DIX-HUITIÈME MÉDITATION
COMME JESUS-GHRISTy DANS CE SACRIFICE, CONTINUE TROIS DESSEINS qu'il AVAIT SUR LA CROIX.
I. Considérez que Jésus-Christ, en s'ofifrant sur l'arbre de la croix, avait dessein d'honorer Dieu autant qu'il se peut imaginer, et qu'il continue encore le même dessein dans la sainte Eucharistie, s'y offrant en sacrifice par les mains du prêtre. Pour entendre celte vérité, il faut se représenter que son âme sacrée se voyant comme infiniment chérie, favorisée et exaltée par Dieu, à cause de son union avec la Personne du Verbe, l'aima d'un amour excessif et plus grand que n'est celui des Séraphins et des anges les plus enflammés. Pressée de cet amour ardent et inexplicable, elle désira passionnément d'avoir une grande occasion de lui rendre quelque service signalé, de lui procurer la gloire la plus haute du monde , et de l'honorer extrêmement. Or, venant à contempler que le service qui lui serait le plus agréable serait de réparer l'outrage fait à sa Majesté par le péché des hommes, en lui faisant à cet effet un sacrifice latreutique, et en l'honorant par la destruction d'une victime qui eût une certaine dignité infinie, afin qu'il en fût honoré comme à l'infini. Dieu étant d'autant plus honoré que la victime offerte et consacrée à sa gloire est plus digne et plus précieuse ; n'y ayant d'ailleurs en tout le monde aucune chose plus digne et plus précieuse que l'humanité déifiée ; alors, par une ardeur et un excès d'amour indicibles , elle ^voulut ellemême être la victime de ce sacrifice, s'offrir sur l'autel de la croix, et y perdre la vie par l'effusion de son sang précieux, afin de rendre à Dieu le plus grand de tous les honneurs du monde. Jamais, en effet. Dieu ne fut plus honoré que par Jésus- Christ immolé sur la croix , puisque l'honneur qu'il en reçoit absorbe et surpasse les millions d'iiyures et d'outrages de tous
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les péchés qui ont été et qui seront. Mais le feu de son amour ne s'arrêta pas là ; Thumanité de Jésus voulut honorer Dieu par un sacriflce latreutique qui durât bien plus de trois heures, parmi d'autres nations que ceHes des Juifs, et en d'autres lieux que sur la montagne du Calvaire. C'est pourquoi, par un généreux dessein, elle institua le sacrifice latreutiquQ de la sainte messe, où cette même huujLanité sert de vlcti,me, sans effusion de sang, que Dieu ne désirait plus d'elle pour l'amour indicible qu'il avait à son égard, pour l'honorer par un sacrifice qui doit durer jusqu'à la fin du monde, et se réitérer mille et mille fois chaque jour, non sur une montagne, mais dans tous les lieux du mou4e, parmi 4ous les royaumes de la terre où il y a quelque prêtée qui puisse offrir ce sacrifice à llioonaor .de Dieu et pour reconnaître sa Majesté infinie. Dieu souverain, connaissant cet admirable dessein du Verbe incarné et de l'âme très-sainte alliée à son Fils, j>ar l'union personnelle, goûtant enstuite l'honneur qu'il cQcevr^t de ce sacrifice, et comme ressentant de loin la {très-suave odeur qu'il égalerait vers le ciel, ne px^^Ski plus de .plaisir dans les sacrifices et les holocaustes de la loi de Moïse ; il lui tarde qu'ils soient abolis, et que le temple de Jérusalem soM renversé : Vous ne vous ^la^z |m» , lui dit 1^0 vid , awc holocaustes (Ps. ôO). Et s'expliquant plus dairemwi par ^ prophète ^alachie, il demande ^ue l'on ierme .1^ ,porte du {temple , que l'on n'entretienne plus le feu de son ^utel pour en consumer les hosties, il témoigne en être rassasié \et ne les point agréer à cause de l'excellence du Sacrifice de h nouvejyie loi : Depuis TOrient jusqu'à r,Occident,mou*nQmestffxand pairmi les peupjles iGentiky et en toui Heu on sacrifie et on ofre une ablution pur^.à mon nom i^car mon nom est grand ^arm les ^Gentils, Sil^ Seigneur des armées (Malach. 1).
