PRÉFACE XIII
sauver huit ou dix ! » En 1842, il revint à la charge, et, plus prodigue qu'autrefois sans être plus exact, c'est « par centaines, par milliers » qu'il enterra les victimes « dans le tombeau de Sinnamary » . Ses affirmations n'ont pas perdu de leur crédit, et, de temps en temps, on les copie encore '.
Certains historiens ecclésiastiques, sur ces mêmes questions qui avaient cependant pour eux un intérêt presque domestique, ont été ou singulièrement brefs ou non moins insuffisants -.
Ce système presque universel d'omission a enseveli dans l'oubli cette monstrueuse persécution : on ne la nie
* Histoire du Directoire, II, 106 et 125 ; Dix ans d'épreuves, 349-352.
^ L'abbé Rohrbacher [Histoire générale de l'Eglise, T. XXVII, 626) se contente de la phrase suivante : « Les prêtres catholiques furent de nouveau tracassés, emprisonnés, déportés; il y en eut jusqu'à douze cents déportés à l'ile de Ré, d'autres à Cayenne. » — M. Picot (Mémoires pour servir à l'histoire de l'Église au XVIII" siècle et au commencement du XIX", T. VII, 138 et suiv.) passe moins vite; malheureusement, il emprunte son récit à une brochure sans valeur que l'auteur, épicier à Rochefort, n'avait publiée sous la Restauration que pour attirer sur lui-même la bienveillance officielle et pour obtenir un modeste emploi ; mais le silence, jusque dans le monde ecclésiastique, s'était fait à tel point sur la déportation directoriale que ï Ami de la Religion et son savant rédacteur, M. Picot, saluèrent l'apparition de cette misérable brochure comme une révélation historique. Elle avait pour titre: Recueil des victimes de la loi du 1 9 fructidor. B. T. (Toupiolle.) Dédié au clergé de France. Août 1823. L'auteur avait certainement connu la brochure bien antérieure (1799) de Louis Petit (infrà, 423) ; car il en a textuellement copié plusieurs lignes ; ses chiffres en diffèrent sans être plus exacts. — Les Annales catholiques de 1800, par-