L.e comte avec un soupir
— Elle n'a pas répondu !
Maurice et Marie entrent dans le salon.
Marie Rapprochant de sa mère et la regardant :
— Maman, tu pleures? Pourquoi pleures-tu?
— Demande-le à ton père.
— Ce n'est rien... Nous causions. Ta mère a pris trop au sérieux ce qui n'était de ma part qu'une épreuve maladroite et sans objet,
— Une épreuve cruelle en tout cas, et qui fait bien mal.
— Te faire pleurer un jour comme celui-ci! Fi! le vilain père... Si vous
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ne demandez pas pardon bien vite, je ne vous embrasserai pas.
— Je ne veux pas m'exposer à cette punition... Voyons, Berthe, veux-tu me pardonner?
— Il le faut bien.
— Tu vois, Marie.
— Et je pardonne comme elle, cher père... Maintenant, Maurice, occuponsnous de notre fameux complot.
— Un complot contre qui?
— Contre mère et toi.
— Mais c'est très-mal !
— Écoutez d'abord ; vous gronderez ensuite... Vous reprochiez à Maurice départir dans trois semaines, de vous enlever votre fille, au lendemain du mariage... Encore si Ton avait, disiezvous, un mois pour se reconnaître et pour se dire adieu...
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— Et c'est vous, continue Maurice, qui m'avez poussé à demander au ministre de prolonger d'un mois mon séjour en France.
— Sans doute.
— Eh bien, je vous ai désobéi.
— Vous !
— Nous deux. Un mois de plus ajournait la séparation pour la rendre plus pénible. Cela ne remédiait à rien. Aussi nous avons fait mieux et nous ne nous quitterons plus tous les quatre.
— Vous resteriez ici?
— Non, je ne renonce pas à ma carrière... Mais nous vous emmenons avec nous.
— Si loin!
— Je reste en Europe, Je suis nommé vice-consul à Palerme.
Marie pressante :
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— Nous partons tous les quatre...
Que feriez-vous en France pendant que nous serons là-bas, loin de vous? Pensez donc : deux années d'isolement, d'angoisses et de larmes!
— C'est vrai !
— Alors, vous consentez? D'abord, c'est de vous, mon père, que cela dépend. Je réponds de ma mère.
— En vérité !
— En vérité... Ai-je tort?
— Oh non! chère fille.
— Ainsi, c'est convenu! Dès demain, nous commencerons les préparatifs.
Théodule entre. Il est en habit noir.
Des bottines ont remplacé ses bottes à Técuyère; mais il porte toujours de gigantesques éperons pour ne pas en perdre l'habitude.
— Bonjour cousines, bonjour Maurice, bonjour cousin !... Saperjeu, messieurs et mesdames, voilà où vous en êtes de vos toilettes? Pas une dentelle, pas un habit? On ne le signe donc plus ce contrat?
— J'espère bien que si.
— Savez-vous que maître Brodin arrivera dans un petit quart d'heure? Je l'ai rattrapé au tourne-bride et je l'ai laissé en arrière dans son affreux berlingot... Ces véhicules de notaire sont
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des phénomènes ambulants... Gela se trémousse, cela se déhanche, cela se décarcasse avec des soupirs, des grincements, des bruits de ferraille. Cela se transmet de notaire en notaire depuis le déluge. Quand le cabriolet de Brodin sera défunt, ce sera un type perdu. On devrait le classer parmi les monuments historiques.
Maurice l'interrompant :
— J'entends une voiture.
— Gela ne peut être que le monument du notaire...
Marie qui entraîne sa mère :
— • Viens vite, maman ! Nous n'avons
pas de temps à perdre... Ni vous non
plus, messieurs.
— Nous te suivons, chère enfant. Théodule retenant le comte qui allait
sortir :
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— Dites-moi, cousin... pardon de vous occuper en ce moment d'un si mince détail... mais vous me paraissez avoir oublié mes deux millions... Vous savez mes deux millions?
— Oui, je sais très bien... Cela regarde mon notaire... Veuillez lui en parler et le recevoir pour nous .
— Le recevoir ! Comment donc ! Avec bonheur! Un notaire de deux millions!
Théodule, resté seul dans le salon et se promenant rêveur :
ce Au moment d'être millionnaire, je ne suis pas fâché de me recueillir un instant... Qu'est-ce que je vais bien faire de ces deux petits millions? Si j'établissais mon budget... C'est une idée. »
Il s'assied devant une table, tire un carnet de sa poche, uu crayon, et écrit :
« Nous disons : Actif : cent dix mille francs de rente, .. Passif: pertes sur le
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lurf, année moyenne, cinquante mille francs... EsL-ce assez? Hum, hum ! Je ferai peut-être bien de porter le chiffre à soixante mille. »
Au fond, la voix d'un domestique :
— Si monsieur veut prendre la peine d'entrer. Je vais prévenir monsieur le comte.
