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TROISIÈME MÉDITATION

ta LA DISTRIBUTION DES AMES EN DIVERS LIEUX APRÈS LE JUGEMENT PARTICULIER.

I. Ckmsidérez la distribution des âmes en divers lieux ; car après la mort de Jésus-Christ, par laquelle le limbe des anciens Pères a été dépouillé et fermé, il y a quatre lieux ou demeures où elles sont reçues, savoir : le Paradis, l'enfer, le purgatoire elle limbe des enfants. La raison en est que les âmes se séparent de leurs corps en quatre états différents, selon lesquels il leur flwit asrigner diverses demeures. Car quelques-unes se séparent de leurs corps sans aucune coulpe, comme sont celles des enfants baptisés, des martyrs et des hommes parfaits qui ont vécu dans Tamour de Jésus-Christ, auxquelles est ouvert le Paradis, oA est Taffluencé de toutes sortes de biens pour les béatifier.

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Quelques-unes se séparent de leurs corps avec la coulpe mortelle et actuelle, et leur retraite est l'enfer où est la peine da sens et du dam et la privation étemelle de la bienveillance de Dieu. D'autres avec des coulpes vénielles ou quelques restes do péché qui n'ont pas été entièrement expiés par une pénitence assez rigoureuse, auxquelles le purgatoire est préparé pour les y purifier par une peine temporelle. En quatrième lieu, d'aob^s âmes quittent le corps avec le péché originel, auquel le remède du Baptême n'a pas été appliqué, et ces âmes descendent dans le limbe des enfants, au fond de la terre, aux environs de l'enfer et du purgatoire, où elles demeurent privées de la vue de leur Créateur pour toute ^éternité. L'angélique Docteur, pour confirmer ces choses, dit que diverses retraites sont destinées aux âmes à proportion de leurs mérites, et que comme les corps, par leurs propres poids sont portés en divers endroits, ainsi les âmes par leurs divers mérites. Ces retraites sont donc des lieux de récompense ou de peines ; de récompense et c'est le Paradis; ou de peines, et ces peines sont ou éternelles, ou temporelles, si ce sont des peines' étemelles , ou elles sont pour le péché commis par leur propre volonté , et c'est l'enfer , ou pour le péché contracté par la naissance et originelle, et c'est le limbe des enfants. Si ce sont des peines temporelles, ou elles y sont encore pour les péchés commis par leur propre volonté, et c'est le purgatoire ; ou pour le péché contracté par leur naissance, et c'est le limbe des Pères qui étaient arrêtés là jusqu'à là mort de Jésus-Christ, par laquelle est faite la rédemption du péché d'Adam. Que si l'on dit que comme il n'y a qu'un seul lieu de récompense, il n'y en doit avoir qu'un de peines, et que quelques âmes souffrent en plusieurs endroits de la terre, à cela on répond que comme Ton n'est bon que d'une manière , en tirant droit au but de la vertu, et que l'on peut s'en écarter en mille façons, aussi il n'y a qu'un lieu de récompense et plusieurs lieux de peine. Que si quelques âmes, selon les jugements de Dieu, sont tourmentées dans quelque endroit de la terre, où peut-être elles ont péché davantage, comme il est souvent apparu, et que des auteurs dignes de foi le rapportent, ce que saint Thomas même n'improuve pas, écrivant que pour les peines du purgatoire, en ce qui n'a pas été déterminé de TËglise, il s'en faut tenir à ce qui est plus conforme aux paroles et aux révélations de plusieurs

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Saints, toutefois il dit qu'il y a deux sortes de lieux où les âmes sont purifiées après cette vie, l'un selon la loi commune, qui est le purgatoire, proche de l'enfer ; l'autre lieu est de dispense, selon qu'il plaît à Dieu de dispenser quelques âmes de la loi commune^ leur assignant un autre lieu pour expier leurs fautes. C'est pourquoi l^s souffrances de quelques âmes hors du pur* gatoire sont choses extraordinaires que Dieu ordonne , tant pour l'instruction des vivants, afm qu'ils reconnaissent l'immortalité de l'âme, et appréhendent les châtiments de l'autre vie qui ne leur paraîtraient pas dans leurs propres lieux , que pour le soulagement des morts , qui soAt plus légèrement tourmentés hors du purgatoire , et trouvent plus facilement de l'assistance, faisant connaître leurs peines à ceux qui peuvent les soulager par leurs suffrages. Et néanmoins, comme ces choses arrivent peu souvent , il est toujours vrai qu'il y a quatre lieux ordinaires pour recevoir les âmes qui se séparent de leurs corps.

