‹ La théologie affectiveChapitre 4 sur 63 · DU SACREMENT DE BAPTÊME ET DE SER EFFETS · texte numérisé non relu

DU SACREMENT DE BAPTÊME ET DE SER EFFETS

À 1. Considérez que le Baptême est le premier des Sacrements, L6H consiste dans l'ablution du corps avec l'eau, et la prononciaïon de ces paroles : Je te baptise au nom du Père, du Fils et la Saint-Esprit, pour faire renaître la personne baptisée en €i lésus-Christ. Toutes ces paroles sgnt remarquables ; car il coné lient au Baptême d'être le premier des Sacrements, et c'est un Q- le ses privilèges entre tous les autres Sacrements de la religion i* chrétienne ; il est la porte du christianisme, l'introduction à la .i lie chrétienne, l'entrée de la piété , et le Sacrement par lequel it il faut commencer pour être capable des autres. L'ablution avec l'eaa, et la prononciation de ces paroles : Je te baptise, etc., sont la matière et la forme qui le composent et les deux signes sensibles de la grâce divine. L'ablution avec Teau en est la matière expressément déterminée par Jésus-Christ : Les hapihaiU aif nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit (Mallh, 28). Aussi Teau, qoi lave les immondices, représente la grAce divine, qui lave les taches et les impuretés de l'âme ; et comme elle est transparente et réfrigérante, et qu'elle éteint même le feu, elle signifie encore cette même grâce, qui dissipe les ténèbres du péché el

^i LA THÉOLOGIE AFFECTIVE.

ralentit l'ardeur des concupiscences. La prononciation de ces paroles en est la forme : Je te haplise an nom du Père^ du Fils et du Saint-Esprit^ parce que ces paroles sipifient encore plus évidemment la grâce divine, qui rend Tàme pure et nette de toutes ses souillures. KUes ont encore été déterminées par Jésus-Christ, quand il a dit : Les baptisant au nom du Père , et du FilSy et du Saintr Esprit. Car TEglise a toujours interprété de telle sorte l'intention de Jésus-Christ, qu'il a enjoint à ses Apôtres de les prononcer mot à mot en baptisant. C'est pourquoi celui qui les omettrait et les altérerait, tellement que le sens en fût tout autre, ne conférerait pas le Sacrement de Baptême, quand il ferait passer sur un corps toute l'eau de la mer. Au reste, ce qui est encore fort considérable est ce qui termine la définition, pour faire renaître la personne baptisée en Jésus-Christ; car le Baptême tend directement à nous donner une nouvelle naissance en Jésus-Christ, naissance sainte et spirituelle, par laquelle nous recevons de lui un être nouveau et une vie nouvelle, qui nous rend ses enfants et ses membres, et nous fait être de son domaine. C'est pourquoi lui-même, traitant avec un grand docteur delà loi, appelé Nicodème, et l'instruisant sur le Baptême, il lui diiail : // faut que Vhomme renaisse de nouveau (Jean, 3). Car notre première naissance, qui est tirée d'Adam par l'entremise de notre père temporel , de notre mère terrestre et de tous^nos ancêtres, est une naissance malheureuse et infortunée en toute nianière, puisque nous sommes conçus et nés d'Adam dans le poché ^originel, la racine féconde de toute misère; nous sommes nés enfants de la colère de Dieu, privés des grâces habituelles et actuelles , remplis d'ignorance pour toutes les choses bonnes et profitables, dominés par les concupiscences pour les plaisirs, les connaissances et les grandeurs, et toutes les choses qui y sont annexées. F^nfin, nous sommes nés dans une brutalité de passions qui, avec les ténèbres de notre ignorance née avec nous, nous précipitent en toutes sortes d'actions mauvaises et désagréables à Dieu. Si nous n'avions que cette seule naissance du vieil Adam , il n'y a rien de si déplorable que nous; c'est pourquoi étant nés si mal et si malheureusement , il faut renaître plus heureusement de Jésus- Christ , par une naissance qui ait du moins autant de bonnes conditions c|ue notre première naissance en contient de mau-

DES SACREME>TS. 25

raises. C'est ou tend le Baptême; il répare les malheurs, les infortunes et toutes les disgrâces de la naissance corporelle , et redresse Timage de Dieu dans nos âmes ; il nous réforme et nous reconstruit par une structure plus magnifique , et, comme parle le Théologien , plus divine et plus excellente que la première dans notre création; il nous communique la grâce sanctifiante et baptismale, par laquelle le péché originel , et tout antre qui se pourrait rencontrer, est effacé, grâce qui tient lieu, dans la personne baptisée, d'un être nouveau et d'une vie Bouvelle , être et vie semblables à l'être et à la vie de Jésus- Christ , à qui elle appartient , pour le suivre , pour l'imiter dans la sainteté de ses mœurs , de ses intentions, de ses affections et de sa très-sainte vie; c'est pourquoi saint Paul avance ces grandes paroles : Vous êle% tous enfants de Dieu par la Foi qui t$t en Jésus-Christ ; car, quiconque a été baptisé en Jésus-Christ , a revêtu Jésus-Christ. Il n'y a pas de Juif, pas de Grec; il n*y a ni esrlave ni libre \ il n'y a ni màU ni femelle; car vous êtes tous un en Jésus-Christ (Gai. 3). Comme s'il voulait dire : Vous êtes tous refondus par le Baptême, vous êtes tous les membres d'un même corps, vous êtes tous les enfants d'un même père, vous avez tous la forme de Jésus-Christ , et vous êtes nés à son image et à sa ressemblance pour être comme lui , ainsi que vous tel étiez nés à l'image et à la ressemblance du vieil Adam , et aussi ei| disgraciés que lui.