Théodule Ghandolard, toujours assis, continuant à écrire, sans se retourner :
— Entrez, entrez, vénérable Brodin, et soyez le bienvenu, vous, votre habit noir, votre cravate blanche, et les deux petits millions que vous m'apportez...
Vous permettez? Je termine une addition »
Le nouveau venu s'avançant et d'une voix très ferme :
— Pardon, monsieur, mais je ne m'appelle pas Brodin, je n'ai pas de cravate blanche, et je suis très, loin
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de vous apporter les deux petits millions que vous semblez attendre. A.
cela près, monsieur, je suis votre très humble serviteur.
Chandolard confus et saluant :
— C'est moi, monsieur, qui suis le vôtre... Nous attendons le notaire pour le contrat de Mlle de Kernol, et alors, vous comprenez. . .
— Parfaitement.
— Vous venez peut-être pour le mariage ?
— Non, je ne savais pas qu'il y eût un mariage.
— Alors, c'est comme d'instinct?
— Précisément d'instinct. .. Ce n'est pas que je n'aie été très lié avec le comte... Mais nous nous sommes perdus de vue... J'arrive d'Amérique...
San Salvador, négociant.
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— Théodule Ghandolard, rentier.
— Millionnaire, même?
— Effectivement, millionnaire. . . J'oubliais... C'est si neuf!
— J'ignorais aussi... ce qui va vous paraître un peu fort... que le comte de Kernol eût une fille.
— Vraiment !
— Oui... Quand je l'ai quitté, il était déjà marié depuis deux ans et rien n'annonçait que la comtesse...
— Ah pardon, monsieur, vous faites erreur. Le comte n'était pas marié depuis un an que déjà...
— Pardon, pardon l C'est vous qui vous trompez et je suis bien sûr...
— Moi aussi.
— Voyons, c'est une question de date.
Le comte s'est marié en 18... et je soutiens qu'en...
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— Ah, vous parlez de son premier mariage?
— Comment ?
— De son mariage avec M1Ie Glaire de Gontais.
— Sans doute.
— Vous ne savez donc rien, cher monsieur, absolument rien? La comtesse Glaire est morte.
— Morte !
— Sans enfants, et c'est alors que le comte ayant épousé en secondes noces Mlle Berthe de Brévanne. . .
— MUe de Brévanne !
— Une femme charmante, vous en jugerez tout à l'heure. C'est toute une éducation à faire que la vôtre.
— Toute une éducation. . . Vous avez raison, cher monsieur Chandolard.
Voyez-vous, dans les premiers temps
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de mon exil, je n'habitais pas l'Amérique de tout le monde. J'habitais une Amérique à part, close et calfeutrée :
le Paraguay. Lorsque, par exception à cette époque, un étranger était parvenu à y entrer, on ne le laissait plus sortir. On empêchait surtout les nouvelles extérieures d'arriver jusqu'à lui. . . Je m'en suis échappé grâce à Dieu. Mais, depuis, j'ai toujours mené une existence errante, et les nouvelles d'Europe, les nouvelles intimes surtout, me sont bien rarement parvenues. Si ce n'était donc pas abuser de votre obligeance. . .
— Gomment donc, cher monsieur !
— Alors, vous dites que la comtesse Claire est morte ?
— Il y a vingt ans.
— Vingt ans ! Et comment est-elle morte, la pauvre femme?
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— Comment elle est morte? Oh, c'est fort dramatique. La comtesse avait pour héritier un assez mauvais sujet, son cousin, qui avait mangé toute sa fortune, et qui ne savait plus où donner de la tête... un certain Paul de Gontais... Un soir, ce monsieur vint passer la nuit au château, et le lendemain, la comtesse fut trouvée morte.
On l'avait assassinée.
— Assassinée !
— Mon Dieu, oui! Le gaillard avait espéré qu'on n'oserait pas le croire coupable, auquel cas il recueillait la fortune de la comtesse... Mais, sa fuite précipitée, son intérêt incontestable et d'autres indices encore ne laissaient aucun doute sur l'auteur du crime. Bien lui prit d'avoir à tout événement gagné le large; on l'a condamné par contumace.
LE COMTE JACQUES
— Vraiment! On Ta condamné?
