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TROISIÈME PARTIE. CHAPITRE VII

vive sans doute, mais ne dépassait pas les limites permises. Ce qui lui donna tant de fetentissement, c'est la personnalité qu'elle mettait en cause. TouUier était à ce moment au faîte de la gloire; la destitution des fonctions de doyen survenue quelque temps auparavant avait encore ajouté à ses titres l'auréole de la persécution. 11 était incontestablement le jurisconsulte le plus considéré de son temps; Proudhon seul pouvait lui être comparé; mais il n'était pas mis, à tort d'ailleurs, sur le même rang par la généralité des contemporains. Dans ces conditions, il est facile de se rendre compte de l'émotion que devait provoquer la démonstration sans réplique d'une erreur aussi grave que celle commise par Toullier (').

Le plus ému et le plus indigné fut d'ailleurs Toullier lui-même. Sa réponse se ramène à un plaidoyer />ro domo étayé beaucoup plus sur la jeunesse de Du Caurroy et

(') Pour se rendre compte de l'autorité de Toullier sur ses contemporains, il suffit de voir avec quels ménagements Duranton, dans une lettre adressée à la Thémis, se justifie de certaines opinions que lui avait prêtées Toullier.

« Quoique je sois mû aussi, dit-il, par le désir de rétablir (juelques passages que, par inadvertance, M. Toullier n'a pas cités d'une manière exacte et qui, ainsi présentés, dénaturent parfois le sens de ma pensée ou ne la rendent que d'une manière incomplète, je vous prie de croire que je n'ai voulu voir, dans la discussion sur les points qu'il a attaqués, aucun sentiment d'aigreur ou rien qui en approchât. Ce n'est donc que sur le fonds des opinions, et point du tout sur la manière dont M. Toullier a exprimé ses sentiments, que je vous soumettrai quelques observations.

)i Toutefois, avant de vous les présenter, je crois devoir déclarer que, s'il m'est arrivé dans le cours de mon ouvrage de combattre les décisions de M. Toullier, je ne l'ai fait qu'avec la retenue que devait m'inspirer la juste défiance de mes forces, et toujours en observant les égards dus à un jurisconsulte estimé, dont les productions ont été, pour la plupart, goûtées du public, et qui m'a précédé dès longtemps dans la noble carrière de l'enseignement ». Thémis, t. III, p. 96.

rautorité de Toullier et aussi sur les anciens auteurs que sur la justesse de la théorie mise en avant. I']n un mot, Toullier se lance dans le domaine des personnalités que Du (^aurroy avait évité.

(( Un jeune professeur de Paris, dit-il. M. Du ''auiroy, qui donne des espérances, mais dont les connaissances ne sont point encore assez mûries par cette profonde méditation, par cette longue expérience des affaires, qui seules forment le vrai jurisconsulte, a aussi attaqué l'explication que j'ai donnée de l article 1322. Il est vraiment à regretter qu'avant d'écrire sa dissertation, il n'ait lu ni celle de M. Merlin, ni aucun de nos recueils de jurisprudence (pii expliquent la nature et nous donnent la définition des ayants cause. Il en est arrivé (pie, sans même soupçonner que j'avais simplement suivi l'ancienne doctrine sur l'acception du mot ayant cause, consacrée depuis des siècles, il s'est allé mettre dans l'esprit que je me frayais une r(Hite tout à fait nouvelle et que je créais une définition pour créer ce qu'il appelle mon système.

)» Il promet une analyse plus générale de mon ouvrage dans le même esprit qui a guidé sa dissertation, mais il attend, dit-il, à voir le parti que j'aurais pris sur le Traité des contrats de M. Duranton, qu'il a choisi pour son partner. Mon parti est tout pris sur cet ouvrage : j'en profiterai quand j'y trouverai à profiter. C'est ce que doit faire tout homme qui cherche la vérité de bonne foi. Et lorsque je croirai y apercevoir des erreurs préjudiciables, je les combattrai à l'occasion. C'est encore un devoir pour moi ; je le remplirai toujours avec tous les égards dus à la personne de l'estimable auteur.

•) Je préviens ces Messieurs (Merlin et Du Caurroy), en finissant, que je ne répondrai plus à leurs critiques. J'ai,

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