‹ La théologie affectiveChapitre 3 sur 63 · TROISIÈME MÉDITATION · texte numérisé non relu

TROISIÈME MÉDITATION

» l'institution DBS SACREIIENTS, DE LEUR EXCELLENCE ET DE LEUR ACCOMPLISSEMENT EN L'AUTRE VIE.

I. Considérez ç^ue 1^ teinps le plus prppre et le plus couve* nable à l'institution des Sacrements était le temps de la loi de grâce et de miséricorde , instituée par Jésus-Christ ; car si nous jelons nos regards sur î'élat d'innocence qui a précédé le péché d'Âdain et la corruption de la nature humaine , il n'était pas à propos d'y instituer aucun Sacrement par lequel l'homme eût été soumis aux choses inférieures 4^ la terre , pour recevoir la grâce par leur moyen ou ôtre élevé à la connaissance des choses supérieures et célestes; l'homme en cet état conservait la dignité de sa création, (]ui l'élevait au-dessus de tous lei^ êtres terrestres , auxquels il n'avsiit pas mérité d'être assujetti , en punition du péçUé dont il était exempt. Pe plus > les Sacr^f

ments ont été établis de Dieu pour être les canaux sacrés du sang précieux et des mérites de Jésus-Christ. Ils ne servent que pour être les instruments par lesquels le fruit de la Passion douloureuse est appliqué aux âmes qui en sont sanctifiées ; or, en cet état heureux, et en ce siècle d'or d'innocence au Paradis terrestre, s'il eût persévéré, le Verbe divin ne se fût pas incarné, comme il a été ci-devant considéré ; ainsi ses mérites n'eussent pas du être appliqués aux hommes , et les Sacrements n'étaient pas nécessaires. De plus , le plus grand dessein de Dieu dans l'institution des Sacrements a été de faciliter aux hommes les moyens de rentrer en grâce ; car comme il est difficile de s'y disposer et de s'appliquer aux occupations spirituelles et aux œuvres surnaturelles méritoires de la vie éternelle, il a Jugé très-expédient de secourir la faiblesse humaine par quelques cérémonies extérieures , par lesquelles elle pût arriver à la grâce sans beaucoup de difficultés ; autrement peu de personnes fussent arrivées au salut et à la vie éternelle^ Or, dans l'état d'innocence, la nature humaine étant dans son intégrité première , et à l'abri de la violence et de la multitude de ces passions qui ont suivi le péché , il n'était pas difficile pour une âme immortelle de s'appliquer à la pensée de Dieu et à des exercices d'une dévotion sublime , pour s'accroître ou se conserver dans la sainteté ; c'est pourquoi il n'y avait pas alors grand besoin de Sacrements et de cérémonies extérieures. Au reste , il en va tout autrement depuis qu'Adam , en désobéissant, a ruiné la bonne fortune de sa famille qu'il a bannie du Paradis terrestre , et l'a réduite à soupirer dans une vallée de misère et de pauvreté. Comme les hommes abattus contre terre par le poids du péché originel, ne s'élèvent que très-difficilement et très-laborieusement aux œuvres saintes capables de leur acquérir la grâce , il a été nécessaire qu'ils fussent aidés et secourus promptement par des moyens faciles; aussi, incontinent après le péché , Dieu ordonna aux premiers hommes quelques saintes cérémonies qui leur tenaient lieu de Sacrements , pour les délivrer du péché et les soutenir dans son service. Au temps de Moïse', lorsqu'il donne la loi ancienne , il accroît et multiplie ces cérémonies mystérieuses, par lesquelles les Juifs protestaient de leur Foi , de leur Espérance et de leur désir à Tégard du Messie , Jésus-Christ , qui devait ventf au monde , et par leur

usage s'entretenaient dans la religion. Toutefois, comme Dieu s'était proposé de traiter les hommes plus doucement et plus suavement , lorsque son Fils se serait allié à la nature humaine I par rincarnation, réservant jusqu'alors la loi appelée loi de grâce et de miséricorde , c'était alors le temps conveiiahle pour instituer des Sacrements et certaines cérémonies extérieures, dont Tusage fût facile et l'eflicacité très-grande, pour sanctifier aisément les âmes sans beaucoup de frais et de sacrifices. Ainsi Dieu l'a proposé , ainsi il l'accomplit , et pour faciliter aux hommes les moyens de s'enrichir dans sa grâce , Jésus-Christ , Homme-Dieu, se fait l'auteur des Sacrements qui nous retirent sans grande peine du péché , et font couler dans nos âmes les richesses de sa grâce précieuse.

