QUATRIÈME PARTIE. CHAPITRE II
toire^ du droit et de l'économie politique, de la saine critique et des graves controverses, dussent concourir par leur adhésion au succès continu de cette généreuse entreprise. Mais il en fut, un jour, de la Revue de législation à peu près comme de la Revue de dirait français et étranger : elle fut obligée de confesser sa détresse; elle ne pouvait plus se soutenir par ses seules forces, et les praticiens aussi faisaient défaut à ses conditions d'abonnements qui sont les conditions de la vie annuelle et périodique » ('). C'est ainsi que la Revue de législation et de jurisprudence s'unit à la Revue critique de la jiirispru ■ dence en matière civile, fondée, en 1851, par Pont, Marcadé, Demolombe et Goin-Delisle. Cette union aboutit à la Revue critique de législation et de jurisprudence.
On peut donc dire que les revues de Fœlix et de Wolowski succédèrent à la Thémis, mais dans une certaine mesure seulement. Quoique le but général ait été le même, une étude approfondie sur ce point démontrerait les différences de conceptions assez accentuées. Mais ce qui distingue surtout le recueil de Jourdan de ceux qui lui succédèrent, ce sont ses méthodes et son allure générale; il reste comme le type d'une revue juridique de combat, qui n'a pas eu d'égal. Sans doute la Revue de législation renferme des polémiques très âpres, mais elles sont accidentelles. Quelques-unes des plus célèbres sont mêmes dues à d'anciens rédacteurs de la Thémis. 11 suffit de citer la polémique entre Laboulaye et Du Caurroy (^), ainsi que les lettres adressées par ce dernier à Dupin aîné, par l'intermédiaire de la Revue de législation (').
Quoi qu'il en soit, la disparition des recueils de Wolowski
{')Ibid., p. 43.
(*) T. XXVIII, p. 129 et suiv. ; p. 451 et suiv. ; p. 460 et suiv.
(*) ï. III, p. 450 et suiv. ; t. IV, p. 138 et suiv.
et de Fœlix marquaient pour ainsi dire un temps d'arrêt dans le progrès des idées jadis mises en avant par la 1 hé- ))iis.
102. Mais ces idées devaient trouver bientôt après un organe plus })arfait encore et se réclamant dune manière plus exclusive que la Thémis de l'Ecole historique, dans la Revue hUtoriqur de droit français et élranyor, l'ondée en 1855 par Laboulaye, Dareste, Giiaud et de Xozicre. Dans la préface, Laboulaye n'hésite pas à se placer sous le patronage de Jourdan et de Klimrath, qui, dit-il, ont ouvert les premiers la voie des études d'histoire du droit en France. Conformément à son titre, la revue se proposait de continuer leur œuvre sur ce point et entendait ainsi servir l'avenir, conformément aux données de l'Ecole historique. « L'avenii", écriva-it Laboulaye, intéresse surtout celui qui suit la mai che constante de l'humanité et qui, au moyen des lignes déjà parcourues, cherche
la courbe (|ui reste à décrire L'histoii-e comparée du
droit, en nous révélant l'oiigine commune des peuples d'Europe et la similitude de leur développement, en nous donnant le secret de leurs inslilulions identiques au fond, quoifjue sous des formes dillèrenles, nous fait comprendre le phénomène qui nous frappe aujourd'hui; et le (biveloppement des peuples amené par les chemins de fer et les pi'ogrès de l'industrie nous paraît, non pas l'elfet d'un heureux hasard, mais la conséquence naturelle d'une civilisation qui marche depuis quinze siècles » (').
De plus, tout comme Jourdan dans la Thémis, les fondateurs de la Revue historique plaçaient le droit comparé dans leur programme. « L'avenir, disaient-ils, veut (jue la législation pienne un caractère plus général, plus euro-
('; T. F, préface.