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DU SACREMENT DE PENITENCE ET DE CE QUI LUI EST ESSENTIEL

I, Considérez que la Pénitence n'est pas seulement une vertu, mais aussi un Sacrement de la nouvelle loi, consistant dans la douleur des péchés, dans leur déclaration devant le prêtre, et la satisfaction pour ces péchés d'une part; et d'autre part, dans les paroles de l'absolution, proférées vocalement par le prêtre pour remettre les péchés commis après le Baptême. En cette iléfinition sont contenues les parties essentielles de la Pénitence, en tant qu'elle est considérée non plus compiiB une vertu morale , mais comme l'un des sept Sacrements institués par Jcsus-Christ, et donnés à l'Eglise pour la sanctifier ; c'est pourquoi elle est appelée ici Sacrement, et elle renferme une multitude de signes sensibles ou de cérémonies religieuses, ordonnées par Jésus-Christ pour signifier et conférer la grâce. Cei signes sensibles sont, d'une part, la contrition, la confession e In satisfaction, et d'autre part, l'absolution du prêtre ; toutes cp choses signifiant que le pécheur est délivré et affranchi de so: péché, et qu'il est remis en grâce et réconcilié avec Dieu ; ca on conjecture avec raison qu'une personne n'est plus dans 1

péché, quand on lui en voit produire les actes de douleur, de ■ confession et de satisfaction : mais Ton en a comme une assu- J rance, lorsque le juge, plein de pouvoir et d'autorité, lui remet son péché, et la renvoie absoute ; il y a çn effet bien moins de raisons de douter après l'arrêt prononcé par lejjuge en faveur d'une personne, que quand il n'y .a encore en elle que les seuls . actes de douleur, de confession et de satisfaction, qui ne marquent pas s^ évidemment l'état de grâce et la sortie du péché, que la sentence d'absolution prononcée avec autorité et légitimé puissance. C'est pourquoi les actes de douleur, de confession et de satisfaction tiennent lieU de matière dans ce Sacrement, et l'absolution du prêtre en est la forme, l'accomplissement et la perfection, signifiant avec plus d'assurance et d'évidence la grâce sanctifiante qui efface les péchés. Le saint Docteur confirme cette doctrine, quand il dit qu'il est manifeste que les choses se passent de telle sorte dans la Pénitence , qu^i) y a quelque chose de saint qui y est signifié, tant du côté du pécheur qui se repent, que du côté du prêtre qui absout ; car le pécheur montre que son cœur est éloigné du péché par les choses qu'il fait et qu'il dit ; pareillement, les choses qu'y fait et qu'y dit le prêtre sur le pénitent, signifient l'œuvre dé Dieu qui remet les péchés. D'où il est notoire que la Pénitence, qui se pratique dans }'Eglise, est un Sacrement. Au reste, il est ajouté 4 la fin de la définition, que ce Sacrement consiste dans les actes de douleur, etc., et l'absolution du prêtre pour remettre les péchés commis après le Baptême, parce qiie l'effet propre des actes de contrition, de cqnfession ei cie satisfaction, coiyointement avec l'absolution du prêtre, est de remettre les péchés, et non toutes sortes de péchas, mais ceux qui ont été J commis après le Baptême. Aussi le péché originel, et ceux qui $e commettent avant h réception dû Baptême par les adultes, se remettept après le Baptême. Après lequel, si l'on vient à pécher, comme c'est chose ordinaire aux homnies fragiles, il est nécessaire, le Baptême ne pouvant être réitéré, d'avoir recours k la Pénitence, qui répare et accroît les biens de }a grâce acquise par le Baptême. Ce qui a donné sujet d'appeler la Pénitence une seconde planche après le naufrage, parce que nous noyant et nous abîmant dans la mer du péché origjn'el, nous avons eu le Baptême pour première planche, pour nops sauver

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du naufrage commun ; et venant derechef à nous perdre et 1 nous noyer dans d'autres péchés survenus après le Baptême, nous avons la Pénitence pour seconde planche, afin d'échapper encore une seconde fois. On l'appelle semblablement la seconde échelle après le Baptême, par laquelle le chrétien peut remonta encore une fois à Jésus-Christ, et laquelle a trois degrés, la contrition du cœur, la confession de la bouche, et la satisfaction de rœuvre, au moins de volonté, après laquelle suit l'absolu- !■ tion, et ainsi l'homme arrive à la rémission et à l'indulgence, et se remet, se réunit et se réconcilie avec Jésus-Christ.