Je conclurai de cette considération de quelle noblesse est le Baptême , par lequel nous renaissons enfants de Dieu et membres de Jésus-Christ , étant auparavant enfants du vieil Adam et membres de Satan. Si un homme qui est né d'un père misérable , et qui est tout difforme et contrefait , aveugle et malheureux , pouvait renaître d'un autre père très-noble et très-riche , et renaître très-beau , très-net , très-bien conformé et très-heureux , ce serait l'image de l'homme qui a reçu le Baptême ; et quelle reconnaissance ne devrait-il pas avoir de cette renaissance? Quel amour, quel honneur et quel respect ne devrait-il pas porter à ce second père, dont il tiendrait tant d'avantages et d'excellences ? Quelle révérence donc , et quelle affection ne devons-nous pas porter à Jésus-Christ, notre second père , dont nous avons reçu une seconde naissance qui répare tous les défauts de notre première naissance infortunée ?

Oh ! que nous devons avoir une grande union , )ine étroite alliance , une amitié et une conformité parfaite avec ce Père ad^ mirable , lequel , avec un peu d'eau et quelques paroles , a eu la vertu si puissante d'opérer un tel renouvellement. 0 Jésus ! je suis à vous par le titre et Tobligation de mon Baptême; je suis obligé d'être uni à vous et d'embrasser vos intérêts, comme un fils ceux de son père ; je suis obligé de ne rien faire de bas et de messéant à celui qui a l'honneur d^étre de votre famille et de tenir sa naissance spirituelle de vous. Oh ! que je sois donc éternellement à vous , que je meure à ma vie ancienne , pour vivre à vous seul d'une vie chrétienne et qui soit tout employée à vous servir et à vous honorer.

H. Considérez les effets du Baptême. Le premier est la rémission du péché originel et de tout autre péché , tant mortel que véniel , qui pourrait se rencontrer dans la personne baptisée. Je confesse un Baptême , dit le Symbole de Constantinople, pour la rémission des péchés. Saint Paul déclare cette vérité par ces paroles : Quiconque sera baptisé en Jésus-thrist , sera baptisé en sa mort (Rom. (>) , c'est-à-dire î\ la ressemblance de sa mort , parce que , comme la vie corporelle de Jésus-Christ fut éteinte dans sa mort , ainsi le péché est éteint dans le Baptême. En effet, le Baptême est une imitation de la mort et de la résurrection glorieuse de Jésus-Christ. Il est une imitation de sa mort dans laquelle deux choses sont à remarquer, qui sont l'effusion de sou sang et l'extinction de sa vie corporelle ; car ainsi dans le Baptême , . il y a effusion de l'eau ou immersion dans l'eau, et extinction de la vie du péché, tl est aussi une imitation de sa Résurrection, dans laquelle deux choses sont encore à remarquer, qui^sout la sortie du sépulcre et la vie immortelle; ainsi, dans le Baptême, il y a la sortie hors de l'eau et la nouvelle vie spirituelle. Aussi son second effet est la grâce sanctifiante , accompagnée des vertus surnaturelles de la Foi, de l'Espérance et de la Charité. La grâce sanctifiante lave l'âme , la rend plus blanche que la neige ; c'est pourquoi saint Ambroise compare les personnes baptisées aux colombes dont il est fait mention dans le Cantique des Cantiques, qui sont lavées avec le lait (Cant. 5). Et celui qui est prêt d'être baptisé pourrait dire à Dieu comme David : Vous me laverez, et je serai pins blanc que la neige (Ps. 50). Le troisième

effet de la grâce sacramentelle , qui contient une multitude de secours spirituels , d'illuminations et d'inspirations pour accomplir la loi chrétienne et remplir tous les devoirs auxquels on s'oblige en recevant ce Sacrement ; c'est pourquoi la plupart des grâces actuelles que reçoit le chrétien , pour adhérer à Jésus-(^hrist et renoncer aux pompes du démon , pourraient être allribuées au Baptême. Le quatrième effet est la rémission et le pardon de toutes les peines qui sont dues, au jugement de Dieu , pour la punition du péché. L'Eglise a déterminé cette vérité dans ses Conciles généraux, et elle n'impose pas de pénitence ni d'oeuvres satisfactoires à ceux qui sont baptisés, le Baptême leur servant de purgatoire , et les rendant quittes de toutes leurs dettes envers Dieu , par une plus ample communication de la mort de Jésus qui s'y fait , ni plus ni moins que si nous avions enduré la mort pour nos péchés. Ainsi , à notre naissance temporelle , la transgression d'Adam nous est communiquée comme si nous y avions contribué par notre propre consentement. Or, cette parfaite communication de la mort et de la Passion de Jésus-Christ, avec lequel nous sommes morts et ensevelis par le Baptême, requérait avec l'abolition de la coulpe celle de toute la peine. Il est vrai néanmoins que les misères et les pénalités de la vie humaine demeurent après le Baptême , comme la faim, la soif, les concupiscences , les maladies, les travaux et la mortalité. Mais ces choses, qui servent de punition au péché originel pour les païens et les infidèles, changent de nature dans les personnes baptisées , et n'y demeurent pas comme des punitions , mais comme des pénalités et des matières d'exercer la vertu , et d'accroître son mérite à leur occasion. Le cinquième elfet est le caractère qui demeu- , rera éternellement comme une marque et une livrée , par laquelle il se reconnaîtra que Ton a été du parti de Jésus-Christ; ce qui servira aux bons de gloire et de consolation dans le Paradis , et aux mauvais, qui sont déchus de la grâce du Baptême, d'opprobre et de confusion éternelle dans les enfers , où ils seront remarqués et connus entre tous les autres. Le sixième effet est l'admission ou la réception dans la famille de Jésus- Christ; car quiconque est baptisé est enrôlé dans la famille et dans la société du Fils de Dieu , il est de ses soldats, il est de ses membres , et il est de ses enfants , engagé par conséquent