0 noble et généreux dessein envers Dieu ! 0 noblesse de sa Charité! 0 tendresse de son amour! Il veut que nous ayons les plus grands biens du ciel, et il veut que nous les ayons coinme sans peine et à bon marché. Venez^ dit-il, adieler snm argent^ et sans aucun échangey le vin et le laii (Isaïe, 55) C'est pourquoi son amour le porte à Tinstitution des Sacrements , pour nous y faire ressentir sa bonté naturelle. Ainsi, Seigneur, épargnez -vous les peines et les travaux des misérables pécheurs qui ne méritent que la damnation ? Ah ! Seigneur , que votre conduite est suave à notre égard. Ce sont, ô Jésus, vos peines et vos souffrances qui nous ont acquis ces moyens si faciles ; vous vous êtes chargé de la croix pour nous rendre votre joug plus léger. Oh ! soyez béni , chéri et loué de tous les hommes!

II. Considérez que les Sacrements institués par Jésus-Christ sont plus parfaits que ceux de l'ancienne loi , tant à produire la grâce qu'à la signifier plus expressément, la loi nouvelle étant plus abondante en grâce et donnant de plus grandes luiQières. Car, comme nous l'avons déjà considéré, et qu'il importe de le considérer encore , les Sacrements de l'ancienne loi , tels qu'étaient la manducation de l'agneau pascal , diverses oblations et autres cérémonies, ne conféraient pas la grâce sanctifiante dans leur usage et leur application, sinon autant que cet usage et cette application étaient une action méritoire faite avec toutes les conditions d'une bonne œuvre méritoire. Mais* les Sacrements de la nouvelle loi causent la grâce par leur pro- V. 2

pre vertu el leur efficace , quand le sujet ou l'âine qui les reçoit n*oppose aucun empêchement à la grâce. La raison en est que les Sacrements nous appliquent plus parfaitement le fruit du sanç et de la Passion de Jésus-Christ que les œuvres de Charité , le mérite de Jésus-Christ nous étant communiqué d*une manière plus spéciale par les Sacrements qu'il a institués. Dès lors , quoique leur usage n'ait pas toutes les conditions du mérite, il produira toujours Teffet de la grâce sanctifiante que Jésus-Christ y dépose plus particulièrement, outre celle qui peut provenir du mérite. Rn'en était pas ainsi des Sacrements anciens que saint Paul appelle débiles et vains éléments , parce que Jésus-Christ n'y communiquait pas son mérite d'une manière 9i particulière. En sorte que si les hommes y recevaient quelquefois la grâce, c'était seulement par Yœuvre de V opérant ^ et en tant qu'ils faisaient une bonne œuvre en état de Charité et avec les conditions requises pour mériter. De là vient que les Sacrements de l'ancienne loi ne conféraient la grâce qu'aux âmes contrites, el ceux de la nouvelle loi la confèrent aussi aux âmes qui n'ont que Tattrilion. Cette différence se conclut de la première ; car les Sacrements anciens ne conférant point la grâce par leur propre vertu, mais seulement par la vertu de YiBuvre de V opérant ^ et en tant que la Foi et la Charité de celui qui les recevait mérîlait la grâce , la grâce ne s'y donnait qu'à celui qui l'avait déjà, et dont la disposition était suffisante pour la rémission du péché, laquelle disposition s'appelle contrition. De là s'ensuit une autre différence, c'est que les Sacrements anciens ne remettaient jamais les péchés et ne conféraient pas la première grâce sanctifiante, tandis que les Sacrements de la nouvelle loi remettent les péchés, et apportent la première grâce sanctifiante, par laquelle l'âme passe premièrement de Tétat de damnation à l'état de salut, et reçoit ce qu'elle n'avait pas auparavant : // nous a sauvés, dit saint Pau^, par le bain de la régénération, non par les œuvres de justice, que nous avons faites (Tit. 3) ; et Jésus-Christ dit à ses Apôtres au sujet de la Pénitence : Les péchés sont remis à ceux à qui vous les avez remis (Jean, 20). De plus, par le Baptême, toute la peine du péché est remise, et par les autres Sacrements, une partie de h] peine due au péché ; ce qui n'était pas dans les Sacrements de TAncien-Testament, qui ne remettaient la peine qu'à