Arrôtee-vous à bien peser .ce grand dessein de Jésu^-^Christ, son siQiour indicible,. et. en s'offrant sur la croix, et ^en ^'of&ai^t ^ur les autels. Qui pousrait assez dignement estimer la magnanimité et le courage.de cette âme adorable et aimable au-dessus de toute chose .créée ? 0 âme sacrée! qui aimez et honorez .si excellemment la divinité ?iO divinité sublime ! si aimée et si hor norée par cette âme bénie. «0 Dieu infini ! que c'est pour moi une joie incompsffable de ce que vous avez créé ^ette âme si jftobley 6(t Qui vous procure tant d'honneur /et ,de gloin0!<Qh !
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vive cette âaie gloiieMse I Ob ! vive son dessein si géjaéreux ! Oh ! que persiste toi^^^^s ^^^ sacrifice I 0 Dieu immense ! que jamais la rage des infidèles ne le puisse abolir I Oh ! que c^ holocauste brûlé des flammes de Taulour vous soit toujours agréable « et qu'il soiit toujoiirs adorable et vénérable aux anges et aux hommes ! Qh ! malheureux les bérétiques, qui, poussés par Satan, l'ennemi tle la gloire -de Dieu^ conlfe la pratique de dix-huit siècles, s'eJGforcent de le détruire ! 0 Jésus ! amateur de la divinité, je désire à votre exemple me sacrifier itout .entier au service et i la gloire divine, en tout temps et en tout lieu^ autant qu'il me sera possible ! Oh ! exaucez mon désir par la grandeur de vatre amour et la générosité de vos .desseins glor rieux, faites que jen vienne à raccomplissement.
U. Considérez que Jésus-Christ avait encore .dessein sur la croix de remercier la -divinité des grâces et des j>er»fections suréminentes qu'il avait reçues dans son humanité , et qu'il continue le jQAême dessein au sacrifice de la mesae, où il se sacrifie lui-même pour la remercier continuellem.ent et dans tous les lieux du monde, arfin de lui témoigner partout^ et en tout temps^, la grande reconnaissance qu'a son âme paur avoir été favorisée et chérie précieusement au-deâsus de tout ce qui est créé. Cat, rhumanité de Jésus accomplie en .toute vectu, et ne pouvant être ingrate pour ce .que Dieu s'était donné à elle par l'union personnelle, et de la façon la plus intime et la .plus sublime qu'il se pût communimier à une créature, elle désira pareillement se donner et se consacrer à lui de la manière la plus parfaite qu'une oréature lui »pût être donnée, qui est le «acrifice par lequel elle se détruit eUe-même, et se réduit. au néant autant qu'il est possible, pour Caire paraître ^a grandeur Âmmenae par l'oip^ position de son abaissement. Cette }humanité morifi ne recquAUt pas de moyen pluS:paKfait de remercier et .de reqonnaUre la divinité ; c'est pourquoi, par ce motif, , elle se porta au.^acrifw sanglant de la croix pour y mourir, et rendre sa .vie à son auteur. Le Prophète royal naus représente Jésus-Cbri^ souhaitant la mort par ce motif de gratitude et de reconnaissance ; c'est lorsqu'il lui fait dire ces paroles : Querendrap-jeau.Ségneur^panrtout^ les choses quil m'a données ? Je prendrai le caliae salutaire (Ps. 115). Je mourrai pour sa gloire, puisqu'il m'a honoré de telle sorte, et je lui donnerai ma vie pour action de grâces : Mon bien-aimé est à
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moijCt moi à ;ui(Cant. 2). Il s'est do|mé à moi, et moi je me donne tout à lui. Or, n'étaat pas satisfaite de ce remerciement, afin qu'il fût perpétuel et connu dans toutes les parties de la terre, elle Ta voulu perpétuer dans le saint sacrifice de Tautel, institué pour le même dessein ; c'est pourquoi il s'appelle Eucharistie, comme qui dirait bonne grâce ou bon remerciement, parce que Jésus- Christ y remercie son Père des biens qu'il fait à son humanité et à tous ses membres qui sont dans l'Eglise. De là vient que les Evangiles font mention expresse , qu'en instituant ce mystère , il était dans les remerciements et les actions de grâces : // rendit grâces, le rompit et le donna, en disant QiMh. 26) ; et là où la version commune du psaume porte : Qtie rendrai-je au Seigneur pour toutes les choses qu'il m*a données? Je prendrai le calice