ù SOU parti, à lui obéir, A le suivre, à Timiter et à l'honorer. Le septième effet est Touverture du Paradis , le Baptême levant i tous les empêchements , qui sont les péchés et les peines qui en : sont la suite ; c'est pourquoi si le chrétien sortait de ce monde i incontinent après son Baptême , il trouverait libre entrée dans c le ciel; en signe de quoi, quand Jésus-Christ fut baptisé au ii fleuve du Jourdain, les cieux furent ouverts; pour nous ap- :prendre que ce serait l'effet du Baptême de rendre libre l'ou- verture du Paradis. Tous ces effets sont si grands qu'ils ont ;. donné sujet à TertuUien (1) de l'appeler le Sacrement heureux, ^^ et au Théologien (2) , de dire qu'il est la splendeur des âmes , le ..i. chnngement de vie en mieux, le renfort de notre infirmité, j. l'abjection de la chair , l'assomplion de l'esprit , la participation \-;^ du Verbe divin , l'amendement de notre naissance , le déluge -^ du péché , la communication de la lumière , l'oppression des -.-^ ténèbres , un charriot pour aller à Dieu , un pèlerinage avec Je- 5; sus-Christ, l'aide de la Foi, la perfection de l'esprit, la clef du *l royaume céleste , la communication de vie , de délivrement de la ;jj^ servitude , le déliement de nos liens , et une conversion de notre .j. être en un meilleur état; en somme, le très-illustre et le très- . éminent de tous les bienfaits de Dieu. C'est pourquoi saint ,. Louis estimait plus le lieu de Poissy , où il avait été fait chré- .^ tien et baptisé, que la ville de Rheims, où il avait été couronné roi de France , parce que les effets du Baptême sont préférables . à tous les biens et à tous les honneurs de la terre , et même aux ^, grandeurs d'une couronne. ^1

Admirez tant de nobles effets produits par un moyen si facile , et si aisé. Oh ! que grande est la libéralité de Jésus-Christ à l'égard des âmes qui entrent à son service ! Qu'il leur fait res- / sentir bénignement la suavité de son joug, les comblant tout , d'abord de tant de biens , et les délivrant de tout péché. Un ^ océan de larmes ne pourrait pas apporter une rémission de péchés plus entière que deux ou trois gouttes d'eau. Rendez '* grâces à Dieu de ce que, par sa providence singulière , vous ,' avez reçu ce Sacrement si riche et si abondant en tout bien dans ' votre première enfance avant que vous pensassiez seulement à . Dieu. Que vous avez grande obligation à ceux ou à celles qui

(i) L.de Baptl8. —(«) Greg. Nazîanz. Orat. 40.

DES SÂCR£M£r^IS. 29

TOUS ont procuré un tel bien ! Hélas ! que de millions de créatures humaines sont et seront privées d*un si grand bienfait. Déplorez leur condition , et regrettez la perte et le désastre des âmes , faute de ce Sacrement. Efforcez-vous de tout votre pouvoir pour que personne n'en soit frustré. Enfin redoutez , après le Baptême , de tomber en quelque péché mortel qui TOUS ôte tous ses bons effets, et si par malheur vous y êtes déjà tombé, recourez au plus tôt au Sacrement de la Pénitence qui peut les réparer.

m. Considérez que l'effet de la grâce sanctifiante est égal dans tous les enfants baptisés et dans tous les adultes , qui apportent une égale disposition. La raison en est que le Baptême produit son effet à la manière d'une cause naturelle , qui produit autant en un sujet qu'en un autre , lorsque les dispositions ne sont point dissemblables. Et puis, comme le Baptême est institué par Jésus-Christ avec une efficacité et une vertu nettement limitée , délaissé à sa propre force , il ne peut opérer qu'un même et pareil effet. Saint Cyprien prend à tâche d'éclaircir cette vérité, qu'il confirme par l'autorité d'un Concile de Carthage, et il compare le Baptême au soleil et à la manne. De même en effet , que le soleil répand également ses rayons dans le monde , ainsi le Baptême communique la grâce avec égalité ; et comme la manne était distribuée par égale mesure à tous les enfants d'Israël, durant leur chemin au désert , ainsi il en est de la manne de la grâce sanctifiante , qui découle du Baptême sur les enfants baptisés ; comme ils sont venus au monde aussi grands pécheurs les uns que les autres, et également infectés du péché originel, ils sont également sanctifiés. Que si l'on dit que Dieu prédestine un enfant à une plus grande gloire que l'autre , et qu'en vertu de cette prédestination , il lui fait une plus grande communication de grâce, afin qu'elle soit proportionnée à une plus grande gloire ; à cela il faut se remettre en mémoire que la prédestination se fait en vue des mérites de la vie , et que les enfants n'étant pas sauvés par leurs propres mérites , mais par ceux du second Adam , Jésus-dhrist , ainsi qu'ils étaient perdus par les démérites du premier Adam , la gloire à laquelle ils sont prédestinés n'est pas tant la cause de leur grâce que leur grâce n'est la cause et la source de leur gloire. Si donc nous nous arrêtons au cours ordinaire de la prédesti-

