DE LA FREQUENTE COMMUNION
I. Considérez que généralement parlant il vaut mieux communier souvent que rarement, et la fréquente communion est en soi-même chose meilleure, plus à souhaiter et à conseiller, et qui doit être plutôt prêchée et recommandée par les théologiens , que la rare communion ; car la fréquente communion est un effet de la ferveur, de la dévotion et de l'amour divin ; au contraire^ la communion plus rare est un effet de la paresse et de la tiédeur, ou bien d'une crainte et d'une appréhension de n'être pas assez digne. Or, ce qui procède de l'inclination de la Charité et de la dévotion, a coutume d'être plus excellent en soi-même, et de prévaloir sur ce qui provient de la paresse, de la tiédeur et de la crainte, ainsi que les fruits d'un meilleur
arbre sont pins siTonrenx, et les eaux d'une meîUMm soan» plus salutaires. De plus , la fréquente conununÎQn came «i plus grande abondance de grâces que la communîoa plus nre, quand toutes choses sont égales de la part de ceux qui comwinient. Or, il vaut mieux qu*un chrétien ckMÛsîsse ce qui le peut faire croître daTanlage en grâces, car si pour le temporel on préfère les arts les plus lucratifs , combien plus doil-on estimer davantage ce qui apporte un plus grand |mfit spirijUiel et h|mente les trésors de la grâce? Ajoutez que ce Sacrement est b nourriture spirituelle des âmes, qui les nourrit, les fortile et k6 sustente; c*est le nerf de la piété, la pomfte de notre vigurar spirituelle, le soutien de la dévotion; comme donc le corps souffre quand il est trop longtemps privé de nourriture, il em sera de même d'une Ame qui demeurera longtemps sans recevoir cet akment. En outre, TEucharistie est un Sacrement d'unilé qui unit Tàme à Dieu, par ainour et. par dévotion, partant, l'homme sera d'autant plus uni à Dieu, que plus souvent il communiera. Après ces raisons il se voit à l'œil, et l'expérience le montre, que ceux qui communient souvent, sont ordinairement beaucoup plus éloignés du péché, que ceux qui ne communient que de loin en loin, et les plus grands Saints du Paradis ne seront pas ceux qui dans la religion chrétienne n'auront communié que d'année en année, ou encore plus rarement, ce qui est une marque que la fréquente communion est meilleure et plus efiQcace pour la sainteté. Celui qui communie souvent examine plus souvent sa conscience, implore davantage la miséricorde de Dieu, se confesse et satisfait pour ses péchés par de bonnes œuvres, toutes choses qui augmentent beaucoup la perfection et la pureté des âmes. Enfin, la sainte communion renferme la pratique de plusieurs actes de vertus théologales et cardinales. L'on y exenoe la Foi, TEspérance et la Charité, on y adore Dieu, on s'humilie devant lui, et on se donne à lui ; pour ce sujet la commuiBiio^ est très-agréable à Dieu, elle réjouit les Saints et les anges du Paradis, qui prennent plaisir à voir ces vertus pratiquées. Or, si une communion a tant d'excellence, plus elle sera iimiltipliée, plus ses excellences augmenteront, et ainsi la fréquente communion est meilleure, considérant la chose généndemeot et m elle-même.
U faut donc ^pirer à la rommuww MfiMrtl etMMoîr das
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défin anflamméfl. U faut donc regretter qu« les mondains com* nouent si peu souvent, et se privent des lûens et des avantages qui se trouvent dans Tusage plus fréquent de cet auguste Sacrement ; il faut imiter le zèle d'une âme bienheureuse, qui ne pouvait supporter la négligence des chrétiens à recevoir h peu cet auguste Sacrement. 0 amour, amour, disait-elle, combien peu êtes-vous connu et aimé f* si vous ne trouvez pas où reposer, venez en moi, et je vous recevrai. 0 âmes créées pour Tamourl pourquoi n'aimez-vous pas Tamour? vous me faites iDOurir toute vive, ô amour! pour la peine que j'ai et le regret ^m me ronge, de ce que vous êtes si peu reconnu, si peu reç^n, et si peu aimé (1).