Louez Dieu de vous avoir donné ce Sacrement pour réparer les fautes commises après votre Baptême. Certainement il faal que sa bonté soit grande et démesurée, dans le dessein qu'il forma de toute éternité d'instituer ce Sacrement, pour suppléer au Baptême , qui ne se donnerait qu'une seule fois; car grande est l'ingratitude de Tàme qui offense son Dieu après la faveur et la grâce du Baptême, et il aurait trop juste sujet de la laisser en son péché après l'en avoir retirée une fois. Mais sa bonté ne met point de bornes à ses œuvres, il établit ce Sacrement pour servir d'un autre Baptême toutes les fois que l'âme sera retombée en son état de perdition. Et afin qu'elle n'entre pas en défiance et en désespoir après ses rechutes, comme si Dieu lui ayant pardonné une fois dans le Baptême, ne voulait plus pardonner les fautes que Ton commettrait ensuite , ainsi que les souverains de la terre ne pardonnent pas d'ordinaire pour la seconde fois les infidélités que Ton commet à leur égard, faisant déjà beaucoup de les pardonner une fois; il donne ce Sacrement pour moyen de salut, et pour sûreté du pécheur, qui y entend le prêtre tenant la place de celui même qui est l offensé, et contre qui le péché s'est commis, lui donner absolution. 0 Dieu étemel ! combien doux est le procédé de votre admirable providence de rappeler ainsi suavement, et de ramener à vous les âmes pécheresses, de donner des signes sensibles et des témoignages évidents de votre amour à des créatures ingrates qui ne méritaient que des foudre^et des châtiments horribles! Oh! je désire donner aussi de véritables signes de réconciliation à quiconque m'aura offensé, etc.

II. Considérez plus particulièrement que ce Sacrement consiste dans les actes du pénitent, qui sont la contrition, la con«

Ibseion et la satisfaetion, lesquels sont de son essence on de son intégrité et de sa nature, et en font la partie matérielle; ce sont trois actes pénibles, laborieux et difficiles à pratiquer. Ce point est d'autant plus considérable qu'il semble elfe particulier à ce Sacrement; car, dans les autres Sacrements, Thomme n'agit pas, ainsi qu'il paraît dans le Baptême, où l'eau lui est appliquée par un autre ; dans la Confirmation, où il reçoit le saintehréme, et dans l'Extréme-Onction, où il est oint d'huile par le prêtre sans qu'il y produise aucune action. Et si, dans l'Eucharistie, il semble agir en mangeant l'hostie; dans l'Ordre, en touchant les matières sacrées, et dans le Mariage, en donnant son consentement, néanmoins tous ces actes sont si faciles et si aisés, que l'homme semble n'y contribuer en rien ; en sorte qu'il n'y a que le Sacrement de Pénitence qui soit composé des actes de celui qui le reçoit. Le saint Docteur a touché la cause de ce secret, lorsqu'il dit que les Sacrements sont comme des médecines et des remèdes de santé. Or, entre les remèdes, il y en a qui sont extérieurs, et appliqués du dehors aux malades, comme sont les appareils; d'autres remèdes sont des actes imposés à ceux qu'il faut guérir , comme sont certains exercices qui leur sont prescrits par les médecins. Et de cette dernière sorte est le Sacrement de Pénitence ; c'est un remède, delà maladie, qui consiste dans les actes du malade; il faut qu'il se peine et s'exerce, il faut qu'il se remue et agisse en formant des actes de douleur, en se confessant et en réparant ses mauvaises œuvres du passé par de bonnes œuvres contraires. Au reste, parce que cette comparaison explique bien comment les actes de l'homme interviennent dans ce Sacrement , mais qu'elle n'explique pas suffisamment pourquoi ce sont des actes pénibles et difficiles à la nature, comme il paraît en ce que plusieurs souffrent de grandes violences pour devenir contrits, et endureraient plus volontiers des jeûnes et de rudes disciplines , que de s'accuser devant le prêtre de leurs péchés honteux; pour ce sujet, il faut encore considérer que ces actes sont laborieux et pénibles, vu qu'il y faut détruire les péchés qui ont été commis après le Baptême, et qui, dès lors, sont plus volontaires et plus injurieux à Dieu; car, avant le Baptême, le principal péché qui règne en nous est le péché originel, que nous avons contracte plutôt par la volonté de notre

