libre, parce qu'il est indépendant des factions, parce qu'il isole les malveillants de tous les partis, était l'axiome politique des citoyens de Moulins ; mais cette soumission à la loi n'était point de leur part un dévouement forcé et stérile ; ce n'était point le calcul de la résignation ; c'était l'hommage éclairé du
(1) Pierre Giraudet de Boudemange, né à Saint-Bonnet (Allier), le 9 février 1734, mort à Moulins, le 23 juin 1816, fils de Jean-Pierre Giraudet de Boudemange, conseiller du roi et son procureur aux eaux et forêts de Moulins, et d'Anne Chardon, fut avocat^ procureur du roi près la maîtrise des eaux et forêts de Moulins, subdélégué de rintendant, et procureur syndic de Tadministration provinciale du Bourbonnais ; sous le consulat, Tempire et la restauration, il fut juge et président du tribunal de première instance de Moulins, député de l'Allier au corps législatif de 1807 à 1811.
cœur. On faisait avec plaisir les sacrifices que demandait le gouvernement ; on allait même au-devant ; des magistrats patriotes et sages étaient Torgane des lois ; on les chérissait ; on les écoutait ; on aimait à les croire ; les intrigants étaient méprisés ; les factieux surveillés ; on bénissait la révolution ; Ton attendait avec confiance le bonheur qu'elle nous promettait ; on ne se lassait pas de voir que nos agitations intérieures en reculaient le terme ; il suffisait que Ton eut pu en entrevoir l'aurore.
(L Mais l'impulsion, que les gens de Robespierre donnaient déjà au gouvernement, ne tarda pas à se faire sentir dans les communes les plus tranquilles ; et ce torrent dévastateur, qui grondait depuis quelque temps loin d'elles, s'annonçait de loin par le retentissement des crimes dont il semblait se grossir à mesure qu'il approchait. On le vit bientôt fondre sur la malheureuse commune de Moulins. Un arrêté violent du département en fut le sinistre précurseur.
« Cette administration commença par ordonner que tous les habitants des campagnes, qui h'étaient pas immédiatement attachés à la culture de la terre par le travail de leurs mains, vinssent fixer leur domicile à Moulins. De son côté, la municipalité s'empressa, au mois de juin suivant, de mériter par des actes de tyrannie Thonneur d'être remarquée ; elle projeta de multiplier les incarcérations ; elle convoqua les sections et leur demanda de lui indiquer les citoyens qu'elles jugeraient suspects dans rétendue de leur arrondissement ; presque toutes déclarèrent n'en connaître aucun ; mais une section, ou plutôt la majorité de cette section, prétendit en avoir dans son sein ; elle alla plus loin ; elle eut la témérité d'en indiquer, par une liste, plusieurs autres, parmi les sections qui s'étaient déjà expliquées négativement à cet égard.
c Croirait-on que ce fut précisément cette section isolée à laquelle la municipalité crut devoir ajouter foi> et que sa liste fut adoptée par elle comme un guide sûr pour les incarcérations qu'elle avait projetées? £lle ne tarda pas à les ordonner ; déjà les prisons se remplissaient et depuis son arrêté les citoyens les plus purs étaient incarcérés. Justement alarmés de cet audace tyrannique, plusieurs habitants adressèrent au département une pétition, par laquelle ils demandaient un sursis à Tarrêté du corps municipal et le rassemblement des sections pour connaître le vœu général des citoyens. Cette pétition signée de soixante-douze individus est devenue ensuite pour les irente^deux un arrêt de mort et parmi eux cependant douze seulement l'avaient signée.