II. Considérez que cette communion ne doit pas être si fré- ((uente qu'elle soit journalière, si ce n'était pour certaines personnes d'une pureté extraordinaire, et éprouvées par une longue expérience, auxquelles la communion quotidienne pourrait élre utilement conseillée. Cette considération est nécessaire pour renfermer dans les limites de la prudence le zèle qui se porte h l'excès et conclut des raisons qui poussent à la fréquente communion, qu'elle doit se faire tous les jours, quand on n'est pas en état de péché mortel : ce que le Docteur angélique n'approuve pas ; car raisonnant sur ce sujet important de l'usage 4e ce Sacrement , il dit que Ton y ipeut considérer deux choses, l'une de la part du Sacrement, dont la vertu est très-salutaire aux hommes, et de ce côté il serait utile de communier tous les jours ; l'autre chose est de la part de celui qui communie, dans lequel est requise une grande dévotion pour ce Sacrement. -Hais parce que dans la plupart des hommes il y a plusieurs obstacles à ceite dévotion, à cause de l'indisposition du corps ou de l'âme, il n'est pas utile à tous les hommes d'approcher tous les jours de la communion ; et véritablemeiït s'il était plus utile de communier tous les jours, du moins les instituteurs religieux comme saint Bruno, saint i)ominique, saint François et autres, qui étaient conduits par l'esprit de Dieu, et avaient un grand zèle pour les religieux et les religieuses qui se consacraient dans leurs ordres, eussent fait quelque règle et dressé quelque article de la communion journalière, qu'ils eussent fait approuver pa^ le Saint-
Siège. Cependant ils se sont contentés de les obliger à communier, les uns une fois par mois, les autres une fois par semaine, ce qui est une marque assez évidente qu'ils n*ont pas jugé la chose convenable, même aux personnes religieuses, bien moins à celles qui vivent dans le monde. En outre , la même raison qui prouve qu'il serait plus utile de communier chaque jour, prouve qu'il serait aussi plus util^de communier plusieurs fois le jour. Ce que l'Eglise n'approuve pas , à cause que de là s'ensuivrait un notable mépris pour ce Sacrement , comme il est vraisemblable qu'il arriverait bientôt, si la communion journalière était usitée. indifféremment pour toutes sortes de pe^ sonnes, parce que la nature humaine étant dans un état de corruption, il n'y a rien de saint qui ne devienne moins respecté , par un usage trop fréquent. Or, il est à considérer que l'Eglise a de tout temps été fort exacte à retrancher les coutumes qui semblaient préjudicier à la grande révérence qui est due à ce Sacrement, quoique d'ailleurs les coutumes parussent être profitables pour l'accroissement de la grftce dans les chrétiens. Ainsi a été abolie la coutume de verser dans la bouche d'un enfant nouvellement baptisé, quelques gouttes du sang de JésuSrChrist. Ainsi il en est de la coutume de donner aux enfants de deux ou trois ans, les restes du pain consacré ou des hosties, pourvu qu'ils fussent à jeun. Pour la même raison, la coupe a été retranchée aux laïques, à cause du péril de répandre le précieux sang ; ainsi de la coutume où étaient les chrétiens d'emporter l'Eucharistie dans leurs maisons pour se l'administrer eux-mêmes. Or, il eu serait de même de la communion, si elle était journalière. Comme la trop grande familiarité engendre le mépris, Jésus- Christ serait traité moins respectueusement de plusieurs. Et encore que peut-être quelques particuliers s'y comportassent convenablement, pourtant l'Eglise l'improuverait; car sollicitée de deux grands désirs, l'un quç Jésus-Christ ait tous ses droits, tout Thonneur et le respect qui lui est dû ; l'autre que les chrétiens reçoivent une grande abondance de grâces; mais voyant que Tun et l'autre ne peuvent être tout ensemble, elle aimerait mieux sauver l'honneur et le respect dus à Jésus-Christ, et priver les chrétiens de certains degrés de grâce qui ne leur sont pas absolument nécessaires pour leur salut, ainai qu'elle en a usé en retranchant la coupe, et en défendant de donner ce Sacre-
