‹ La ThémisChapitre 9 sur 107 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

État de la science du droit en France au moment de l'apparition de la « Thémis ». — Des causes de son peu de développement.

13. Pour se rendre bien compte de la nouveauté du programme de la Thémis et de la portée de l'œuvre qu'elle entreprenait, il suftit de jeter un coup d'œil rapide sur l'état de la science du droit en France à ce moment. Les conceptions de Jourdan et de ses collaborateurs n'en apparaissent que plus remarquables.

Nous avons déjà, dans notre Introduction générale, précisé les caractères de l'œuvre juridique française de 1804 à 1819. Toutefois, nous avons pris soin de nous en tenir à des généralités et de signaler simplement les tendances manifestées par les ouvrages des premiers grands commentateurs du Code civil, nous réservant de donner à cette place des détails circonstanciés sur ia méthode et le caractère des nombreux ouvrages élémentaires auxquels la mise en vigueur du Code civil Jonua naissance et (|ue la Thémis se proposait de faire disparaître. 11 est ceitain que ia plupart de ces ouvrages dénotaient une méconnaissance absolue de tonte méthode et de tous principes scientifiques. Nous les grouperons en plusieurs catégories.

14. Une première catégorie est consacrée à étudier les questions transitoires soulevées par le Code civil et à

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rapprocher le nouveau droit de rancien. On peut dire que ces ouvi-agcs constituent en quelque sorte des bilans. Au fond, leur but principal est de savoir ce qu'il reste de l'ancien droit plutôt que de déterminer l'étendue des nouvelles dispositions. Nous avons antérieurement cité l'ouvrage le plus connu parmi ceux de cette catégorie : Questions transiloires sur le Code civil (M par Chabot de l'Allier, inspecteur général des Ecoles de droit. Il en existe bien d'autres; ils émanent tous d'admirateurs du passé; leur zèle va parfois jusqu'à ne prêter aucune originalité au Gode civil et à ne voir en lui que la consécration de dispositions anciennes. Ainsi dans » l'Avertissement » qu'il a placé en tête de son Code civil des Français ou Conférence du Code civil avec les lois anciennes ('), Dard de l'Isère, professeur de droit romain à l'Académie de législatiou, n'hésite pas à écrire : « Plusieurs jurisconsultes ont cherché à rendre service au public, en accompagnant la loi de commentaires plus ou moins érudits. Plus ample qu'une simple édition du texte du Code civil, plus simple que tous les commentaires qui ont paru, mais plus sûr dans sa marche et plus intéressant dans son objet, cet ouvrage a pour but de démontrer que la plupart des dispositions du Code civil ont été puisées dans les lois anciennes et principalement dans les lois romaines, dont la sagesse est reconnue par toutes les nations civilisées. Sans influencer le lecteur par des décisions qui ne sont pas toujours infaillibles, l'ouvrage ([ue nous publions, avec des notes sur les articles puisés dans l'ancienne législation, mettra chaque personne k portée de connaître le véritable sens des principales dispositions du Code civil en remontant à leurs sources » (">.

(«) 1" t'dil., Paris, 1813. 2 vol.

(") Paris, I80o.

(') Citons encore, à litre d'exemple, parini les u'uvres de celte

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