CHAPITRE PREMIER
Castellion, premier adversaire de l'imité doctrinale du système théocratique. Réveil de l'opposition (1544- 1545).
Au commencement de Tannée 1544, le système théocratique et rinfluence de Calvin étaient établis sur des bases solides, quand se leva un adversaire redoutable quoique modeste^. C'était au moment où, après plusieurs années de négociations compliquées, Berne et Genève venaient enfin de conclure un accord définitif au sujet de leurs droits respectifs sur les terres de Saint-Victor et Chapitre. Calvin avait pesé de toute son influence pour faire prévaloir les idées de conciliation. Son crédit s'en était accru d'autant.
Castellion, directeur du Collège depuis deux ans,
* Buisson, S. Castellion, t. i, pp. 195-220.
était déjà impatient de l'attitude de Calvin, lorsque l'insuffisance de son traitement le décida à résilier sa charge. Le Conseil voulut le garder comme ministre, l'estimant homme savant et « fort propre pour servir en l'Eglise ».
Calvin s'y opposa, parce qu'il était en dissentiment avec lui sur une « opinion » théologique : Castellion n'admettait pas l'inspiration religieuse du Cantique des Cantiques. — Lorsque Salomon fit le chapitre septième, disait-il, il était « en folie et conduit par mondainnetés et non pas du Saint-Esprit.» Castellion avait aussi des doutes sur le passage du Symbole où il est dit que Jésus descendit aux enfers. Pour lui cet article ne pouvait signifier ce « frisson de conscience » que Jésus éprouva en se présentant pour nous devant le tribunal de Dieu pour expier nos péchés par sa mort, en transférant sur lui-même la peine de la malédiction.
Cette signification plus qu'arbitraire avait été adoptée par horreur du purgatoire et par défiance de tout ce qui pourrait y mener. Castellion ne la considérait pas comme contraire à la saine doctrine et à l'édification, mais il refusait de promettre ce qu'il ne pouvait tenir que contre sa conscience.
Calvin estime dangereux et de mauvais exemple d'admettre au ministère un homme qui se fie plus que de raison à son propre jugement et qui repousse à la légère le témoignage constant de l'Eglise universelle sur un livre qui n'a jamais été ouvertement répudié. Castellion ne dit-il pas que le Cantique est un poème
lascif et obscène, où Salomon décrit ses amours impudiques, alors que c'est un genre d'épithalame qui ne diffère que pour la forme de celui employé dans le Psaume XLV.
Les fidèles, dit Calvin, ne seraient pas peu blessés s'ils apprenaient que nous avons nommé pasteur un homme qui déclare ouvertement rejeter et condamner un livre que toutes les Eglises ont porté au canon des livres sacrés; ce serait ensuite ouvrir la porte aux adversaires, aux détracteurs qui cherchent l'occasion de calomnier l'Evangile et de déchirer notre Eglise; enfin nous nous condamnerions par là pour l'avenir à n'avoir rien à objecter à un autre, s'il s'en présentait un qui voulût répudier de même VEcclésiaste ou les Proverbes, ou tout autre livre de la Bible, à moins qu'on ne voulût en venir à discuter si le livre est digne ou n'est pas digne du Saint-Esprit.
Castellion met au-dessus de l'opinion de son Eglise particulière et au-dessus de la tradition de l'Eglise universelle son sens propre, sa propre raison, ou plutôt, car c'est le fond du débat, sa conscience. — Sa conscience de croyant et de lettré l'oblige à respecter le sens propre des mots et la valeur littérale des termes.
Calvin, poussé, dominé par la préoccupation d'opposer au système théocratique papal un système théocratique fondé sur la Parole de Dieu, n'hésite pas à proscrire dans l'Eglise un enseignement qui ébranle l'autorité des Ecritures comme témoignage écrit du Saint-Esprit, et à éloigner un homme dont les opi-
nions fourniraient aux adversaires l'occasion de déchirer l'Evangile et de calomnier l'Eglise de Genève.