salutaire, au lieu de ce mot : Je prendrai, le texte hébreu, comme â remarqué un savant interprète, porte : Je lèverai en haut le calice, pour nous donner manifestement à connaître la cérémonie qui se pratique à ta messe dans l'élévation du calice , qui se fait ainsi en actions de grâces. Aussi samt Augustin dit (1) : Par qui pourrions-nous rendre à Dieu de plus grandes actions de grâces que par notre Seigneur Jésus-Christ? En effet, par ce sacrifice, nous sommes assez riches pour remercier Dieu du plus grand de ses bienfaits, qui est le don de son Fils unique, lequel il a livré à la mort pour nous, et lequel il nous donne dans le Saint-Sacrement; car, par ce sacrifice , nous lui rendons le même Fils , et ainsi par une juste et égale reconnaissance , nous le remercions. Or, si ce sacrifice est suffisant pour remercier Dieu de ce don ineffable, bien plus le sera-t-il pour le remercier de ses autres faveurs , et entre autres de celles qu'il nous accorde, quand il nous rend victorieux de toutes nos passions et de tous les ennemis de notre salut. C'est pourquoi il fut figuré par le sacrifice de Helchisédech , qui pour remerciement de la victoire qu'Abraham venait de remporter contre quatre rois , offrit un sacrifice de pain et de vin : Car> dit le texte sacré, il était prêtre du Très-Haut (Gén. 14), auquel pour cela il appartenait de sacrifier. Ainsi Jésus-Christ , prêtre éternellement selon Vordre de Melchisédech (Ps. 109), offre ici admirablement le sacrifice de son corps et de son sang, sous les espèces du pain et du vin , en actions de grâces des victoires que
(1) Lib. 1. c. iS. Contre, advcis. leg. el Pioi»liet.
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remportent ses fidèles contre leurs ennemis , et de toutes les autres grâces qui leur sont déparlies.
Recoimaissons par cette considération combien c'est chose importante d'être reconnaissant envers Dieu , puisque Jésus- Christ fait des œuvres si étranges pour ce sujet. Que pouvonsnous avoir de meilleur dans l'esprit , dit saint Augustin (1) , et à exprimer de notre bouche , et à écrire de notre plume , sinon ces mots : Grâces à Dieu ! On ne peut rien dire de plus court , ni rien entendre de plus joyeux , ni rien comprendre de plus grand , ni rien accomplir plus fructueusement. Abhorrons donc toute ingratitude, en' conformant notre esprit à l'esprit sacré de. Jésus, qui nous procurant tous nos biens par un trait d'amour signalé, en fait lui-même les remerciements dans son sacrifice; remercions Dieu tous les jours et partout , par des cantiques de louanges et des hymnes de bénédiction , nous donnant tout à lui. Et parce que quand nous lui donnerions mille et mille fois notre âme , et tout ce qui en dépend , ce ne serait qu'un chétif néant devant sa Majesté , offrons-lui avec une pleine affection , ou en disant la messe , ou en y assistant , offrons-lui en supplément de satisfaction cet admirable sacrifice.
III. Considérez qu'un troisième dessein de Jésus -Christ sur la croix fut de satisfaire à Dieu pour les péchés des hommes , et qu'il continue le même dessein au sacrifice de la messe , qui est propitiatoire. Le bien-aimé disciple déclare la première partie de notre considération , lorsqu'il dit du Fils de Dieu : // est la propiiiation pour nos péchés , non^seidement pour les nôtres , mais aussi pour ceux de tout le monde (i. Jean , 2). Car en se sacrifiant sur l'autel de la croix , il demanda pardon à Dieu au nom de tous les hommes , par autant de bouches et de voix qu'il avait de plaies en tout son corps, et qu'il versa de gouttes de sang, le suppliant avec larmes, avec de grands soupirs et des sanglots, de prendre pitié d'eux , et l'effet de son sacrifice fut tel que Dieu voulut ensuite , et pour ce sujet , donner des moyens de salut à tous les hommes , pour les réconcilier effectivement , s'ils se les appliquaient ou en faisaient bon usage , lesquels moyens sont en premier lieu les grâces excitantes , la Foi , les Sacrements , les œuvres saintes et le sacrifice de la messe. Or, comme sa rédemption
(l)Epi8t.77.