— A mort. Le comte s'est marié, et moi j'ai recueilli, en lieu et place de M. Paul de Gontais, la fortune de la comtesse.
— Ah, c'est vous !
— J'étais cousin de la comtesse, j'étais son proche. . . Oh, un proche très éloigné, un degré impossible... et il s'est trouvé que la fortune me revenait tout entière. . . Ma foi ! Cela m'est tombé comme des nues. Je ne me doutais pas de cette parenté miraculeuse, et je n'avais jamais vu l'ombre d'un seul Gontais. On a établi clairement la filiation .
— Mais, dites-moi donc, si l'autre revenait ?
— Qui l'autre?
— Paul de Gontais ?
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— Impossible, cher monsieur, il s'est arrangé pour périr là-bas avec le Fuiton, à l'embouchure du fleuve des Amazones. Vous connaissez le fleuve des Amazones ?
— Particulièrement.
— On dit qu'il y a là un tas de bancs de sable.. . Eh mon Dieu! Cela vaut mieux pour tout le monde... Il est mort sans scandale; j'hérite sans tapage.
L'inconnu marche vers la cheminée, tire un cordon de sonnette et s'adressant au domestique qui entre
— Vous avez remis ma carte à M. le comte ?
— Oui, monsieur.
— Prévenez-le que ce n'est pas M. San-Salvador qui demande à le voir.
C'est M. Paul de Gontais.
Chandolard, stupéfait :
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— Hein ! Qu'est-ce que vous venez de dire? Vous êtes Paul de Gontais?
— Je suis Paul de Gontais.
— Allons donc! Ce nom de San Salvador. . ..
— Est le nom que je porte depuis près de vingt années en Amérique ; le nom que j'ai fait mien par le travail; celui sous lequel je reviens en France, où le nom de Paul de Gontais ne rappelait que les fâcheux souvenirs d'une jeunesse folle et dissipée. . . Mais je ne savais pas qu'à ce nom de Paul de Gontais, la justice humaine eût at taché le crime et l'infamie, et je le reprends puisqu'il faut, le défendre.
Chandolard, très ému, balbutiant :
— Comment, vous n'avez pas tué la comtesse?. . . Vous voulez donc tout remettre en question, malheureux que
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vous êtes? Car enfin, si vous n'êtes pas coupable, c'est vous qui héritez. . . Il y a des gens qui ont la rage de tout bouleverser. . . Vous êtes condamné, saperjeu ! Tenez-vous tranquille.
— Désolé, cher monsieur, du préjudice que je vous cause.
— Du préjudice ! Vous en parlez bien à votre aise,.. Vous me ruinez, cousin... car vous êtes mon cousin. . . Il est mon cousin ! . . . Vous me ruinez, voilà tout. . . Heureusement que tout n'est pas fini.
On vous a déjà condamné, on vous recondamnera.
— Nous verrons.
— Oui, nous verrons. > . Mais, qu'estce qu'il fait donc ce fleuve des Amazones, avec ses fameux bancs de sable!... Ou plutôt non. Je suis bien bon de me tourmenter, de vous croire.
LE COMTE JACQUES
Vous n'êtes pas Paul de Gontais. Il a fait naufrage; je le tiens pour mort.
Vous aurez pris ses papiers... et vous essayez de vous faire passer pour lui.
C'est faux.
Le comte, qui vient d'entrer, après avoir regardé un instant Paul de Gontais s'avançant :
— C'est la vérité. Vous êtes bien effectivement Paul de Gontais, monsieur. . .
Je vous reconnais.
— Cependant, cousin, permettez. . .
— Le doute est impossible; je reconnais M. de Gontais. . . Je l'ai vu de trop près et trop souvent pour m'y tromper... Théodule, voulez-vous avoir
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la bonté de me laisser seul avec monsieur?
— Je vous laisse, cousin, je vous laisse... Saperjeu, si je m'attendais!
Il sort désespéré.
Dès qu'ils sont seuls, M. de Goritais s'avance vers M. de Kernol et lui dit :
— Monsieur le comte, la dernière nuit que j'ai passée en France, je l'ai passée ici, chez vous, dans votre château. Celte même nuit, la comtesse, votre femme et ma parente, était assassinée. Je partais, et pendant que là-bas, en Amérique, à travers mille dangers, au prix de mille efforts et d'un long exil, je reconquérais la considération et la fortune, on me condamnait.., et me croyant
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mort, on flétrissait ma mémoire... Voilà ce que je viens d'apprendre, monsieur le comte. Voilà ce qu'on a osé me dire.
