DEUXIÈME PARTIE. CHAPITRE I
Collaborateurs divers de la « Thémis ».
36. La Thémis eut un grand nombre de collaborateurs occasionnels dont la plupart n'ont pas laissé de nom dans la science du droit : ce groupe d'auxiliaires était formé en grande partie par de jeunes docteurs et avocats qui, intéressés par le genre de la Thémis et les idées nouvelles mises en avant par c*lle, lui fournirent quelques dissertations. Il faut, d'autre part, remarquer que ces collaborateurs occasionnels résidaient presque tous à Paris; la province ne fut d'aucun secours pour la Thémis; les noms des professeurs des Facultés de province notamment en sont totalement absents à titre de correspondants actifs; ils ne s'y retrouvent qu'à l'occasion de l'analyse de leurs ouvrages par la rédaction de la Thémis. D'ailleurs, ce serait une erreur de croire que celle-ci fut plus spécialement l'organe de la Faculté de Paris; elle fut simplement l'organe d'une Ecole juridique nouvelle, qui ne se réclamait d'aucun patronage et entendait s'imposer par la seule force de ses doctrines; cette Ecole était indifféremment ouverte à tous les jurisconsultes prêts à accepter son programme. De fait, ce fut surtout en dehors de l'enseignement du droit qu'elle trouva le plus grand nombre de ses adhérents comme elle y avait trouvé son chef; il est vrai (|ue comme ce dernier, les jeunes jurisconsultes qui vinrent à elle songeaient à forcer les portes de l'enseignement du droit et s'y essayèrent, en réalité. Quoi qu'il en soit, on peut dire que la Faculté de Paris, loin de prêter son aide à la Thémis, se montra, dans la personne de ses membres, soit inditférente, soit hostile. C'est ainsi qu'en dehors (le Blundeau, Déniante et Du Caurroy, la Thémis ne trouva
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à la Faculté de Paris un collaborateur vraiment actif que dans Berriat Saint-Prix. Pardessus fournit également quel- ([ues études; pour être tout à fait exact, signalons encore une dissertation de Gotelle sur les legs ainsi que les catalogues dressés j)ar Poncelet des ouvrages de droit annoncés dans les foires allemandes. Mais les autres professeui-s, c'est-à-dire la plus grande partie : Delvincourt, Morand, de Portets, Uuranton, Grappe, restèrent en dehors de la revue. (Jl'est tout au plus si on y rencontre la re|)roduclion soit de cours, soit de discours d ouverture de concours émanant de quelques-uns d'entre eux; cette reproduction, faite souvent sans qu'ils eussent été consultés, n'iuiplique de toute façon ni concours actif, ni sympathie d'aucune sorte. Il suffit de songer pour s'en convaincre que la Thémis reproduisit notamment avec le plus grand soin les discours prononcés par son ennemi déclaré Delvincourt, à l'ouverture des concours qu il présida; elle faisait en cela office d'information.
Celle abstention dos maîtres de l'enseignement du droit de l'époque est d'autant plus extraordinaire ou plutôt prouve d'autant mieux l'inauguration d'une ère nouvelle par la Thémi^, (pie les plus grands jurisconsultes étrangers ne dédaignèrent pas d'apporter leur coUaboi'ation à cette revue; ils montrèrent ainsi ([u'elle était en France l'expression de la renaissance juri<li(|U(' <|ui s'était pi-oduite depuis longtemiJS déjà dans leur p;iys. (j'est ainsi qu'on trouve dans la Tliéinis des communications de Hugo, de Savigny, Haennel, Niebuhr, Mittermaier, Goeschen, niuhme, Schroeder. Non seulement ces jurisconsultes apportèrent leur collaboration à la Tliêniis, mais discutèrent, à l'occasion, ses doctrines, lui donnant de la sorte la meilleure preuve de la considération dans laquelle ils la tenaient.