Appréhendez la justice de Dieu , incertam que vous êtes du lieu où l'âme doit aller en se séparant du corps. Où ira donc cette substance spirituelle ? que deviendra cet esprit immortel , après avoir quitté sa maison terrestre et corruptible? Où ira et sera mené ce voyageur qui dans l'obscurité de la nuit est saisi des voleurs en une grande forêt, et ne sait où il est conduit, et ce qui lui doit arriver? Un empereur payen s'écria dans l'agonie et les frayeurs de la mort : Ma petite âme effarée, toute pâle . toute nue , hôtesse et compagne de mon corps ! en quels lieux aborderas-tu désormais? Ah! tu ne railleras plus comme tu faisais? Un jeune seigneur chrétien prononça dans les mêmes circonstances ces paroles , qui tirèrent les larmes de tous les assistants : Je possède beaucoup . de richesses^ et j'ai quantité de maisons et de châteaux, et où sera mon gîte, cette première nuit de mon départ? Mais n'attendons pas à faire ces réflexions à l'extrémité; faisons-les de meilleure heure, et considérant ces diverses retraites , choisissons la plus souhaitable. Dieu nous donne assez de grâces pour y arriver, si nous ne manquons de notre côté. Concevons donc un grand désir d'aller en Paradis, et disons : A quelque prix que ce soit, je veux aller en Paradis : Que vos Tabernacles sont aimables ^ Dieu des vertus (Ps. 83)! Hélas! quel bien me restera-t-il si mon âme

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S4S là ntOliOOIB AffMTTVl.

est perdue! Seigneur y k$ morte ne tHmUmmimipêi, MtameemfA deêcendent en enfer (Ps. 113).

II. Considérez plus particulièrement ce qui a été dit ^ qui les âmes pures et nettes de toutes coulpes et peines do péeM» étaient à leur sortie du corps reçues dans le ciel pour jouir de la vision de Dieu. Il est bon de peser davantage cette belle f" vérité , tant pour faire vivre en nous l'amour de Dieu , qui se nourrit dans les pensées de l'autre monde, que pour résoudre les difficultés de quelques opinions contraires à oe point ; car Tertullien a pensé que les âmes des justes, au sortir du eorpi) étaient détenues en quelque lieu supérieur aux enfers , jusqu'à \^ la résurrection générale , et qu'elles n'étaient pss admiseï ^ aussitôt à la possession de la gloire céleste ; ce que liaetanoe ^ a étendu davantage à toutes les ftmes, qu'il disait être déta» ^* nues jusqu'à la fin du monde en une même demeure : ce qu'ont !* aussi estimé plusieurs hérétiques. Et durant la pontificat ié ^ Jean XXII, il y avait grand débat sur ce sujet; savmr, n led " ftmes justes au sortir de leurs corps , ou après leur parfaite ^ expiation dans le purgatoire, étaient admises à U vision de > Dieu , avant la résurrection. On alléguait que ces Amei ' étaient encore dans l'espérance qu'elles seraient exaltées ai 1 jugement dernier, et qu'elles demandaient la vengeance de 1 ceux qui avaient martyrisé leurs corps sur la terra, comme il est dit dans l'Apocalypse , des âmes des martyrs , qui étaient sous Tautel , demandant à Dieu qu'il vengeât leur sang. Toutes choses qui sembleraient ne pouvoir convenir à des âmes unies à l'essence divine par la béatitude. Car l'espérance n'existe plus quand on a la possession du souverain bien) et parce que ce bien est le souverain et le plus grand de tous , elle ne peut s'étendre au delà. Enfin le désir de la ven-* geance n'est pas dans des âmes bienheureuses. Ces raisons et autres faisaient impression sur les esprits, en sorte même que le Souverain-Pontife, comme docteur particulier , inclinait à cC^parti, quoique, par la Providence de Dieu, il n'eût jamais défini ce point, ni enjoint à l'Eglise par son autorité apostolique de le croire pour véritable. Aussi l'Ecriture- Sainte , les Pères et la raison enseignent le contraire. Car Jésus-Christ dit au bon larron : Tu seras aujourd'hui mec moi dans le Paradis (Luc. 23). Et la parabole évangélique porte !

