ROGERS
Brave spirits are a balsam to tkemselves : There is a nobleness ofmind, that heals Wounds beyotid salves. —
(Cartwright.)
N'attendant rien des hommes, agissant pour la gloire de Dieu seul, il ne s'étonne pas de l'ingratitude et de l'oubli de ceux à qui il a fait du bien, comme en passant :
Great minds, like heaven, are pleas'd with doing
[good, Though the ungrateful subjects of their fcwours Are barren in return. —
(RowE.)
Voilà le caractère du Saint, voilà le sort de la vertu dans ce monde :
So virtue blooms, brought forth amid the storms Of chill adversity ; in some lone walk
Of life she rears her heaxi,
Obscure and unobserv'd, While every bleaching breeze that on her blows Chastens her spotless purity of breast,
And hardens her to bear
Sereiie the ills of life.
(K. White.)
Ah ! vous pouvez vous confier sans crainte à l'homme qui a longtemps souffert avec résignation : vous trouverez en lui sympathie et profondeur ; vous trouverez l'amour et la science î
"Ces hommes, nous dit Blanc Saint- Bonnet, dans son livre De la Douleur, dont le caractère est à la fois si ferme et Vesprit si doux, ces hommes sur lesquels repose le cœur et que chacun désire de consulter, ne se rencontrent que parmi ceux qui ont traversé les grandes difficultés de la vie, qui ont été plus ou moins
à l'ÉCOLE DE LA DOULEUR. VoUS qui
avez souffert, vous ne savez pas combien vous êtes devenus précieux ; vous ne savez pas quelle lumière sort de vos yeux et quel miel coule de vos lèvres !"
"Ah ! les Saints, et au-dessous d'eux, les hommes de génie, les poètes, les artistes, peuvent être considérés comme
les ENFANTS GATES DE LA DOULEUR... La
couronne de laurier est un signe de douleur !
"Celui qui a lu attentivement l'histoire des grands hommes, peut dire qu'ils n'ont connu qu'une chose, la douleur î
"Q,ui n'a senti son être accru après la douleur... La prière n'a un si grand empire sur Dieu que parce qu'elle est faite dans la douleur."
"Il est grand V amour de ceux qui aiment, dans la douleur!... Pourquoi les plus glorieux Saints, au lieu de devoir leur origine à l'innocence, furent-ils d'abord de grands pécheurs ? Pourquoi, pourquoi enfin cette parole qui décèle l'infini :
UBI ABUNDAVIT DELICTUM, IBI GRATIA SUPERABUNDAVIT."
"Comme le remarque Madame de
Staël, la douleur est donc un bien, ainsi
APOLOGIE DE LA VIE SOLITAIRE ET CONTEMPLATIVE
que l'ont dit les Mystiques. Elle n'est pas un bien en soi, mais en ce qu'elle est Vinstrument efficace d'un bien. La douleur est notre plus grand moyen de perfection. La douleur produit au fond un effet que je ne sais trop comment exprimer ; elle condense Vtlre. Sous les coups répétés du marteau, le fer rougi devient de V acier. ^"^
"La douleur sanctifie ! Et elle sanctifie à un point, qu'il n'est pas donné à celui qui la souffre de le savoir, si ce n'est peut-être par la bonne conscience qu'il en a de lui-même. Remarquez combien les personnes qui ont souffert ensemble s^estiment après .'"
"Dans l'échelle de l'humanité, à mesure que le regard descend,on voit le rire AUGMENTER ; à mcsurc qu'il se relève, on voit régner le sérieux, inséparable sentiment des grandes choses. ^^
"Q,ui saurait compter les richesses de la douleur ! Les hommes qui ont vécu à l'abri de la douleur ont ordinairement peu de valeur parmi leurs semblables. La vie n'est parvenue à défricher en eux que la surface de Vâme ; leurs sentiments et leurs affections n'ont pu prendre de profondeur. Ils montrent encore cette
sorte d'AFFABILITÉ BANALE QUI s'eFFACE
AUSSI VITE qu'elle NAIT ', mais ils ne connaissent pas cette large sympathie
QUI ABSORBE LA DOULEUR DANS CEUX QUI EN SONT SURCHARGÉS. C'eSt CC qui
fait dire que le bonheur rend égoïste, et que le malheur apprend à compatir.
"Hélas ! oui, dans ce monde aflSigé, c'est la douleur qui a réussi à préparer le plus grand nombre de Saints, de héros, d'hommes de génie, et d'excellentes familles.
"Enfin, vous savez qu'ici-bas, le plus tendre de vos amis est toujours celui qui a le pins souffert ou le plus réellement aimé, car Vun est comme Vautre... La mesure de la douleur donne toujours celle de l'amour."
Et voilà pourquoi Ste-Thérèse s'écriait si souvent, dans l'excès de son amour pour Dieu : ou souffrir, Seigneur, ou MOURIR !
Les plus grands Saints dans le ciel sont ceux qui ont le plus souffert sur la terre ; qui ont été le plus tentés, le plus éprouvés de toutes les manières : c'est donc une déplorable illusion de vouloir devenir un Saint, sans prendre sa croix
et gravir le Calvaire : "le saint est