DES SÀCREIIENTS. 129
iDent aux enfants, ou de l'emporter dans sa maison. Car il est ph» expédient que la révérence due à Jésus-Christ lui soit conservée, qu'une grâce surabondante et non nécessaire au salut soit donnée aux chrétiens, et ce d'autant plus que Jésus-Christ étant traité avec irrévérence , la peine en retomberait sur la plupart des chrétiens, qui pensant s'enrichir d'un côté, s'appauvriraient d'un autre , et tomberaient dans la disgrftce de leur Dieu, pour ne pas lui rendre les respects et les amours qu'il mériterait et devrait recevoir. Que si l'on dit ici que ces considérations n'ont pas empêché les premiers chrétiens de communier tous les jours, la réponse est facile; car cette pratique n'était que pour les chrétiens de Jérusalem et d'Alexandrie , lesquels étant d'une très-haute sainteté et toujours prêts à mourir pour Jésus-Christ, étaient par là même dignes d'une communion quotidienne ; mais leur exemple ne peut être tiré à conséquence pour les chrétiens de ce temps, qui à peine ont l'ombre de leur vertu. C'est pourquoi le séraphique Docteur traitant cette question: n faut dire, écrit-il, que si quelqu'un croit être dans Tétat des chrétiens de l'Eglise primitive, il peut convenablement communier tous les jours ; si au contraire il est froid et languissant , qu'il communie rarement ; mais s'il est entre deux, il doit quelquefois cesser la communion, afin qu'il apprenne à respecter ce Sacrement, et quelquefois s'en approcher, afin d'apprendre à l'aimer ; car à un tel hôte on doit amour et respect. D'où il faut conclure que le respect dû à Jésus-Christ n'étant pas compatible dans l'état de la nature corrompue, où la familiarité cause souvent le mépris, avec la communion journalière, elle ne peut être conseillée indifféremment à toutes sortes de personnes.
J'apprendrai par cette conclusion combien est important le respect dû à Jésus-Christ au Saint-Sacrement de l'autel par tous les fidèles, puisque pour n'y pas manquer, il vaut mieux qu'ils se privent plusieurs jours d'un moyen qui accroîtrait probablement la grandeur de sa grâce en quelqu'un, et ensuite sa gloire. 0 respect dû à Jésus-Christ , que vous devez être bien médité par les hommes ! 0 Jésus-Christ mon Seigneur ! soyez donc à jamais Réni, adoré et glorifié comme vous le méritez dans le Saint-Sacrement ! Si pour cela nous devons souffrir la privation de quelque degré de grâce et de gloire, combien plus nous devrions nous priver des grandeurs et des biens de la terre, pour V. 9
150 LA TflÉOLOGIB AFraCTiyB.
VOUS BMiintwiir en wlm boMewr «t dMs le joààe ée latrie tfà YOQS «^articHtl 0 Seifoeur trAsaAerefclel ifiK b'«vmk-boib *' àtmc les seMùneDlfi f»e nws deifiMs avoir 4e velue souveniK • gnmdeir, 4e «être bonté immease et de votre amoar inoempa- rable? 0kl il «et j«ste, Aoi de Hi^esté, qoe to«le l'Eg^R s'affiéantisee par respect es votre «aînte pré^nce, et ^e leiiies ^ lee âmes vaog reBdeat adaraticm ! Oh ! je tn'unis -de •ceevr ^ ■ d*alecl»0B é tontes celles qui vecoiinaîsseiit votre graftëeur ei voBS adorantl Ohl si je powais asei seul vovs adorer «m profoiidémeirt qu'ailes IM toutes eBeendde !