proportion que la Foi et la Charité de ceux qui les recevaient étaient satisfactoires ; et cela provient de ce que Jésus-Christ, se coAmanique plus libéralement par les Sacrements qu*il a lui- 't' f même institués, qu'il a voulu relever , en leur attribuant la w- vertu de produire des effets plus signalés. Ceci paraît encore fe davantage en ce que les Sacrements de l'Ancien-Testament ii- n'ouvrent pas la porte du ciel comme ceux de la nouvelle loi. '>it On n*entraiC pas au ciel immédiatement après les avoir reçus, ^ la mort arrivant ; car, comme dit saint Paul : La voie des Saints Di n'était pas encore ouverte, jusqu'à ce que Jésus-Christ, prêtre, entrât ^ iani une voie nouvelle (Héb. 9). C'est lui qui est entré le pre- 3 mier au ciel que le péché d'Adam avait fermé, et qui a donné •1* aux Sacrements la vertu d'y introduire ceux qui les reçoivent cl dignement. De plus, comme la loi nouvelle est plus éclairée que ^ la loi mosaïque, aussi ses sept Sacrements sont plus expressifs ^' et élèvent l'entendement à une connaissance plus manifeste des choses saintes. Ils nous font connaître, par les images des ^ choses corporelles, les excellentes propriétés de la grâce divine, ''I étant naturel à Thomme de monter à la connaissance des choses spirituelles par les corporelles ; car l'eau du Baptême nous apprend que la grâce blanchit et épure nos âmes ; le saint Chrême, que cette grâce nous fortifie ; les espèces du pain et du vin, que la grâce nous nourrit ; le consentement au Mariage, que cette grâce nous unit à Jésus-Christ comme à notre époux; enfin chaque forme des Sacrements nous représente quelque trait particulier de la grâce divine. Us donnent ensuite quelque assurance phis grande à l'homme qu'il est dans la grâce de son Dieu et dans la voie de salut, non-seulement parce qu'en leur usage nous témoignons que nous sommes les disciples de Jésus-Christ, et de sa maison en portant ses livrées, mais aussi parce qu'étant persuadés et convaincus par la Foi que les Sacrements confèrent la grâce, et mettent nos âmes en état de salut, quand ils ne rencontrent pas d'obstacles en nous ; voyant d'ailleurs sensiblement que les Sacrements qui nous sont appliqués représentent la grâce de Dieu en nous , nous nous confions davantage d'être en la possession de ce bien ; au lieu que si les Sacrements étaient purement intérieurs et spirituels, nous douterions non-seulement de notre disposition, mais aussi de leur application. Ajoutons qu'ils nous rappellent le souvenir de