nation , elle n*est pas la cause pour laquelle l'un reçoive en son enfance une grâce plus abondante que Tautre. Cela pourrait seulement avoir lieu dans quelques insignes prédestinés , dont le nombre est aussi rare que la manière de leur prédestination est secrète. Quelques-uns parmi eux pourraient être plus singulièrement favorisés de Dieu dans leur Baptême , comme un savant personnage l'avance du grand évêque de Myrrhe , saint Nicolas, qui vécut saintement et pour Dieu avant que de vivre au monde. Mais le privilège de peu de personnes û'empêche pas que dans le cours ordinaire , la grâce ne se donne également à ceux qui sont dans la même disposition. En somme , la prédestination ne requiert pas que les enfants reçoivent les privilèges d'une grâce extraordinaire dans leur Baptême , mais seulement que la providence de Dieu ne permette pas qu'ils sortent de ce monde sans Baptême, et sans avoir mérité , par les moyens ordinaires des bonnes œuvres , le degré de gloire à laquelle Dieu a résolu de les élever. Quant aux adultes qui reçoivent le Baptême dans l'âge de discrétion , s'y disposant par le repentir de leurs fautes passées et la résolution de vivre soumis à la loi chrétienne, il est bien vraisemblable que Jésus-Christ, pour encourager les hommes à mieux se disposer à recevoir les Sacrements , les a institués de telle sorte , et doués d'une telle vertu , que la grâce s'y donnerait plus largement à proportion que l'on s'y préparerait mieux. C'est pourquoi celui qui aura une plus grande Foi et une plus grande contrition de ses fautes , lorsqu'il est baptisé dans l'âge de discrétion , y recevra de plus grandes grâces et de plus signalées faveurs de Jésus-Christ. De même aussi peut-il arriver qu'il ne reçût aucune grâce , s'il manquait d'attrition de ses fautes , qui est la moindre disposition , quoique suffisante pour ce Sacrement. Toutefois, comme la bonté de Dieu est grande , et qu'il ne veut pas souffrir qu'une âme repentante soit éternellement privée de l'effet du Sacrement, qui ne peut se réitérer sur elle, et qui lui est nécessaire pour la vie étemelle , il veut que le Baptême passé et reçu sans effet , faute de disposition , produise la grâce dans la suite , au même instant que cette âme ôtera l'obstacle qui arrêtait l'écoulement de la grâce en elle , se repentant sincèrement et sans plus de fiction. C'est , dit saint Thomas , comme il arrive en un corps pesant , qui tend vers le centre de la terre et y tombe , si rien ne

l'empêche et si l'on ôte l'obstacle qui l'arrêtait, il tombe de nouveau ; ainsi , quand quelqu'un est baptisé , il reçoit la grâce sanctifiante y s'il n'y a point d'obstacles qui l'empêchent ; et s*il \r a d'abord empêchement par le défaut de disposition , cet empêchement ôté, la grâce revient à cette âme, comme si le Baptême passé revivait en elle et était présent. Donc , puisque le défaut de disposition dans une personne raisonnable fait manquer la grâce , il est bien convenable que l'excellence des dispoations la fasse abonder davantage.

Je puis reconnaître â cette occasion que Dieu traite également les enfants au Baptême, tant les riches que les pauvres, et que la disposition plus grande , que quelques-uns apportent dans l'âge de discrétion , est la source des différentes grâces qu'il communique aux uns et aux autres. Ainsi Dieu n'estime que la plus grande vertu, et ne donne de préférence, dans l'économie des Sacrements, qu'aux âmes mieux préparées. Que ne puis-je de la sorte, sans acception de personnes , estimer mes frères et préférer celui-là seulement qui pratiquera la vertu dans un plus éminent degré ! Que ne puis-je également me résoudre à apporter toujours de grandes et de parfaites dispositions dans l'usage des Sacrements, pour y être rempli de plus de biens et de richesses plus précieuses de la grâce divine.

aNQUIÈME MÉDITATION.

DE I^'lNSTlTUTtON, DE LA NfiGESSiTÉ ET DCS CEREMONIES BU BAPTÊME.