Ifl. •Considérée qMHe doit élre la fè^\e qu'H fa«t «beemr pour la oemmunioR rave ou fréqmtfte. Cette résolutkNi ostéiffioîle à caiose de ta «Hidtîliide des ciroonstances qu*îl faut ba* Innoer po«r l*>éitaUir prudemnent. Et néanmoins, si ious Ves conféssëoTB et les diredleiirs de oonsoience avaient les tnémoB sentiroeiMs pour la plus grande révérence du Sacrement et l'oti- Uté des Ames, toutes choses nèremeot pesées, il suttraît d'asmgner pour Tègle de ia fréquemte «u rare communion la prudence éû confeeaeur. Maïs tous ne conviennent pas -en «ce eu|et controversé. De plus , il in'eet pas question ici de ceux ^ou de celles qui demeurent dans raffeclion «ou dans l'occaeievi |Mrochaîne du péché mortel. 3)e telles personnes ne doivent s'approcher de cette table qu'après une véritable conversion. 11 n'est pas aussi question des personnes religieuses, qui ne peuvent mieux faire que de suivre leurs règles et leurs constitutions, sans vouloir être singxilières et troubler l'ordre de leur communauté. Parlant donc des autres chrétiens , il serait à souhaiter, avec le prudent et sage avis du confesseur, tqoi rne doit pas être négligé, ^que le lemps ordinaire de leur communion flitià peu près, ou de huit jours en huit jours, ou de mois en mois , eu égard aux occupations des personnes et au bon désir qu'elles auraient de la communion, parce que ce temps semble être plus convenable soit pour conserver le respect et l'amour du Saint-Sacrement, soit pour s'y disposer suiBsamment, eu égard à l'infirmité humaine. Et il semble peu utile de la différer davantage aux âmes qui en ont un bon désir. Car comme la privation de la sainte communion n'est pas un être réel et positif, mais un défaut d'être, comme ce n'est pas une action de vertu, mais une cessation d'action de vertu de religion, il
f>£fi SAGRëMëNïS. 131
oe parait pas bien à quoi ce non-:étre de privation pourrait être âevé pour devenir avantageux au salut des âmes. Que si quelques supérieurs le veuleni enjoindre pour mortifier leurs inférieurs, les privant du bien qu'ils désirent, ils devraient penser que ce n'est pas une bonne mortification de priver une âme d'un grand bien ou d'une graude vertu qu'elle désire : or, la communion n'esit pas -un mal ni une chose inutile y mais .w [ trèfi-graad Jutveji, duqueJ ^inte Qlaire disait, qA;i9nd elle l'avais I seçue, que Die^u jlui avait fajLt le plus grand bien du monde ^ partant quelques doote^vrs estiment que la privation de ^a &'4)A^ commi^iiOB n'est pas :Vin jiégilime objet de mortification, pow reDJoindre sans autre dessein que de la faire exercer ; c'est pourquoi l'intention que l'on devrait avoir en remettant la communion a quelques-uns, serait ou pour les obliger à penser plus sérieusement à corriger leurs habitudes yicie;^ses, le «lélai de la communion pour quelques jours seulement faisant souvent rentrer une âme en soi-même, afin qu'en s'amendant, elle soit rendue à la participation de l'Eucharistie , ou pour ie;ur donner le temps de se préparer suffisamment à la recevoir comme il faut ; et comme il .y a peu de personnes hors de la vol(uité.e!t.âe Toccasion du péché, auxquelles huit ou trente jours ne scdent pas suffisants pour penser à s'amender ou à se préparer, supposé qu'elles en aient le désir, il n'est pas expédient d'user de plus longues remises. A quoi revient ce qui se lit de sainte Gertrude, laquelle étant un jour en prières pour une certaine vierge de sa congrégation, qui, poussée par un faux zèle de sévérité, rendait les autres sœ^rs craintives, et les éloignait de ila fréquente communion, qui pouvait être d'une fois ou deux la semaine, 4;iotre Seigneur lui dit : Puisque me3 délices sont d'être avec les enfants des :liomiQes, .et que par ma souveraine Ghamté j'ai :}aissé ce Saciieniient à recevoir à mes fidèles en mémoire de moi» et, que je veux dcimeurer avec eux par ce Sacrement, jusqu'à la consommation du monde , quiconque par paroles ou persuasiqu détourne ceujc qui sont sans péché mortel de le recevoir, .celui-là empêche et interrompt en certaine manière mes. délices, que je pourrais avoir avec eux ; il est seni- J[)lable au précepteur du fils d'un roi, qui sous ombre qu'il lui serait plus convenable d'être traité en roi que de jouer à la balle •avec .quelque» «pauvres enfants de (pême âge, et avec lesquels il