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notre chef et de notre Rédempteur, Jésus-Christ, lequel étant Dieu et homme, et nous ayant sauvés, non-seulement par les actes intérieurs de son âme, mais aussi par les actions extérieures et visibles de toute sa vie, doit être servi non-seulement par des actes intérieurs de l'esprit, mais aussi par des actions . extérieures et des signes sensibles, tels que sont les Sacrements, par lesquels sa mémoire s'entretient et se conserve sensiblement dans les fidèles. C'est pourquoi ils sont appelés signes commémoratifs , démonstratifs et pronostics , savoir : commémoratifs de la Passion de Jésus-Christ ; démonstratifs de la grâce présente qu'ils produisent, et pronostics de la gloire éternelle â laquelle ils nous disposent mieux que toute la mul- '• titude des Sacrements anciens. Après toutes ces choses, si nous voulons prolonger cette considération , nos Sacrements nous élèvent â une connaissance plus grande de la puissance, de la sagesse et de la miséricorde de Dieu. De sa puissance, en tant que par les Sacrements qui paraissent peu de chose en apparence, il opère les merveilles indicibles de la sanctification des ^ âmes, qu'il délivre du péché et de la tyrannie de Satan, pour les rendre glorieuses en toute éternité. De sa sagesse, en tant qu'il « fait servir les choses sensibles et corporelles, par l'usage des- quelles nous nous dépravions davantage, à nous purifier et à a nous rendre saints. Enfin , ils nous élèvent encore à la connais- ■ sance de la bonté et de la miséricorde de Dieu, qui, par des i jnoyens si faciles et si aisés , nous donne la sanctification inté- s rieure. t

J'admirerai celte double vertu des Sacrements institués par i Jésus-Christ que n'avaient pas les Sacrements de Moïse ; telle- i ment que plus le monde s'avance et plus les péchés se multi- i plient, plus la miséricorde et la magnificence de Dieu va se ^ communiquant aux misérables mortels : Ah! il n'a pas ainsi a^ à \ regard de toutes les nations (Ps. 147) , comme il fait pour les chré- \ tiens. 0 mon âme I que de bienfaits de Dieu sont cachés dans ( ces admirables Sacrements. Oh ! celui qui pourrait pénétrer \ plus avant cette mine féconde par une plus profonde médita- i tion, quel riche trésor et quelle abondance merveilleuse de biens ; et de consolations n'y découvrirait-il pas?0 Seigneur! c'est en ; ces Sacrements que vous déployez les richesses de votre amour à l'égard des hommes. Oh ! je désire occuper les sept jours de

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la semaine à vous remercier des sept Sacremeute , d'où , comme de sept sources , découlent Ters nous tous les biens spirituels. Cest pourquoi , Seigneur, il est juste que nous honorions vos Sacrements et les traitions avec toute révérence , puisque ce sont les sacrés canaux par lesquels votre magnifique libéralité épanche ses dons et ses grâces pour nous enrichir. 0 Jésus ! imprimez dans mon cœur ce désir de les traiter toujours avec respect. Faites que je retire l'avantage que vous me proposez dans leur usage , qui est votre grâce en cette vie présente , et votre gloire en l'autre.

ni. Considérez de plus que les Sacrements auront leur plein effet après cette vie dans Tétat de la béatitude; car, comme J rétat de cette vie est très-imparfait, il reste encore beaucoup à perfectionner et à achever dans une âme , quoiqu'elle soit munie ici-bas des Sacrements. En effet, le Baptême qui purifie ici l'âme ne la rend pas pourtant impeccable , il laisse en elle le foyer du péché et le feu des concupiscences , qui la travaillent et l'exercent jusqu'à la mort; mais dans la gloire, le Baptême aura son effet tout entier et dans sa consommation; car elle sera impeccable et entièrement affranchie du foyer du péché. La Confirmation fortifie bien Tâme; mais elle la laisse dans les périls et les persécutions , où quelquefois elle perd courage et manque de force; mais dans la béatitude , l'âme sera confirmée en grâce pour toute Tétemité, sans contradiction présente ou à venir. L'Eucharistie nourrit ici Tâme , mais d'une manne cachée; Jésus-Christ y est présent sans s'y montrer et sans faire paraître l'éclat non pareil de sa splendeur et de sa beauté ravissante ; mais dans le ciel , l'âme sera repue de cet aliment, sans que rien y soit caché, et elle en goûtera et savourera parfaitement les douceurs très-délicieuses. Opérez, disait Jésus-Christ, non la nourriture qui périt ; mais qui demeure en la vie étemelle (Sesin^ 6). La Pénitence remet i!i-bas la coulpe; mais elle laisse le plus souvent l'obligation à la peine du péché , qu'il faut souffrir sur la tefre ou dans le purgatoire , et elle n'affranchit pas l'âme de toute crainte et de toute appréhension d'avoir provoqué contre soi-même la colère divine ; mais dans le ciel , toute la peine et l'appréhension du péché sera épuisée , et l'âme sera totalement amendée et convertie sans aucune rechute dans un seul de ses défauts. L'Extrême-Onctîon remédie aux restes