DE là, B&IIIUEGTIÛSI GtRÉlULE. 54S

£# «0tr étmt vmu , le Srignewr de la vigne iKl é m» ppmttênr ^ appelle Uâ ouvriers et donne leur réeompenee (Math. 30) , car le ^oir signifie la mort de chacun; et saint Paul dit : Pendant quo nouM êommei voyageurn en ce eorpe , noue tomtneê ékignéi du Sei» gneur : cornom marchon» dam la Foi, et nonpoidane la mon : wuûe neu» avons confiance et nous aimons mieux être hors du corps , pour être avec le Seigneur (ii. Cor. 5), Presque tous les Pères ont éU i/e cet ayis , entr'autres le martyr saint Justin dit : Après la sortie de l'âme de son corps , aussitôt se fait la séparation des bons et des mauvais : car ils sont menés aui lieux qui leur coia^ viennent I les bons en Paradis où est la familiarité , et la vue des Anges et Archanges , et du Sauveur Jésus-Christ. Saint Jérôme écrivant sur le trépas d'une sainte femme , maintenant, dit-lt (1), elle est en jouissance de la béatitude étemelle , pour un travail de peu de durée, elle est reçue par les chœurs des anges, et elle dit : Nous avons vu dans la cité du Seign^inr des vertus ce que nous en evons entendu raconter (Ps. 47). Hais il n'est pas ici nécessaire de prolonger ce catalogua , que l'on peut voir ailleurs , il suffit que le pape Benoît XII, après une longue dispute, Tait décidé» Aoasi la raison persuade fortement cette vérité : car Dieu a luimême porté la loi de ne pas retenir ou différer le loyer du merœnaire : et dès lors il ne tardera pas si longtemps à récompenser ses fidèles serviteurs et ses loyales servantes : et puisque les imes injustes sont incontinent après leur mort précipitées aux enfers, lui qui est plus porté à la clémence qu'à la sévérité » élèvera bien plutôt les justes dans le ciel ; c'est encore le fruit de la Passion de Jésus-Christ, d'avoir ouvert le ciel où il a mené les âmes des limbes, bien plus y élevera-t-il les ftmes des chrétiens, qui, pour ce sujet , se consolent dans cette douce espérance parmi les travaux de cette vie. Aussi l'Eglise en canonise plusieurs par la déclaration solennelle de leur sainteté et de leur félicité , qui fait qu'on les révère et qu'on les invoque , comme ayant beaucoup de puissance auprès de Dieu auquel elles sont unies par leur béatitude. Et quant aux raisons contraires , elles ne sont point assez fortes pour nous priver de cette consolation i car l'espérance qu'ont les âmes des justes après eette vie , n'est que pour la résurrection des corps , non pour la

(I) Bp^t. td MarcellatR de obita.