Se séparer de la tradition de l'Eglise universelle, et surtout déclarer que le Cantique n'est pas inspiré du Saint-Esprit et porter ainsi atteinte à l'inspiration d'un Psaume, cela suffit pour faire de Castellion un homme dangereux. N'y avait-il pas alors un parti nombreux à Paris', qui rejettait l'inspiration verbale des Ecritures!
L'exclusion du ministère fut prononcée contre Castellion sans colère, ni outrage, en toute sincérité, pour les motifs de doctrine les plus sérieux. Sur sa demande on lui donna un témoignage attestant pour quelles causes il n'était pas jugé digne du saint ministère.
Il y avait incompatibilité évidente entre deux hommes dont l'un se plaçait au point de vue des droits de l'homme et l'autre au point de vue des droits de Dieu. Calvin avec son génie clairvoyant a compris le danger : Castellion est un ennemi dans la place, il tend au renversement du système théocratique élevé sur la base de l'autorité de la loi évangélique, il pratique une brèche dans l'édifice de l'unité doctrinale, et par cette brèche d'autres pourront passer qui seront plus dangereux encore.
La décision prise en toute droiture de conscience était infiniment grave. Il s'agissait de savoir ce qui constituait l'essence de la foi réformée, l'unité ou la
* 0pp. Cali>., t. XI, p. 491.
liberté. Le choix de Calvin et de Castellion était présupposé d'avance dans une conception différente de la foi religieuse. Pour Calvin la foi est avant tout soumission à l'autorité de Dieu, acceptation de sa révélation doctrinale et obéissance à ses ordonnances morales vivifiées par la confiance du cœur. Pour Castellion la foi est un sentiment du cœur, une attitude de la volonté, donc une expérience, avant d'être une persuasion, elle n'est en aucune manière une soumission intellectuelle.
Malheureusement l'incompatibilité d'esprit et de tendances de Calvin et de Castellion en s'accentuant les sépara de plus en plus^ Calvin redoutait en Castellion un brouillon; et, en fait, il n'avait pas tort.
Le corps pastoral de Genève s'était déjà bien relevé, mais nous voyons Calvin dans ses lettres se plaindre fréquemment de la conduite, ou tout ou moins de la tenue de ses collègues, de leur ignorance ou de leur faiblesse de caractère.
Castellion, aigri par les difficultés de sa situation matérielle et par son dissentiment avec Calvin, saisit l'occasion de sérieux sujets de plaintes qu'on avait contre plusieurs ministres pour les attaquer en corps avec virulence dans la congrégation du 3o mai 1544. On étudiait ce passage : Nous montrant en toutes choses ministres de Dieu, par une grande patience
^ Le sentiment de sa supériorité intellectuelle ne prédisposait pas Calvin à la douceur envers un homme qui lui faisait perdre son temps et qui l'avait déjà fatigué par ses querelles de famille. Herminj'ard, t. viii, pp. 104, io5, 124; t. ix, p. 164.
(II Cor. VI). II se mit — écrit Calvin — à tisser une antithèse perpétuelle pour établir sur tous les points le contraste entre nous et les ministres de Christ : « Paul était serviteur de Dieu, nous le sommes de nous-mêmes; il était très patient, nous sommes très impatients; il passait les nuits pour se consacrer à rédification de l'Eglise, nous passons la nuit au jeu; il était sobre, nous ivrognes; il était menacé par les séditions, c'est nous qui les excitons; il était chaste et nous débauchés; il fut enfermé en prison et nous y faisons enfermer quiconque d'un mot nous a blessés ; il a usé de la puissance de Dieu, nous de celle d'autrui ; il a souffert de la part des autres, nous persécutons des innocents ^ »
L'attaque était sanglante, venant d'un homme sérieux. Castellion mêlait habilement les reproches imputables à Calvin et les reproches imputables à tel ministre de réputation plus ou moins mauvaise. Les couleurs de son tableau étaient chargées, criardes, on ne pouvait toutefois dire qu'elles fussent complètement fausses; l'ensemble était violent, excessif et injuste. Castellion justifiait les craintes de Calvin: il se montrait un esprit brouillon, dangereux, dans une Eglise où les difficultés à vaincre étaient si nombreu-
• Herminjard, t. ix, n" i363. — Castellion faisait surtout allusion aux tristes écarts de plusieurs des collègues de Calvin. C'est ici le lieu de rappeler qu'un an auparavant, et à deux reprises, la plupart des ministres avaient refusé d'aller consoler les malades à l'hôpital pendant l'épidémie de peste. Castellion, lui, s'était offert de son propre chef, bien qu'il ne fût que régent. Buisson, t. i, pp. 186-192.