du péché , mais non pas à tons. Elle donne quelque confianc cl quelque vigueur contre les craintes et les saisissements qM arrivent à Theure de la mort, au sujet des offenses de la yl passée , et elle n'abolit pas la dette entière ni toute la peine mais dans le ciel , tous les restes du péché disparaîtront , il n'ei restera plus rien. L'Ordre nous fait des prêtres, et nous fait offrii rhostie vivante au Père éternel ; mais il ne nous donne la possession que sous le voile des espèces ; si bien que notre désii n'est pas encore satisfait et assouvi; mais dans la gloire, nous aurons la parfaite participation de cette hostie , par une telle jouissance que nous en tirerons notre félicité éternelle. Enfin le Mariage unit l'époux mortel avec l'épouse mortelle d'un Ueih durable jusqu'à la mort, qui est la marque de l'union qui se fail par la grâce de Tâme immortelle avec Dieu immortel; mais pourtant cette grâce peut se perdre par le péché , et Tunion se dissoudre ; mais au ciel le Mariage sera dans sa perfection : Tâme , comme l'épouse , sera unie par la gloire à Jésus-Christ , l'époux immortel , d'une union éternelle qui ne sera jamais rompue. Le temps des noces de l'Agneau sans tâche sera venu, et l'âme , son épouse , qui sera préparée et embellie des pierres précieuses de toutes les bonnes œuvres , sera élevée en triom-^j;^ phe , pour être mise en possession des palais célestes et doi^. biens innombrables de son divin époux, avec lequel son alliance- . durera dans tous les siècles des siècles. J.

Oh ! quel sujet de louer la magnificence divine pour tous ces^ effets si accomplis, qui paraîtront éternellement dans rétatdèû la gloire. Ne nous décourageons donc pas , si après la fréquen-^ tation et l'usage des Sacrements , nous nous voyons encore su-" jets à une multitude de défauts et d'imperfections. C'est dans la,. vie à venir, ô mon cœur ! que les fruits des Sacrements seront dans leur perfection entière, sans aucun défaut. 0 Dieu éternel I,, quand viendra cet et* glorieux? Quand passera cette vie mor-^ telle, et quand, par les échelons des Sacrements, monterons-, nous jusqu'au sommet de notre félicité? Oh! je prendrai cou-^ rage en cette attente, et je ne perdrai point l'affection de vous ** servir, nonobstant tant de manquements qui me restent, espérant que toutes choses seront parfaites et achevées dans la vie à venir. Dieu de vérité, vous nous faites cette promesse de consolation : Vous puiserez de$ emix avec joie dam les sources du Sath ^

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veitr (Isa. 1:2). Ces sources sont yos plaies sacrées, ù mon Sau- Teur ! d'où rejaillit le sang qui nous purifie. Ce sont aussi vos Sacrements où nous puisons les eaux de la grâce en cette vie, mais avec douleur et amertume à cause de nos péchés ; et nous espérons en tirer les eaux qui jaillissent jusqu'à la vie étemelle , où nous serons dans la joie et la jubilation du cœur, après que les ombres de cette vie mortelle se seront abaissées, et que Totre jour lumineux nous apparaîtra. Oh ! quand viendra ce jour si désirable, où nous serons tous comblés et rassasiés des fruits les plus délicieux de vos admirables Sacrements.

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