‹ La ThémisChapitre 30 sur 107 · DEUXIÈME PARTIE. — CIIAI'ITKE I · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — CIIAI'ITKE I

opposée par Ja Thémn aux attaques fie tous les joui-s. Comment dire dans ces conditions la part qui revient à chacun dans l'entreprise?

34. Il est assez facile, néanmoins, de trancher la question en ce qui concerne Déniante et Warnkœnig. Malgré loiit, les travaux d'un écrivain (juelconfjue traduisent assez tidèlement ses tendances, et, s'il est possihie que toutes ne soient pas révélées, ils indicjuent avec quelque certitude l'oricntafion générale de son esprit; il en est surtout ainsi (piand ces travaux présentent une uniformité complète; or, tel est le cas des travaux publiés dans la Thémis par Déniante et Warnkœnig-. Le premier s'en tint exclusivement à des comptes rendus d'ouvrages sur le droit français et à des études sur le Gode civil, d'après la méthode exégétique ('); il se renferma d'ailleurs de plus en plus, après la disparition de la Thémis, dans cette voie. Gomme l'a dit un de ses biographes, « il était accessible aux progrès de la science, mais il resta strictement attaché dans le cours de son enseignement à la méthode exégétique. Il avait une tournure d'es(>rit trop rigoureuse pour se plaire aux procédés de l'Ecole historique, dont les solutions ont nécessairement quehpie chose d'indéterminé;... c'était à l'interprétation grammaticale et logique qu'il demandait l'explication des textes. Dans ces limites, il montra une sagacité merveilleuse » (^). On peut presque se demander dans ces conditions comment Déniante accepta de faire partie du comité de rédaction de la Thémia et de prêter par suite l'autorité de son nom aux nouvelles doctrines mises par elle en avant. Ge qui est certain, c'est que Déniante dut forcément exercer une inlluence très res-

(') Voir Ici liste de ses travaux, d;uis les tables iirécitées île la Thémis, v" Déniante.

(*) Revue historique, 1857.

treinfp sur la dirertioii de la Tlwniis; il fui dans son comité de rédaction le représentant de linterprélation exégétique pure et s'il suivit la majorité dans une voie toute ditl'érente, ce ne fut certainement qu'à regret, s'il faut en juger aussi bien par ses articles de la Thémis que par son œuvre postérieure tout entière.

Il en fut tout autrement de Warnkœuig. Pour lui aussi, son rùle dans l'élaboration de la Thf^mis est facile à saisir, mais ce rôle, loin d'être passif, fut particulièrement actif, Warnkœnig fut, dans le comité de rédaction de la Thêmis, le lepi'ésenlant fidèle de l'Ecole historique allemande; il était d'ailleurs de nationalité allemande; mais il enseigna le droit romain pendaut une grande partie de sa vie dans les Universités de Belgique, à Liège, Louvain et (land ; c'est seulement après la Hévolntion de 1830 et la réorganisation des Universités de Belgicjue qu'il revint en Allemagne où il occupa une chaire à l'Université de Fribourg. 11 était donc bien placé ])our subir l'influence de l'Ecole histori(|ue et, de fait, il se rallia complètement à elle. Sa grande préoccupation fut de faire connaître ses doctrines au public français; il est curieux de constater que le premier article de la Thémis est dû à sa plume et consacré à retracer sommairement l'état de la science du droit en Allemagne et la révolution provoquée par ra[)parition de l'école de Hugo et de Savigny. Tous les travaux de Warnkœnig sont rigoureusement iiis{)irés des piincipes et de la méthode de l'Ecole historique; ils portent tous sur le droit romain, dont cette Ecole mettait l'étude cà la base de ses doctiines, peut-être même d'une façon très exagérée à ses débuts; ce (ju'il fallait, en effet, avant tout, d'après les premiers représentants de l'école, c'était leveuir au droit romain initial, se livrer <à la critique des textes attribués aux jurisconsultes classiques, parce que c'est sous leur empire que

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