ses et si grandes. Le réformateur alla porter plainte aux syndics. « C'est bien de la sorte, disait-il, qu'ont débuté les schismatiques. »
Les ministres de la ville demandèrent une information et que, s'ils étaient innocents, « l'honneur de Dieu et du ministère fût maintenu ». Viret fut appelé comme arbitre; le Conseil fit des remontrances aux ministres, les exhorta au pardon et à vivre en toute bonne amitié et fraternité, et arrêta que Castellion serait démis du ministère, le blâmant d'avoir mal procédé et mal parlé K
Cet incident détermina le Conseil à statuer que désormais un syndic et un conseiller assisteraient à la congrégation, avec un des secrétaires, pour rendre compte de ce qui s'y disait.
La puissance du magistrat s'employait à faire respecter l'institution théocratique, gravement attaquée dans la personne des ministres. Les représenter tous et sur tous les points comme indignes, comme formant un contraste absolu avec l'apôtre, c'était certainement ébranler l'autorité du ministère, outrager l'honneur du pouvoir spirituel, celui de Dieu lui-même. Si
* L'époque était mal préparée à répondre à la question posée par le cas de Castellion : Jusqu'oii vont les droits de la conscience individuelle dans la société, dans l'Eglise, dans le pastorat ? L'émiettement, le morcellement, le chaos, ces fruits immédiats de la liberté, paraissaient plus amers et plus dangereux que ceux de l'unité, laquelle ne développe qu'à la longue ses résultats de crainte, d'hypocrisie et de mort. (G. Frommel, Cours sur l'histoire du principe de l'individualisme). — Cf. Herjninjard, t. ix, p. 3o8.
donc les reproches n'étaient pas justes, le magistrat ne pouvait faire moins que punir les outrages de Castellion.
Plus tard, Castellion prétendit que Calvin l'avait « tyranniquement débusqué du ministère afin de régner seul ». Injuste dans la forme, le reproche est vrai dans le fond. Calvin n'a pas débusqué Castellion pour régner seul personnellement, mais afin de faire régner Dieu seul par le moyen du système théocratique qu'il avait conçu et qu'il mettait en vigueur à Genève à travers mille obstacles et difficultés.
L'opposition de Castellion étant brisée, Calvin poursuivra l'exécution et l'application de son programme théocratique dans le sens de l'unité la plus rigoureuse, fondée sur l'autorité de la Bible, qui est dans toutes ses parties la Parole de Dieu, le témoignage écrit du Saint- Esprit.
— La célébration des fêtes de Noël, de l'Ascension, de l'Annonciation et de la Circoncision avait continué à Genève depuis la décision de i538.
Calvin y voyait un reste de l'idolâtrie catholique et un encouragement aux superstitions. Il n'obtint pas tout de suite leur suppression complète, il obtint seulement qu'on ne célébrerait ce jour-là qu'un service, le matin, comme tous les jours ouvriers.
Calvin trouve plus d'empressement chez le Conseil lorsqu'il insiste pour qu'on oblige les gens à assister aux sermons. En ville les guets s'employent à faire observer l'ordonnance : ils pénètrent dans les maisons pendant le sermon et mettent à l'amende les délin-
quants. On signifie aux étrangers qui, après trois sommations n'auront pas obéi, qu'ils aient à quitter la ville. A la campagne, les châtelains sont tenus d'envoyer des gardes pour obtenir la fréquentation du culte. Calvin lui-même se transporte dans certains villages avec un officier, pour admonester les sujets qui n'ont cure d'aller au sermon.
