TROISIÈME PARTIE. CHAPITRE VII
chacun des collaborateurs avait son rôle défini d'avance et le premier rôle était détenu par les critiques. Ces critiques n'étaient pas des collaborateurs quelconques ; c'étaient le directeur Jourdan et son fidèle associé Du Caurroy. Ce sont eux qui ont passé au crible de la censure les grands auteurs du temps : Proudhon, Touiller, Duranton, Merlin, Pardessus; ils ne cédaient leur place à des rédacteurs plus jeunes ou moins expérimentés que quand il n'y avait pas péril en la demeure. Encore Jourdan n'hésitait-il pas à les couvrir de son autorité de directeur et à relever le gant quand ses collaborateurs étaient attaqués. Personne ne nous contredira; nous n'avons pas aujourd'hui de critiques juridiques proprement dits; c'est l'élève du maître qui rend souvent compte de l'œuvre de celui-ci; les revues juridiques ne connaissent plus la fonction de critique juridique, en tant du moins quelle est exercée par la même personne. Est-ce un tort? Ne faut-il pas se réjouir de voir la courtoisie pénétrer les mœurs juridiques? La science y perd-elle? Nous n'avons pas pour l'instant à résoudre ces questions. Il nous suffit d'avoir prouvé qu'à ce point de vue Jourdan et sa Tfiémis inaugurèrent un genre qui, dans sou ensemble, est demeuré unique.
CHAPITHE Mil
L'enseignement du droit. — Importance de cet enseignement, au point de vue social. — L'enseignement classique considéré par la « Thémis » comme le préliminaire indispensable de l'étude du droit. — Importance toute particulière de la méthode dans l'enseignement du droit; critique des méthodes en cours à l'apparition de la M Thémis »; l'abus des définitions et des axiomes juridiques; les conceptions de la « Thémis ». — La thèse de doctorat. — Le recrutement des professeurs.
84. Ce que nous venons de dire des doctrines de la Thémis dit du même coup ses conceptions en matière d'enseignement du droit. Si nous consacrons toutefois une rubri(|ue à celui-ci, c'est pour montrer l'iuiportance qu'attachait la Thémis à sa bonne organisation et aussi pour faire mention de certaines questions de uiélhode et de certaines idées, qui n'ont pas trouvé place dans nos développements précédents.
85. La Thémis ]\i%{\{\dÀ\. de la manière suivante les ellbrts qu'elle consacrait à la réforme des études juridiques. Nous citons tout entière cette justification parce que le rùlc de l'enseignement du droit, son influence sur l'application (les lois, nolamment par l'intermédiaire des magistrats (ju'il a formés, ne peuvent pas être présentés avec plus de justesse et d'élévation de pensée.
(( L'état de l'enseignement de la jurisprudence chez un