premier père Adam, que par la nôtre propre; et si d'autres i^i péchés ont été commis avant le Baptême, auxquels la propre ^ volonté a donné son consentement^ toutefois la nature corrompue et inclinée au mal par le péché originel, y excite grandement, au lieu qu'après le Baptême, la nature étant reparée, et j^ le péché originel aboli, et Tinclination au mal affaiblie et retardée par la grâce sanctifiante et les habitudes des vertus infuses , tout ce que l'homme fait4le péchés est de son propre gré et de son consentement; c'est pourquoi il en est moins excusable. Ajoutez que dans le Baptême, l'homme recevant de Dieu des bienfaits signalés qui surpassent toutes les pensées, comme l'offense s'accroit à mesure qu'il y a plus d'ingratitude, et qu'elle se commet contre un bienfaiteur plus grand et plus li- >^ béral, les péchés des hommes en sont beaucoup plus énormes. ^ En effet, ils perdent l'état de la grâce qui leur avait été acquis g par le sang précieux de Jésus-Christ , ils n'offensent pas seulement Dieu comme Créateur, mais aussi comme Rédempteur et « Sauveur, qui les avait délivrés par son sang; ils offensent toute la société des chrétiens et tous les membres de Jésus-Christ; ils offensent un Dieu fait homme et crucifié pour leur salât ; ils offensent un père très-clément et leur libérateur très-débonnaire ; or , à mesure que Dieu a plus fait pour nous , et s'est plus accommodé à notre faiblesse , plus est atroce et sanglante rinjure qui lui est faite. Cela étant. Dieu a juste raison d'effacer de tels péchés par un Sacrement plus pénible , plus rude , plus humiliant, plus mortifiant, et qui travaille davantage les chréliens, qui ont à y former des actes de douleur, à découvrir leurs vices, à y payer des amendes et à faire des œuvres de satisfaction : rênormité de leurs péchés, et leur ingratitude après le Baptême, ont mérité un châtiment bien plus grand. Si bien ' qu*il ne faut pas s^étonner que les actes humains , pénibles et laborieux , entrent dans 4a composition , et appartiennent à rossence et à Tintégrité de la Pénitence ; il ne faut pas , dis-je , s'en étonner.

Mais plutôt il y faut reconnaître Téquité de la providence et de la conduite do Dieu sur )e salut des hommes , qui sait ainsi ordonner toutes choses avec une sagesse et une justesse admirables. Il faut y apprendre à avoir ses péchés en plus grande abomination de ce que Ton a eirta hardiesse de les commettre

DES SACREMENTS. i71

après le Baptême , dans lequel on avait reçu le prix du sang

précieux de Jésug^Christ , c'est-à-dire un état de grâce qui lui

avait coûté des douleurs inexplicables, et la vie même qu'il a

perdue poui' cet effet. Quelle confusion ne doit pas ressentir un

chrétien pour ce sujet; mais quelle confusion ne doit-il pas

ressentir y si non-seulement il a été baptisé , mais aussi s'il a

été confirmé y s'il a reçu encore la sainte Eucharistie , si l'abso-

Intion et l'indulgence lui a été donnée, et plusieurs fois? il n'y

a pas de paroles suffisantes pour représenter la grandeur de ses

crimes, et la grandeur de la Pénitence et de la satisfaction qu'il

en devrait faire. Qu'il souffre donc volontiers ce qu'il y a d'ft-

preté et de rigueur au Sacrement de Pénitence , qu'il n'estime

I pas trop faire d'y travailler aux actes de contrition , de confes-

I sion et de satisfaction ; mais qu'il croie en échapper à bon mar-

w ché , et donne louange à JésusrChrist qui a institué ces moyens

àe salut.