Le comte faisant de grands efforts pour maîtriser son émotion :
— Écoutez, monsieur de Gontais, les instants sont précieux... Que s'est-il passé autrefois et qui vous ramène aujourd'hui? Je n'ai pas besoin de le savoir... Mais cette maison a déjà vu trop de malheurs... Votre présence ici est à peine connue... Je suis sûr de tous mes gens... Il faut fuir.
— Fuir !
— C'est moi-même qui vous conduirai. . . Ne répondez pas, ne discutez pas ! Il y va pour vous de la vie. Fuyez.
— Vous me croyez donc coupable, monsieur?
— M'avez-vouspas été condamné?
LE COMTE JACQUES
— Que me fait une condamnation injuste, dont je saurai bien démontrer l'erreur? Je n'ai pas commis le crime dont on m'accuse et je ne fuirai pas.
— Prenez garde, monsieur. La justice ne condamne pas sans preuves. Vous voulez vous présenter vous-même devant vos juges, mais que leur direz-vous qu'ils ne se soient déjà dit? Croyez-moi, ne courez pas de nouveau une chance périlleuse : Paul de Gonlais a disparu, ne le ressuscitez pas. Retournez jouir en Amérique de la fortune et de la considération que vous y avez conquises.
Partez, partez, vous dis-je, et ne risquez pas une nouvelle bataille sur un terrain qui vous a déjà trahi.
— Vous voyez bien que je ne suis pas coupable, puisque je reviens en France.
LE COMTE JACQUES
— Eh! qui sait à quelles extrémités peut pousser l'ennui du sol natal!... Et puis, on se fait des illusions, les preuves s'effacent avec les années , l'odieux même s'atténue à distance.
— Ainsi, vous me croyez coupable?
— Moi, je ne crois rien... Je ne suis pas un juge, je suis un homme, j'ai peur... Je vois le salut dans la fuile et je vous dis de fuir.
— Je vous jure, monsieur le comte, que je suis innocent.
— Eh, monsieur ! je vous crois... Mais ce n'est pas moi qu'il s'agit de convaincre... Tout vous accable, tout est ligué contre vous... Vous vous êtes ruiné dans une jeunesse dissipée, coupable.
Est-ce là une de ces existences qui conseillent les résolutions fortes et courageuses, qui montrent dans l'exil et le
LE COMTE JACQUES
travail le chemin de la réhabilitation? Un crime est bien plus simple et bien plus commode... Je vous dis ce que diront les juges, je vous répète ce qu'ils se sont déjà dit... Vous êtes ruiné, et vous êtes avide de jouissances. Entre vous et la fortune, il n'y a rien que l'existence dune femme. Vous venez chez elle...
cette femme meurt... et vous disparaissez.
— C'est vrai!
— Vous disparaissez parce que vous sentez qu'on est sur les traces du coupable. On vous cherche en vain, on vous condamne, et vous restez muet, et vous acceptez la flétrissure... Vous ignoriez, dites-vous? Et qui voudra le croire?
— C'est vrai !
— Enfin, vous revenez, lassé de la solitude et préférant peut-être même la
mort à l'exil. Vous revenez, criant à Terreur et proclamant votre innocence. . . Je vous le répète encore une fois, monsieur, qui voudra le croire?
— Que faire alors?
— Partir! partir, vous dis-je ! Il en est temps encore.
M. de Gontais réfléchit un instant, puis très calme :
— Je suis sous le poids d'une accusation capitale, et la fuite est peut-être le seul moven de sauver ma tête. Vous avez raisonne le reconnais et je vous remercie de vos conseils... Maintenant, monsieur le comte, ce n est pas un avis que je vous demande; c'est votre conscience que j'interroge... Si vous étiez à ma place, dites-moi ce que vous feriez?
— Ce que je ferais?
— Oui.
LE COMTE JACQUES
— Vous me le demandez... à moi?
— Je vous le demande.
Le comte après un silence :
— Je... je resterais, monsieur.
— Merci, monsieur, j'attendais cette réponse.
La comtesse entre suivie de Marie, de Maurice et de Théodule, et s'approchant de son mari :
— Que me dit-on?
— Ma chère Berthe, lui répond M. de Kernol, M. Paul de Gontais vient luimême se défendre du crime pour lequel il a été condamné. Nul plus que moi ne désire qu'il sorte glorieusement de cette épreuve, et je tiens à l'y aider... Je regrette d'ajourner la signature du contrat, mais je veux conduire M. de Gontais à Saint-Brieuc et le remettre moimême entre les mains de M. de Sorel.