I. Considérez qu'il était convenable que Jésus-Christ instituât le Baptême pour le premier des Sacrements, et qu'il servît d'entrée dans la religion chrétienne. Le Docteur subtil, raisonnant sur ce point, dit qu'un Sacrement a dû être institué pour introduire dans l'Eglise, qui fût nouveau, qui fût clairement significatif, abondant en grâce, facile à recevoir, et com-

5t2 LA THÉOLOGIE AFFECTIVE.

mun à tout le inonde. 11 fallait que ce fût un Sacrement nouveau^ car la loi de Jésus-Christ était alors nouvelle , et par elle l'ancienne loi mosaïque était abolie; or, une loi nouvelle demande une nouvelle cérémonie pour son commencement. II fallait que ce fût un Sacrement clairement significatif ; c'est-àdire qui représentât manifestement à Tesprit, et fit concevoir sans difficulté Teflet et le bien qu'il causait ; car il faut commencer par les choses les plus évidentes et les plus aisées à entendre, pour avancer de plus en plus dans la connaissance des mystères les plus cachés et les plus secrets de la religion. Comme au commencement les esprits sont moins illuminés, si les choses n'étaient claires comme le jour et faciles à entendre, ils demeureraient dans l'obscurité, sans pénétrer et sans savoir ce qu'ils entreprendraient. 11 fallait que ce fût un Sacrement abondant en grâces, par la multitude des bons effets qu'il causerait. Car il est bon que celui qui s'adonne premièrement au service d'un maître, reconnaisse qu'il est libéral et magnifique, pour être excité à le servir avec un meilleur courage. Ainsi il fallait que le premier Sacrement de l'Eglise témoignât la douceur et la magnificence de Jésus-Christ, par la multitude des dons et des grâces qu'il y ferait, pour être encouragé à se soumettre à tous les articles de sa loi. Ce Sacrement devait aussi être facile, afin que les hommes ne se rebutassent point d'abord, à cause de ce qu'ils éprouveraient de pénible et de fâcheux. En somme, il devait être commun à tout le monde, sans exception, pour leur apprendre que Dieu traitait également les chrétiens dans leur réception à l'Eglise ; ou bien il fallait qu'il fût commun dans sa matière, qui se trouve communément partout, parce que la religion chrétienne devait être commune à tous les hommes sur la terre. Or, toutes ces qualités se rencontrent avantageusement dans le Baptême. C'est un Sacrement nouveau ; car avant Jésus-Christ il n'y avait pas eu au monde un Sacrement pareil qui ne demandât qu'un peu d*eau. Le Baptême est aussi très-significatif et très-expressif de la grâce, qui rend les âmes nettes des souillures du péché ; car qu'y a-t-il de plus aisé à se représenter, sinon que l'âme est lavée par la grâce, en voyant le corps lavé par Teau , et en entendant ces paroles : Je te baptise, c'est-à-dire : Je te lave, au nom du Père, du Fih et du Saint-Esprit, Le Baptême est aussi fort

DES SACREBIENTS. 35

riche en grâces, remettant non-seulement tous les péchés grands

et petits , mais aussi apportant une abolition et un pardon

entier de toutes les peines qui leur étaient dues, et produisant

encore plusieurs autres bons effets ci-devant considérés. C'est

limitation de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ. De

h mort, parce que, de même que Jésus-Christ mourut baigné

dans son sang, ainsi, par le Baptême, la vie du péché est éteinte

dans l'eau baptismale; de' la résurrection, parce que, comme

lésus-Christ sortit du tombeau avec une nouvelle vie , sans

incone plaie ni aucune peine, ainsi le baptisé sort des eaux sans

aucune plaie ni peine du péché, ayant une nouvelle vie. Le

Biptême est aussi facile à recevoir ; car il n'y a point de fer ou

de pierres tranchantes comme dans la circoncision des Juifs ; le

péché originel y est lavé facilement avec un peu d'eau, tandis

qne chez les Juifs, il ne pouvait être effacé sans effusion de

mg. Enfin le Baptême est commun à tout le monde et l'eau se

trouve dans tous les endroits du monde, en sorte que tous les

kommes qui sont tous obligés par la loi de Jésus-Christ, peuvent

facilement l'accomplir. Le Sauveur, en effet, sur le point de

foitter la terre par son Ascension au ciel, et brûlant de Charité

en son cœur pour le salut de tous les hommes, les recommanda

instamment à ses Apôtres, et instituant le Baptême avec toutes

ces qualités, leur donna ce commandement : Allez doncy ensei-

fnez toutes les nationSy tes baptisant au nom du Père^ et du Fils, et

iuSaint'Espnt (Matth. 28).

0 amour suave ! ô Charité universelle de Jésus-Christ dans l'institution de ce Sacrement! 0 Dieu infini l que louerai-je davantage, ou la grandeur de votre amour, ou la merveille de Totre sagesse dans cette sainte et adorable institution? Que je loue l'une et l'autre, et que je convie toutes les âmes à vous remercier de ce premier Sacrement. Hélas! tous les enfants baptisés par défaut de raison ne vous louent pas de ce bien, et peu de personnes raisonnables vous savent gré de ce merveilleux bienfait. O Seigneur ! au nom de tous, des petits el des grands, je vous rends grâces et je vous adore profondément de ce que TOUS nous avez donné le Baptême, pour nous introduire par lui dans l'Eglise, et nous y consacrer à votre service.