L'obligation de fréquenter le culte existait avant Calvin, il ne l'a pas créée et ce n'est pas chose nouvelle que l'intervention de la force publique dans ce domaine. L'obligation est du reste une conséquence du principe théocratique adopté par Genève quand elle a embrassé la Réformation. Ce que Calvin a fait — et c'est beaucoup — c'est de veiller à l'exécution du décret et à la mise en vigueur de l'ordonnance.
Son autorité d'interprète de la Parole de Dieu, de savant expert dans l'application du principe théocratique est si bien établie que le Conseil a constamment recours à ses avis. Il donne son opinion sur le taux à fixer pour le prêt à intérêt, il fait partie d'une commission chargée d'établir à l'hôpital un métier de draperie ou de futaine «afin que nul ne soit oiseux». Fidèle prophète de la loi divine, il se montre censeur intraitable de toute injustice, de tout abus de pouvoir.
Le magistrat étant, comme les ministres, au service de Dieu , on devait songer à ce que les élections se fissent sous l'invocation de l'autorité divine. Le 5 février 1545 Calvin parut pour la première fois au Conseil des Deux Cents pour faire belles remon-
trances et exhortations avant que ce corps procédât à la désignation de huit candidats pour le syndicat.
Le résultat de cette élection ne fut guère favorable à Calvin et à ses amis. Calvin exprime la crainte que les nouveaux magistrats « sous le couvert de Christ n'entendent régner sans Christ. »
L'année 1645 en effet devait être grosse de difficultés. Calvin eut d'abord maille à partir avec un anabaptiste. Il le fit saisir par le magistrat et lui demanda si la loi de Dieu n'enseigne pas le chemin de la vie. L'autre répond que le Vieux Testament est aboli. Calvin indigné de cette maxime abominable essaie d'obtenir qu'il consente à dire la vérité. Une sentence de banissement est prononcée contre lui, puis comme il se laisse ensuite surprendre dans la ville, on le punit en brûlant ses livres et en le battant de verges
Si Calvin combattait les anabaptistes comme des fauteurs d'anarchie, il se méfiait instinctivement des genevois qui se présentaient pour exercer le ministère dans l'Église. Il les trouvait effectivement peu qualifiés et trop disposés à tenir le parti du pouvoir politique: ils se souciaient peu de l'indépendance du pouvoir spirituel. La question de nationalité n'était pas en jeu dans ces préventions ; elles étaient nées des expériences faites.
C'est ainsi qu'un nommé TroUiet, né à Genève, ancien papiste et même ancien ermite, sollicita du Conseil une place de ministre. Le Conseil lui promit
1 0pp. Calv., vol. XII, p. 256. Roget, t. 11, pp. 169, 170.
de songer à lui et annonça son intention de l'agréger au corps pastoral. Calvin ne trouvait aucun titre à Trolliet pour exercer le ministère, et froissé du procédé, il protesta si énergiquement (8 juin), que le magistrat dut céder. Le Conseil se dédommagea en renouvelant sa décision d'envoyer un de ses membres assister à la congrégation des ministres. Non content d'affirmer ainsi son droit de surveillance sur l'Eglise, il défend aux ministres de transférer un de leurs collègues de la ville aux champs ou vice versa, sans autorisation. Bien plus, contre l'avis de la Compagnie, il envoie le ministre Ninault servir aux champs ^
De nombreux symptômes indiquent un réveil de l'opposition césaréopapiste et antidisciplinaire. On prétend que les ministres, dans leur congrégation, « contrerôlent » ceux de la ville et du Conseil. On accuse Calvin d'avoir fait condamner injustement Castellion, Trolliet et Champereau, un ministre congédié pour cause d'arrogance et d'insubordination. On sème sur le compte de Calvin les bruits les plus calomnieux : il veut, dit-on, qu'on pende sept à huit cents jeunes gens.