« Le département eut la faiblesse de demander le vœu de la municipalité elle-même , pour juger une pétition dirigée contre elle ; et sur la réponse de cette insolente administration^ réponse qui, comme Ton s'en doute bien, fut négative, il déclara, le 19 juin (vieux style), qu'il n'y avait pas lieu à délibérer. Voilà donc la commune de Moulins en proie à la domination de sa municipalité ! Voilà dans son sein une aristocratie révolutionnaire, m^dtresse de disposer à son gré de la liberté des citoyens I Observons d'avance que les meneurs de cette municipalité ont été ensuite membres du comité central, et que les membres de ce comité le sont devenus à la commission révolutionnaire de Lyon, qui a assassiné les trente-deux. Ceux-ci avaient donc été désignés comme suspects par la municipalité et à ce titre jetés dans les prisons. »
De ce nombre était un pauvre diable qui dut être bien étonné d'être suspect et de se trouver en compagnie des personnes les plus haut placées de la ville. C'était un
ancien gendarme, alors receveur des gabelles à Avermes, près de Moulins, un employé de la régie, quelque chose comme un commis des contributions indirectes. Il était né à Ferrières en Bourbonnais et s'appelait Louis Bernard (*). Son père et sa mère n'étaient pas des aristocrates. Mais le comité révolutionnaire de Moulins ne l'envoya pas moins à la mort comme c portant sur sa figure le masque de l'aristocratie, d De quoi, en effet, s'avisait ce gendarme devenu gabelou? Quel -besoin avait-il de € porter sur sa figure le masque de l'aristocratie ?» Il était officier municipal de la commune d'Avermes dont le curé Laurent Talbot, qui fut déporté , était maire. L'un et l'autre furent dénoncés le 10 octobre 1793 au comité révolutionnaire comme « coupables d'incivisme et d'aristocratie, dangereux dans leurs fonctions administratives >, et comme ayant « entretenu leurs habitants dans un mauvais esprit contre la république. » Ils sont destitués, puis arrêtés.
On accusait en outre Louis Bernard de « tenir continuellement chez lui des conciliabules de . contre-révolution. » Un « conciliabule de contre-révolution » vaut a le masque de l'aristocratie. » Ces deux griefs étaient fort graves ; ils suffisaient pour perdre le malheureux Bernard. De plus, on lui reprocha, ainsi qu'aux autres trente-deux, la protestation des soixante-douze contre l'incarcération des suspects, bien qu'il ne l'eut pas signée. « On se rappelle, dit la Dénonciation à la convention y page 68, on se rappelle que douze seulement des trente-
(1) Je n'ai trouvé sur les registres de Ferrières, de 1746 à 1748, époque de la naissance de Louis Bernard, que le baptême, 6 mai 1748, de François Bernard, fils de Jacques et de Françoise Neslier, et très probablement frère de notre Louis Bernard.
deux avaient signé cette adresse. Or^ croirait-on que la perfide commission a osé la reprocher aux trente-deux sans en excepter un seul ? Voici ce que porte à cet égard le jugement : « Considérant... , 3^ une pétition contrerévolutionnaire présentée par ces individus aux administrateurs de ce département. > Par ces individus ! c'est-àdire par les trente-deux ; car ils sont désignés et nommés immédiatement après le considérant. Conçoit-on une mauvaise foi si grossière ? Le crime de douze est celui de trentedeux t Et que Ton observe que le comité lui-même ne suppose entre eux aucune complicité ; que même il ne peut pas s'empêcher, dans sa lettre, de restreindre l'accusation aux douze signataires seulement. Cette pétition, dit-il, a doit suffire pour former une preuve matérielle du délit « contre ceux de ses signataires que nous t'envoyons et m leur faire porter la tête sur l'échafaud. i> On ne supposa donc pas qu'il y ait eu même une complicité ou plutôt un accord entre les douze signataires et les vingt qui ne ' l'étaient pas ; car assurément le comité n'eût pas manqué de l'annoncer ; et s'il y avait eu le plus léger rapport entre les uns et les autres, il n'aurait pas échappé à son œil inquisiteur.
« Ainsi malgré la restriction du comité, malgré la décision précise de ce jury, pour nous servir de son expression, la commission a attribué aux trente-deux un fait qui n'appartenait qu'aux douze seulement, et a enveloppé vingt victimes dans un grief qui leur était évidemment étranger! »
Bernard était du nombre ; il périt , comme nous l'a raconté Prudhomme, I, 73 ; « Bernard (Louis), gendarme et receveur des gabelles, âgé de 46 ans, natif de Ferrières, domicilié à Vermes, canton de Moulins, département de
rAUier, condamné à mort comme contre-révolutionnaire, le 11 nivôse an II — 31 décembre 1793—, par la commission révolutionnaire de Lyon. )^
Quelques jours après, un commissaire observateur envoyé par la convention dans les départements de la Creuse, de la Nièvre et de l'Allier, le citoyen Jean Garnier, dont les rapports ont été publiés par Chazaud, dans le tome XII du Bulletin de la société d'émulation de VAUier, écrivait tout tranquillement, le 3 pluviôse an II — 22 janvier 1794 — au sujet de cet horrible assassinat : « Les corps administratifs ont été réorganisés par les représentants du peuple, Fouché, Albitte et Laporte, ainsi que les comités de surveillance. Tout le monde paraît satisfait des nouveaux choix, et toutes les autorités constituées sont en parfaite activité, et s'occupent avec zèle des mesures révolutionnaires ordonnées par la convention.