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vision de Dieu y qu'elles possèdent actuellement. Aussi leur exal- Ji tation plus grande n'est qu'accessoire , et non essentielle à leur félicité. Et, si elles demandent vengeance des tyrans et des meurtriers de leurs corps , ce n'est que par un zèle de justice bien réglé , qui est conforme à la volonté de Dieu même , désirant la destruction du règne du péché , et que les adversaires de b: Jésus-Christ soient confondus , el leurs forces anéanties. ^

Je ne dénierai donc pas et n'envierai pas aux^ âmes des Saints cette condition heureuse de voir la face de Dieu. J'espérerai ce bien pour moi, je me consolerai en cette consi- ic dération parmi toutes les peines et les misères de cette vie : {:î et puisqu'on peu de temps nos années se passent , et qu'un si grand bonheur nous est préparé , si nous ne nous en rendons pas indignes , je mépriserai tous les contentements passagers de ce monde pour le plaisir ineffable qu'il y aura de contempler l'essence divine. Que les voluptés terrestres sont basses et chétives , qu'elles sont méprisables en comparaison de ce torrent de délices! Le cerf étant chassé ne s'arrête pas aux petites eaux, il attend qu'il trouve une grande rivière pour se rafraîchir. Ainsi j'attendrai ce torrent abondant de voluptés célestes, et je dédaignerai les plaisirs de la terre , comme de trop petites eaux. L'âne sauvage ne veut pas désaltérer sa soif dans une eau trouble et bourbeuse , il attend qu'elle soit épurée. Les ânes sauvages attendront en leur soîf{Vs, 103) : ainsi je regarderai tous les plaisirs du siècle , comme des eaux troubles et fangeuses , pleines d'iminoiulices et d'impureté : mais les plaisirs célestes de la visi^m «le Dieu, sont tous purs ; je les attendrai courageusement, et ceficndaiit je me soumettrai à la charge et au fardeau de la pénitence. Je détesterai la tiédeur dans le service divin et dans tous les exercices de piété. 0 Seigneur! délivrez-moi de la tiédeur des âmes qui ne vous cherchent point ardemment, et qui n'ont pas une ferme et vive espérance des biens du Paradis.

m. Considérez que , selon quelques-uns , le purgatoire a deux parties : l'une est celle où les âmes souffrent la peine du sens par le feu qui les tourmente , et la peine du dam , à cause qu'elles y sont privées de la vision de Dieu , dont il a été traité ci-devant. L'autre partie du purgatoire est celle où les âmes sont seulement tourmentées de la peine du dam , et ne souffrent point le feu> mais seulement y sont affligées

^andement pour être privées de la vision de Dieu , qu'elles souhaitent avec des désirs indicibles. Le Docteur extatique met ce point en controverse , et apportant plusieurs preuves de part et d'autre y ne le veut point résoudre affirmativement , ayant peine d'un côté d'assurer quelque chose contre l'opinion commune des docteurs qui ne font point mentiyi de cette seconde partie du purgatoire , et d'ailleurs ne pouvant appe* 1er fantastiques ou menteuses les révélations et les visions qui autorisent ce purgatoire, tant que l'Eglise ne prononce pas; parce que , dit-il , ceux qui ont décrit et approuvé ces visions y sont des hommes très-savants et très-religieux , et quelques-uns d'entre eux sont docteurs en théologie. Or, ce qu'il n'a pas osé assurer déterrainément , d'autres l'ont tenu pour certain , appelant cette partie du purgatoire un Paradis terrestre, ou un purgatoire de désir, où les âmes soupirent après la vision de Dieu d'un désir très-ardent, qui fait qu'elles souffrent merveilleusement de se voir retardées d'arriver à ce souverain bien. Le grand saint Grégoire en fait mention en ses Dialogues, où racontant qu'un chrétien, dont l'âme fut remise en son corps, après avoir vu les joies des bienheureux et les supplices des damnés, il ajoute qu'après avoir passé un pont périlleux , il vit des prés florissants où il y avait plusieurs demeures occupées par des hommes blancs, qui étaient récréés par la suave odeur de ce lieu, qui est ce purgatoire de désir ; à quoi se rapporte ce qu'écrit le vénérable Bède, et aussi ce qui est raconté dans la vision du soldat Tondalus , qui fut après sa mort conduit en tous les lieux où allaient les âmes des mourants. Mais, pour ne pas apporter ici toutes les visions qui concernent ce sujet, il suffira de considérer ce qu'en écrit sainte Brigitte, où elle divise le purgatoire comme en trois étages, dont le premier est rempli d'horribles tourments de feu et d'animaux terribles qui tourmentent les âmes ; le second, où les âmes sont punies par une certaine faiblesse et défaillance de force, jusqu'à ce qu'elles soient délivrées par les prières de leurs amis, ou les suffrages de l'Eglise ; et le troisième est celui où il n'y a d'autre peine que le désir d'arriver à la présence de Dieu, et à sa vision bienheureuse. En ce lieu, dit-elle, plusieurs demeurent, et très-longtemps, parmi ceux qui, dans le monde, n'ont pas eu un désir parfait de parvenir à la présence de Dieu et &