U. Considérez que la réception du Baptême est nécessaire à tous les hommes du monde, grands et petits, pour être déli- V. 3

54 LA Tqj^QLOGlfi ^FEGTIVE.

yrést du péché originel et arriver à la vie éternelle. Les paroles? 4e la Yérité sont expresses sur ce point : Si quelqu'un ne ren(û/ par l*eau et par reiprity c'est-à-dire par la grâce du Saint-Esprit, U ne peut entrer au royc^me de Dieu (Jean, 3). Tous les bomnoes viennent au monde dans la contagion du péché originel, qui le^ rend enfants de colèir^ et Tobjet de Tindignation de Dieu, qui ' fa^t qu'ils ne verront jamais sa face et la merveille infinie i% son essence, s*iU ne SQ^nt piurifiés par l'eau et par les parole» sacramentelle du llaptégie, qui guérit leuv maladie oriigiiielU, et réforme leur preoûère naissance seloyo^ U chair, par \m i^aissançe tQUle spirUuelle. Car, çoiume ajqute la même Vérité : Ce qui cU né ie> la chai^ ^ chnir, et ce qui est né de Vesprii e^ esprit; c'est pourquoi je wu^ ai d^t qu'il fallait naUre de nouveau, c'est à sav^r ppui^ dayei^r céleste et, spivituel en accomplisssvat les obMg^Uon^ du B^s^ptôm^, qui soumet les âmes à la loi imm^ culée de illésijiiS-Çhri^t. l^ja si^itfc^ 4^ cette nécessité est que to«|i^ les bQOiin^^, coi]^i4ér&ir CQfpw^ e4^nt& e( comme aieQç^>re«k d'Adkpçi., é^atient QbUgé# d^ ^ sauver pa,r le don de la jusU^ originelle dan& laqH^le Us devaient paître et étaient teaus^ i», se. con^sei^ver. Celait l'ordre premier que Dieu avait iasiUué pour le salut des hommes. Or^ conune celui qui ne peut «ageir est obligé d'avoir un navire pour passer la rivière, et qm. cepeod^t, s'il jette un p.90A ^w la rivière> il peut se passer 4e n^^vire. ; aipsi il m arrive en ce fait, Tbomme étant de soi-mêfine incapable de passer de la terre au ciel, était obligé à la justice ojriginejle, qui. lui eût 4on9é le moyen de se sauver en qualité de membi:e d'Adam; mai^, depuis l'Incarnation, Dieu change cet oi:dre, lui donnant ua pont pour passer au ciel, lequel pjoftt est la grâce bApti$03<ale, qui rend les hommes membres de Jésusr Christ, eu% qui étaient auparavant les membres d'Adam. L'ordve doi^c de se sauver éta^t changé, l'homme est exempt de l'obligation qu'il avait d'avoir la justice originelle, mais il est tesM de passer par l^ ponjl du B'aptéme. Cette nécessité du Baptême est si grande, et avouée si certainement dans l'Eglise, que jajgaais elle n'a ordiooaé de foire des prières pour les enfants décédés sai2s Baj^tfême, et mêm.e elle n'a jamais permis qu'iU eussent leur s^pultui;e en terre sainte, les tenant commâ perdus et incapables d'arriver jiamais au Paradis. Saint Augustin rend téi^oiênige de cette créance universelle de l'Eglise, écrivant à

DES SACIWBiENTS. SB

md JérôiQd que quiconque dira que les peUis, qui sortent de cette ¥16 sans le Sacrement et sa participation^ seront vivifiés m Jésus-Cbrist, celui-là condamne toute TEgUse dans laquelle oa se haie de porter les enfants à baptiser, parce que Ton croit stts aucun doute qu'ils ne peuvent être autrement vivifiés en Usus-Christ. £t il ne faut pas croire que, lorsque le Baptême 18 peut être appliqué pour quelque raison» Dieu y supplée par fielque autre moyen extraordinaire, de peur que les enfants ne pAriûent. Car ce moyen extraordinaire a été inconnu de tous kl Pères et Docteurs de TEglise, qui n'a jamais eu connais* MMe de ee secret si important, et partant elle n'a jamais pu • résoudre à prier pour le salut d'un enfant décédé sans Bap- Hme^BOB pliks que pour un pécheur adulte décédé sans pénitnce, croyant le Baptême aussi absolument nécessaire au salut i» eeuK^lày que la pénitence au salut de celui-ci. C'est pourfMÎ €• qu'a mis en avant l'hérésiarque Calvin, que les enfants ém fidèles irenaient au monde sanctifiés, sans qu'il fût besoin fadaumstrer le Baptême à de tels enfants , est une maxime fleme de créante suggérée par Satan, le mortel ennemi iee heninea; maxime» qoi a fermé le Paradis à un nombre JdBriUe de petits enfants , auxqueb les parents hérétiques Mt diJBré le Baptême, en sorte que, la mort les leur ravismH, les a privés et les prive encore tous les jours de Il félint4 éternelle, laquelle Jéses-Christ a résolu de ne don- HT à aneun sans la réception de ce Sacrement, qu'il a établi ans TEglise comme l'arche au temps du patriarche iNoé, hors et le«pielte persoane n'échappe du déluge. Grand décret à la grande résolution, e» suite de laquelle des enfants sans ihre périssent tous les jours, ou par avortement, ou par la éttcnlté de t'enfantement, ou par d'autres voies , sans que ce JiMÉde nique de salut leuv soit appliqué. Mais pourtant si Ihm ces misères lamentables les jugements de Dieu sont cachés eioeeuUes, ils ne sont point injustes et reprébensibles ; car Kes, après le péché originel, pouvait laisser tous les enfants d'Adam dans l'état de leur ruine et de leur disgrâce sans les en nltver. Néanmoins, il ne l'a pas soufert ; il a ordonné ce re- ■ède, le plus commun et le plus facile de tous les remèdes, qui fievait être appUqué par d'autres à tous les enfants, ainsi qu'ils i^ liaient éiir p«rd>us par la volonté d'autrui. Et s'il ue peut être