« Le comité de surveillance de Moulins avait fait transférer de la maison d'arrêt de cette commune dans les prisons trente-deux individus. Ces trente-deux individus ont été ensuite conduits à Commune Affranchie, où ils ont été condamnés à la peine de mort. Ils ont subi leur jugement. D'après les informations que j'en ai prises, ils laissent à la république plus de dix millions de biens. :»
Jean Garnier ajoutait : € Le même comité de surveillance de Moulins a mis en liberté, avec l'approbation du représentant du peuple Noël Pointe, onze citoyens renfermés à Moulins depuis plusieurs mois par mesure de sûreté générale. Le nombre des détenus dans tout le département n'est pas considérable et la tranquillité règne partout. On a fait fermer toutes les églises, et l'on a pris des mesures pour faire tomber le même jour tous les clochers. On a enjoint à tous les prêtres d'établir leur domicile non seu-
avoir servi sous le maréchal de Chabannes, combattit à Pavie aux côtés de François l^ et y fut fait prisonnier avec lui.
Une branche, celle des seigneurs de La Cave en la paroisse de Bellenaves, de Montgarnaud, de Sazeret, de Courcelles et Champfort, s'établit en Bourbonnais, par le mariage, 20 février 1496, de la fille unique de Jean de Moriat, seigneur de La Cave, Louise de Moriat de La Balancière de Tallayat, avec Antoine du Buysson, écuyer, homme d'armes, puis officier dans la compagnie de Leloup de Bellenaves , deuxième fils de Chatard-François du Buysson et de Marie-Madeleine de Verloulaye. De cette union vinrent trois fils et une fille mariée à Richard Dodin, écuyer, seigneur de Saint-Quentin : 1® l'aîné, Pierre, seigneur de Montgarnaud, ci-dessus nommé, époux en 1542 de Marguerite Leroy, continua la descendance; 2« Antoine, auteur de la branche de Montord et de Fontviolant ; et 3** Jean qui forma la branche de La Cave, Mont, Montcelat. Jean, d'abord magistrat, puis officier dans la compagnie de son parent, le seigneur de Bellenaves, eut de sa première femme Marguerite Lefrançais et de sa seconde Antoinette du Val, fille d'André et d'Isabeau de Rollat, plusieurs enfants dont l'aîné, André, épousa, le 11 septembre 1577, Louise de Lingendes. De cette union vinrent quatre fils, dont Tun, Philibert du Buysson <^\ président
(1) Dans le « Tableau chronologique de messieurs les officiers de la sénéchaussée et siège présidial de Moulins, depuis l'éditde création du mois de janvier 1551, constaté sous le syndicat de messieurs Nicolas Ripoud de La Salle et Antoine Dominique de La Gauguière, en Tannée 1785 (à Moulins, de Timprimerie d'Etienne Vidalin », petit in-8o de 23 pages), je trouve : le 13 octobre 1600, Antoine Dubuisson, lieutenant particulier, au lieu de Jacques Dinet ; le 6
au présidial de Moulins et lieutenant particulier en la sénéchaussée, se maria, le 2 avril 1615, à Charlotte Millet, fille d'un conseiller au parlement de Paris <*).