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la vision bienheureuM ; et elle ajoate encore que peu de eein qui ont bien vécu écbappent i ce Heu où est le désir de parvttsir à Dieu, et qu'en ces trois lieux les âmes reçoivent do poulageif ment des suffrages et des prières de leurs amis et de celles de la sainte Eglise. Or, ce discours ne doit pas être facilement méprisé, attendu que 1^ Concile de Constance a fait examiner ces révélations par des hommes très-pieux et très-savants, Ym desquels a porté ce jugement de sainte Brigitte, lai attribuaat ce que dit TËcritur^ de la sainte veuve Judith s Tout ce que iu m dit eit vrai, et il n'y 0 rien à reprendre en tee parolee (Judith, %)* C*est pourquoi le docte Cardinal Bellarmin admet et défead \ ce purgatoire de désir t comme aussi l'interprète de ces révélations qui a fait plusieurs ren^arques & ce siyet. fit la chose semble assea vraisemblable d'elle-même , car on ae passe pas d'une extrémité i une autre, sans passer par quelque milieu. Et comme le purgatoire où est la peine du sens et du dam contient deç peines très-grièves et très^semblables à celles des damnés , excepté leur durée, il y a grande apparence qu'on ne passe point de ce purgatoire rigoureux à la béatitude du ciel , sans passer au préalable par ce Paradis terrestre ou ce purgatoire de désir, où il n'y a que la peine du dam , ce que l'on peut aussi présumer de la bonté et de la clémence de Dieu, qui ne permettrait point facilement que plusieurs personnes qui se sont bien employées à son service, et à plusieurs œuvres d'austérité et de mortification, pour quelque négligence ou tiédeur à souhaiter le Paradis, éprouvassent, après cette vie, des peines presque semblables à celles des damnés. Car il fait toutes choses avec poids, nombre et mesure, et la différence des péchés véniels est assez notable pour recon^ naître ces différences dans le purgatoire, qui les doit expier, vu principalement que l'Eglise ne dit rien contre cette opinion, non plus que l'Ecriture-Sainte.

Je recevrai donc cette doctrine, et la croirai pieusement, pour apprendre de là combien il est important d'aspirer sou* vent, par de brûlants désirs, après la présence de Dieu, puis*qu'il y a un lieu dans le purgatoire destiné à punir ce manque^ ment. Je me représenterai aussi qu'une âme dans le purgatoire est semblable à un prisonnier, qui a enduré premièrement une torture très-griève, de laquelle il demeure plusieurs jours tout

DE U itiimilECTIOlf oAhéiale. S47

*ompii, lassé et àémié de foroeSi et qui est mis sur le préau de ia priftOHy où il est longtemps, attendant sa liberté par le secours îles personnes miséricordieuses ; ainsi il en va de la plupart de ces ftnies. 0 Dieu miséricordieux, envoyez l'esprit de Charité et de miséricorde aux chrétiens de la terre, afin qu'ils assis* tent plus abondamment ces âmes qui soupirent après votre présence ; faites aussi, Seigneur, que nous vous désirions ardemment, vous qui ôtes notre souverain bien; et qui mérites d'être espéré, attendu, désiré avec des ardeurs immortelles. Oh i il ept juste, j^elle et illustre Sion, que vous soyez souhaitée avec UBe infinité de désirs et de langueurs ! 0 région de félicité éter^ nelle, que j'aspire donO| que je m'élance et que je meure de langueur après vous.

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