L'état d'esprit d'une partie de la population nous est dépeint par les propos caractéristiques de deux femmes. L'une en veut aux Français et trouve « qu'il y avait assez de monde au pays sans eux » ; l'autre en veut au nouveau régime de la Réformation : « Maudite soit ceste loy », dit-elle, « car, depuis que nous l'avons reçue, nous n'avons eu que du mal. »
^ Roget, op. cit., t. II, p. 175-181.
Le penchant au plaisir et les instincts frondeurs de la population réagissent d'une façon menaçante contre le frein des ordonnances disciplinaires. Les adversaires du parti calviniste se groupent et essaient de relever la tête à la faveur du mécontentement causé par les applications du régime théocratique ^.
Calvin a-t-il argué de ces faits pour convaincre le Conseil qu'il fallait agir avec énergie, afin de faire respecter son autorité et celle de Dieu ? — Cela est probable, car nous voyons le Petit et le Grand Conseil aggraver les peines contre les débauchés et les porter de trois jours de prison et soixante sous d'amende à six jours de prison et cinq florins d'amende. La Seigneurie consent même à infliger une peine plus forte encore aux récidivistes et à renvoyer devant le Consistoire, pour y recevoir une remontrance, les paillards, après leur châtiment^. Le pouvoir spirituel voulait rappeler au coupable ses obligations envers Dieu et l'exhorter à l'obéissance après que le pouvoir civil avait puni son infraction à la loi divine.
— Un autre domaine où se faisait sentir la nécessité d'une législation nouvelle était celui des mariages. Les ordonnances de 1541 conféraient au Consistoire l'instruction préliminaire des causes et réservaient exclusivement au Conseil la juridiction matrimoniale. Or,
^ Les mauvais sujets du quartier de Saint-Gervais insultent le ministre Ferron, et l'on signale des attroupements suspects provoqués par les fils de Jean Philippe et par l'ancien articulant Monathon.
^ Roget, t. II, p. 182.
il paraît que la jurisprudence se réglait encore sur les prescriptions de l'ancien droit canonique. Un tel état de choses était inadmissible dans la cité régie par la Parole de Dieu. Calvin amena la Seigneurie à reconnaître que comme on doit «vivre sous la crainte de Dieu» il faut que « chacun puisse entendre comment il se doit régir sur le fait du mariage»^. Le i3 octobre 1545 le Conseil demande à l'interprète autorisé de la loi divine, à l'éminent juriste Calvin, un projet d'ordonnance. Calvin se met à l'œuvre et un mois après soumet son travail à une commission de douze membres du Conseil des Deux Cents. Cette commismission juge que les articles sont bons, mais propose de «supercéder à leur publication jusqu'à une autre fois». On consent bien à établir des règles sérieuses et précises, mais lorsqu'il aurait fallu les appliquer, on hésite, on se dérobe.
Nous avons là, dit M. Roget, un indice frappant des obstacles que rencontrait Calvin. Les ordonnances matrimoniales ne semblent en effet n'avoir pris de place dans la législation genevoise qu'en i56i. Le magistrat donnait volontiers à Calvin de bonnes paroles, quitte à ne pas exécuter ce qu'il avait promis.
Calvin obtint cependant que les ministres coopéreraient au renouvellement du Consistoire. On les consulterait, afin qu'ils puissent faire entendre aux Conseils lesquels sont les plus propres et rendent mieux leur devoir. C'est là une concession importante et un
* Roget, t. II, p. i85. 0pp. Calv., t. x, p. 33.
sérieux gage donné à l'indépendance du pouvoir spirituel. Plus d'une fois le Conseil regrettera de ne pas pouvoir faire seul, à sa guise, le choix des membres du Consistoire, et trouvera gênante l'obligation de « communiquer » à ce sujet avec les ministres.
C'est ainsi que Calvin poursuit l'exécution de son programme ecclésiastique et le développement de son système théocratique. On l'arrête sur un point, il trouve moyen d'avancer sur un autre, et quand on ne donne pas force de loi à ses propositions, il s'efforce d'établir des précédents, sur lesquels il s'appuiera plus tard pour établir un droit.