juin 1612, Jean Dubuisson, lieutenant particulier examinateur, au lieu d'Antoine Dubuisson, son oncle ; le 23 mars 1628, Philibert, lieutenant particulier examinateur, au lieu de Jean Dubuisson, son frère ; 17 novembre 1659, Charles, lieutenant particulier, au lieu de Philibert Dubuisson, son père. Figure comme échevin sur la grosse cloche de Jacquemart à Moulins, en 1656, Charles Dubuisspn, sieur de Mirebeau^ conseiller du roi et son avocat au présidial ; 12 mai 1660, Charles, avocat du roi, au lieu de Jean Laplein, qui avait, le 6 septembre 1645, succédé à Remy GuiUouet d'Orvillers ; 7 mai 1675, Charles Dubuisson de Mont, président, lieutenant particulier, au lieu de Jacques Tridon ; 27 septembre 1677, Charles, à qui succède Jean Fauconnier ; 24 janvier 1678, Charles^ à qui succède Jean Yigier de Pringy ; 17 août 1692, Pierre Dubuisson de Fognac, président, au lieu de Henri Bolacre ; 11 décembre 1695, Nicolas Dubuisson du Beirat, président, au lieu de Pierre, son frère ; 4 février 1701, Nicolas Dubuisson du Beirat, au lieu de Pierre Monier; il eut pour successeur, le 10 janvier 1708, Etienne Mercier ; 4 mai 1707, André Dubuisson de Fognac, président, au lieu de Nicolas, son oncle ; 30 janvier 1718, Philibert, président, au lieu de Charles Dubuisson de Mont, son père ; et 24 juin 1723, Philibert Dubuisson de Mont, président, qui eut pour successeur, le 23 janvier 1730, Jean-Jacques Perrotin de Chevagne.
Le Livre d'or, !•' volume, a publié en 1845 une généalogie complète de cette fort ancienne maison Dubuisson, puis du Buysson.
(1) Pour les Millet, voir 1. 1, p. 293, et La Chenaye, X, 131. D'après La Chenaye, la sœur de Charlotte Millet, Madeleine, épousa André du Buysson, seigneur de Beauregard, trésorier des finances en la généralité de Moulins.
Sur la liste des parents d'émigrés du Bourbonnais au 2 nivôse an VI, je lis : « 69, Ménage, veuve Millet, domiciliée à Paris. » C'était Anna-Gabrielle- Flore, épouse de Charles-Simon Millet, seigneur de la baronnie de Bressolles, déclaré émigré le 2 août 1792. Sa fille, Anne-Alphonsine-Joséphine, apporta cette terre en dot à Armand
1793)y condamné à mort par la commission révolutionnaire qui siégeait dans cette ville. Le jugement est ainsi conçu : c Accusé d'être ci- devant comte, ex-constituant, ayant déserté l'assemblée nationale lors de la réunion des trois ordres, retiré et mécontent dans son district, où il a été reconnu suspect, mais trop tard. »
« Les considérants, qui ont conduit à la mort tous les co-détenus de M. du Buysson, sont à peu près de la même force. Etre né noble, se montrer peu satisfiadt (et il y avait bien de quoi, ce nous semble) du régime le plus barbare qui existât jamais.
Rien que la mort n'était capable D'expier un tel forfait.
«: Enfin, le 7 janvier 1794, à une heure de l'après-midi, M. le comte de Douzon monta sur l'écha&ud, le seizième des trente-deux victimes de Moulins. Il montra le plus grand sang-froid au milieu de ses bourreaux. Le cul-dejatte Couthon, qui remplissait l'office de dictateur dans le département du Rhône, le féroce Couthon, observe un mémoire du temps, en « fut presque ému lui-même. »
Il y a dans ces courtes lignes quelques erreurs qu'on aura déjà relevées. Philibert du Buysson ne pouvait être né en 1769 : il aurait été nommé gouverneur de Moulins en 1775 à six ans et élu député à vingt. Or, j'ai vu sa signature comme parrain en 1745. De plus, il est mort le jour même de sa condamnation, 31 décembre 1793, et non le 7 janvier 1794. Inutile d'ajouter que le jugement n'a rien de particulier pour lui. Les trente-deux ont été jugés et guillotinés en bloc d'après la formule usitée à Lyon pour tous les accusés. On nous permettra de compléter les renseignements et d'ajouter quelques développements à la
biographie d'un des plus remarquables personnages dé Moulins à cette époque.