36 LA THÉOLOGI£ AFFECTIVE.

appliquée quelqu'un, ce défaut prend sa source .dans^ la faute de celui qui , par malice , ne veut point baptiser l'enfant, ou contribue tellement par son péché à troubler l'ordre des causes secondes, qu'un enfant ne peut naître pour être capable de renaître ; en sorte que ce malheur ne peut être attribué à Dieu, qui, comme cause universelle, doit laisser aller les agents naturels selon leurs instincts et leurs mouvements propres , sans troubler à chaque instant l'économie de ce monde. Dieu, par cette conduite, montre la suavité de sa providence, ne voulant pas user de violence sur les êtres de la nature, et la sévérité de sa justice, permettant ces choses en punition du péché, comme aussi sa miséricorde singulière à Tégard de ceux qui viennent au monde dans des circonstances telles que le Baptême leur est heureusement appliqué.

Oh ! quelle grande obligation avons-nous à Dieit pour ce sujet! Quand je jette ma pensée sur les quatre parties du inonde, où tant de peuples sont enveloppés dans un déluge de perdition, sans y trouver l'arche du Baptême, je me sets excité à m'écrier : Ah ! Seigneur, que vous ai-je fait pour recevoir la faveur singulière du Baptême ? Comment ai-je été préféré à tant d'autres qui vous eussent mieux servi que moi ? Vous m'avez regardé, Seigneur, lorsque je n'étais encore que dans les maillots et dans les misères de mon enfance première, vous m'avez alors prévenu de vos bénédictions ; c'est pourquoi mon âme s'en réjouit maintenant et vous en rend mille actions de grâces, et mon cœur en tressaille d'allégresse. Qui vous est semblable, ô Seigneur! en desseins merveilleux? Vos œuvres sont admirables et vos affections incomparables. Oh ! jamais le temps ne m'arrachera de la mémoire le ressouvenir de vos bienfaits anciens à mon égard. Ah! continuez-les. Seigneur trèsmiséricordieux, et comme en entrant dans la vie de ce monde, j'ai reçu le premier Sacrement, faites aussi que je n'en sorte pas en mourant que je ne reçoive le dernier Sacrement que votre bonté nous a donné pour ce temps : Quand la force me manquera, ne me délaissez pas,

III. Considérez les principales cérémonies du Baptême, tant celles qui le précèdent que celles qui le suivent. Car il n'y a point de Sacrement qui s'administre avec une plus grande multitude de belles cérémonies, tant parce que c'est l'entrée de

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l'Eglise, qu'afin qu'il ne fût pas peu estimé pour la vilité de la matière, qui n*est que l'eau commune et naturelle. Celles qui précèdent sont principalement le catéchisme, l'exorcisme et le renoncement aux pompes du démon. Le catéchisme s'y fait en deux façons, par des paroles expresses et par des signes qui instruisent le baptisé de ce qu'il doit faire. Et bien qu'aujourd'hui ceux qui reçoivent le Baptême, étant ordinairement petits enfants, n'entendent pas ce catéchisme, il se fait néanmoins peur garder l'uniformité. Et puis il sert aux parrains et aux assistants pour leur apprendre l'obligation qu'a l'enfant de savoir les mystères de la Foi et la pratique des bonnes mœurs, et en nn temps à contribuer à le lui enseigner, outre que cela leur rappelle à eux-mêmes leur propre obligation. C'est pourquoi ce catéchisme consiste en paroles qui expliquent les principaux njstères de la Foi, et en quelques signes qui déclarent les konnes mœurs que doit avoir le baptisé, comme le signe de la croix qu'on lui fait sur le front, pour signifier qu'il ne doit pas avoir honte de la croix de Jésus-Christ ; on la lui fait aussi sur la poitrine et sur les épaules, pour dire qu'il doit la porter intérieurement, et extérieurement supporter de bon cœur le joug de la religion chrétienne. Le sel qu'on lui met dans la bouche représente qu'il doit prendre goût aux choses pieuses, et les pratiquer avec saveur de dévotion. Il en est de même de la salive dont on lui touche les narines et les oreilles ; car c'est pour loi apprendre qu'il doit réveiller et exciter ses sens pour tout ce qui est des choses divines. Enfm, les injonctions qui se font avant le Baptême servent à lui montrer qu'il doit être disposé è combattre ses ennemis invisibles, parce qu'anciennement les soldats , avant de combattre, étaient oints avec l'huile. La seconde cérémonie principale est l'exorcisme , par lequel le baptisant conjure le démon de laisser libre celui qu'on va baptiser, lequel, à raison du péché originel, est délaissé à sa puissance; c'est pourquoi cette cérémonie n'est pas inutile, elle sert à ce que le démon n'apporte point d'obstacle au Baptême, et qu'il n'exerce pas de cruautés contre l'enfant, comme il arrive quelquefois. A cette cérémonie appartient le souffle, par lequel on traite le démon avec mépris, comme s'il n'était qu'une paille légère qu'on chasse par le souffle. L'imposition des mains du prêtre avec la bénédiction, déflote qu'il prend possession

