‹ La Thébaïde en Amérique ou Apologie la vie solitaire et contemplativeChapitre 23 sur 43 · UN ÊTRE FONDU AVEC LA DOULEUR · texte numérisé non relu

UN ÊTRE FONDU AVEC LA DOULEUR

Le christianisme est une religion à'amour; or, aimer, ici-bas, vous le SAVEZ, c'est souFFRiPo : le christianisme est donc une religion de douleur et de souffrance ; la vie du chrétien est un combat incessant, une longue passion, un drame sublime ! Le chrétien est toujours aux prises avec de terribles ennemis, qui, sans cesse terrassés, renaissent sans cesse, comme les têtes de l'hydre, et l'attaquent avec fureur, lorsqu'ils ne peuvent le surprendre par la ruse, ou le séduire, en se transformant en anges de lumière.

On entend souvent dire dans le monde, qu'on doit faire son salut gaiment, joyeusement, en cueillant des fleurs ; que le bon Dieu n'est pas si exigeant : oui, il faut au monde un christianisme mondanisé, accommodé à ses goûts et à ses faiblesses ; il lui faut un christianisme facile et complaisant : mais qu'il est différent, ce christianisme adultère, de celui qui est enseigné dans l'Evangile, et pratiqué par les disciples de la croix ! — Hélasî que le monde est tristement heureux, et que le Saint est heuo'eusement triste ! Vœ mundo a scandalis, — malheur, malheur au monde, à cause de ses scandales et de sa joie impie ! Heureux ceux à qui Dieu a fait la grâce de le connaître et de l'aimer seul! Heureuses les vierges du cloître î Heureux les solitaires, les anges des Thébaïdes !

Oh î quel est le Saint, quel est l'homme de génie, le poète, l'artiste catholique, qui ne s'est écrié, dans ses moments de pieux enthousiasme et dje tristesse inspiratrice :

Grief, Sorrovv^, Sadness mild,^ Gloom, Melancholy vn\à, Whate'er thy hallow'd name, Thy magnet-spell's the same î

APOLOGIB DB LA VIE SOLITAIRB ET CONTEMPLATïVB.

I love thee, saintly Maid; I love, seek, and révère : — There's such a beauty shed Around thy brow austère :

Witli chaste asphcdels crown'd, Sought most, and most renownM^ Among the few who know, There's greatness but in wo ! — Thy tears are heav'nly drops ; Music thy deepest sighs ; He reaps immortal crops, Who sows with thee, and Aies, To rest in solitude, Where laughers ne'er intrude !

With thee, 0 Virgin stern, To suffer is to Jearn !

With thee, 0 sacred Nurse,

May I for e'er converse ; For e'er read in thy book, Dwell in thy secret nook, And taught but in thy school, Obey ascetic rule!

He's holy, wise, and learn'd, Whose heart for thee has yearnM ; He vi^ho, untir^d, has trac'd Thy steps, — thy cross embrac'd ! - He^s blest, and may confîde, Who chose thee for his guide ; Who, — ail the world forgone, — - Communes with thee alone !

Yes, happy most the one, Endow'd vrith mystic moody Who lives in solitude, And dies a singing swan l

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