« Du Buysson (Denis-Michel-Phîlibert), dit Douzon, ex-noble, colonel de cavalerie, né à Trouflfat, département de l'Allier, domicilié à Furmière, même département, condamné à mort comme contre-révolutionnaire, le 11 nîvôse an II (31 décembre 1793), par la commission révolutionnaire de Lyon ; » c'est tout ce que nous apprend Prudhomme, 1, 318, copié par Ripoud en métamorphosant Furmière en Liermieu, M. Boudet, I, p. 143, Les tribunaiÀX criminels de l'Auvergne, le désigne ainsi : (n Denis-Martial- Philibert du Buysson d'Auzon, colonel de cavalerie^ d'Etroussat > , et le fait mourir avec Jean Hengellard, Didier- Louis Goudoinne, Pierre-Antoine Souffrey, Jean Paul, Jean Mousié d'Hauterive, Claude NoUaty Julien Bonnard, noms où il serait difficile de reconnaître Heulhard, Gondoin, Jouffret, Lault, Rogier, Rollat et Bonnand <^\
Petit-fils de Philibert du Buysson, chevalier, seigneur de La Cave, Mont, Salonne, Douzon, lieutenant en la sénéchaussée, et de Marguerite-Jeanne- Marie Audier d'Arfeuille, mariée à Moulins en 1689, Denis-Michel-Philibert comptait parmi ses aïeules Gabrielle Mallet qui, veuve de Philippe du Buysson, seigneur du Lac, fonda à Moulins,
(I) Dans sa biographie des « députés du Bourbonnais aux états généraux », chapitre Y, tome ^^ du Bourbonnais sous la révolution française^ page 114, M. Comillon se borne à cette note un peu trop sommaire : « Denis-Michel-Philibert Dubuisson, comte de Douzon, seigneur de Moiitaigut et Ponsenat, brigadier des armées du roi, chevalier de Tordre de Saint-Louis, était, avant les élections aux états généraux, secrétaire de rassemblée provinciale du Bourbonnais, n ne prit point part aux travaux de la constituante. » C'est court. Mais ainsi on risque moins de commettre des erreurs.
le 28 octobre 1628^ avec ses deux filles religieuses comme elle, le couvent des carmélites, fondation confirmée par lettres patentes de Louis XIII, autorisée par Claude de Ragny, évoque d'Autun c^>, ne se doutant pas à sa mort, 2 décembre 1658, que son monastère, dont elle laissait la direction à sa plus jeune fille, serait un jour la prison de ses descendants <2). Lui eut pour père François-Sennectaire du Buysson-Audier, comte de Douzonet Poncenat, capitaine de dragons, chevalier de Saint-Louis, en faveur duquel la terre de Douzon et Poncenat fut érigée en comté. Sa mère, mariée le 8 janvier 1731, fut Marguerite-Mayeule- Alexandre de Beausson, des seigneurs de Beausson, de Blanzat, etc., en la chatellenie de Belleperche.
Denis - Philibert était l'aîné de six enfants. Il naquit au château de Douzon, le 20 septembre 1736, et eut pour parrain Denis-Michel de Beaufort-Montboissier-Canillac, marquis de Pont-du-Château, brigadier des armées du roi, son cousin, et pour marraine Marie Maussu de La Fage, femme de Gaspard de Thianges, chevalier, seigneur de Lussat, aussi sa cousine, représentée par Cathe-
(1) Son neveu, Jean du Buysson, maire de Moulins en 1626, avait fondé cette année même le couvent des chartreux. Voir dans les Annales Bourbonnaises (1891, V^ vol., p. 16U et 199), Fondation des couvents de Moulins, minimes, chartreux et carmélites par M. le comte François du Buysson.
(2) Vers le même temps, un autre du Buysson, Jean, écuyer, seigneur de Beauregard, fils d'André et de Louise de lingendes, conseiller du roi, lieutenant particulier du Bourbonnais, trésorier de France et général des finances en la généralité de Moulins, avec Jeanne de Verne, son épouse, accueillait dans sa maison, en 1650, les quatre ppemières religieuses de Saint-Joseph qui venaient s'établir à Moulins^ appelées par Gabriel Gérault, prêtre et chanoine de Moulins. Voir tome I, page 132.
rine de Mônnamy, dame de Cintrât, en présence de Louis Gouffier de Bonnivet, mestre de camp de dragons, et de Gilbert de Beausson, son grand-père.
L'aînée de ses cinq sœurs, Françoise- Victoire-Euphémie, naquit à Etroussat, le 5 décembre 4733, et fut, étant pensionnaire au couvent de la Visitation de Moulins, baptisée sous condition, le 15 mai 1742, à l'âge de neuf ans ; le 26 décembre 1753, elle épousa Joseph Colin de Gévaudan, écuyer, seigneur de La Poivrière, Saint-Priest et Le Bouchet, capitaine au régiment de Bussy-Lamet cuirassiers, chevalier de Saint-Louis, fils de Gaspard, écuyer, seigneur de Saint-Priest, La Poivrière, Tillac, Le Montet et Champagne, officier de cavalerie, et de Marguerite de Badier de Verseille, de la paroisse de Saint-Silvestre, diocèse d'Autun (1).