m. Considérez la vertu de l'absolution , car , encore que les actes du pénitent interviennent comme parties essentielles de^ Ce Sacrement , et ainsi soient causes efficaces et sacramentelles de la grâce par l'œuvre opéré , comme l'eau dans le Baptême , Néanmoins le pénitent ne s'absout pas soi-même de ses pé- ^liés , mais cela ne se peut dire que du prêtre qui applique ^a forme, en disant : Je t'absous de tes péchés. Cette considération est nécessaire pour résoudre une difficulté que l 'on pourrait former contre les choses susdites ; car l'effet du t^apféme ne s'attribue pas seulement à la forme et à la vertu des paroles , mais aussi à l'eau , ainsi qu'en parlait saint Augustin en ces termes : D'où vient une si grande vertu à l'eau , fju'elle touche le corps et lave le cœur (l)? Pourquoi donc sem- Hablement les actes de douleur et de confession, qui sont la matière de la Pénitence , n'absoudront-ils pas les péchés , et pourquoi le pénitent ensuite ne s'attribuera-t-il pas cet effet , puisque ces actes procèdent de lui? Le Docteur angélique avance sur ce sujet des paroles très-remarquables, pour contenir l'esprit humain dans l'humilité , et l'empêcher de ne rien attribuer à sa vertu ; car, accordant que la Pénitence est inspirée de Djeu %ux hommes, suivant les paroles du Prophète : Aprh

(1) Tract. 80. inJoan.

172 LA TUÉOLOGlË AFFECTIVE.

que vous m'avez ronverti , j'ai fait pénitence (Jérem. 31), il dit que les actes humains , qui en sont la matière , viennent de rinspiration de Dieu , et ainsi que c'est Dieu opérant entièrement qui fournit la matière de ce Sacrement , et que le prêtre y donne Taccomplisscment quand il absout le pécheur. D'oâ il nous laisse à inférer combien d*infirmités a rhomme pécbmnrj et pénitent , et combien sa pauvreté est grande afin qu'il ne s'ari'oge point Tabsolution de ses offenses , mais qu*il l'attribue toute à Dieu^ qui lui a inspiré les actes de contrition m de confession , et qui a donné le pouvoir au prêtre de prononi avec efficacité ces paroles : Je t'absous de tes péchés. D'autres théologiens répondent que les actes de douleur et de confession ne contribuent à la rémission du péché qu'en tant qu'ils sont joints à la forme ou aux paroles de l'absolution, et que par elles ils sont élevés à cette haute puissance de remettre les pé* elles , et d^s lors que la rémission des péchés ne doit être attribuée qu'au prêtre qui applique la forme. D'autres disent que pour absoudre les péchés il faut produire la grâce comme juge par puissance de juridiction, et que c'est ce qui convient au prêtre seul, non pas au pénitent. Enfin, comme dans un composé naturel ou artificiel , Thonneur de l'ouvrage est seulement attribué A celui qui en produit la forme ou qui l'unit à sa matière , et non pas à Tanteur de la matière; ainsi que l'architecte, qui donne la forme à l'édifice , a l'honneur de l'avoir bâti, plutôt que ceux qui ont fourni les pierres et le ciment , ainsi le prêtre , qui donne la forme à ce Sacrement , est celui qui absout les péchés , non pas le pénitent qui y apporte la matière. Or, ce qui est ici plus considérable , est la manière dont le prêtre remet les péchés dans ce Sacrement; car ce n'est pas par prière et par supplication seulement envers Dieu, c'est par autorité et par la puissance qui lui est communiquée de Dieu ; il ne déclare pas seulenuMit que le pécheur est absous, à cause de sa douleur ou de sa contrition; mais il Tabsont véritablement et ôte ses péchés , aussi bien que dans le Baptême , quand , en versant de Teau , il prononce ces paroles : Je te baptise, etc. C'est pourquoi saint Ambroiso dit (1) : Jésus-Christ veut que ses disciples aient un p:rand pouvoir; il veut que ce qu'il faisait lui-

{i) L. 1. lie P»n. c. 7.

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mèiue soit fait par ses humbles serviteurs en son nom sur la terre. Enfin il leur dit : Et vous ferez des choses plus grandes, n ajoute, après plusieurs exemples : Dans le Baptême se trouve la rémission de tous les péchés. Qu'importe donc que les prêtres s'attribuent ce droit dans la Pénitence ou dans le Bap-

I tême ? Et saint Jean-Chrysostôme dit (1) qu'il y a une grande différence entre les prêtres de l'ancienne et de la nouvelle

