PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE II
Il faut reconnaître, toutefois, que la science du droit romain ne risquait pas avec lui de faire de grands progrès. Nous n'en <lonnerons qu'une preuve. Amené à prendre la défense du droit romain dans un petit écrit (') où il s'attache exclusivement, en réalité, à démontrer le bienfondé d'une longue série de fragments du Digeste choisis au hasard, Berthelot trouve le moyen de glisser dans ses développements l'éloge suivant (]e Théodora, espérant grandir par ce fait même le droit romain. '< Est-il si étonnant, dit il, que Théodora ait conseillé de bonnes Loix ? Théodora, une fois épouse de l'Empereur, a-t-elle mené une vie dissolue ? Serait- elle la première femme vouée au plaisir qui eût sagement gouverné ? Ne se rappelle-t-on pas Sémiramis et tant d'autres qui ont fait respecter leur règne? Sera-ton re(;u à blâmer les actions louables de Théodora, en leur supposant des motifs condamnables? Cette princesse, qui favorisait l'hérésie à'Euti/chès, parce qu'il lui paraissait qu'on y suivait davantage les principes de la raison, a-t-elle été jugée avec impartialité par les catholiques qui la voyaient armer la puissance et les philosophes contre les principes de la révélation? Cette Théodora,
trouvt' compos' de cinq régents, de six agrégés et des commissaires du Parlement, f.es régents proposèrent pour conserver la balance à leur profit, le doyen ayant voix prépondérante, d'éliminer l'agrégé le moins ancien, mais ils se heurtèrent à un refus. Le scrutin eut lieu; les cinq régents, y compris le doyen, dont la voix était prépondérante, donnèrent leurs voix à Berthelot et les agrégés portèrent leurs suffrages sur un autre candidat. Ruelle. L'affaire fut portée au (>onseil d'État; le roi déclara Berthelot élu, tout en désignant tSuelle pour la première place d'agrégé qui serait vacante et en déclarant que désormais les agrégés ne devraient jamais être supérieurs aux docteurs régents dans des circonstances de cette nature.
(•'; Réponse à quelques propositions hasardées par M. Garât contre le droit romain dans le Mereuri' de France du 19 février 178.H, par M. Berthelot.
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feimne de Justtiiien, qu'il appelle son illustre épouse, ou plutôt sereuissiûiiun Augustain, serenissime Auguste, nom commun à toutes les impératrices, est une fenmie de grand caractère et qui, mieux que personne, a môrilé le nom de serenissime, c'est-à-dire, selon la vraie signification, de très sereine dans les grandes occasions et dans les grands dangers. Accoutumée à ravir les spectateurs sur le théâtre de la capitale, elle conserva la tranquillité de ses sens, (|uand elle monta sur le troue de l'univers; l'élévation de son esprit et de son âme lui avait donné, dans les rôles de reines, une physionomie et une majesté dignes du trône. L'habitude de représenter les maîtres du monde lui donna la sécurité de quitter les fables et de se représenter ellemême. Par la conscience qu'elle avait de ses forces et de ses vertus, elle sentait combien elle allait être plus magnitique. Iillle n'allait plus débiter en vers symétrisés les sentiments exagérés ou stériles des poètes; mais son esprit, mais sa bonté, sa sensibilité, sa religi(jn, pouvaient agir dans toute leur étendue; elle avait un vaste domaine; les églises allaient briller de ses dons immenses; les pauvres de tous états allaient être nourris de ses mains •» ('). Aussi bien la forme et le fond de cet éloge que la place qui lui était donnée, montrent sans avoir recours à d'autres commentaires la conception scientilique qu'avait de son enseignement le représentant du droit romain à l'Ecole de Droit de Paris.
20. Il nous reste cà donnei" queltjues pr.'cisions sur les antécédents de Morand, professeur de dr'oit civil à cette même Ecole de droit de Paris. Morand avait commencé par être j)r(»f<>ss(Mir de physique à Bourges et avait public l'ouvrage suivant : Développement du wiueeau s//$lp/uf
(') Loc. cit., [). 144,