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est ftboftdMilé ) aiUfti qtt« (Miriê to Prophète : £t te téimftm ^ i chez lui copieuse (Ps. 129) et exubérante , voulant avec excès sa- « tisfaire à la j«stke divine , ce qu*il fit anr la croix, il persévère à ii le pratiquer sur les autels , où il est sacrifié pour rendre Dieu ^ propice aux offenses des hommes ; c'est pourquoi , dans la messe * dite de saint Jacques , Dieu y est supplié d'accepter l'oblation efi « propitiation pour les péchés et les ignorances du peuple. Dans la messe de saint Basile , on lit : Rendez-nous dignes de voas offrir ce vénérable et non sanglant sacrifice , pour nos péchés et les ignorances du peuple. Dans celle de saint Jean-Chrysostome : Rendez-nous donc capables de vous offrir des sacrifices < pour nos péchés el les ignorances du peuple. Et dans le Canon de notre messe , comme elle se dit aujourd'hui , nous disons que nous offrons ce sacrifice pour la rédemption de nos ftmes, et nous prions qu'il soit l'ablution de nos fautes. Où l'on peut remarquer en passant la mention qui se fait de l'ignorance du peuple, tant parce que c'est une chose intolérable aux homn>es apostoliques de voir si peu d'instruction dans le peuple chrétien, que pour imiter Jéstis-Christ, qui priant sur la croix pour ses ennemis, alléguait leur ignorance : Pariànnez-leur , ih ne iavent ce quHh font (Luc , 23). Or , la raison pour laquelle ce sacrifice est propitiatoire, est qu'il honoré Dieu ; car celui qui est offensé en son honneur s'apaise si son honneur est réparé. INeu pareillement y est remercié de ses bienfaits, et rien n'a tant de pouvoir pour apaiser une personne que d'être reconnaissant à son égard ; c'est pourquoi le sacrifice de la messe étant latreutique et eucharistique, il ne faut pas trouver étrange s'il est encore propitiatoire et réconciliant. Tu demandes, dit un philosophe païen, comment tu feras bientôt un ami ; je te le dirai, si nous nous accordons en ce point que je te rende incontinent ce que je te dois. Tout ce que les hérétiques apportent de plus fort contre celte vérité, est que le sacrifice de la croix suffit seul pour abolir tous les péchés des hommes, et c'est lui faire tort que de parler du sacrifice de la messe. Mais les hérétiques sont peu spirituels ; ils n'ont que des pensées très-basses, et ne conçoivent rien de grand du «èle et de l'amour insatiable de Jésus-Christ. Quand bien même le sacrifice de l'autel ne remettrait pas la peine des péchés, il ne s'ensuivrait pas qu'il fût inutile ; car il servirait pour honorer Dieu et le remercier
DES SACREMENTS. iil
exceHemmenV selon le dénir de Jésus et le 2èle de è<m âme tfès-^9ainte. Mais à Dieu ne plaise que nous leur accordions que ce Mcfifice ne soit pas propitiatoire pour les péchés ; nous le corflMserons avec TEglise, et nous n^estimerons point faire de tort au mérite de la croix et à l'oblation qui y fut faite ; car, eottme l'oblation de la croix n'empêcha pas Teffet de l'oblation que fit Jésus-Christ de soi-même en entrant dans le monde, et de celle qu'il fit au temple dans sa Présentation, ni de tontes eeltes tpf il fit tous les jours de sa très-sainte vie avant sa mort, aussi M doit-elle pas empêcher l'effet de Toblation de soi* même, qu'il réitère tous les jours dans ce sacrifice après sa mort, afin qu'ainsi il nous rachète copieusement, sê donnant mille et millions de fois pour la rémission de nos péchés. Et amsi ftaiiit Paul a dit que par une ablation il a cons&fnméf c'eSt-ànfire accompli , les sandiftés éternellement (Héb. 10). Saint Paul n'entend parler que des Juifs, qui étaient décédés et! état de sainteté