^ loi; car ceux-là avaient pouvoir, non de purger les lépreux ,

■ mais de les déclarer guéris; tandis qu'il est donné à ceux-ci,

■ non pour la lèpre du corps, mais pour les souillures de l'ftme i

■ je ne dis pas de les déclarer purifiés , mais de les purifier enf ■ tièrement. En effet , comme Jésus-Christ , disant ces paroles : L Allez , enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père ,

I et du Fils , et du Saint-Esprit , institua la forme du Baptême \ qui est significative et effective de la grâce sanctifiante , qui

remet tous les péchés; de même, en disant ces autres paroles :

II Rscevez le Saint-Esprit , les péekés seiout remis à ceux aux- (piels vous les aurez remis, il institua la forme du Sacrement de Pénitence : Je t'absous de tes péchés. Forme qui est significative et tout ensemble effective de son piopre effet, ainsi

1^ qu'il appartient à la forme des SacrenuMits; et comme cet effet f est la grâce sanctifiante , qui remet tous les péchés mortels , k elle en a le pouvoir et la vertu ; c'est pourquoi , par la pror nonciation de ces paroles , le prêtre fait Tofiice de sanctifi- ' cateur , il fait grâce et rémission au pécheur, et le purge de ses souillures; ce qui l'oblige à être saint et immaculé, puisque les pécheurs espèrent et lâchent d'être sanctifiés par lui. Aussi le séraphique Docteur dit que Dieu ayant des différends avec les pécheurs ,• a fait un compromis , et qu'il a choisi les prêtres comme arbitres de ses diflérends, afin ch3 terminer par leur jugement les inimitiés réciproques, et faire la paix et la réconciliation; c'est pourquoi il exhorte le pécheur à déclarer sa faute entièrement, à demander pardon à Dieu avec regret et humilité, et à lui promettre de ne plus l'offenser à l'avenir , et l'ayant mis en ces devoirs de soumission , il Tabsout de ses péchés, et le condamne ù quelque amende spirituelle, par la pénitence qu'il lui eiyoint , qui est tout le procédé que

(1) L. 3, de Sacerd. c. 6. •

pourrait garder un arbitre entre un grand prince porté à la miséricorde , et un homme de petite condition qui l'aurait offensé. Cependant, comme c'est un honneur très-grand d'être choisi par un roi de la terre pour arbitre de ses différends , il n'y a pas de paroles suffisantes pour exprimer quel honneur ont les prêtres d'ùtre choisis de Dieu même pour arbitres , avec pouvoir de le réconcilier avec les pécheurs y et les pécheurs avec lui.

Etonnez-vous donc de ce merveilleux pouvoir que reçoivent des hommes mortels et misérables dans l'administration de ce Sacrement. Ohl que Dieu est admirable d'avoir donné un it\ pouvoir aux hommes (Matth. 9) ! Oh ! quelle confiance doit avoir le pécheur que ses différends et ses inimitiés avec Dieu se termineront à son avantage, puisque celui qui est choisi par lui pour arbitre et pour juge est de son parti? C'est un homme comme lui, et qui connaît par sa propre expérience l'infirmité humaine , à laquelle , dès lors , il est plus propre à porter compassion. Cela n'est-il pas plus souhaitable que si c'était un ange du ciel étincelant comme la foudre , et plus brillant que le soleil? 0 Dieu! quel saisissement, quelles angoisses pour le pécheur de manifester ses immondices aux yeux de cette pureté, ses infirmités et ses défauts à la face de cette grandeur du ciel ? Quelle crainte que cet ange d*une autre nature ne refusât d\Mro gracieux et fiivorable pour lui? Quel respect donc faut-il rendre aux prêtres auxquels sa puissance est commise ? Car Dieu U Père a hissé tout jugement à son Fils (^Jean , 5). C'est pourquoi, si celui qui aurait reçu du roi le pouvoir d'emprisonner et do mettre en liberté qui il voudrait, serait admiré et redouté dans le royaume, que ne doit être le prêtre qui a reçu un pouvoir d*autant plus grand et plus ample, que Tàme excelle davantage par-dessus le corps, et le ciel par-dessus la terre? Quel est donc le prêtre qui osera peu estimer son état, et qui se dèjioûtera de sa condition comme d'une chose basse ? Arrière, arrière cette folie d'avoir à mépris une si grande principauté, sans laquelle nous ne pouvons acquérir le salul et les biens qui nous sont promis.

YINGT-BEUXIËME MÉMïATiON.

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