PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE II
mença à publier, en 1809, un Cours complet et approfondi sur le Code Napoléon. Ce cours fut primitiveuient rédigé en français, mais l'auteur le publia tout d'abord en langue allemande pour arrêter le flux des ouvrages qui défiguraient en Allemagne la nouvelle législation française. Il voulut, avant de donner une édition française, voir l'accueil que réserverait la France à son Introduction à l'étude du Code Napoléon. Malheureusement, l'auteur ne survécut pas longtemps à sa publication. Cet ouvrage est extrêmement intéressant. De Lassaulx étudie l'origine du Code civil, ses caractères généraux, la fonction qui lui est dévolue par rapport à la science du droit. Nous ne pouvons ici que le signaler. Nous rangeons dans la même catégorie l'ouvrage de Boulage, qui se proposait d'être un commentaire du Code civil, mais qui était précédé de notions générales, sur le modèle des traites de droit civil actuels. On peut encore comprendre dans cette catégorie, quoiqu'ils soient manifestement inférieurs, d'autres ouvrages comme ceux de Cotelle (') ou de Pigeau (^), qui étaient, au fond, des paraphrases du Code civil.
Nous rangerons dans une septième catégorie les grands commentaires du Code civil, qui commençaient à paraître et dont il a été déjà parlé, tels les ouvrages de Proudhon et de TouUier. Nous ne les mentionaons donc ici que pour mémoire.
b]nliu, nous signalerons les ouvrages qui avaient pour objet, conformément aux programmes officiels, d'étudier le droit romain dans ses rapports avec le droit français (').
(') Cours de droit français ou le Code Napoléon approfondi, 2 vol., i»aris, 1812.
(^) Cours élémentaire du Code civil ou exposé mélhodique des dispositions du Code civil pour en faciliter l'intelligence, nouv. édit., 2 vol., Paris, 1818.
(*) Corap. Arnold. Elemcnta juris civilis Justinianei, cum codice
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15. Celle simple énuinération, joiule à ce que nous avons déjà dit, prouve que la science du droil n'otail pas dans une période brillaule. Quelles étaient les causes de cet abaissement? 11 est incontestable que la nécessité d'interpréter le Code civil était la principale cause. C'était même la seule qui put expliquer le délaissement dans lequel se trouvait le droit romain. Jourdan le constatait avec raison. « Après Tintroduclion des nouvelles lois, écrivait-il, la législation des codes devint le principal objet de l'enseignement ; l'étude du droit romain ne fut considérée que comme surérogatoire ; il suffisait, disait-on, de connaître les idées mères, les résultats généraux de la législation romaine. Ce fut à la faveur de cette opinion étrange qu'Heineccius, déjà délaissé en Allemagne, fut introduit en France et reçut les droits de cité et de bourgeoisie dans nos écoles : on imprima et réimprima ses Eléniens; on les traduisit en langue française; on lui voua une sorte de culte; on le défendit avec une sorte d'idolâtrie. Et si quelques erreurs furent relevées dans le livre du grand homme, on s'entoura de formes respectueuses pour les signaler. « il fallait (disait-on) avoir deux fois raison pour lui trouver un tort ... Ainsi la synthèse, la méthode dogniati(jue, bannies de toutes les sciences morales et naturelles, furent introduites dans la science du droit; la méthode d'observation, l'analyse furent négligées, repoussées. On abjura sa raison pour ne cultiver que sa mémoire. Celte apostasie ne fut pas de longue durée. Heineccius disparut peu à peu
Napoteonc et rcliquis qui in Imperio fianco-qalUco oblinent leijum liyO' rem codicibiis, juxta ordinem institiilionum collati, Paris, 1812 ; Riret, Application au Code civil des Instilules de Juslinien cl des cinquante livres du Digeste, avec lu Iradiiclion en regard, I'ari.s, 1821, 2 vol.; Heillielol, Justiniani Instihitiotnrm libri ÏV, observationibus perpetuis illuslrati, additis earum institutionum cum codice Napoleone collationibus, Paris, 1809, 2 vol.