MONTGOMERY
"Dans le monde, on se sent oppressé par ses facultés, et l'on souffre d'être seul de sa nature au milieu de tant d'êtres qui vivent à si peu de frais."
(Mme de Staël.)
"La vertu qui ne se prête pas aux usages du monde passe pour un vice d'humeur ; \e vice qui s'y accommode est regardé comme une vertu de société.''''
(Valéry.)
"Dans le monde, les uns aiment l'argent, les autres le pouvoir, les autres la renommée ; tous aiment leur volonté particulière. C'est à qui n'obéira pas ; c'est, j'ose le dire, à qui marchandera le mieux pour avoir le ciel à meilleur prix; on ne donne rien à Jésus de ce que l'on croit pouvoir impunément retenir
"On se paie de mille défaites pour vaquer avant tout aux misérables soins de la fortune, de l'avancement, du hienttre ; on se figure que la gloire de l'Eglise est intéressée à ce qu'on devienne riche, influent, à ce qu'on rie et qu'on se porte bien ; on outrage la foi par mille
APOLOGIE DB LA VIE SOLITAIRE ET GONTEMPLATirB.
concessions que ron veut lui arracher chaque jour." (Louis Veuillot,
Rome et Lorette, lui.)
"St-Paul nous a prédit, dans sa seconde épîlre à Timothée, "un temps où les hommes ne pourront plus souffrir la saine DOCTRINE, et ayant une extrême démangeaison d'entendre ce qui les flatte, ils auront recours à une foule de docteurs propres à satisfaire leurs désirs : et fermant Voreille à la vérité, ils Vouvriront à des fables. — Mais pour tous, (Timothée) veillez continuellement afin d'arrêter le cours de ces désordres : souffrez constamment tous les travaux, que vous serez obligé d'entreprendre pour cela :
faites la charge d'un bon évangéliste qui annonce l'évangile dans toute sa pureté : en un mot, remplissez tous les devoirs de votre ministère." (2. Epii. Timoth. 4, 3. Trad. du P. Carrière.
"L'éloquent Prosper d'Aquitaine dit :
"les Evêques sont les proclamateur s énergiques de la vérité, les ennemis de la doctrine perverse."... Heureux le peuple possédant un homme de semblable mis&ion!
Chaque jour il répandra sur la contrée les vérités comme le soleil y verse ses flots. Par la pluie brillante du soleil, la terre fleurit ; par la vérité répandue, le champ des âmes s'émaille de couleurs divines."
{Mgr de Tulle, J. B. Léonard.)
"Q,ui fait les mauvais prêtres, (nous dit l'abbé Martinet,) qui les protège?
Evidemment, c'est le monde! Pourquoi le prêtre rebelle trouve-t-il faveur dans le monde ? C'est que beaucoup sont en quête d'une religion agréable au cœur ennemi de la gêne ; et il n'y a que le mauvais prêtre qui puisse lui faire ce présent. Depuis trois mille ans,* on n'a cessé de dire aux prophètes pervertis :
Hommes de Dieu, donnez-nous une religion qui nous plaise ; loquimini nobis placentia. (Is. xxx, 10) ; et les prophètes, pour complaire à leurs fauteurs, comme aussi pour se justifier eux-mêmes, jettent au moule une religion nouvelle qu'ils dorent de quelque parole divine.
La foule se prosterne avec amour devant le VEAU d'or, qu'elle a demandé, et dont elle a fourni la matière." {Exod. xxxii) (3e Problème, p. 217.)
Soyons donc attentifs, nous docteurs de la loi, gardiens fidèles de la science divine, à qui une auréole est promise dans le ciel.
"Il ne faut pas s'étonner, dit le biogra-
phe du cardinal Tommasi, si la vérité nous suscite beaucoup d'ennemis, et nous expose au blâme et à la critique de cette multitude de gens superficiels et intéressés que Von rencontre toujours devant soi quand on veut faire le bien."
Tout prédicateur apostolique, c'està-dire, plein de zèle, d'indépendance et de courage, se déclare l'ennemi du vice et de l'erreur, et par là même il s'attire des persécutions. Celui qui est muet, qui n'ose pas dire la vérité, reprendre le vice, avertir et menacer, celui-là plaît, parce qu'il ne blesse pas ; mais est-il un apôtre ? —
La prédication est la fonction la plus apostolique. St-Paul, étant bien persuadé de cette vérité, assure que Jésus-Christ l'avait envoyé, non pour baptiser, mais pour prêcher.
L'importance de la prédication a été comprise de toias temps : c'est pourquoi les prédicateurs sont déchargés, en grande partie, des détails du ministère; c'est pourquoi les fidèles doivent subvenir à leurs besoins matériels, afin qu'ils puissent librement, et sans préoccupations, exercer leur apostolat, dispenser la parole divine et nécessaire : de là aussi les religieux mendiants et prêcheurs, — les Franciscains, Dominicains, etc.
Dans le 3e Concile de Baltimore, décret 2d. nous lisons :
"iVe sacer dotes, cum sacri ordinis dedecoro, mendicare, vel egestatem pati cogantur, Episcopos hortamur, ut fidèles moneant muneris quo tenenturEis prœci-