(1) Morte en 1798, Euphémie de Gévaudan eut huit enfants : lo François-Sennectaire-Joseph-Xavier-Népomucène, né le 6 décembre 1755 à Etroussat, capitaine de dragons, chevalier de Saint-Louis, qui a eu de M^^* de Ghampeaux de Saussy, en Nivernais, deux filles et un fils, Edouard^ marié à M^^« de Longris de La Bresse, sans postérité ; S» M. de Reillac; 3» N., nommé M. de Saint-Priest, tous deux officiers, morts célibataires ; 4» M. de Monteil, officier, marié en Amérique, dont la fille a épousé M. de Beauregard ; 5» et 6° deux prêtres, dont l'un, Marie -Denis-Michel-Francois de Sales-Léonard, né le 14 décembre 1756^ baptisé le 16 à Etroussat, licencié en théologie, fut vicaire général de Tévêque à Glermont, où il est mort ; 7« Marguerite-Mayeule-Homi^elline-Euphémie-Nymphodore, née à Etroussat, le 25 novembre 1758, mariée le 31 janvier 1786, en Téglise Saint-Pierre de Moulins, par Brinon, chanoine de Moulins et prieur de Saint-Marc, à Simon de Brinon, chevalier, lieutenant au régiment de rne de France infanterie, chevalier de l'ordre de Saint-Lazare et Notre-Dame du Mont-Garmel, fils de feu Jean-Camille de Brinon, chevalier, seigneur de La Grand Font, Le Ponsut, et autres terres, capitaine de grenadiers au régiment d'infanterie Languedoc, che-
Trois autres sœurs furent religieuses et étaient mortes en 4789 ; l'une d'elles, Clotilde-Marguerite-Félicité, était chanoinesse de Leigneux, chapitre noble fondé au x^ siècle dans Tarrondissement de Montbrison, où elle eut pour compagnes M™^» Gayardon de Fenoyl, abbesse, Desjours de Mazille, de Moreton-Chabrillan, d'Agoult, de Damus, de Coucy , etc.
La dernière, Anne-Charlotte-Mayeule du Buysson, à qui son frère donna pour dot Le Lonzat, Billy, etc., épousa, le 12 mai 1772, son cousin Yves Morin, comte d'Arfeuille, demeurant au château d'Arfeuille, paroisse Felletin, chevalier de Saint-Louis, capitaine de dragons ; elle a eu : i" Pierre-Marie- Victorin, qui a épousé, le 29 janvier 1803, Marie-Marguerite-Henriette de Durât , née au château de BuxeroUes, de Jean-François, comte de Durât, maréchal de camp, mort le 30 janvier 1830, et de Constance de Durât ; de ce mariage vinrent: «Stanislas d'ArfeuiUe, qui eut le Lonzat, près de Vichy, et le château d'Arfeuille ; ^ Olivier, qui a épousé Gésarine Aubertot, née au château d'Aubigny (Allier) et habite le château de Lafond (Allier) ; « Gonstance, mariée à Joseph, marquis de Beaucaire, qui n'a eu qu'une fille; 2" Marcellin, célibataire; 3° Adélaïde, épouse de Jean-Baptiste de Montfleury. Le comte d'ArfeuiUe avait émigré, le 16 novembre 1791, avec ses deux fils; l'aîné, Victorin, fit, à seize ans, la campagne de 1792 dans l'armée des princes, puis celles de 1793-1800 dans l'armée de
valier de Saint-Louis, et de Marie -Anne Cadier ; et 8* Marie- Geneviève- Françoise, qui épousa en 1784 Louis-Antoine de Frevol d*Âubignac de Ribains, né en 1749, lieutenant-colonel de dragons, démissionnaire en 1792^ dont naquirent : en 1788, Denis , capitaine d'infanterie, chevalier de la légion dlionneur, et en 1793, Hippolyte, garde du corps du roi. Voir la généalogie dans Saint-Allais, IV, 253.