se plairait beaucoup, les éloignerait rudement de sa personne. Toutefois, ajouta Dieu, si quelqu'un se proposait à l'avenir de se corriger de cette sévérité, non-seulement je lui pardonnerais, mais j'aurais ce changement pour aussi agréable que le fils de ce roi aurait pour agréable, si ce précepteur, rassérénant son front et son visage, lui ramenait ses bien-aimés compagnons pour jouer avec lui. Que si l'on veut philosopher sur la parité de raison entre quelques mois et quelques jours, cela serait bien si l'on considérait les choses physiquement et non point moralement comme ici, où ce qui est peu est estimé comme rien. C'est pourquoi la prudence et la fidélité à Dieu que doit garder le confesseur, qui est le fidèle et le prudent dispensateur que Dieu a établi sur $a famille, pour donner en son temps la mesure de froment aux serviteurs (Luc, 12), cette prudence, dis-je, et cette fidélité ne consiste pas à exagérer les dispositions requises pour la communion , ni à exercer un empire absolu sur plusieurs âmes simples, qui s'accusent de leurs péchés, et veulent s'en amender, les différant plusieurs mois, et les privant du souverain bien auquel ils devraient les exciter, au lieu de les en détourner, sous prétexte d'un plus grand respect. Empire qu'ils ne voudraient pas supporter si on l'exerçait sur eux, en les privant de célébrer plusieurs semaines contre leur dévotion, ils allégueraient aussitôt cette parole de saint Paul : Que Vkomme s*éprouve soimême, et ainsi qu'il mange ce pain (i Cor. 11) ; c'est-à-dire qu'il se confesse, et ainsi qu'il se communie ; car saint Paul ne déclare pas seulement que la confession est requise pour ne point faire de sacrilège , mais aussi pour pouvoir ensuite librement communier : Et ainsi qu'il mange ce pain, étant éprouvé par la confession. Partant celte prudence et cette fidélité consistent plutôt à en éloigner les endurcis et les obstinés, qui se confessent sans volonté ferme de s'amender, ou sans quitter l'occasion du péché mortel, ainsi que l'Eglise excommunie et prive des Sacrements les pécheurs obstinés, tant que leur obstination dure. Cette prudence et cette fidélité consistent à la défendre à ceux qui retiennent le bien d'autrui sans le restituer, quoiqu'ils en aient la puissance ; à ceux et celles qui conservent des sentiments de vengeance, et à quiconque est incapable de la grâce de l'absolution. Pour les autres qui ont l'esprit soumis et contrit, qu'est-il besoin d'être plus sévère à leur égard que Jésus-
Christ même , qui ne s*est mis dans l'Eucharistie que pour se donner libéralement sous le voile des accidents , pour arrhes et assurance de la volonté qu'il a de se donner à découvert dans l'état de sa gloire ? Si bien même que c'est fidélité et prudence de conseiller à certains chrétiens de communier plusieurs fois la semaine , parce que la pureté de leur vie n'est pas moindre dans l'état du monde que celle de plusieurs dans l'état de religion; mais on ne peut donner une .telle règle de la fréquente communion y qu'elle puisse être commune et universelle pour tout le monde.
Inspirez donc, ô mon Dieu! inspirez à tous les fidèles de s'approcher plus souvent de votre trône sacré et de vos autels ; qu'ils aient le bonheur de vous y posséder plus souvent, et d'y goûter la douceur spirituelle en sa source. Vous êtes , 6 Jésus ! Tous êtes en ce Sacrement auguste tout l'honneur^ toutes les délices , toutes les richesses du monde , et sans vous tout y est pauvre. Vous y êtes l'unique refuge , la consolation, l'asile de tous les esprits affligés ; vous y êtes la paix et la profonde paix des âmes que le trouble agite. Vous y donnez toutes les consolations et les instructions aux âmes , et devant vous Ton se sent tout remis et tout délivré de ses plus grandes angoisses. 0 infortunés ceux qui se privent si .longtemps de vous ! 0 infortunés ceux qui autorisent cette triste privation ! 0 Seigneur ! inspirez à tous les pasteurs et aux prêtres de votre Eglise de suivre toujours votre esprit de douceur et de toute bonté , afin que par une union commune , la sainte communion soit plus fréquente dans l'Eglise.