de l'enfant et ferme les avenue» au démon, pour qu'il n'y entre jamais. La troisième cérémonie est le renoncenHent à S^lan 0t A ses pompes, parce que celui qui est baptisé fait profession (te renoncer à toutes les vanités , à toutes les concupiscences da monde, et à toutes les mauvaises suggestions de Satan, pour s'adonner entièrement au parti de Jésus-Christ, se séparant ainsi des Egyptiens, comme firent les enfants d'Israël «vaut de passer la mer Rouge, qui est la représentation du Baptême. D'où vient que saint Pierre l'appelle l'interregatian i'nne bmae conscience envers Diev (i. Pierre, 3), c'est»à-dire rexamea et U recherche de Tétat d'une âme envers Dieu, savoir si elle est bien ferme et bien résolue aux œuvres de son service, à abandonner le parti de Satan et à renoncer à toutes ses suggestions. C'est pour>quoi, après que le prêtre a demandé à celui qui doit être bUptisé, s'il renonce à Satan et à ses pompes, il lui demande «près s'il -veut être baptisé, comme s'il lui demandait s'il veut être des sujets, des membres et des enfants spirituels de Jésus^hrist, pour accomplir toutes les obligations de sa loi. Après quoi il le baptise par l'application de l'eau et la prononciation des paroles sacramentelles , qui font l'essence du Baptême et confèrent U grâce sanctifiante et les effets dont nous venons de parler. En confirmation de quoi s'ensuivent trois autres cérémonies, qui sont la vêture de la robe blanche, l'onotion au sommet de la iéte avec le chrême, composé d'huile et de baume, et le derge allumé qui se met dans les mains de l'enfat^t baptisé» La robe blanche est pour témoigner la pureié et là splendeur d'une innocence angélique; le chrême est pour témoigner la dignité royale à laquelle il est élevé par le Baptême ; car il est incorporé et uni au corps mystique du Roi des rois, et doit attendre le royaume éternel; le cierge allumé sert pour témoigner la Foi par la lumière, l'Espérance par sa droiture, et la Charité par son ardeur, qui sont les trois vertus théologales qu'il reçoit avec d'autres dans le Baptême, et lesquelles il doit représenter à la fin de sa vie ; c'est pourquoi à la mort, le cierge allumé lui est encore mis entre les mains. Ce sont là les principales cérémonies qui s'y observent encore aujourd'hui, dont les écrits des anciens Pères rendent des témoignages très-illustres , y ajoutant d'autres raisons et d'autres particularités que les pliis curieux v méditeront. *

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De ce que nous avons considéré, nous devons apprendre avec uel respect ^et quelle révérence se doit traiter ce Sacrement que TEglise , guidée par le Saint-Esprit, administre avec tant de mystérieuses cérémonies. Noui devions aussi reconnaître quelle est notre obligation après le Baptême, et combien nous devons être saints et éloignés de toutes les œuvres que suggère Satan, qui sont la superbe, l'envie, les inimitiés, les contentions, les émulations, les colères, les querelles et les dissensions, et toutes les concupiscences de la terre ; car nous y avons renoncé dans le Baptême , pour nous consacrer uniquement à Jésus- Christ. Or, examinons un peu combien il s'en faut que les chrétiens si'acquittent de ces devoirs. Quand plusieurs d'entre eux auraient renoncé à Jésus-Christ, et se seraient soumis à Satan, pourraient-ils mieux suivre ses pernicieux desseins , et plus complètement avoir oublié Jésus-Christ, et tout ce qui est de son amour et de la révérence qui lui est due ? Rentres en vousmême, et voyez combien de fois vous ave2 contrevenu aiii devoirs de votre Baptême. Dites après uii girand {lersènnage : Seigneur, vous saveE qu'après mon Baptémd j'fti eu vos commandements à niépris , que je n'ai fait que par liégligenee It bien que je devais ^ et fait avec audaee le mal que je devais éviter ; par la concupiscence , j'ai opitittiis plosieufti péehés de la vue, de Toufe^ du goût, de l'oddràt^ dU toucher^ eh pensées^ en paroles et en œuvres. Je n'ai j^oint gardé et aecompli eb que j'ai promis dans le saint Baptême^ en présence de vos ailges et de vos Saints. 0 Seigneur! mut connnietet mb folie, et met péchés ne vous sont point caihét (Ps. 68). Fàitëil-mbi miséricotdt) et donnez-moi la grâce de faire pénitenè^; D mon Roi souverain! ne permettez pas que mon cruel ennemi vienne à bout de ses desseins contre moi, lequel est résolu de vous offenser et de me perdre , et tourne comme un lion rugissant , cherchant à mé iévorer. Je l'ai renoncé une fois dans le Baptême, j'ai Mi ptù" fession d'adhérer à vous. Faites, ô Créateur très-stibliihe ! pat* votre protection perpétuelle, qtie je sois tel qtt^ toUë m'âtez fait la grâce d'avoir été par l'eau de la régénémtioh ; et puisque j'ai commencé une fois d'être à vous, que je ne connaisse jamais d'autre maître..

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