TROISIÈME PARTIE. — CHAPITRE I 'lol
celle-ci par la codification; à côté de celte dernière, elle fit une juste place à la jurisprudence et au droit comparé qu'elle considéra connue deux facteurs essentiels de la formation et des progrès du, droit.
Le directeur de la Tliémis notamment entrevit parfaitement le rôle de la jurisprudence, surtout quand, comme en France, celle-ci était désormais placée, non plus « en face d'une coutume inerte qui ne lui laisse qu'un rôle de constatation muette », mais bien en présence « de textes générateurs d'idées et de doctrines vivantes, prêtes à évoluer dans le sens d'un développement progressif (') ». Demolombe et et Marcadé ont pu paraître faire une innovation en créant la Revue critique de jurisprudence et en abordant l'examen doctrinal de jurisprudence; ils ne faisaient, en réalité, que suivre la trace indiquée par la Thémis. 11 en est de même de Fœlix, comme fondateur de la Revue de droit français et étranger. On voit en lui le créateur du droit comparé. Il était décidément écrit que la Thémis et son directeur se verraient refuser toute justice parla postérité et même par leurs successeurs immédiats, car ils ont aussi jeté les premiers fondements du droit comparé; c'est même à Jourdan que revietit l'idée première de la création d'une société de législation comparée. La Thémis comprit que la comparaison de législations diverses était particulièrement apte à montrer le mouvement général du droit et à fournir de précieux enseignements au législateur français. Aussi après en avoir fait le premier article de son programme, s'efforça-t-elle de le justifier par de nombreuses et remarquables dissertations.