avant la Passion , lesquels n'ayant pu être lavés de leurs péchés par la multitude des victimes de la loi mosaïque, ont été sanctifiés en vertu, et par le mérite du sacrifice unique de la croix, et par cette seule oblation ; car le sacrifice de l'Eucharistie n'a pas été ordonné pour eux , mais pour les chrétiens qui sont venus après la Passion , lesquels lésus-Ghrist assiste diversement, et autant qu'il lui plaît et qu'il juge convenable, non-seulement par l'oblation sanglante de sa croix, mais encore par l'oblation non sanglante des autels. Enfin, si l'on veut étendre les paroles de saint Paul au delà de son intention, il est vrai de dire qu'il met le substantif, disant une oblation pour une chose seule offerte , qui est la précieuse humanité ; car il oppose en cet endroit , et préfère l'unique victime de la croix à la multitude des sacrifices d'Âaron, qui n'avaient pas la vertu de sanctifier les Juifs. Or, quoiqu'il perfectionne les Saints, et par l'oblation de la croix, et par celle des autels, il est toujours vrai que c'est par une seule chose offerte, puisqu'on l'une et l'autre oblation l'hostie est vraiment la même.
Demeurons donc fermement dans la Foi et la croyance de la sainte Eglise, notre mère ; demeurons dans cette Foi, qui a été tenue par tous les siècles depuis sa fondation, que le sacrifice de l'autel est propitiatoire pour les peines du péché, et ainsi
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que Jésus-Christ se donne mille et millions de fois pour la lî berté de nos âmes, qu'il rachète si copieusement. Parmi le actes de cette Foi invariable, admirons et étonnons-nous gran dément de Tamour si admirable de Jésus , notre libérateur qui s'immole encore tous les jours pour la satisfaction des pé chés d'autrui . Ah ! mon âme , que ne devons-nous pas fair à son exemple , pour réparer nos propres péchés ? Hélas qu'est-ce que nos pénitences si froides, au prix de ce que fai ton Rédempteur ? Faut-il, mon âme, que ce doux Agneau fass toutes ces choses tout seul, qu'il fasse toujours hommage pou nous, qu'il soit toujours chargé des remerciements dont nou sommes redevables, et qu'il porte tout seul le fardeau de no offenses ? Ah ! que nous devons avoir de confusion de faire d si légères pénitences pour nos propres fautes très-énormes Que ne nous sacrifions-nous donc tous les jours de notre vie afin de rendre Dieu propice et indulgent pour nos iniquités Nous n'en faisons rien. Et puis nous nous étonnerons de res sentir quelque peine intérieure, parce que nous ne savons pa si nous avons apaisé Dieu, et si nous lui avons satisfait! Oh que serait-ce donc de nous, sans votre zèle et votre Charité très brûlante! 0 très-noble Jésus! l'unique espérance de notre sa lut! oh! continuez toujours à offrir votre sacrifice pour nous , c cependant nous renouvellerons les souhaits du saint prophèt David sur ce sacrifice propitiatoire , désirant qu'il soit toujour offert à Dieu , et que les desseins de Jésus y soient accompli pour le salut de nos âmes ; chantons donc au Roi des rois im mole sur les autels : Que le Seigneur vous exauce au jour delà tri bulation ; que le nom in Dieu de Jacob vous protège , qu'il vous envoi son secours du sein de son sanctuaire; qu'il veille sur vous du haut o Sion. Qu'il se souvienne de vos sacrifices y et que vos holocaustes h soient agréables. Qu'il vous donne selon vos vœuxy et qu'il remplisse tôt vos désirs (Ps. 19). Donc, ô Père éternel ! que cette Charité im raense de votre Fils très-aimé touche votre cœur, et pour l'amou de lui , et en vue de son affection si grande à notre égard , par donnez-nous nos offenses.